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Présidentielles 2017 : peur sur la France…
ACDEFI - 13 avril 2017

25 % pour Marine Le Pen, 19 % pour Jean-Luc Mélenchon, 8 % pour les Dupont-Aignan, Poutou, Lassalle, Assélineau et Arthaud. Non, vous ne rêvez pas : selon les derniers sondages, 52 % des électeurs de la sixième puissance économique mondiale, qui dispose de la dissuasion nucléaire et dont la devise est « liberté, égalité, fraternité », sont prêts à voter pour des candidats extrémistes, qui prônent, pour les uns, la fermeture des frontières, pour les autres, le retour du communisme et qui, dans leur ensemble, souhaitent casser définitivement la construction européenne.

Face à une telle dérive, il est clair que les investisseurs et les marchés financiers, mais aussi les chefs d'entreprise et les citoyens clairvoyants commencent à être affectés par une crise d'angoisse. Car soyons clairs : en cas de victoire de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle de 2017, nous assisteront à une crise type « Lehman Borthers », mais puissance dix.

Le pire est que, comme souvent, ce sont les plus favorisés qui parviendront à s'en sortir, tandis que ceux qui souffriront le plus seront les moins aisés, qui auront justement voté pour ces partis extrémistes. Le cas de la crise grecque nous en fournit d'ailleurs un exemple cuisant. En effet, lors de cette dernière et à l'approche de la victoire du parti d'extrême gauche d'Alexis Tsipras, 200 milliards d'euros ont quitté la Grèce. Ceux qui disposaient de ce patrimoine ont donc pu sauver les meubles. Par contre, ceux qui ont payé et qui continuent de souffrir sont les classes moyennes et défavorisées, qui avaient justement voté pour Tsipras.

Avant que cela ne se reproduise en France, il serait donc bon que les électeurs soient conscients de ce qui se produira si le Front National ou le Front de gauche arrive au pouvoir.

Commençons par le Front de gauche. Son programme, s'il était appliqué, plongerait la France dans un chaos inextricable… Ainsi, pour solutionner les problèmes hexagonaux, les mesures préconisées par Jean-Luc Mélenchon s'inscrivent dans la lignée du Parti communiste des années 1970. En effet, il veut taxer davantage les moyens et gros revenus, obliger les institutions financières à détenir des titres de la dette publique, imposer les exilés fiscaux, augmenter l'impôt sur la fortune et l'impôt sur les revenus du capital.

Il serait bon de rappeler au fils spirituel de Georges Marchais qu'en France les niveaux d'imposition des entreprises, du capital et des revenus font déjà partie des plus élevés du monde. Leur augmentation ne fera qu'accroître les flux d'investissements et les créations d'emplois à l'étranger. Dans un monde ouvert, l'augmentation des taux d'imposition ne fait effectivement que casser la croissance, donc réduire l'assiette fiscale, ce qui revient à ponctionner plus sur un gâteau plus petit et entraîne finalement une réduction des recettes fiscales. Les gouvernements Ayrault et Valls en savent d'ailleurs quelque chose.

Mais ce n'est pas tout. Le Front de gauche veut aussi que l'Etat puisse s'ingérer dans la gestion des entreprises françaises, en pouvant mettre son veto à certaines décisions stratégiques (par exemple sur les investissements à l'étranger) et même réorganiser celles-ci en coopératives. Formidable ! Ce sera le retour des kolkhozes, si chères à Staline et Nikita Khrouchtchev ! Le plus « amusant » est que M. Mélenchon veut également lancer un grand emprunt de 100 milliards d'euros. Mais qui voudra financer un tel programme digne d'Hugo Chavez ? Peut-être le FMI, et encore…

Un chaos similaire se produira avec la Présidente Le Pen. Et ce principalement parce qu'elle défend la fin de l'euro et le retour au franc. Pour ce faire, elle sera obligée d'imposer le contrôle des changes et la fermeture des frontières économiques, sans oublier la monétisation massive de la dette publique par la Banque de France, créatrice d'inflation.

Ces mesures entraîneraient la France et la zone euro dans un véritable trou noir, bien plus dramatique que le Brexit.

Tout d'abord, il faudrait choisir un taux de conversion entre l'euro et le nouveau franc. Si, pour des raisons de simplification comptable, le taux de 1 pour 1 était choisi (en 1999, 6,56 francs équivalaient à 1 euro), cela se traduirait par une forte baisse du pouvoir d'achat et un appauvrissement massif des épargnants nationaux. Cette transition nécessiterait évidemment du temps, il faudrait adapter la comptabilité bancaire puis émettre de nouveaux moyens de paiement. Rappelons-nous que la mise aux normes des systèmes informatiques des banques lors du passage à l'euro en 1999 a pris environ deux ans. Quant aux pièces et billets, ils ne sont arrivés dans les mains des citoyens que trois ans plus tard. Le chemin inverse constituerait un vrai casse-tête, avec toutes les confusions, les erreurs et les valses d'étiquettes que cela engendrerait.

Mais ceci ne serait presque rien comparativement à ce qui suivrait. Car, si la France quittait la zone euro, elle ne bénéficierait plus de sa « protection », notamment en matière d'évolution des taux d'intérêt des obligations d'État. Ainsi, les taux d'intérêt auxquels elle emprunte flamberaient, pour atteindre au moins 10 % pour les prêts à dix ans. Au-delà de l'aggravation du déficit et de la dette, cette tension dramatique susciterait un écroulement de l'investissement et de la consommation, donc une aggravation de la récession. La crédibilité du pays en serait encore amoindrie sur la scène internationale. Déjà « à fleur de peau », les populations défavorisées deviendraient incontrôlables, ce qui finirait par provoquer des émeutes, voire une guerre civile.

En fait, le Front national, tout comme le Front de gauche, ne proposent pas la fin d'un monde, mais la fin du monde…

Dans ce cadre, et en espérant que les Français ne feront pas le choix du pire, mieux vaut prévenir que guérir. Il faut donc s'alléger sur les marchés boursiers et obligataires et, si possible, ne pas laisser plus de 100 000 euros sur ses comptes courants et d'épargne, quitte à en multiplier le nombre. Car, au-delà de ce montant, la « grande faucheuse » risque de faire des dégâts… Nous sommes prévenus, il ne faudra pas se plaindre le jour d'après….

Marc Touati


Les analyses hebdomadaires
Comme nous l’espérions la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, le pire a bien été évité lors des élections présidentielles françaises. En effet, le duel « Le Pen - Mélenchon », un temps craint pour le deuxième tour n’aura pas lieu. Ouf ! Certes, le scénario idéal « Macron - Fillon », qui aurait pu déboucher sur un vrai débat d’idées, digne de la sixième puissance économique mondiale, ne se produira pas non plus. Nous aurons donc droit à un duel « Macron - Le Pen », qui, compte tenu de la nette avance de l’ancien ministre de l’économie sur la patronne du Front national lors du premier tour, a rassuré les marchés. Pariant également sur le traditionnel front républicain pour éviter toute mauvaise surprise, ces derniers ont même flambé dans un premier temps. Sur la seule journée du lundi 24 avril, le Cac 40 a ainsi progressé de 4,1 %. Pour autant, comme cela était également très prévisible, le soufflé est très vite retombé. Et pour cause : les exemples du Brexit et de la victoire de Donald Trump nous ont montré qu’il ne fallait surtout pas aller trop vite en besogne. D’ores et déjà les résultats du premier tour des présidentielles françaises sont loin d’être aussi euphoriques qu’ils pourraient apparaître. Tout d’abord, parce qu’environ 50 % des votes se sont portés sur des partis anti-européens, voire pro-Frexit. Encore plus inquiétant, bien loin de la mobilisation qui avait suivi le choc du 21 avril 2002 et finalement consacré une nette victoire de Jacques Chirac sur Jean-Marie Le Pen au second tour, la fille de ce dernier semble faire jeu égal avec le fils spirituel de François Hollande. Pourtant, pour tout esprit normalement constitué, il ne devrait pas y avoir d’équivoque : mieux vaut « Hollande-bis » que le « trou noir » ! Et attention, si Marine Le Pen réussit à passer la barre des 40 %, l’image internationale de la France risque d’en prendre un sacré coup et pour longtemps. Pour éviter d’en arriver là, il serait donc grand temps que les dirigeants politiques français se mobilisent et aussi qu’Emmanuel Macron muscle son discours et son programme...
A suivre du 24 au 28 avril :
- Lundi 24, 10h (heure de Paris) : l’indice IFO du climat des affaires baisse légèrement outre-Rhin, tout en restant à un niveau élevé.
- Mardi 25, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent nettement dans l’Hexagone.
- Mardi 25, 16h : repli modéré de l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains, qui se maintient à un niveau très élevé.
- Mercredi 26, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd un point.
- Mercredi 26, 18h : le chômage français augmente légèrement.
- Jeudi 27, 4h : la Banque du Japon maintient son taux de base à - 0,1 %.
- Jeudi 27, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 27, 11h : petite baisse de l’indice de sentiment économique dans la zone euro.
- Jeudi 27, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0,0 %.
- Jeudi 27, 14h : l’inflation allemande remonte à 1,9 %.
- Jeudi 27, 14h30 : baisse corrective des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Jeudi 27, 14h30 : quasi-stabilisation du déficit de la balance des marchandises aux Etats-Unis.
- Vendredi 28, 1h30 : l’inflation stagne à 0,3 % au Japon.
- Vendredi 28, 1h30 : le taux de chômage japonais se stabilise à 2,8 %.
- Vendredi 28, 7h30 : le glissement annuel du PIB français retombe à 0,7 % au premier trimestre 2017.
- Vendredi 28, 8h45 : rebond correctif de la consommation des ménages, qui reste très fragile.
- Vendredi 28, 8h45 : l’inflation recule à 1,1 % en France.
- Vendredi 28, 10h30 : la croissance britannique se stabilise à 1,9 % au premier trimestre 2017.
- Vendredi 28, 11h : l’inflation se maintient à 1,5 % dans la zone euro.
- Vendredi 28, 14h30 : la croissance américaine avoisine les 2,5 % au premier trimestre 2017, soit 2,3 % en glissement annuel.
- Vendredi 28, 16h : confirmation de la nette augmentation de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.