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Euphorie conjoncturelle dans la zone euro, flambée du chômage et de la dette publique en France.
ACDEFI - 02 octobre 2017

Encore une semaine faste pour la conjoncture de la zone euro. En effet, après la bonne tenue des indices des directeurs d'achat de septembre, l'indice de sentiment économique calculé par la Commission européenne est venu enfoncer le clou.

Ainsi, en septembre, cet indicateur avancé de la croissance eurolandaise a progressé de 1,1 point. Depuis août 2016, son augmentation atteint 9,5 points. Encore plus fort, avec un niveau de 113, il atteint désormais un plus haut depuis juin 2007, frôlant même le sommet de 113,3 atteint en mai 2007 à 113,3. Pour retrouver un plafond plus élevé, il faut ensuite remonter à janvier 2001 (avec un niveau de 114,4).

 

Zone euro : l'indice de sentiment économique au plus haut depuis juin 2007.

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Sources : Eurostat, Commission européenne, ACDEFI

 

Rappelons qu'au printemps 2007, le glissement annuel du PIB de la zone euro était de 3,5 %, contre 2,3 % actuellement. Cela pourrait donc signifier que la croissance eurolandaise dispose d'une marge d'accélération conséquente.

La prudence doit cependant rester de mise. En effet, sur le même mois de septembre, les indicateurs avancés des enquêtes IFO en Allemagne et INSEE en France ont soit régressé soit stagné.

Ainsi, outre-Rhin, après avoir connu un début d'été tonitruant, l'indice IFO a reculé de 0,5 point en septembre, après en avoir déjà perdu 0,3 en août.

Avec un niveau de 115,2, il reste évidemment très appréciable, mais montre que la croissance allemande va forcément ralentir d'ici la fin de l'année. D'autant que la majorité relative de Mme Merkel et l'entrée des extrémistes de droite au Bundestag ne sont pas de nature à améliorer le climat de confiance.

 

L'indice IFO du climat des affaires marque le pas.

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Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

En France, la situation conjoncturelle est encore plus délicate. Certes, l'indice INSEE du climat des affaires a stagné en septembre à un niveau appréciable de 109.

 

L'indice INSEE du climat des affaires stagne en septembre.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Cette stabilisation indique néanmoins que la croissance française a déjà mangé son pain blanc et devrait ralentir d'ici la fin 2017.

Et ce d'autant que l'indice INSEE du climat de l'emploi est resté faiblard en septembre.

 

Le climat de l'emploi reste faiblard.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Cette faible appétence à embaucher explique d'ailleurs en partie la nouvelle augmentation du chômage français en août et montre que le fléau du chômage de masse est loin de pouvoir être inversé.

De plus, avec la fin des emplois aidés et des formations en tous genres, qui avaient permis de faire baisser artificiellement le chômage de catégorie A, ce dernier repart désormais automatiquement à la hausse.

 

Nouveau record historique pour le chômage français toutes catégories.

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Sources : Pôle Emploi, ACDEFI

 

En août, le nombre de chômeurs de catégorie A en métropole a ainsi augmenté de 22 300 personnes, après avoir déjà flambé de 34 900 personnes en août.

Depuis novembre 2016, sa progression atteint 82 500 personnes. Avec un niveau de 3 540 400 chômeurs en août, il se rapproche dangereusement du sommet historique de 3 579 000 atteint en octobre 2015.

En ce qui concerne le chômage toutes catégories, la hausse est également au rendez-vous : + 47 200 chômeurs en juillet, + 39 700 en août et + 152 800 depuis octobre 2016.

Avec un niveau de 6 705 000 personnes, le chômage des catégories A à E atteint ainsi un nouveau sommet historique.

On comprend dès lors pourquoi, en dépit de l'amélioration relative du climat des affaires, le moral des ménages continue de baisser.

Ainsi, après avoir augmenté de 8 points en mai-juin dans le sillage de l'élection d'Emmanuel Macron, l'indice INSEE de confiance des ménages en a reperdus 7 au cours des trois mois suivants : - 4 en juillet, - 1 en août et - 2 en septembre. Il se situe désormais sur un plus bas depuis avril dernier.

 

La confiance des ménages français continue de chuter...

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Conséquence logique de cette défiance, la consommation des ménages a reculé de 0,3 % en août, confirmant que le glissement annuel de cet agrégat se maintiendra autour de 1 % sur l'ensemble du troisième trimestre, niveau équivalent à celui qui prévalait au deuxième trimestre 2017.

Enfin, pour couronner le tout, la dette publique française a atteint un nouveau sommet historique au deuxième trimestre 2017 : 2 231,7 milliards d'euros et 99,2 % du PIB, soit exactement le niveau que nous annoncions la semaine dernière dans nos prévisions hebdomadaires.

Dès lors, dans la mesure où le déficit public dépassera les 3 % du PIB cette année et où la croissance du PIB français va prochainement ralentir, il est inévitable que le ratio dette publique/PIB dépassera la barre des 100% d'ici la fin 2017, soit largement au-dessus de la prévision gouvernementale établie lors du projet de loi de finances 2018.

Comme cela s'observe depuis trois décennies, le budget de l'année à venir est donc déjà caduc avant même sa mise en place.

 

Nouveau record historique pour la dette publique française : 2 231,7 milliards d'euros et 99,2 % du PIB.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Mais surtout, à titre de comparaison, il faut savoir que, depuis quatre ans, l'Allemagne a réussi à dégager un excédent public de 0,6 % du PIB en moyenne, ce qui lui a permis de réduire considérablement son ratio dette publique/PIB. Ce dernier est effectivement passé d'un sommet de 81 % en 2010 à environ 64 % cette année.

 

Excédents publics et baisse de la dette publique se sont imposés en Allemagne.

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Sources : Destatis, ACDEFI

 

Pour information, rappelons simplement que, selon Eurostat, le taux de chômage est actuellement de 9,8 % en France, contre 3,7 % en Allemagne. Cherchez l'erreur…

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.