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La Chine continue de résister sans briller.
ACDEFI - 18 septembre 2017

N'en déplaise à ceux qui ne cessent d'annoncer l'écroulement de l'économie chinoise depuis des années, cette dernière continue de bien résister.

En effet, au deuxième trimestre 2017, la croissance chinoise est restée dynamique, affichant une performance annuelle de 6,9 %.

 

La Chine reste la locomotive incontestée de la croissance mondiale.

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Sources : NBSC, BEA, Mospi, ACDEFI

 

Loin devant l'Inde et très loin devant les Etats-Unis, la Chine demeure ainsi la locomotive incontestable et surtout incontestée de l'économie mondiale.

 

L'appréciation du yuan commence à devenir excessive.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Cette vigueur à toute épreuve engendre cependant un effet pervers : l'appréciation excessive du yuan. En effet, en dépit d'un contrôle des changes très actif, la Banque Populaire de Chine ne parvient pas à freiner la remontée du yuan face au dollar.

Et ce, d'autant que les tensions avec la Corée du Nord et le manque de crédibilité de l'Administration Trump affectent durablement le billet vert.

Les conséquences négatives de l'appréciation du renminbi ne se sont pas faites attendre. Ainsi, déjà affectée par le ralentissement de nombreux pays émergents fin 2016 et début 2017, la balance commerciale chinoise souffre de plus en plus.

 

La balance commerciale chinoise continue de souffrir.

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Sources : NBSC, Nikkei, ACDEFI

 

En août, après cinq mois de rebond correctif, suite au déficit de février 2017, l'excédent commercial a nettement reculé, tombant à 41,99 milliards de dollars, contre 46,73 milliards de dollars le mois précédent.

Conséquence logique de cette déconvenue, l'excédent commercial sur douze mois a continué de se détériorer. Il n'est désormais plus « que » de 452,96 milliards de dollars, soit une chute de 165,15 milliards depuis le plus haut de juillet 2016 et un plus bas depuis janvier 2015.

Parallèlement, après un beau rebond en juin à 11 %, le glissement annuel des ventes au détail s'est sensiblement replié les mois suivants, tombant à 10,4 % en juillet et 10,1 % en août, un plus bas depuis janvier dernier.

S'il n'y a évidemment pas péril en la demeure, cette décélération confirme que la croissance chinoise ne pourra pas compter sur la vigueur de la consommation des ménages pour atteindre des sommets.

Même son de cloche du côté de la production industrielle. En effet, après avoir atteint 7,6 % en juin, son glissement annuel a chuté à 6,4 % en juillet, puis 6 % en août. Pour retrouver un niveau inférieur, il faut remonter à février 2016. De quoi confirmer que la hausse du yuan et le ralentissement de l'activité dans le monde émergent continuent d'affecter l'industrie chinoise.

 

Les ventes au détail et la production industrielle ralentissent encore.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Cependant, au regard de l'augmentation récente des indices Caixin PMI des directeurs d'achat dans l'industrie et les services, la croissance chinoise ne paraît pas menacée. Elle devrait ainsi se stabiliser autour des 7 % au moins jusqu'à l'été 2018.

 

La croissance chinoise restera soutenue.

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Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

Dans le même temps, l'Empire du milieu pourra compter sur une inflation idéale, c'est-à-dire à la fois maîtrisée et durablement stabilisée autour des 2 %.

 

L'inflation demeurera contenue.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Enfin, notons également qu'après deux ans de réduction, les réserves de change chinoises ont repris le chemin de la hausse depuis le début 2017. En août, elles ont atteint 3 092 milliards de dollars, un plus haut depuis l'automne 2016.

 

Les réserves de change de la Chine remontent et lui confèrent un matelas de sécurité conséquent.

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Sources : PBC, ACDEFI

 

Si elles sont évidemment toujours loin du sommet de 4 056 milliards de dollars de juin 2014, elles confirment que la Chine pourra encore compter sur un matelas de sécurité conséquent en cas de besoin.

Autrement dit, le jour où la Chine s'effondrera n'est ni pour demain ni pour après-demain.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.