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La croissance mondiale reprend des couleurs, mais...
ACDEFI - 11 septembre 2017

Après deux mois de regain d'inquiétudes, le mois d'août a finalement apporté son lot de réconfort. En effet, selon les dernières enquêtes des directeurs d'achat à travers le monde, seuls 8 pays connaissent actuellement une récession industrielle, contre 12 en juillet et 20 il y a un an.

L'indice « monde » a d'ailleurs gagné 0,4 point en août, atteignant un niveau de 53,1, un plus haut depuis 75 mois.

 

Seulement 8 pays en récession industrielle, contre 12 en juillet, 20 il y a un an, mais 5 en avril dernier.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Parallèlement, l'indice « monde » dans le secteur des services a également progressé de 0,4 point en août. Avec un niveau de 54,1, il atteint désormais un sommet depuis le printemps 2015.

Conséquence logique de ces évolutions, l'indice « composite » des directeurs d'achat pour l'ensemble de l'économie mondiale a atteint un niveau de 53,9 en août, là aussi un sommet depuis le printemps 2015, c'est-à-dire un niveau compatible avec une croissance mondiale d'environ 3,3 %.

Il s'agit donc d'une performance très honorable, mais légèrement inférieure à la moyenne depuis 1980 (en l'occurrence 3,5 %) et très loin des 4,8 % enregistrés en moyenne en 2010-2011.

Ce caractère mi-figue mi-raisin ressort d'ailleurs de l'ensemble des enquêtes dans les principales locomotives de la croissance mondiale. A commencer par la Chine. En effet, dans l'Empire du milieu, les indices Caixin des directeurs d'achat ont nettement progressé en août, pour atteindre des niveaux de 51,6 dans l'industrie et 52,7 dans les services. Si les craintes de rechute d'il y a quelques mois ont bien disparu, la croissance chinoise devrait donc se stabiliser autour des 7 %. Ce qui ne sera certes pas si mal.

 

La croissance chinoise pourrait nettement rebondir d'ici la fin 2017.

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Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

Quelques degrés plus bas sur l'échelle du dynamisme économique, l'Inde a vraisemblablement retrouvé quelques couleurs en août sans pour autant rassurer complètement. En effet, après déjà un net ralentissement de sa croissance aux premier et deuxième trimestres, l'instauration cafouilleuse d'une nouvelle taxe indirecte (Goods and Services Tax : GST) en juillet a fait craindre le pire pour la seconde partie de l'année.

En juillet, les indices Nikkei des directeurs d'achat s'étaient même effondrés à 47,9 dans l'industrie et 45,9 dans les services. Fort heureusement, une belle amélioration a eu lieu en août dans l'industrie. Grâce à une progression de 3,3 points, l'indice PMI correspondant est ainsi nettement repassé au-dessus de la frontière des 50, à 51,2 précisément. En revanche, l'indice PMI dans les services n'a augmenté que de 1,6 point en août, restant toujours largement sous la barre des 50, en l'occurrence à 47,5.

Autrement dit, après avoir atteint 5,8 % au deuxième trimestre 2017 (un plus bas depuis le premier trimestre 2013), le glissement annuel du PIB indien risque encore de souffrir au troisième trimestre.

 

Après avoir déjà nettement ralenti au premier semestre, la croissance indienne reste menacée.

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Sources : Mospi, Nikkei, ACDEFI

 

Alors que beaucoup de prévisionnistes tablaient sur une croissance indienne supérieure à celle de la Chine en 2017, nous sommes donc confortés dans notre anticipations d'une performance annuelle moyenne d'environ 6 % en Inde, contre 7 % en Chine.

 

La croissance brésilienne va mieux mais reste fragile.

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Sources : IBGE, Markit, ACDEFI

 

Même son de cloche mitigé du côté brésilien. En effet, au deuxième trimestre 2017, le glissement annuel du PIB a enfin retrouvé le territoire positif. Une première depuis le premier trimestre 2014 ! Cependant, avec un niveau de 0,2 %, il n'y a pas de quoi pavoiser.

En d'autres termes, après plus de trois ans de crise au cours de laquelle son PIB a reculé d'environ 9 %, le Brésil sort enfin de la récession, mais demeure plus que convalescent.

Et ce d'autant qu'avec des niveaux de 50,9 dans l'industrie et 49 dans les services en août (contre 50,0 et 48,8 en juillet), les indices des directeurs d'achat indiquent que la croissance forte n'est toujours pas pour demain.

Au total, même s'il reste tracté par la Chine et dans une moindre mesure par l'Inde, le monde émergent demeure fragile.

Une fragilité qui transparait également dans le monde développé. Certes, dans ce dernier, les indices des directeurs d'achat continuent de surprendre par leur résistance.

Ainsi, aux Etats-Unis, les indices ISM des directeurs d'achat ont fortement progressé en août, atteignant des niveaux de 58,8 dans l'industrie et 55,3 dans les services.

 

Etats-Unis : les indices ISM sont en forme, mais la croissance demeure « scotchée » autour des 2 %.

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Sources : BEA, ISM, ACDEFI

 

Néanmoins, comme le montre le graphique ci-dessus, la bonne tenue de ces indicateurs depuis le début 2017 apparaît largement décalée par rapport à la performance effective de la croissance, qui devrait restée scotchée autour des 2 % au moins jusqu'au printemps 2018.

En espérant qu'une catastrophe géopolitique, climatique ou financière ou les trois à la fois ne viendront pas encore ternir le tableau.

Même analyse du côté de la zone euro, avec néanmoins un bémol supplémentaire : les indices des directeurs d'achat ont déjà commencé à baisser.

 

Zone euro : l'industrie résiste, mais les services décélèrent nettement.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Certes, dans l'industrie, principalement grâce à la vigueur de l'Allemagne, l'indice Markit a retrouvé le chemin de la hausse en août.

A l'inverse, l'indice « services » a continué de reculer, tombant à 54,7, un plus bas depuis janvier 2017.

Ce faisant, l'indice composite a stagné en août, après avoir déjà baissé de 1,1 point au cours des deux mois précédents.

 

La croissance eurolandaise devrait repasser sous les 2 % d'ici la fin 2017.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Avec un niveau de 55,7, cet indicateur avancé indique qu'après avoir atteint 2,3 % au deuxième trimestre 2017 (un plus haut depuis le premier trimestre 2011), le glissement annuel du PIB eurolandais devrait rapidement repasser sous les 2 %.

De quoi rappeler qu'en dépit d'une politique monétaire ultra-accommodante, l'économie eurolandaise reste freinée par un manque de dynamisme structurel.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.