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La croissance fait de la résistance, mais reste fragile surtout en France.
ACDEFI - 28 août 2017

Si nos prévisions d'augmentation du nombre de chômeurs en France se sont malheureusement avérées exactes, nous devons reconnaître que celles d'une baisse des indicateurs avancés de la croissance n'ont pas été validées.

En effet, contre toute attente et en dépit de la trop forte appréciation de l'euro, les indicateurs Markit des directeurs d'achat du mois d'août se sont globalement bien comportés en France, en Allemagne et dans la zone euro.

Certes, dans les services, ces indices sont soit restés faibles, par exemple en Allemagne, ou ont continué de reculer en France et dans la zone euro.

Cependant, avec des niveaux de respectivement 53,4, 55,5 et 54,9, ils demeurent toujours très appréciables.

 

Les indices Markit PMI dans les services restent sur des niveaux très appréciables.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Les vraies surprises viennent en fait du secteur de l'industrie. En effet, en août, les indices Markit correspondants ont enregistré des augmentations aussi inattendues qu'impressionnantes : + 1,3 point en Allemagne, soit un niveau de 59,4 ; + 0,9 point en France (à 55,8, un plus haut depuis avril 2011) ; + 0,8 point dans la zone euro, à 57,4, soit le même niveau qu'en juin dernier, c'est-à-dire également un plus haut depuis avril 2011.

A la lumière de ces évolutions, nos industries semblent donc particulièrement bien résistantes, notamment face à la hausse de l'euro, qui, en temps normal, aurait dû les affecter significativement. Méfions-nous cependant de l'eau qui dort…

 

Les industries de l'Allemagne, de la France et de la zone euro semblent particulièrement résistantes.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Ces évolutions ont d'ailleurs été confortées par les enquêtes IFO en Allemagne et celles de l'INSEE dans l'Hexagone.

Et pour cause : en août, l'indice INSEE du climat des affaires a gagné 2 points dans l'industrie et 1 point tous secteurs confondus. Il s'agit d'un plus haut depuis juin 2011.

 

L'indice INSEE du climat des affaires au plus haut depuis juin 2011.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Il subsiste cependant un grand bémol dans ces mêmes enquêtes INSEE : pour le deuxième mois consécutif, l'indices du climat de l'emploi recule fortement : - 2 points en août, après déjà une baisse similaire en juillet.

Comme le montre le graphique ci-dessous, un tel décalage n'a jamais été observé depuis 2000.

 

Enquête INSEE : le climat des affaires grimpe encore mais celui de l'emploi dégringole...

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

On comprend dès lors pourquoi le chômage continue d'augmenter alors que la croissance française semble s'améliorer.

 

Nouveau record absolu pour le chômage français toutes catégories.

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Sources : DARES, Pôle Emploi, ACDEFI

 

Comme nous l'avons expliqué dans notre « humeur », cela rappelle l'impérativité de réformer rapidement et en profondeur le marché du travail français.

Les ménages français ne sont d'ailleurs pas dupes, puisque leur indice INSEE de confiance a encore baissé en août.

 

Après l'euphorie post-Présidentielles, la confiance des ménages français continue de rechuter.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Ainsi, après avoir fortement augmenté au lendemain des élections présidentielles, l'indice de confiance des Français a perdu 4 points en juillet et 1 en août.

De quoi rester inquiet quant à l'évolution à venir de la consommation des ménages, qui a d'ailleurs fortement ralenti depuis six mois.

Autrement dit, si l'activité économique hexagonale semble bien résister jusqu'à présent, la gravité du chômage, ainsi que la faiblesse de la confiance et de la consommation des ménages confirment que la France ne retrouvera pas de sitôt une vigueur économique franche et durable. Sauf si, par miracle, elle s'engage enfin sur le chemin de la modernisation structurelle.

 

Marc Touati

 

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.