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Etats-Unis, Japon, Zone euro : la croissance converge vers 2 % et l'inflation vers 1 %.
ACDEFI - 22 août 2017

Sans surprise, la croissance de 0,6 % du PIB de la zone euro au deuxième trimestre 2017 a été confirmée par Eurostat. En revanche, compte tenu de multiples révisions statistiques sur les trimestres précédents, son glissement annuel a été réhaussé de 0,1 point, à désormais 2,2 %, un sommet depuis le premier trimestre 2011.

Les trois leaders du monde développé se retrouvent ainsi quasiment à égalité, puisqu'au deuxième trimestre 2017, le glissement annuel du PIB a atteint 2,1 % aux Etats-Unis et 1,9 % au Japon, soit des plus hauts depuis respectivement le troisième trimestre 2015 et le premier trimestre 2014.

 

Les Etats-Unis, le Japon et la zone euro réunis par une croissance d'environ 2 %.

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Sources : BEA, ESRI, Eurostat, ACDEFI

 

Il s'agit donc de niveaux appréciables, mais toujours insuffisants pour permettre à ces pays de retrouver leur rôle de locomotive de la croissance mondiale, qu'ils ont perdu depuis une vingtaine d'années.

En 2017, avec une croissance annuelle moyenne de 2 % aux Etats-Unis, 1,9 % dans la zone euro et 1,6 % au Japon (selon nos prévisions), leur contribution à la croissance mondiale atteindra respectivement 0,3 point, 0,2 point et 0,1 point. Soit un total de 0,6 point, contre 1,2 point pour la Chine à elle seule…

Quant à l'Inde, en dépit de difficultés conséquentes (cf. Economie et Stratégies du 4 août 2017), sa contribution devrait avoisiner les 0,4 point.

Au total, sur une croissance mondiale de 3,3 % cette année, les pays émergents devraient contribuer à hauteur de 2,5 points, ne laissant donc qu'un petit 0,8 point pour les pays développés.

Une telle différence est en fait quasiment identique depuis deux décennies, à l'exception des années 2008-2009 au cours desquelles, l'économie mondiale avait été exclusivement tractée par les pays émergents.

 

Les pays développés ont définitivement perdu leur rôle de locomotive de la croissance mondiale.

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Sources : FMI, Prévisions ACDEFI

 

Au sein de la zone euro, il faut noter qu'une fois n'est pas coutume, l'Allemagne n'a pas tiré vers le haut la croissance eurolandaise, mais l'a au contraire ralentie.

En effet, le glissement annuel du PIB allemand n'a été que de 2,1 %, c'est certes mieux que le 1,8 % français, mais 0,1 point de moins que celui de la zone euro dans son ensemble.

 

La France revient dans la course mais reste derrière l'Allemagne et la zone euro.

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Sources : INSEE, Destatis, Eurostat, ACDEFI

 

Après avoir tant souffert, les pays du Sud de l'Europe continuent de redresser la tête, en particulier l'Espagne et le Portugal. Le glissement annuel du PIB espagnol a ainsi gagné 0,1 point au deuxième trimestre, à 3,1 % et celui du PIB portugais s'est stabilisé à 2,8 %.

 

L'Espagne et le Portugal au coude-à-coude, l'Italie se reprend mais reste à la traîne.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Comme d'habitude, l'Italie est restée à la traîne de cette dynamique, avec un glissement annuel du PIB qui a certes repris des couleurs, mais est demeuré très inférieur à la moyenne de la zone euro, avec un niveau de 1,5 %.

La vraie déception est venue de la Belgique, qui est un des rares pays eurolandais à subir une baisse du glissement annuel de son PIB. Après avoir rebondi à 1,6 % au premier trimestre 2017, ce dernier a ainsi reculé à 1,4 % au deuxième trimestre.

Dans la mesure où la Grèce a refusé de publier ses comptes nationaux du deuxième trimestre, il s'agit pour le moment de la plus mauvaise performance de la zone euro.

 

Les Pays-Bas et l'Autriche s'envolent, la Belgique flanche.

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Sources : Eurostat, Prévisions ACDEFI

 

A l'inverse, les Pays-Bas ont fortement accéléré au deuxième trimestre, réalisant une croissance de 1,5 % sur trois mois et de 3,9 % sur un an.

En attendant la publication des comptes nationaux irlandais, il s'agit de la meilleure performance de la zone euro.

 

Les Pays-Bas et l'Espagne en pointe, l'Italie et la Belgique ferment la marche.

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Sources : Eurostat, Destatis, INSEE, ACDEFI

 

Face à cette croissance appréciable dans la zone euro, il pourrait être tentant de s'emballer et d'annoncer le retour de la croissance forte et durable.

Malheureusement, il n'en sera rien. En effet, d'ores et déjà, les indicateurs avancés de l'activité eurolandaise montrent que cette dernière a déjà mangé son pain blanc.

 

Après un pic au deuxième trimestre, la croissance eurolandaise est déjà en train de ralentir.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

En août, l'indice Markit composite PMI des directeurs d'achat indique ainsi que le glissement annuel du PIB eurolandais devrait reculer notablement dès le troisième trimestre.

L'heure est donc déjà au ralentissement. Et ce, d'autant que l'appréciation récente de l'euro va enlever au moins 0,5 point à la croissance d'ici la fin 2017.

 

La forte appréciation de l'euro annonce une nette baisse de la croissance eurolandaise.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Enfin, pour ne rien arranger, les pressions déflationnistes sont toujours à l'œuvre dans la plupart des pays de l'UEM. En effet, en dépit de l'amélioration de l'activité au premier semestre 2017, l'inflation a fortement baissé. En juin et juillet, elle n'était que de 1,3 % dans l'ensemble de la zone euro et de seulement 1,2 % en Italie.

 

L'inflation a déjà commencé à reculer nettement dans l'ensemble de la zone euro.

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Sources : Eurostat, Destatis, ACDEFI

 

En France, l'inflation est encore plus basse, puisque le glissement annuel des prix à la consommation est retombé à 0,7 % en juin, niveau auquel il s'est stabilisé en juillet. Encore plus inquiétant, l'inflation sous-jacente (c'est-à-dire hors énergie et produits alimentaire) oscille entre 0,2 % et 0,5 % depuis février 2017.

 

La France affiche l'une des plus faibles inflations de la zone euro.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Plus globalement, il faut noter qu'à l'instar de la croissance molle, la faible inflation reste la norme tant aux Etats-Unis que dans la zone euro et au Japon. Ce dernier reste néanmoins le plus proche de la déflation, avec un glissement annuel des prix à la consommation de seulement 0,4 %.

 

La faible inflation reste la norme partout.

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Sources : Eurostat, BLS, ESRI, ACDEFI

 

Faible inflation, croissance molle, indicateurs avancés en baisse. Il faut être clair : nous restons malheureusement toujours loin de l'euphorie.

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.