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L'économie chinoise ne veut toujours pas ralentir.
ACDEFI - 24 juillet 2017

Une fois encore, la Chine a déjoué tous les pronostics, y compris ceux du gouvernement qui avait annoncé une nette décélération de la croissance chinoise pour le printemps 2017. Et bien non ! Finalement, l'économie chinoise n'a même pas ralenti au cours du deuxième trimestre 2017.

Son PIB a, au contraire, augmenté de 1,7 % (après une progression de 1,3 % au trimestre précédent), permettant à son glissement annuel de se stabiliser à 6,9 %, après avoir déjà augmenté de 0,1 point au cours du trimestre précédent.

Et si la fiabilité de ces statistiques laisse évidemment à désirer, il faut reconnaître que la résistance de l'économie chinoise constitue une bonne nouvelle dans un environnement international fragile.

La Chine demeure ainsi la locomotive du monde émergent, mais aussi de l'économie planétaire. La contribution de la Chine à la croissance mondiale devrait encore s'établir autour de 1,2 point cette année sur un total de 3,3 %.

A titre de comparaison, la contribution de l'Inde devrait avoisiner 0,5 point, celle des Etats-Unis 0,3 point et celle de la zone euro 0,2 point.

 

La croissance chinoise se stabilise à 6,9 % au deuxième trimestre 2017.

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Sources : NBSC, BEA, ACDEFI

 

Certes, l'excédent commercial chinois sur douze mois a continué de reculer en juin. Il a atteint 468,6 milliards de dollars, soit une baisse de 149,51 milliards de dollars depuis le sommet de juillet 2016.

Néanmoins, depuis quatre mois, l'excédent commercial mensuel ne cesse de s'améliorer, atteignant 42,77 milliards de dollars en juin. De quoi confirmer que le commerce extérieur chinois demeure un pilier solide de la croissance chinoise.

 

L'excédent commercial continue de reculer sur douze mois mais s'améliore mensuellement depuis février.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

De plus, défiant là aussi les prévisions consensuelles, les ventes au détail et la production industrielle sont restées particulièrement dynamiques en juin. Leurs glissements annuels ont même augmenté, atteignant des niveaux de respectivement 11,0 % et 7,6 %, soit des plus hauts depuis décembre et janvier 2015.

 

Les glissements annuels de la production industrielle et des ventes au détail repartent à la hausse.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Si nous restons loin de la vigueur des années 2006-2007 ou 2010-2011, ces performances montrent néanmoins que l'économie chinoise peut à la fois compter sur un appareil productif à toute épreuve et sur une consommation hors-pair.

Prolongeant ces belles performances l'inflation est restée optimale, se stabilisant à 1,5 % en juin. Quant aux prix à la production, même si leur glissement annuel demeure élevé à 5,5 %, il enregistre une baisse de 2,3 points depuis février dernier. Et surtout, ces évolutions confirment que les risques déflationnistes de l'année 2015 ont durablement disparu.

 

L'inflation chinoise se maintient sur des niveaux favorables.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Parallèlement, les indicateurs avancés de l'économie chinoise demeurent relativement bien orientés et indiquent que la croissance de l'Empire du milieu devrait rester très appréciable au cours des prochains trimestres.

 

La croissance chinoise devrait se stabiliser durablement autour des 7 %.

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Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

La remontée de l'indice Caixin des directeurs d'achat dans l'industrie en juin et le maintien de celui des services autour des 52 laissent même espérer de nouvelles belles performances pour la croissance chinoise au moins jusqu'à la fin 2017.

Pour y parvenir, les Chinois ne lésineront d'ailleurs pas sur les moyens, puisqu'ils continueront de puiser dans leurs réserves de changes colossales, qui ont dernièrement repris le chemin de la hausse (repassant au-dessus de la barre des 3 000 milliards de dollars en juin, à précisément 3 056 milliards de dollars).

 

La dépréciation en douceur du yuan n'a pas failli dans son rôle de soutien de la croissance.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Ils pourront aussi compter sur la faiblesse du yuan, qui, en dépit d'une légère remontée depuis trois mois, reste suffisamment bas pour soutenir le commerce extérieur chinois et l'ensemble de la croissance de l'Empire du milieu, qui devrait bien avoisiner les 7 % cette année, comme nous l'annonçons depuis un an.

Une fois encore, pour soutenir l'économie mondiale, il n'y aura donc pas mieux que le moteur chinois…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.