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La croissance mondiale reste appréciable mais fragile.
ACDEFI - 10 juillet 2017

Une fois encore, les indicateurs des directeurs d'achat à travers la planète ont soufflé le chaud et le froid sur l'avenir de la croissance mondiale. Cette dernière devrait donc continuer d'être appréciable, tout en restant fragile.

Ainsi, en juin, seuls sept pays subissent une récession industrielle, contre neuf le mois précédent et une quinzaine lors de l'été 2016. En revanche, de plus en plus de pays avoisinent la stagnation industrielle, en l'occurrence huit, contre trois en mai.

Au total, l'indice « Monde » des directeurs d'achat a stagné en juin, à un niveau de 52,6, confirmant notre prévision d'une croissance mondiale d'environ 3,3 % cette année.

 

Industrie mondiale : moins de pays en récession, mais davantage proches de la stagnation.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Dans le détail, les deux locomotives mondiales, que sont la Chine et l'Inde, affichent également des perspectives contrastées.

Certes, dans « l'Empire du milieu », l'indice Caixin dans l'industrie est repassé au-dessus de la barre des 50, à précisément 50,4, contre 49,6 en mai. Il s'agit cependant d'un niveau insuffisant pour permettre de retrouver un franc sourire en matière d'activité industrielle.

De plus, l'indice Caixin dans les services est reparti à la baisse, passant de 52,8 à 51,6. Il n'y a évidemment pas péril en la demeure, mais ce repli de 1,2 point constitue tout de même la plus forte baisse mensuelle depuis février 2016.

De quoi confirmer que la croissance chinoise restera certainement proche des 7 %, mais seulement avec le soutien de plus en plus actif de la Banque centrale chinoise et de la politique budgétaire.

 

 

La croissance chinoise continue de bien résister, mais demeure fragile.

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Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

Même son de cloche du côté de l'économie indienne, qui sort progressivement du « trou d'air » de la fin 2016 et du début 2017, sans retrouver le dynamisme flamboyant.

 

Perspectives contrastées pour l'économie indienne.

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Sources : Mospi, Nikkei, ACDEFI

 

Ainsi, en juin, alors que l'indice Nikkei des directeurs d'achat dans les services a gagné 0,9 point, à 53,1, son homologue dans l'industrie en a perdu 0,7, se rapprochant de la zone de stagnation à 50,9. Dans ce cadre, il paraît clair que la croissance indienne de 2017 sera plus proche des 6,5 % que des 7 %. Rien de dramatique là aussi, mais tout de même une petite décélération qui retirera 0,03 point à la croissance mondiale.

Pour autant, la vraie déception du mois de juin réside dans la rechute des indices PMI au Brésil. En effet, après quelques mois d'espoir, ces derniers ont nettement baissé en juin : - 1,5 point dans l'industrie à 50,5 et - 1,8 point dans les services à 47,4.

 

Le Brésil n'est toujours pas sorti d'affaires...

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Sources : IBGE, Markit, ACDEFI

 

En d'autres termes, comme le montre le graphique ci-dessus, la croissance brésilienne restera proche de 0 % au moins jusqu'à l'automne prochain.

 

Les directeurs d'achat américains de nouveau euphoriques.

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Sources : BEA, ISM, ACDEFI

 

En fait, comme cela s'observe depuis quelques mois, ce sont les pays développés qui ont continué de tirer leur épingle du jeu.

Ainsi, aux Etats-Unis, après quelques mois de doute, les directeurs d'achat ont retrouvé le chemin de l'euphorie. En juin, les indices ISM ont gagné 2,9 points dans l'industrie à 57,8 et 0,5 point dans le secteur non-manufacturier à 57,4. Des niveaux qui pourraient annoncer une croissance américaine proche de 3 % d'ici la fin de l'année 2017.

Cependant, l'expérience récente a montré qu'un décalage assez net pouvait s'observer entre le dynamisme de ces indicateurs avancés et la réalité de la croissance. La prudence doit donc rester de mise et c'est pourquoi nous maintenons, pour le moment, notre prévision d'une progression annuelle moyenne du PIB américain de 2,1 % pour 2017.

Même circonspection du côté de la zone euro. D'autant que les indices des directeurs d'achat sont moins euphoriques qu'outre-Atlantique.

Ainsi, en dépit d'une révision haussière par rapport à la première estimation, l'indice Markit PMI dans les services a reculé de 0,9 point en juin, à 55,4. Ajouté aux 57,4 atteints par l'indice dans l'industrie, cela devrait permettre à la croissance eurolandaise de se stabiliser autour des 2 %, mais pas beaucoup plus.

 

La croissance eurolandaise pourrait se stabiliser autour des 2 %.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Et ce, d'autant que le taux de chômage dans la zone euro a désormais de plus en plus de mal à reculer. En mai, il s'est ainsi stabilisé à 9,3 %. C'est évidemment bien mieux que les 12 % qui prévalaient en 2013, mais encore très insuffisant pour permettre l'avènement d'un cercle vertueux de croissance.

Autrement dit, avec un tel taux de chômage, la consommation des ménages ne pourra pas retrouver un fort dynamisme, limitant de facto la croissance économique globale.

 

En mai, le taux de chômage eurolandais stagne à 9,3 %.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Et malheureusement, comme cela s'est souvent observé ces dernières années, la France s'est tristement distinguée, dans la mesure où elle est le seul pays de l'UEM (avec l'Italie) qui subit une hausse de son taux de chômage en mai.

Celui-ci est ainsi passé de 9,5 % à 9,6 %, soit 0,3 point de plus que la moyenne de la zone euro et 5,7 points de plus qu'en Allemagne.

 

France : le taux de chômage repart déjà à la hausse.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Mais si nous sommes « habitués » à de tels écarts avec la zone euro, l'Allemagne, ou encore le Royaume-Uni, le mois de mai a consacré une nouveauté dont nous nous serions bien passés.

Ainsi, pour la première fois depuis juillet 2006, le taux de chômage de la France est supérieur à celui du Portugal, qui est tombé à 9,4 % en mai. « Heureusement » que l'Italie est là pour nous permettre de « sauver la face »…

 

Pour la première fois depuis juillet 2006, le taux de chômage français dépasse celui du Portugal.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Surtout, il faut se souvenir qu'en janvier 2013, le taux de chômage portugais dépassait de 7,2 points celui de la France. Autrement dit, lorsqu'un pays a le courage de réformer son marché du travail et son économie au sens large, ça marche ! A l'inverse, lorsqu'un pays choisi l'immobilisme, ça fait mal !

Espérons que les nouveaux dirigeants français le comprendront. Malheureusement, à l'écoute des dernières déclarations de MM. Macron et Philippe, on peut clairement en douter…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Depuis de nombreuses années, dans notre humble objectif d’améliorer la situation de l’économie française, nous n’avons cessé de proposer des mesures économiques, que nous présentions comme n’étant ni de droite, ni de gauche, mais simplement de bon sens. Grande a évidemment été notre satisfaction lorsqu’un candidat aux élections présidentielles françaises, devenu depuis Président de la République, a repris cette thématique. Et ce même si nous sommes toujours restés très circonspects sur la véracité de ce discours. D’ailleurs, depuis son accession au pouvoir, force est de constater que la mise en pratique de ce « ni-ni » s’avère particulièrement difficile. Et c’est précisément là que se trouve l’erreur de ce raisonnement. En effet, en voulant satisfaire tout le monde, à droite comme à gauche, on ne fait finalement rien de très significatif et on se retrouve dans le consensus mou. C’est ainsi que, depuis Lionel Jospin en 1998-2001 jusqu’à François Hollande, en passant par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, la France s’est engouffrée dans un « ni-ni » destructeur, c’est-à-dire dans un immobilisme maladif qui a eu pour principale conséquence de coincer l’économie française dans la croissance molle et le chômage élevé. Et, malheureusement, alors qu’il avait suscité un fort espoir de renouvellement, voire de révolution, chez certains, Emmanuel Macron est très vite rentré dans le moule du « ni-ni » et surtout du surplace. Le problème est qu’à force de ne vouloir froisser personne on finit par déplaire à tout le monde. Dans ce cadre, plutôt que de rester immobilisé dans le « ni-ni », il nous paraît beaucoup plus opportun de se lancer dans le « et-et », c’est-à-dire de prendre des mesures de droite et de gauche, c’est précisément le but de la « thérapie de choc bienveillante » que nous mettons en avant depuis quelques années. Nous avons simplement eu tort de la présenter sous l’angle du « ni-ni », qui revient finalement à ne rien faire. Elle doit, au contraire, être appréhendée dans la version plus courageuse du « et-et ». Il ne nous reste donc plus qu'à souhaiter que très vite, les dirigeants politiques français, mais aussi les citoyens, comprennent qu'il est désormais possible, voire indispensable, d'être à la fois de droite et de gauche, donc libéral et keynésien, de faires des réformes structurelles sur l'offre tout en soutenant la demande et en imposant une règle d'or : l'efficacité et la rationalité économiques doivent toujours primer sur les dogmatismes théoriques et idéologiques...
A suivre du 24 au 28 juillet :
- Lundi 24, 2h30 (heure de Paris) : légère baisse de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Lundi 24, de 9h à 10h : repli généralisé des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Lundi 24, 15h45 : les indices Markit dans l’industrie manufacturière et les services reculent également aux Etats-Unis.
- Mardi 25, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent légèrement dans l’Hexagone.
- Mardi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule modérément outre-Rhin.
- Mardi 25, 16h : léger repli de l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains.
- Mardi 25, 18h : petit recul correctif du chômage français.
- Mercredi 26, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd un point.
- Mercredi 26, 10h30 : à cause d’un effet de base défavorable, le glissement annuel du PIB britannique recule nettement au deuxième trimestre.
- Mercredi 26, 20h : la Fed maintient son taux objectif des federal funds à 1,25 %.
- Jeudi 27, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 27, 14h30 : petit rebond des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Jeudi 27, 14h30 : quasi-stabilisation du déficit de la balance des marchandises aux Etats-Unis.
- Vendredi 28, 1h30 : l’inflation recule légèrement au Japon.
- Vendredi 28, 1h30 : le taux de chômage japonais se stabilise à 3,1 %.
- Vendredi 28, 7h30 : la croissance française reste fragile au deuxième trimestre.
- Vendredi 28, 8h45 : la consommation des ménages français repart à la baisse.
- Vendredi 28, 8h45 : l’inflation se stabilise à 0,7 % en France.
- Vendredi 28, 11h : l’indice de sentiment économique dans la zone euro repart à la baisse.
- Vendredi 28, 14h : l’inflation allemande recule à 1,5 %.
- Vendredi 28, 14h30 : rebond appréciable de la croissance américaine au deuxième trimestre.
- Vendredi 28, 16h : confirmation de la baisse de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.