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Zone euro et France : les indicateurs avancés marquent le pas.
ACDEFI - 26 juin 2017

En dépit de l'allégresse ambiante, étrangement relayée unanimement par tous les médias français, la croissance économique de la France et celle de la zone euro restent toujours loin de l'euphorie.

Certes, l'INSEE a étrangement relevé à la hausse son estimation de croissance du premier trimestre et ce pour le deuxième mois consécutif.

Il s'agit sans doute là d'un nouvel « effet Macron » : avant son élection, la croissance française du premier trimestre était estimée par l'INSEE à 0,3 %. Aujourd'hui, elle est annoncée à 0,5 %. Un vrai miracle !

Mais attention, il ne faut surtout pas dire qu'au cours de ce même premier trimestre 2017, la consommation des ménages a stagné, affichant un glissement annuel de 1 %, un plus bas depuis le quatrième trimestre 2014.

De même, il faut oublier qu'au premier trimestre 2017, la contribution de la formation de stocks a été de 0,7 point. Ce qui signifie qu'hors stocks, le PIB français a reculé de 0,2 %.

Chut ! Attention, tout ceci pourrait relever de la « déclinologie », qui pourrait bientôt être passible d'amendes, voire plus…

Mais, tant pis ! Nous prenons le risque de faire notre métier et de dire la vérité.

Ainsi, il faut reconnaitre qu'en juin, l'indice INSEE du climat des affaires tous secteurs confondus a de nouveau gagné un point. C'est bien, mais toujours loin de permettre à la croissance économique d'atteindre 2 %.

 

France : l'indice INSEE du climat des affaires gagne un point. C'est bien, mais toujours très loin de l'euphorie.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

De même, en juin, les indices Markit des directeurs d'achat ont soufflé le chaud et le froid. L'indice relatif à l'industrie a gagné 1,2 point, mais celui des services en a perdu 1,9. Avec des niveaux de respectivement 55,0 et 55,3, la croissance prévisible devrait donc rester appréciable sans pour autant dépasser 1,5 %, comme le montre le graphique ci-dessous.

 

Indices des directeurs d'achat : la croissance française « capée » à 1,5 %.

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Sources : INSEE, Markit, ACDEFI

 

Parallèlement, ce mouvement de repli des indices Markit est également observable en Allemagne et dans zone euro.

Certes, dans l'industrie, en dépit d'une légère baisse outre-Rhin, les indices des directeurs d'achat demeurent bien orientés.

 

Industrie : l'Allemagne reste devant, la zone euro et la France suivent...

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Sources : Markit, ACDEFI

 

En revanche, dans les services, à l'instar de ce qui s'observe en France, les indices Markit ont nettement baissé en juin : - 1,7 point en Allemagne et - 1,6 point dans la zone euro.

Avec des niveaux respectifs de 53,7 et 54,7, il n'y a évidemment pas péril en la demeure, mais de quoi confirmer que la croissance n'accélèrera pas au cours des prochains trimestres.

 

Activités dans les services : nette décélération généralisée.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

C'est d'ailleurs ce que confirme le graphique ci-après, en montrant que le glissement annuel du PIB de la zone euro aura du mal à dépasser significativement et durablement les 2 %.

 

Croissance dans la zone euro : difficile de dépasser les 2 %.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Dernière confirmation : les indices Markit PMI « composite » ont reculé partout en juin : - 1,6 point en France (à 55,3), - 1,3 point en Allemagne (à 56,1) et - 1,1 point dans la zone euro (à 55,7).

Il s'agit de plus bas depuis février 2017 en Allemagne et depuis janvier 2017 en France et dans la zone euro.

 

Le glissement annuel du PIB eurolandais devrait repartir à la baisse dès le troisième trimestre 2017.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Comme le confirme le graphique ci-dessus, cette évolution indique que la croissance eurolandaise pourrait même repartir à la baisse d'ici l'automne prochain.

Voilà pourquoi, nous ne cédons pas à la mode euphorique du moment et confirmons nos prévisions de croissance pour 2017 : 1,3 % en France, 1,8 % dans la zone euro et 1,9 % en Allemagne.

C'est bien, mais toujours très loin de l'euphorie.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Depuis de nombreuses années, dans notre humble objectif d’améliorer la situation de l’économie française, nous n’avons cessé de proposer des mesures économiques, que nous présentions comme n’étant ni de droite, ni de gauche, mais simplement de bon sens. Grande a évidemment été notre satisfaction lorsqu’un candidat aux élections présidentielles françaises, devenu depuis Président de la République, a repris cette thématique. Et ce même si nous sommes toujours restés très circonspects sur la véracité de ce discours. D’ailleurs, depuis son accession au pouvoir, force est de constater que la mise en pratique de ce « ni-ni » s’avère particulièrement difficile. Et c’est précisément là que se trouve l’erreur de ce raisonnement. En effet, en voulant satisfaire tout le monde, à droite comme à gauche, on ne fait finalement rien de très significatif et on se retrouve dans le consensus mou. C’est ainsi que, depuis Lionel Jospin en 1998-2001 jusqu’à François Hollande, en passant par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, la France s’est engouffrée dans un « ni-ni » destructeur, c’est-à-dire dans un immobilisme maladif qui a eu pour principale conséquence de coincer l’économie française dans la croissance molle et le chômage élevé. Et, malheureusement, alors qu’il avait suscité un fort espoir de renouvellement, voire de révolution, chez certains, Emmanuel Macron est très vite rentré dans le moule du « ni-ni » et surtout du surplace. Le problème est qu’à force de ne vouloir froisser personne on finit par déplaire à tout le monde. Dans ce cadre, plutôt que de rester immobilisé dans le « ni-ni », il nous paraît beaucoup plus opportun de se lancer dans le « et-et », c’est-à-dire de prendre des mesures de droite et de gauche, c’est précisément le but de la « thérapie de choc bienveillante » que nous mettons en avant depuis quelques années. Nous avons simplement eu tort de la présenter sous l’angle du « ni-ni », qui revient finalement à ne rien faire. Elle doit, au contraire, être appréhendée dans la version plus courageuse du « et-et ». Il ne nous reste donc plus qu'à souhaiter que très vite, les dirigeants politiques français, mais aussi les citoyens, comprennent qu'il est désormais possible, voire indispensable, d'être à la fois de droite et de gauche, donc libéral et keynésien, de faires des réformes structurelles sur l'offre tout en soutenant la demande et en imposant une règle d'or : l'efficacité et la rationalité économiques doivent toujours primer sur les dogmatismes théoriques et idéologiques...
A suivre du 24 au 28 juillet :
- Lundi 24, 2h30 (heure de Paris) : légère baisse de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Lundi 24, de 9h à 10h : repli généralisé des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Lundi 24, 15h45 : les indices Markit dans l’industrie manufacturière et les services reculent également aux Etats-Unis.
- Mardi 25, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent légèrement dans l’Hexagone.
- Mardi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule modérément outre-Rhin.
- Mardi 25, 16h : léger repli de l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains.
- Mardi 25, 18h : petit recul correctif du chômage français.
- Mercredi 26, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd un point.
- Mercredi 26, 10h30 : à cause d’un effet de base défavorable, le glissement annuel du PIB britannique recule nettement au deuxième trimestre.
- Mercredi 26, 20h : la Fed maintient son taux objectif des federal funds à 1,25 %.
- Jeudi 27, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 27, 14h30 : petit rebond des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Jeudi 27, 14h30 : quasi-stabilisation du déficit de la balance des marchandises aux Etats-Unis.
- Vendredi 28, 1h30 : l’inflation recule légèrement au Japon.
- Vendredi 28, 1h30 : le taux de chômage japonais se stabilise à 3,1 %.
- Vendredi 28, 7h30 : la croissance française reste fragile au deuxième trimestre.
- Vendredi 28, 8h45 : la consommation des ménages français repart à la baisse.
- Vendredi 28, 8h45 : l’inflation se stabilise à 0,7 % en France.
- Vendredi 28, 11h : l’indice de sentiment économique dans la zone euro repart à la baisse.
- Vendredi 28, 14h : l’inflation allemande recule à 1,5 %.
- Vendredi 28, 14h30 : rebond appréciable de la croissance américaine au deuxième trimestre.
- Vendredi 28, 16h : confirmation de la baisse de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.