Accueil > Economic World > Croissance mondiale : les indicateurs avancés restent contrastés.
Croissance mondiale : les indicateurs avancés restent contrastés.
ACDEFI - 12 juin 2017

Comme cela s'observe depuis quelques semaines, les statistiques relatives à la conjoncture internationale continuent de souffler le chaud et le froid.

Aux Etats-Unis par exemple, les indices ISM des directeurs d'achat sont certes restés appréciables mais montrent que la croissance américaine demeure fragile. Dans l'industrie manufacturière, cet indicateur avancé de l'activité a atteint 54,9 en mai (contre 54,8 en avril). Dans les services, il a perdu 0,6 point sur un mois, à désormais 56,9.

 

Etats-Unis : les indicateurs des directeurs d'achat restent appréciables, sans plus.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BEA, ISM, ACDEFI

 

Même son de cloche au niveau de l'indice de confiance des ménages du Conference Board. Après avoir flambé de 26,3 points en cinq mois, ce dernier en a perdus 7 au cours des deux derniers mois. Avec un niveau de 117,9, il reste certes toujours très appréciable, mais confirme que les Américains sont moins enclins à dépenser sans compter.

Les récents déboires de Donald Trump ne sont évidemment pas de nature à changer la situation, même si les ménages continueront de bénéficier d'une situation de plein-emploi. Le taux de chômage a d'ailleurs encore reculé à 4,3 % en mai, un plus bas depuis mai 2001.

Ils pourront également continuer de compter sur la faiblesse des cours du pétrole et le maintien durable d'une politique monétaire extrêmement accommodante.

Dans ce cadre, nous maintenons notre prévision d'une croissance du PIB américain d'environ 2 % sur l'ensemble de l'année 2017. Une performance appréciable, mais inférieure d'un point à celle sur laquelle compte Donald Trump pour financer sa politique de baisse des impôts et de grands travaux. Il faut donc s'attendre à un creusement du déficit public et de la dette.

 

Les ménages américains ne sont plus euphoriques.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BEA, Conference Board, ACDEFI

 

Piètre consolation pour « l'oncle Donald », la Chine commence également à ralentir. Ainsi, en mai, l'indice Caixin des directeurs d'achat dans l'industrie est repassé sous la barre des 50, une première depuis juin 2016. Avec un niveau de 49,6, il n'y a certes pas péril en la demeure, mais de quoi néanmoins conserver une certaine dose de prudence.

 

Chine : l'industrie plonge, mais les services résistent.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

Fort heureusement pour l'Empire du milieu, l'indice Caixin dans les services a rebondi de 1,3 point en mai. Avec un niveau de 52,8, il confirme que la croissance chinoise devrait se maintenir durablement entre 6,5 % et 7 %. La première locomotive de la croissance mondiale devrait donc bien continuer de tracter la planète.

Quant à la deuxième locomotive, en l'occurrence l'Inde, l'heure est aussi à la circonspection. Ainsi, au premier trimestre 2017, l'économie indienne a continué de pâtir des effets de la démonétisation des billets de 500 et 1 000 roupies. La croissance de son PIB est ainsi tombée à 6,1 %, un plus bas depuis le deuxième trimestre 2014.

 

La croissance indienne au plus bas depuis le printemps 2014.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Mospi, Nikkei, ACDEFI

 

En outre, après un net rebond début 2017, l'indice Nikkei des directeurs d'achat dans l'industrie a perdu 0,9 point en mai. Cependant, l'indice correspondant dans les services en a gagnés 2. De quoi confirmer que la croissance indienne devrait rebondir et se stabiliser autour des 7 % sur l'ensemble de l'année 2017.

 

L'espoir est de retour au Brésil.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : IBGE, Markit, ACDEFI

 

Côté Brésil, en dépit des turbulences qui secouent le nouveau Président, le retour de l'espoir se confirme. En effet, le PIB brésilien a augmenté de 1 % sur le premier trimestre 2017, affichant un glissement annuel de - 0,4 %, un plus haut depuis le deuxième trimestre 2014.

Parallèlement, l'indice Markit des directeurs d'achat dans l'industrie a continué de progresser en mai, atteignant un niveau de 52,0, un sommet depuis février 2013.

Seul bémol, l'indice correspondant dans les services est reparti à la baisse, repassant même sous les 50, à 49,2. Le Brésil devrait donc bien sortir de la récession mais sa croissance ne dépassera pas 1 % cette année.

Plus globalement, il faut également noter qu'en mai, le nombre de pays connaissant une récession industrielle a augmenté à travers le globe, en l'occurrence neuf, contre cinq en avril.

 

En mai, le nombre de pays en récession industrielle augmente et l'indice PMI « Monde » recule légèrement.

Pour visualiser le tableau, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Markit, ACDEFI

 

L'indice « Monde » a même perdu 0,1 point à 52,6. Un niveau toujours convenable, mais qui montre que la croissance mondiale sera bien proche de notre prévision, en l'occurrence 3,3 %.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.
A suivre du 21 au 25 août :
- Mardi 22, 11h (heure de Paris) : les indices ZEW de sentiment économique baissent nettement en Allemagne et dans la zone euro.
- Mercredi 23, 2h30 : l’indice Nikkei PMI des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière japonaise régresse notablement.
- Mercredi 23, 9h : les indices Markit PMI dans l'industrie manufacturière et dans les services reculent nettement dans l’Hexagone.
- Mercredi 23, 9h30 : les indices Markit PMI dans l'industrie manufacturière et dans les services baissent également en Allemagne.
- Mercredi 23, 10h : même punition pour les indices Markit PMI dans l'industrie manufacturière et dans les services dans l’ensemble de la zone euro.
- Mercredi 23, 15h45 : idem pour les indices Markit PMI des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mercredi 23, 16h : la confiance des ménages dans la zone euro repart à la baisse.
- Jeudi 24, 8h45 : l’indice INSEE du climat des affaires perd deux points.
- Jeudi 24, 10h30 : confirmation de la petite croissance du PIB britannique au deuxième trimestre.
- Jeudi 24, 18h : le chômage repart à la hausse en France.
- Vendredi 25, 1h30 : l’inflation japonaise se stabilise à 0,4 %.
- Vendredi 25, 8h : confirmation de la croissance allemande de 0,6 % au deuxième trimestre.
- Vendredi 25 : nouveau recul de l’indice INSEE de confiance des ménages français.
- Vendredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires outre-Rhin retrouve le chemin de la baisse.
- Vendredi 25, 14h30 : forte baisse corrective des commandes de biens durables aux Etats-Unis.