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Climat des affaires : l'effet « Macron » est plus fort en Allemagne qu'en France...
ACDEFI - 29 mai 2017

Il est jeune, beau, intelligent, dynamique, plein de bonne volonté. A l'évidence, Emmanuel Macron a tout pour réussir, en commençant par susciter un boom de confiance en France, en Europe et dans le monde occidental. Magnifique !

Du moins, en apparence. Car, au regard des dernières enquêtes conjoncturelles effectuées après l'élection de « Manu » à la Présidence de la République française, il faut reconnaître que l'euphorie n'est pas vraiment au rendez-vous. Et ce, en particulier dans l'Hexagone.

Ainsi, les indices INSEE du climat des affaires de mai n'ont pas été particulièrement formidables. Ces indicateurs avancés de la conjoncture ont même stagné dans l'industrie et perdu 1 point dans les services.

C'est ainsi grâce à une légère remontée du climat des affaires dans le bâtiment et dans le commerce de détail que l'indice global du climat des affaires en France a pu gagner un petit point en mai.

Nous sommes donc loin de l'extase, d'autant que le niveau de cet indice n'est que de 105, soit seulement 5 point de mieux que le niveau de long terme et quasiment dix points de moins que le niveau censé représenter une croissance supérieure à 2,5 %.

 

Très peu d'effet « Macron » sur le climat des affaires en France selon l'INSEE.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Comme le montre le graphique ci-dessus, le climat des affaires montre donc que la croissance française devrait continuer d'osciller autour de 1 %.

Et encore, dans le meilleur des cas. En effet, l'atteinte d'un niveau de 105 fin 2016 et début 2017 n'a pas empêché le glissement annuel du PIB hexagonal de retomber à 0,8 % au premier trimestre 2017.

Il faut donc rester très prudent sur l'interprétation des données d'enquêtes. Une telle circonspection paraît encore plus claire au regard des dernières enquêtes Markit des directeurs d'achat.

En effet, depuis la fin 2016, les indices Markit ne cessent de flamber, en particulier dans les services, mais la croissance ne cesse de ralentir.

 

Les indices Markit surestiment la croissance française.

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Sources : INSEE, Markit, ACDEFI

 

De plus, il faut noter que si l'indice Markit dans les services en France est l'un des plus élevés de la zone euro, l'inverse reste vrai dans l'industrie.

 

La France a priori au top dans les services...

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Ainsi, en mai, l'indice Markit dans l'industrie française a même perdu 0,9 point, à 54,0, alors qu'il a progressé de 0,3 point dans la zone euro et de 1,2 point en Allemagne, pour atteindre des niveaux de respectivement 57,0 et 59,4.

 

… mais à la traîne dans l'industrie.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

A croire que « l'effet Macron » a été plus fort en Allemagne que de ce côté-ci du Rhin.

Cette impression est encore plus flagrante au regard de l'indice du climat des affaires de l'enquête IFO. En effet, alors qu'en France, l'indice correspondant de l'INSEE a quasiment stagné en mai, celui de l'IFO a progressé de 1,6 point. Depuis août dernier, il a ainsi flambé de 8,4 points et se situe à un plus haut depuis mars 2011. Encore mieux : il n'est désormais qu'à 0,5 point du sommet historique de février 2011.

S'il y a un pays où l'élection de M. Macron a boosté la confiance, c'est donc bien en Allemagne.

 

L'indice IFO, en plein « effet Macron », atteint quasiment son sommet historique.

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Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

Le seul problème est qu'à l'instar du phénomène observé en France, la croissance allemande semble, depuis la fin 2016, décorrélée de l'indice IFO du climat des affaires.

Une déconnexion qui s'observe également à l'échelle de la zone euro.

 

La croissance de la zone euro va-t-elle enfin rebondir ?

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Autrement dit, de deux choses l'une : soit les indicateurs avancés disent vrai et la croissance va augmenter au cours des prochains trimestres, légèrement en France et fortement en Allemagne et dans la zone euro. Soit, ces indices sont surévalués et la croissance va encore faire des déçus…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Un vent d’euphorie semble souffler sur la zone euro et sur la France depuis quelques semaines. Selon certains prévisionnistes, notamment ceux des organes officiels que sont la Commission européenne et l’INSEE, l’UEM et la France auraient d’ores et déjà retrouvé le chemin de la croissance forte, qui pourrait même avoisiner les 2,5 % dès 2018. A l’évidence, la réalisation d’une telle conjecture ne pourrait que nous faire plaisir. Seulement voilà : en économie, la magie n’existe pas. Autrement dit, pour pouvoir atteindre une croissance durable de 2,5 %, il faut un certain nombre d’ingrédients dont la France et la zone euro ne disposent pas pour le moment. Certes, la faiblesse des cours du pétrole et des matières premières au sens large, le caractère extrêmement accommodant de la politique de la BCE ou encore le maintien des taux d’intérêt obligataires sur des niveaux exagérément bas ont aidé et aideront encore la croissance économique. Pour autant, il s’agit là de conditions nécessaires mais pas suffisantes pour permettre à cette dernière d’atteindre 2,5 %. D’ailleurs, d’autres éléments conjoncturels agissent déjà à la baisse sur la dynamique économique : le ralentissement dans la plupart des pays émergents, Chine et Inde en tête, la remontée de l’euro, notamment face au dollar, ou encore les incertitudes géopolitiques internationales. Mais au-delà de ces évolutions conjoncturelles, certes non négligeables, le vrai handicap de la zone euro et plus particulièrement de la France, réside dans la faiblesse de leur croissance structurelle. Aussi, pour parvenir à ce niveau de 2,5 %, il faut engager de profondes réformes structurelles sur la fiscalité, le marché du travail ou encore le financement de l’économie, qui n’ont toujours pas été menées, en particulier en France. Autrement dit, ce ne sont pas quelques évolutions conjoncturelles favorables qui permettront de masquer les faiblesses structurelles de l’économie française. Dans ce cadre, nous sommes contraints de confirmer notre prévision d’une croissance française d’environ 1,3 % tant en 2017 qu’en 2018. Quant à l’atteinte durable des 2,5 %, elle ne sera possible qu’après la modernisation de l’économie française et donc, dans le meilleur des cas, pas avant 2020. Certes, mieux vaut tard que jamais. La question reste néanmoins de savoir si la population et les entreprises françaises auront la force d’attendre…
A suivre du 26 au 30 juin :
- Lundi 26, 10h (heure de Paris) : léger recul de l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne.
- Lundi 26, 14h30 : rebond correctif et limité des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Lundi 26, 18h : le chômage repart à la hausse en France.
- Mardi 27, 16h : l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains recule légèrement.
- Mercredi 28 8h45 : stabilisation de l’indice INSEE de confiance des ménages dans l’Hexagone.
- Mercredi 28, 14h30 : le déficit de la balance des marchandises recule modestement aux Etats-Unis.
- Jeudi 29, 8h : baisse modérée de l’indice GfK de confiance des ménages allemands.
- Jeudi 29, 11h : quasi-stabilisation de l’indice de sentiment économique dans la zone euro.
- Jeudi 29, 14h : l’inflation allemande se stabilise à 1,4 %.
- Jeudi 29, 14h30 : la faiblesse de la croissance américaine au premier trimestre est entérinée.
- Vendredi 30, 1h30 : stabilisation du taux de chômage japonais à 2,8 %.
- Vendredi 30, 8h45 : la consommation des ménages repart à la baisse en France.
- Vendredi 30, 8h45 : l’inflation française stagne à 0,8 %.
- Vendredi 30, 8h45 : en France, la dette publique atteint 96,5 % du PIB au premier trimestre.
- Vendredi 30, 9h55 : le taux de chômage se stabilise à 5,7 % en Allemagne.
- Vendredi 30, 10h30 : nouvelle confirmation de la croissance britannique à 2 % au premier trimestre.
- Vendredi 30, 11h : stabilisation de l’inflation eurolandaise à 1,4 %.
- Vendredi 30, 14h30 : progression modérée des revenus et de la consommation des ménages aux Etats-Unis.
- Vendredi 30, 16h : confirmation de la nette baisse de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs américains.