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La croissance mondiale se stabilise vers les 3,3 %.
ACDEFI - 10 avril 2017

Comme cela s'observe depuis l'automne dernier, les indicateurs des directeurs d'achat ont continué de s'améliorer à travers le monde au cours du mois de mars.

En fait, seuls 5 pays (parmi les 43 pays suivis par Markit et ses partenaires) ont vu leur situation de récession industrielle s'aggraver en mars. En l'occurrence, par ordre croissance de gravité : le Kenya, la Corée du Sud, le Liban, la Grèce et l'Egypte.

Quatre autres pays sont restés en zone rouge en mars, mais ont vu leur situation s'améliorer par rapport aux mois précédents. Il s'agit de la Malaisie, du Brésil, de la Turquie et de Hong Kong.

 

Indicateurs PMI dans l'industrie : la récession disparaît progressivement, mais la croissance mondiale n'augmente plus.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Au total, seuls 9 pays étaient dans une situation de récession industrielle en mars 2017, contre quinze en août dernier.

En fait, à l'époque, comme le montre le tableau ci-après, 25 pays étaient dans une situation de récession ou de quasi-récession industrielle. L'indice « Monde » n'était d'ailleurs que de 50,8, contre 53,0 aujourd'hui, le même niveau qu'en février.

L'amélioration est donc nette et durable, même si l'heure est désormais à la stabilisation de la croissance mondiale.

 

Une belle amélioration au cours des neuf derniers mois.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Certains pays ont également montré leur résilience à toute épreuve. A commencer par l'Inde. En effet, après le « clash » qui a suivi la démonétisation des billets de 500 et 1000 roupies fin 2016, l'économie indienne a déjà nettement rebondi.

 

La croissance forte est déjà de retour en Inde.

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Sources : Nikkei, ACDEFI

 

Ainsi, en mars, ses indices Nikkei PMI des directeurs d'achat ont atteint des niveaux de 52,5 dans l'industrie et 51,5 dans les services. Si les sommets de 2016 ne sont pas encore retrouvés, ces évolutions confirment que la croissance indienne devrait bien se stabiliser autour des 7 % en moyenne sur l'année 2017.

Evidemment toujours très loin de ces performances, l'économie brésilienne poursuit sa « rédemption ». Certes, les indicateurs des directeurs d'achat n'ont toujours pas retrouvé la barre des 50. Pour autant, en mars, ils ont atteint des niveaux très encourageants de 49,6 dans l'industrie et 47,7 dans les services, soit des sommets depuis respectivement février 2015 et mars 2015.

 

Le Brésil sort de la récession, doucement mais sûrement.

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Sources : IBGE, Markit, ACDEFI

 

Nous sommes donc confortés dans notre prévision d'une variation positive du PIB brésilien de l'ordre de 0,5 % sur l'ensemble de l'année 2017, ce qui, le cas échéant, constituerait un plus haut depuis 2013.

 

La Chine n'accélère plus.

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Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

Du côté de l'économie chinoise, comme cela s'observe depuis le début 2017, la croissance se stabilise autour des 7 %, soit légèrement au-dessus de la prévision gouvernementale (précisément 6,5 %).

Les indicateurs Caixin des directeurs d'achat ont ainsi reculé de 0,5 point dans l'industrie et de 0,4 point dans les services. Avec des niveaux de respectivement 51,2 et 52,2, ils confirment néanmoins que l'Empire du milieu continue de bénéficier d'une dynamique économique très appréciable.

Quant aux Etats-Unis, après leur flambée exceptionnelle des mois précédents, les indices ISM devaient inévitablement enregistrer une consolidation. C'est ce qui s'est produit en mars.

Néanmoins, avec des niveaux de 57,2 dans l'industrie manufacturière et 55,2 dans le secteur non-manufacturier (contre respectivement 57,7 et 57,6 en février), ces indicateurs avancés de la croissance américaine montre que cette dernière va continuer de se rapprocher des 3 % au cours des prochains trimestres.

 

La croissance américaine continue de se diriger vers les 3 %.

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Sources : BEA, ISM, ACDEFI

 

Pour finir ce panorama assez favorable, la zone euro n'a pour une fois pas freiné la croissance mondiale.

En effet, en dépit d'une révision baissière par rapport à leur première estimation, les indicateurs Markit des directeurs d'achat sont restés bien orientés en mars.

Et pour cause : 56,2 dans l'industrie et 56,0 dans les services, contre respectivement 55,4 et 55,5 en février.

Dans le secteur industriel, c'est, comme d'habitude, l'Allemagne (avec un indice PMI de 58,3, un plus haut depuis avril 2011), les Pays-Bas et l'Autriche qui ont tiré vers le haut l'ensemble de la zone euro.

Cette dernière a néanmoins été freinée par l'Italie, l'Espagne, l'Irlande, la France et la Grèce.

Dans cette dernière, la récession industrielle s'est même aggravée en mars, puisque son indice PMI a encore perdu 1 point à 46,6. Ce qui constitue d'ailleurs en mars, le plus mauvais niveau mondial, juste derrière l'Egypte.

 

L'industrie eurolandaise tractée par l'Allemagne et les Pays-Bas, mais freinée par la France et surtout la Grèce qui s'enfonce de nouveau dans la récession.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

De quoi rappeler que l'économie hellène est toujours loin de pouvoir sortir de la crise qui n'en finit plus.

Rappelons que son PIB est encore inférieur de 27 % à son niveau de 2007. Dès lors, pour retrouver ce dernier et en supposant que le PIB grec augmentera de 0,5 % par trimestre (hypothèse très optimiste), il faudra attendre 2032…

Du côté de l'activité dans les services, c'est l'Irlande qui tire la zone euro vers le haut, avec un indice PMI qui a certes baissé de 1,5 point en mars, mais reste à un niveau très élevé de 59,1.

 

Activité dans les services : L'Irlande en pointe, la France se défend bien et l'Italie freine.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Une fois n'est pas coutume, la France s'est également s'illustrée positivement. Certes son indice Markit PMI « services » de mars a été révisé d'un point à la baisse par rapport à sa première estimation, mais atteint néanmoins un niveau très appréciable de 57,5.

Comme en février, c'est ainsi l'Allemagne et l'Italie, avec des indices de 55,6 et 52,9, qui freinent l'ensemble de la zone euro dans le secteur des services.

Des évolutions qui devraient néanmoins permettre à la zone euro de croître d'environ 1,5 % sur l'ensemble de l'année 2017, ce qui se traduirait par une contribution de 0,2 point à la croissance mondiale, qui devrait bien atteindre 3,3 % cette année, conformément à nos prévisions.

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Comme nous l’espérions la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, le pire a bien été évité lors des élections présidentielles françaises. En effet, le duel « Le Pen - Mélenchon », un temps craint pour le deuxième tour n’aura pas lieu. Ouf ! Certes, le scénario idéal « Macron - Fillon », qui aurait pu déboucher sur un vrai débat d’idées, digne de la sixième puissance économique mondiale, ne se produira pas non plus. Nous aurons donc droit à un duel « Macron - Le Pen », qui, compte tenu de la nette avance de l’ancien ministre de l’économie sur la patronne du Front national lors du premier tour, a rassuré les marchés. Pariant également sur le traditionnel front républicain pour éviter toute mauvaise surprise, ces derniers ont même flambé dans un premier temps. Sur la seule journée du lundi 24 avril, le Cac 40 a ainsi progressé de 4,1 %. Pour autant, comme cela était également très prévisible, le soufflé est très vite retombé. Et pour cause : les exemples du Brexit et de la victoire de Donald Trump nous ont montré qu’il ne fallait surtout pas aller trop vite en besogne. D’ores et déjà les résultats du premier tour des présidentielles françaises sont loin d’être aussi euphoriques qu’ils pourraient apparaître. Tout d’abord, parce qu’environ 50 % des votes se sont portés sur des partis anti-européens, voire pro-Frexit. Encore plus inquiétant, bien loin de la mobilisation qui avait suivi le choc du 21 avril 2002 et finalement consacré une nette victoire de Jacques Chirac sur Jean-Marie Le Pen au second tour, la fille de ce dernier semble faire jeu égal avec le fils spirituel de François Hollande. Pourtant, pour tout esprit normalement constitué, il ne devrait pas y avoir d’équivoque : mieux vaut « Hollande-bis » que le « trou noir » ! Et attention, si Marine Le Pen réussit à passer la barre des 40 %, l’image internationale de la France risque d’en prendre un sacré coup et pour longtemps. Pour éviter d’en arriver là, il serait donc grand temps que les dirigeants politiques français se mobilisent et aussi qu’Emmanuel Macron muscle son discours et son programme...
A suivre du 24 au 28 avril :
- Lundi 24, 10h (heure de Paris) : l’indice IFO du climat des affaires baisse légèrement outre-Rhin, tout en restant à un niveau élevé.
- Mardi 25, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent nettement dans l’Hexagone.
- Mardi 25, 16h : repli modéré de l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains, qui se maintient à un niveau très élevé.
- Mercredi 26, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd un point.
- Mercredi 26, 18h : le chômage français augmente légèrement.
- Jeudi 27, 4h : la Banque du Japon maintient son taux de base à - 0,1 %.
- Jeudi 27, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 27, 11h : petite baisse de l’indice de sentiment économique dans la zone euro.
- Jeudi 27, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0,0 %.
- Jeudi 27, 14h : l’inflation allemande remonte à 1,9 %.
- Jeudi 27, 14h30 : baisse corrective des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Jeudi 27, 14h30 : quasi-stabilisation du déficit de la balance des marchandises aux Etats-Unis.
- Vendredi 28, 1h30 : l’inflation stagne à 0,3 % au Japon.
- Vendredi 28, 1h30 : le taux de chômage japonais se stabilise à 2,8 %.
- Vendredi 28, 7h30 : le glissement annuel du PIB français retombe à 0,7 % au premier trimestre 2017.
- Vendredi 28, 8h45 : rebond correctif de la consommation des ménages, qui reste très fragile.
- Vendredi 28, 8h45 : l’inflation recule à 1,1 % en France.
- Vendredi 28, 10h30 : la croissance britannique se stabilise à 1,9 % au premier trimestre 2017.
- Vendredi 28, 11h : l’inflation se maintient à 1,5 % dans la zone euro.
- Vendredi 28, 14h30 : la croissance américaine avoisine les 2,5 % au premier trimestre 2017, soit 2,3 % en glissement annuel.
- Vendredi 28, 16h : confirmation de la nette augmentation de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.