Accueil > Economic World > Un vent d'euphorie souffle aux États-Unis et en Allemagne, mais pas en France.
Un vent d'euphorie souffle aux États-Unis et en Allemagne, mais pas en France.
ACDEFI - 03 avril 2017

C'est tout simplement incroyable. Le mois dernier, nous mettions déjà en exergue qu'en dépit des craintes mondiales qui entourent la Présidence de Donald Trump, le moral des ménages américains atteignait des sommets depuis juillet 2001.

En mars 2017, un nouveau pallier a été franchi. En effet, l'indice de confiance des consommateurs calculé par le très sérieux Conference Board a encore progressé de 9,5 points, après en avoir déjà gagnés 4,3 en février.

Depuis octobre 2016, sa progression est de 27 points ! Encore plus fort : cet indicateur avancé de la consommation des ménages atteint un sommet depuis décembre 2000.

A l'époque, le glissement annuel de la consommation dépassait les 4 % outre-Atlantique, ce qui pourrait donc bien redevenir le cas dans les prochains mois.

 

La confiance des ménages américains au plus haut depuis décembre 2000 !

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BEA, Conference Board, ACDEFI

 

Une situation qui est malheureusement très loin de celle de l'Hexagone. En effet, en mars, l'indice INSEE de confiance des ménages a connu la même évolution que son homologue chez les chefs d'entreprise : la stagnation.

Ainsi, il reste à son niveau moyen de longue période, en l'occurrence 100, indiquant par là même qu'après un quatrième trimestre 2016 appréciable, la consommation a notablement ralenti dès le premier trimestre 2017.

D'ailleurs, après un léger rebond de 0,6 % en janvier, la consommation des ménages français a reculé de 0,8 % en février.

De plus, avec l'attentisme pré-électoral et une campagne présidentielle calamiteuse, le moral et la consommation des ménages devraient continuer de se détériorer au moins jusqu'à l'été prochain.

En espérant qu'une crise politique majeure après les législatives ne viendra pas encore noircir le tableau…

 

En France, la confiance des ménages reste trop faible pour permettre un rebond durable de la consommation.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : INSEE, ACDEFI

 

Et ce d'autant qu'en dépit d'une très légère baisse du nombre de chômeurs de catégorie A en février, le nombre de sans-emploi toutes catégories a continué d'augmenter, restant proche des 6,6 millions de personnes.

 

Le nombre de chômeurs toutes catégories augmente encore et avoisine les 6,6 millions de personnes.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Dares, ACDEFI

 

En fait, comme cela s'observe depuis 2012, la France reste l'une des lanternes rouges de l'économie et de l'emploi dans la zone euro.

D'ailleurs, elle freine la dynamique de croissance de la zone euro.

Ainsi, en mars, l'indice de sentiment économique dans la zone euro a reculé de 0,1 point, après en avoir déjà perdu 0,2 en février. Avec un niveau de 107,9, il reste certes toujours très appréciable, mais indique que la croissance de la zone euro est bien en train d'écrêter.

L'indice de sentiment économique dans la zone euro reste appréciable mais recule pour le deuxième mois consécutif.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, Commission européenne, ACDEFI

 

En fait, comme cela s'observe depuis une dizaine d'années, l'essentiel de la vigueur eurolandaise provient du dynamisme de l'économie allemande.

 

L'indice IFO du climat des affaires outre-Rhin continue de surprendre par sa vigueur.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

Ainsi, après avoir déjà progressé de 1,3 point en février, l'indice IFO du climat des affaires en a encore gagné 1,2 en mars. Avec un niveau de 112,3, il atteint désormais un sommet depuis juillet 2011.

Comme le montre le graphique précédent, cette évolution indique que la croissance allemande pourrait rapidement atteindre les 3 %, trois fois plus qu'en France.

 

Les perspectives d'activité sont aussi au beau fixe pour l'économie allemande.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

Une analyse qui est également confirmée par l'indice IFO des perspectives d'activité qui a progressé de 1,5 point en mars, après en avoir déjà gagné 1 en février.

Dans ce cadre, nous révisions à la hausse notre prévision de croissance allemande à 2 % en moyenne sur l'année 2017, soit le double de celle de la France.

Il n'y a pas de secret : pour réaliser une croissance soutenue, il faut moderniser son économie, ce qu'ont su faire les Allemands depuis 2002 et que les Français sont toujours incapables de réaliser, voire de comprendre. Quelle tristesse !

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.