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La Fed dégaine, la BCE rengaine.
ACDEFI - 20 mars 2017

Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a augmenté son taux objectif des federal funds de 25 points de base le 15 mars dernier, portant ce dernier à 1 %.

Confortant ce geste, le glissement annuel des prix à la consommation a encore augmenté en février à 2,7 %, un plus haut depuis février 2012.

 

L'inflation américaine au plus haut depuis février 2012.

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Sources : BLS, ACDEFI

 

N'oublions cependant pas que l'objectif d'inflation de la Fed est de 2,5 % mais pour le « core CPI », c'est-à-dire hors énergie et produit alimentaire, également appelée « inflation sous-jacente ». Or, le glissement annuel de cet indice a reculé de 0,1 point en février à 2,2 %.

 

L'inflation « sous-jacente » reste nettement sous la barre des 2,5 %.

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Sources : BLS, Federal Reserve, ACDEFI

 

Voilà pourquoi, la Fed reste prudente et n'est pas prête à sortir l'artillerie lourde.

D'ailleurs, si la croissance américaine est appréciable, elle reste proche des 2 %, contre un objectif de la Fed de 2,5 % à 3 %.

Dans ce cadre, nous continuons d'anticiper que la Fed ne prendra aucun risque et resserrera son étreinte monétaire à pas comptés, c'est-à-dire par touche de 25 points de base, sans dépasser la barre des 1,75 %.

 

La Fed accompagne la croissance américaine, mais sans prendre de risque.

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Sources : BEA, Federal Reserve, ACDEFI

 

En fait, le seul véritable problème réside dans la flambée du Dow Jones. En son temps, Alan Greenspan aurait certainement parlé d'exubérance irrationnelle.

 

La Fed, meilleure alliée de la bulle boursière.

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Sources : Federal Reserve, ACDEFI

 

Comme le montre le graphique ci-dessus, il est effectivement clair que le Dow Jones va trop loin et que, pour la première fois de son histoire contemporaine, la Fed a laissé faire.

Que ce soit à la fin des années 1980, en 1995, en 2000 et en 2005-2006, la Fed a constamment accompagné la flambée boursière en remontant nettement son taux objectif des federal funds, ce qui a permis de freiner, voire d'inverser les hausses boursières. Depuis 2010, par peur de susciter une rechute trop rapide de la croissance américaine après le cataclysme de la faillite de Lehman Brothers, la Fed n'a pas osé agir.

Elle ne le fait que depuis décembre 2015, avec un risque majeur : dans la mesure où elle a laissé se former une bulle boursière, l'éclatement de cette dernière risque d'être très brutal et destructeur.

Face à ce danger, la Fed est donc condamnée à la prudence, tout en essayant de se reconstituer une marge de manœuvre pour pouvoir relancer la machine lors de la prochaine crise.

 

La BCE va-t-elle suivre la Fed ? Certainement pas.

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Sources : BCE, Federal Reserve, ACDEFI

 

En attendant, l'écart de taux d'intérêt Fed-BCE se creuse, ce qui devrait permettre à l'euro de rester faible, en dépit de réactions épidermiques, comme la remontée de l'euro depuis le 16 mars. Plutôt que d'intégrer le différentiel durable de politiques monétaires entre les deux côtés de l'Atlantique, les investisseurs ont effectivement préféré surpondérer la prudence de la Fed et la victoire du parti libéral du Premier ministre Mark Rutte aux Pays-Bas, pour jouer temporairement l'euro contre le dollar.

Une stratégie qui laissera rapidement la place à une remontée du billet vert. Et ce d'autant que les écarts de croissance et d'inflation, mais aussi de taux monétaires et obligataires, augmenteront en faveur du dollar

 

L'euro restera faible grâce au spread de taux Fed-BCE.

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Sources : BCE, Federal Reserve, ACDEFI

 

D'ores et déjà, contrairement à la situation américaine, l'inflation eurolandaise demeure largement sous-contrôle.

 

Certes, l'inflation se tend dans la zone euro.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Certes, en février, le glissement annuel des prix à la consommation a atteint 2 % dans la zone euro et 2,2 % en Allemagne, des plus hauts depuis la fin 2012.

Cependant, l'inflation « sous-jacente » demeure très faible, se stabilisant à 0,9 % depuis le début 2016.

 

Mais inflation sous-jacente reste bien plus faible qu'aux Etats-Unis.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

En France, l'inflation « sous-jacente » est même retombée à 0,2 % en février, montrant que les risques déflationnistes n'ont pas complétement disparus.

 

Hors énergie et produits alimentaires, l'inflation française retombe vers 0 %.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

En conclusion, pour toutes ces raisons, nous anticipons que le différentiel de taux directeurs entre la Fed et la BCE va continuer d'augmenter, permettant à l'euro de revenir vers la parité avec le dollar d'ici l'été prochain.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.