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Zone euro : augmentation surprise des indicateurs avancés, mais…
ACDEFI - 27 février 2017

Zone euro : augmentation surprise des indicateurs avancés, mais…

C'est la surprise de la semaine. Bien plus surprenant que l'allégeance de François Bayrou à Emmanuel Macron, les indicateurs avancés de la conjoncture eurolandaise ont nettement augmenté en février.

En effet, en dépit des risques qui pèsent sur la stabilité de la zone euro, les chefs d'entreprise et les directeurs d'achat eurolandais se sont déclarés très optimistes pour les prochains mois.

 

La zone euro a priori en pleine forme...

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Ainsi, en février les indices Markit PMI des directeurs d'achat ont atteint des niveaux de 55,5 dans l'industrie et 55,6 dans les services, des plus hauts depuis respectivement avril et mai 2011.

 

Vers une croissance de 2 % dans la zone euro ?

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Quant à l'indice PMI composite, il a progressé de 1,6 point sur le seul mois de février, atteignant un niveau de 56, du jamais vu depuis avril 2011. Comme le montre le graphique ci-avant, cette remontée en flèche semble indiquer que la croissance eurolandaise pourrait retrouver la barre des 2 % d'ici l'été prochain.

Cette dynamique est principalement entretenue par la vigueur de l'économie allemande.

 

L'indice IFO du climat des affaires repart en nette hausse.

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Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

Ainsi, après avoir perdu 1,2 point en janvier, l'indice IFO du climat des affaires les a repris en février. Il retrouve donc la barre des 111 atteinte en décembre 2016 et qui est un plus haut depuis avril 2014.

 

Les indices Markit dans les services surprennent par leur dynamisme, en particulier dans l'Hexagone.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Cette embellie inattendue est également corroborée par la bonne tenue des indices Markit outre-Rhin : 57,0 dans l'industrie et 54,4 dans les services.

Une fois n'est pas coutume, la France s'est distinguée par la forte augmentation de son indice Markit dans les services : + 1,6 point sur un mois. Il atteint désormais un niveau de 56,7, un plus haut depuis août 2011 et surtout 1,1 point de plus que dans la zone euro et 2,3 points de plus qu'en Allemagne.

En revanche, dans l'industrie, la France n'a pas surpris, puisque son indice Markit a reculé de 1,3 point en février, à 52,3.

 

Indices Markit dans l'industrie : l'Allemagne et la zone euro en flèche, la France toujours à la traîne.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

S'il s'agit toujours d'un niveau appréciable, il accuse un retard de 3,2 points par rapport à son homologue eurolandais et de 4,7 points comparativement à celui de l'Allemagne.

Ce retard de la France est également confirmé par les enquêtes INSEE auprès des chefs d'entreprise. En février, l'indice du climat des affaires a ainsi stagné a 104, contre 106 en décembre 2016.

 

L'indice INSEE du climat des affaires stagne et confirme que la France reste en retrait.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Comme le montre le graphique ci-dessus, cette évolution confirme bien que la croissance française ne fera pas de miracle dans les prochains mois.

Et ce d'autant que l'attentisme pré-électoral et les craintes quant à la stabilité politique hexagonale après les Présidentielles ne manqueront pas de peser à la baisse sur l'activité.

En conclusion, l'activité économique de la France et celle de la zone euro ont vraisemblablement atteint un pic en février, avant de reculer significativement au cours des mois suivants. Take care…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Un vent d’euphorie semble souffler sur la zone euro et sur la France depuis quelques semaines. Selon certains prévisionnistes, notamment ceux des organes officiels que sont la Commission européenne et l’INSEE, l’UEM et la France auraient d’ores et déjà retrouvé le chemin de la croissance forte, qui pourrait même avoisiner les 2,5 % dès 2018. A l’évidence, la réalisation d’une telle conjecture ne pourrait que nous faire plaisir. Seulement voilà : en économie, la magie n’existe pas. Autrement dit, pour pouvoir atteindre une croissance durable de 2,5 %, il faut un certain nombre d’ingrédients dont la France et la zone euro ne disposent pas pour le moment. Certes, la faiblesse des cours du pétrole et des matières premières au sens large, le caractère extrêmement accommodant de la politique de la BCE ou encore le maintien des taux d’intérêt obligataires sur des niveaux exagérément bas ont aidé et aideront encore la croissance économique. Pour autant, il s’agit là de conditions nécessaires mais pas suffisantes pour permettre à cette dernière d’atteindre 2,5 %. D’ailleurs, d’autres éléments conjoncturels agissent déjà à la baisse sur la dynamique économique : le ralentissement dans la plupart des pays émergents, Chine et Inde en tête, la remontée de l’euro, notamment face au dollar, ou encore les incertitudes géopolitiques internationales. Mais au-delà de ces évolutions conjoncturelles, certes non négligeables, le vrai handicap de la zone euro et plus particulièrement de la France, réside dans la faiblesse de leur croissance structurelle. Aussi, pour parvenir à ce niveau de 2,5 %, il faut engager de profondes réformes structurelles sur la fiscalité, le marché du travail ou encore le financement de l’économie, qui n’ont toujours pas été menées, en particulier en France. Autrement dit, ce ne sont pas quelques évolutions conjoncturelles favorables qui permettront de masquer les faiblesses structurelles de l’économie française. Dans ce cadre, nous sommes contraints de confirmer notre prévision d’une croissance française d’environ 1,3 % tant en 2017 qu’en 2018. Quant à l’atteinte durable des 2,5 %, elle ne sera possible qu’après la modernisation de l’économie française et donc, dans le meilleur des cas, pas avant 2020. Certes, mieux vaut tard que jamais. La question reste néanmoins de savoir si la population et les entreprises françaises auront la force d’attendre…
A suivre du 26 au 30 juin :
- Lundi 26, 10h (heure de Paris) : léger recul de l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne.
- Lundi 26, 14h30 : rebond correctif et limité des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Lundi 26, 18h : le chômage repart à la hausse en France.
- Mardi 27, 16h : l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains recule légèrement.
- Mercredi 28 8h45 : stabilisation de l’indice INSEE de confiance des ménages dans l’Hexagone.
- Mercredi 28, 14h30 : le déficit de la balance des marchandises recule modestement aux Etats-Unis.
- Jeudi 29, 8h : baisse modérée de l’indice GfK de confiance des ménages allemands.
- Jeudi 29, 11h : quasi-stabilisation de l’indice de sentiment économique dans la zone euro.
- Jeudi 29, 14h : l’inflation allemande se stabilise à 1,4 %.
- Jeudi 29, 14h30 : la faiblesse de la croissance américaine au premier trimestre est entérinée.
- Vendredi 30, 1h30 : stabilisation du taux de chômage japonais à 2,8 %.
- Vendredi 30, 8h45 : la consommation des ménages repart à la baisse en France.
- Vendredi 30, 8h45 : l’inflation française stagne à 0,8 %.
- Vendredi 30, 8h45 : en France, la dette publique atteint 96,5 % du PIB au premier trimestre.
- Vendredi 30, 9h55 : le taux de chômage se stabilise à 5,7 % en Allemagne.
- Vendredi 30, 10h30 : nouvelle confirmation de la croissance britannique à 2 % au premier trimestre.
- Vendredi 30, 11h : stabilisation de l’inflation eurolandaise à 1,4 %.
- Vendredi 30, 14h30 : progression modérée des revenus et de la consommation des ménages aux Etats-Unis.
- Vendredi 30, 16h : confirmation de la nette baisse de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs américains.