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Zone euro et Etats-Unis : l'inflation revient, mais la croissance ne flambe pas.
ACDEFI - 06 février 2017

Pendant que la France s'enfonce dans une crise politique dangereuse, le retour de l'inflation se confirme un peu partout dans la zone euro, mais la croissance y reste modérée.

Ainsi, en janvier, le glissement annuel des prix à la consommation a atteint 1,9 %, un plus haut depuis juillet 2013.

Dans la zone euro, avec un niveau de 1,8 %, l'inflation atteint un sommet depuis février 2013.

 

L'inflation à quasiment 2 % tant en Allemagne que dans la zone euro.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

En France aussi, l'inflation poursuit sa remontée, mais avec un niveau de seulement 1,4 % en janvier, qui constitue néanmoins un plus haut depuis novembre 2012.

 

France : l'inflation augmente, mais le taux de chômage aussi.

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Sources : INSEE, Eurostat, ACDEFI

Malheureusement, cette « reflation » française s'accompagne d'une augmentation du taux chômage, qui a atteint 9,6 % en décembre. Un niveau à comparer aux 9,5 % de la zone euro et surtout aux 4,8 % du Royaume-Uni et aux 3,9 % de l'Allemagne.

 

La France reste l'une des championnes européennes du taux de chômage.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Le comparatif est encore plus douloureux sur le front du chômage des jeunes, puisqu'en décembre, le taux de chômage des moins de 25 ans a atteint 26,2 % en France, soit seulement 0,2 point de moins qu'au Portugal. Mais un niveau qui s'éloigne de plus en plus des 20,9 % de la zone euro et des 6,5 % enregistrés outre-Rhin.

 

Le taux de chômage des jeunes français au niveau de celui du Portugal et loin devant la zone euro et l'Allemagne.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Dans le même temps, comme nous l'annoncions depuis plusieurs mois, la croissance française n'a été que de 1,1 % en 2016, soit 0,3 point de moins que la récente prévision gouvernementale et surtout 0,9 point au-dessous du Royaume-Uni, 0,8 point de moins qu'en Allemagne et 0,6 point en-deçà de la zone euro.

 

La France toujours en retard sur le front de la croissance.

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Sources : Eurostat, INSEE, ACDEFI

 

Certes, les indicateurs Markit des directeurs d'achat demeurent relativement bien orientés mais montrent que la croissance reste fragile dans l'ensemble de la zone euro. Avec une mention spéciale pour la Grèce qui est retombée en récession depuis la fin 2016.

 

La zone euro résiste, la France et l'Italie s'accrochent, la Grèce replonge dans la récession.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Plus globalement, même si en moyenne annuelle, la croissance de la zone euro dépasse celle des Etats-Unis de 0,1 point en 2016, les évolutions du quatrième trimestre redonnent l'avantage à l'Oncle Sam.

En effet, le glissement annuel du PIB américain a continué de progresser, atteignant 1,9 %, contre 1,8 % dans la zone euro. Un résultat notamment obtenu grâce à la remontée de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises.

 

La croissance américaine se redresse mais reste inférieure à 2 %.

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Sources : BEA, ACDEFI

 

Compte tenu des risques qui pèsent sur la politique économique et commerciale des Etats-Unis, la Fed a néanmoins, et comme prévu, maintenu le statu quo monétaire. Avant certainement d'augmenter légèrement son taux objectif des « federal funds » (vers 1,25 % d'ici la fin du printemps) dans le sillage du mouvement de reflation également observé outre-Atlantique. La prudence est et restera de mise…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
S’il y a un point sur lequel les Etats-Unis et la France se rejoignent, c’est bien celui-là ! En effet, bien avant la poignée de main chaleureuse entre MM. Trump et Macron, les deux pays se sont économiquement réunis il y a déjà plus de trente ans par le cumul structurel de ce que l’on appelle les « twin deficits », c’est-à-dire les déficits jumeaux : balance commerciale et budgétaire. Il s'agit d'ailleurs presque d'un mode de vie, qui finira forcément par coûter très cher. Ainsi, le dernier excédent des comptes publics hexagonaux remonte à 1974. Depuis, avec ou sans croissance, la France a été incapable d'assainir ses finances publiques. Parallèlement, la balance commerciale française est restée déplorable. En juin 2017, le déficit cumulé sur douze mois a même atteint 60,6 milliards d’euros, un plus haut depuis octobre 2014. Le plus incroyable réside dans le fait que l'annonce régulière de ces « twin deficits » passe presque inaperçue, que ce soit en France ou aux Etats-Unis. Jusqu'à quand ? Car ne rêvons pas : affectés par des « twin deficits » qu'ils auront de plus en plus de mal à combler, les Etats-Unis perdront leur place de première puissance économique mondiale d'ici une dizaine d'années au profit de la Chine. Quant à la zone euro, elle aura depuis bien longtemps explosé, laissant ses anciens pays membres dans le chaos, et notamment la France qui, à force d'avoir accumulé les « twin deficits » sans réagir, sera devenu un Disneyland géant, dont les Chinois et les Qatari raffoleront. Faut-il vraiment en arriver là pour enfin comprendre la gravité de la situation et notamment admettre que nos déficits jumeaux sont devenus intenables et extrêmement dangereux ? Espérons donc que nous allons enfin nous réveiller, sinon tant la France que les Etats-Unis s'écrouleront avec leurs « twin deficits »…