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France et zone euro : la croissance toujours fragile.
ACDEFI - 30 janvier 2017

Comme nous l'annoncions la semaine dernière dans nos prévisions des publications statistiques hebdomadaires, ces dernières ont bien fait état d'un mouvement de temporisation de la croissance.

Certes, comme prévu également, la croissance chinoise a gagné 0,1 point, pour atteindre 6,8 % au quatrième trimestre 2017. Cela porte son niveau annuel moyen à 6,7 %, un plus bas depuis 1990.

 

La croissance chinoise se rapproche des 7 %.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Ce résultat reste évidemment appréciable, d'autant que nous anticipons une croissance chinoise de 7,1 % en 2017. Mais cela montre également que la Chine ne pourra pas de sitôt retrouver des niveaux de croissance supérieurs à 8 %.

 

Indices Markit dans l'industrie : l'Allemagne reste en pointe, la zone euro résiste et la France ralentit.

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Sources : Markit, ACDEFI

Dans le même temps, les indicateurs Markit des directeurs d'achat dans la zone euro se sont améliorés dans l'industrie, mais ont encore reculé dans les services.

 

Indices Markit dans les services : convergence par le bas.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

De quoi confirmer qu'en dépit de la « planche à billets » de la BCE et de la faiblesse de l'euro, la croissance des pays de l'UEM reste fragile.

Et ce, y compris en Allemagne, où l'indice IFO du climat des affaires a perdu 1,2 point sur le seul mois de janvier. Certes, avec un niveau de 109,8, il reste encore très appréciable, mais montre néanmoins que la croissance allemande pourrait prochainement s'essouffler.

 

L'indice IFO du climat des affaires montre que la croissance allemande pourrait s'essouffler en 2017.

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Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

Et ce, d'autant que l'indice IFO des perspectives d'activité a perdu 2,4 points en janvier. Il retrouve ainsi un plus bas depuis août 2016 et montre que la croissance allemande ne pourra pas dépasser les 2 % en 2017.

Les perspectives d'activité repartent en forte baisse en Allemagne en janvier.

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Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

La situation de l'économie française n'est malheureusement guère plus réjouissante, puisque l'indice INSEE du climat des affaires est déjà reparti à la baisse en janvier. Avec un niveau de 104, il n'y a certes pas péril en la demeure, mais de quoi néanmoins rappeler que l'économie française reste très fragile.

 

France : l'indice INSEE du climat des affaires repart déjà à la baisse.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

D'ailleurs, après trois mois de baisse, le chômage de catégorie A est déjà reparti à la hausse en décembre : + 26 500 personnes. Sur l'ensemble de l'année 2016, le nombre de chômeurs a ainsi reculé de 107 100 personnes pour la catégorie A, mais a augmenté de 63 100 personnes toutes catégories confondues.

Des évolutions qui confirment les 500 000 postes de formation pour les chômeurs ont non seulement été très coûteuses (2 milliards d'euros), et, en plus, n'ont pas eu d'effet significatif et durable sur le nombre de sans-emploi. Quelle tristesse !

 

Chômage en France en 2016 : - 107 100 en catégorie A, + 63 100 toutes catégories.

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Sources : Dares, ACDEFI

 

Et malheureusement, à présent que l'économie française va entrer dans une phase d'attentisme pré-électoral, il faut se préparer à de nouveaux mois difficiles pour ce drame humain qu'est le chômage de masse.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Un vent d’euphorie semble souffler sur la zone euro et sur la France depuis quelques semaines. Selon certains prévisionnistes, notamment ceux des organes officiels que sont la Commission européenne et l’INSEE, l’UEM et la France auraient d’ores et déjà retrouvé le chemin de la croissance forte, qui pourrait même avoisiner les 2,5 % dès 2018. A l’évidence, la réalisation d’une telle conjecture ne pourrait que nous faire plaisir. Seulement voilà : en économie, la magie n’existe pas. Autrement dit, pour pouvoir atteindre une croissance durable de 2,5 %, il faut un certain nombre d’ingrédients dont la France et la zone euro ne disposent pas pour le moment. Certes, la faiblesse des cours du pétrole et des matières premières au sens large, le caractère extrêmement accommodant de la politique de la BCE ou encore le maintien des taux d’intérêt obligataires sur des niveaux exagérément bas ont aidé et aideront encore la croissance économique. Pour autant, il s’agit là de conditions nécessaires mais pas suffisantes pour permettre à cette dernière d’atteindre 2,5 %. D’ailleurs, d’autres éléments conjoncturels agissent déjà à la baisse sur la dynamique économique : le ralentissement dans la plupart des pays émergents, Chine et Inde en tête, la remontée de l’euro, notamment face au dollar, ou encore les incertitudes géopolitiques internationales. Mais au-delà de ces évolutions conjoncturelles, certes non négligeables, le vrai handicap de la zone euro et plus particulièrement de la France, réside dans la faiblesse de leur croissance structurelle. Aussi, pour parvenir à ce niveau de 2,5 %, il faut engager de profondes réformes structurelles sur la fiscalité, le marché du travail ou encore le financement de l’économie, qui n’ont toujours pas été menées, en particulier en France. Autrement dit, ce ne sont pas quelques évolutions conjoncturelles favorables qui permettront de masquer les faiblesses structurelles de l’économie française. Dans ce cadre, nous sommes contraints de confirmer notre prévision d’une croissance française d’environ 1,3 % tant en 2017 qu’en 2018. Quant à l’atteinte durable des 2,5 %, elle ne sera possible qu’après la modernisation de l’économie française et donc, dans le meilleur des cas, pas avant 2020. Certes, mieux vaut tard que jamais. La question reste néanmoins de savoir si la population et les entreprises françaises auront la force d’attendre…
A suivre du 26 au 30 juin :
- Lundi 26, 10h (heure de Paris) : léger recul de l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne.
- Lundi 26, 14h30 : rebond correctif et limité des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Lundi 26, 18h : le chômage repart à la hausse en France.
- Mardi 27, 16h : l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains recule légèrement.
- Mercredi 28 8h45 : stabilisation de l’indice INSEE de confiance des ménages dans l’Hexagone.
- Mercredi 28, 14h30 : le déficit de la balance des marchandises recule modestement aux Etats-Unis.
- Jeudi 29, 8h : baisse modérée de l’indice GfK de confiance des ménages allemands.
- Jeudi 29, 11h : quasi-stabilisation de l’indice de sentiment économique dans la zone euro.
- Jeudi 29, 14h : l’inflation allemande se stabilise à 1,4 %.
- Jeudi 29, 14h30 : la faiblesse de la croissance américaine au premier trimestre est entérinée.
- Vendredi 30, 1h30 : stabilisation du taux de chômage japonais à 2,8 %.
- Vendredi 30, 8h45 : la consommation des ménages repart à la baisse en France.
- Vendredi 30, 8h45 : l’inflation française stagne à 0,8 %.
- Vendredi 30, 8h45 : en France, la dette publique atteint 96,5 % du PIB au premier trimestre.
- Vendredi 30, 9h55 : le taux de chômage se stabilise à 5,7 % en Allemagne.
- Vendredi 30, 10h30 : nouvelle confirmation de la croissance britannique à 2 % au premier trimestre.
- Vendredi 30, 11h : stabilisation de l’inflation eurolandaise à 1,4 %.
- Vendredi 30, 14h30 : progression modérée des revenus et de la consommation des ménages aux Etats-Unis.
- Vendredi 30, 16h : confirmation de la nette baisse de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs américains.