Accueil > Economic World > L'économie américaine accueille Trump avec le sourire.
L'économie américaine accueille Trump avec le sourire.
ACDEFI - 23 janvier 2017

A l'instar de George Bush père et fils (respectivement en 1989 et 2001), Donald Trump débute son mandat dans un contexte économique favorable. Le taux de chômage est proche du plein-emploi, la croissance se reprend après un trou d'air au premier semestre 2015, les indicateurs de confiance des chefs d'entreprise et des ménages sont au beau fixe et l'inflation oscille autour des 2 %.

Après avoir atteint 10 % en octobre 2009 (ce qui constituait un sommet depuis le début des années 1980), le taux de chômage américain est désormais de 4,7 %.

Il n'est donc plus qu'à 0,3 point de son précédent plancher atteint au printemps 2007 et seulement 0,9 point au-dessus du record historique d'avril 2000, en pleine révolution des NTIC.

 

Le taux de chômage se rapproche de ses planchers historiques.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BEA, BLS, ACDEFI

 

Des planchers qui devraient être rapidement retrouvés compte tenu de l'amélioration des indicateurs avancés de la conjoncture.

A tel point qu'on finit par se demander si la politique de relance annoncée par Donald Trump est vraiment nécessaire.

En effet, à quoi bon relancer la machine, si elle tourne déjà à plein. En fait, si le chômage est faible, l'économie américaine n'en est pas pour autant fragile. Le net ralentissement de la croissance début 2015 l'a confirmé. Et ce pour une raison simple : le cycle de croissance des Etats-Unis est en bout de course.

Pour essayer de prolonger ce dernier et d'éviter le retour de la récession dans les deux années à venir, l'Oncle Sam a besoin de quelques vitamines, en particulier dans l'industrie.

C'est d'ailleurs ce que montre l'évolution récente de la production industrielle. Certes, cette dernière a progressé de 0,8 % en décembre, mais après une baisse de 0,7 % en novembre. Son glissement annuel, qui était négatif depuis la fin 2015, est ainsi redevenu positif, mais n'atteint que + 0,5 % en décembre.

 

La production industrielle américaine remonte la pente doucement mais sûrement.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BEA, Federal Reserve, ACDEFI

 

De même, depuis la mi-2015, les ventes au détail ont repris des couleurs, mais demeurent encore loin de leur dynamisme des années 2010-2011 et a fortiori de 2005-2006.

 

Le glissement annuel des ventes au détail au plus haut depuis novembre 2014.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BEA, Bureau of Census, ACDEFI

 

Ne soyons cependant pas trop gourmands. Avec un niveau de 4 %, leur glissement annuel indique que la consommation des ménages est vigoureuse et le restera au cours des prochains trimestres.

Corrélativement à la bonne tenue de la consommation et également dans le sillage de l'augmentation des cours des matières premières fin 2016, l'inflation américaine a continué de se redresser.

De - 0,2 % en avril 2015, le glissement annuel des prix à la consommation est ainsi passé à + 1,4 % en janvier 2016 pour retomber à + 0,8 % en juillet, avant de terminer l'année à + 2,1 %.

S'il s'agit d'un plus haut depuis juin 2014, nous restons encore loin des 3,9 % atteints en septembre 2011 et a fortiori des 5,5 % de juillet 2008.

L'inflation augmente, mais reste sous contrôle.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BLS, ACDEFI

 

De plus, le glissement annuel du « core CPI » (c'est-à-dire l'inflation hors énergie et produits alimentaires) a certes augmenté de 0,1 point en décembre, mais n'est que de 2,2 %, soit encore 0,3 point en-deçà de l'objectif de la Réserve fédérale.

Cependant, avec un taux de chômage de plein-emploi, une croissance économique qui devrait retrouver rapidement les 2,5 % et une inflation sous-jacente de 2,2 %, la Fed dispose de tous les arguments pour augmenter son taux objectif des federal funds.

 

La Fed augmentera encore son taux objectif des federal funds en 2017.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BLS, Federal Reserve, ACDEFI

 

Voilà pourquoi, nous anticipons que la Réserve fédérale resserrera encore à deux reprises son principal taux directeur, qui passera ainsi à 1,25 % d'ici juin prochain.

Un resserrement limité, mais suffisant pour maintenir les taux dix ans entre 2,5 % et 3 % et le dollar autour de la parité avec l'euro.

Il ne reste plus qu'à espérer que la baisse des impôts et les projets d'investissement promis par Donald Trump produiront vite leurs effets pour permettre à la croissance de se stabiliser autour des 2,5 % et de ne pas trop pâtir de la remontée des taux d'intérêt monétaires et obligataires.

Un pari tout à fait jouable et qui, s'il est réussi, permettra au nouveau président des Etats-Unis de calmer ses ardeurs protectionnistes. Car si jamais ces dernières devaient être matérialisées, un fort ralentissement américain et mondial s'ensuivrait.

Autrement dit, avec Trump ce sera quitte ou double et nous serons fixés dès 2017. Hold on !

 

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Comme nous l’espérions la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, le pire a bien été évité lors des élections présidentielles françaises. En effet, le duel « Le Pen - Mélenchon », un temps craint pour le deuxième tour n’aura pas lieu. Ouf ! Certes, le scénario idéal « Macron - Fillon », qui aurait pu déboucher sur un vrai débat d’idées, digne de la sixième puissance économique mondiale, ne se produira pas non plus. Nous aurons donc droit à un duel « Macron - Le Pen », qui, compte tenu de la nette avance de l’ancien ministre de l’économie sur la patronne du Front national lors du premier tour, a rassuré les marchés. Pariant également sur le traditionnel front républicain pour éviter toute mauvaise surprise, ces derniers ont même flambé dans un premier temps. Sur la seule journée du lundi 24 avril, le Cac 40 a ainsi progressé de 4,1 %. Pour autant, comme cela était également très prévisible, le soufflé est très vite retombé. Et pour cause : les exemples du Brexit et de la victoire de Donald Trump nous ont montré qu’il ne fallait surtout pas aller trop vite en besogne. D’ores et déjà les résultats du premier tour des présidentielles françaises sont loin d’être aussi euphoriques qu’ils pourraient apparaître. Tout d’abord, parce qu’environ 50 % des votes se sont portés sur des partis anti-européens, voire pro-Frexit. Encore plus inquiétant, bien loin de la mobilisation qui avait suivi le choc du 21 avril 2002 et finalement consacré une nette victoire de Jacques Chirac sur Jean-Marie Le Pen au second tour, la fille de ce dernier semble faire jeu égal avec le fils spirituel de François Hollande. Pourtant, pour tout esprit normalement constitué, il ne devrait pas y avoir d’équivoque : mieux vaut « Hollande-bis » que le « trou noir » ! Et attention, si Marine Le Pen réussit à passer la barre des 40 %, l’image internationale de la France risque d’en prendre un sacré coup et pour longtemps. Pour éviter d’en arriver là, il serait donc grand temps que les dirigeants politiques français se mobilisent et aussi qu’Emmanuel Macron muscle son discours et son programme...
A suivre du 24 au 28 avril :
- Lundi 24, 10h (heure de Paris) : l’indice IFO du climat des affaires baisse légèrement outre-Rhin, tout en restant à un niveau élevé.
- Mardi 25, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent nettement dans l’Hexagone.
- Mardi 25, 16h : repli modéré de l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains, qui se maintient à un niveau très élevé.
- Mercredi 26, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd un point.
- Mercredi 26, 18h : le chômage français augmente légèrement.
- Jeudi 27, 4h : la Banque du Japon maintient son taux de base à - 0,1 %.
- Jeudi 27, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 27, 11h : petite baisse de l’indice de sentiment économique dans la zone euro.
- Jeudi 27, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0,0 %.
- Jeudi 27, 14h : l’inflation allemande remonte à 1,9 %.
- Jeudi 27, 14h30 : baisse corrective des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Jeudi 27, 14h30 : quasi-stabilisation du déficit de la balance des marchandises aux Etats-Unis.
- Vendredi 28, 1h30 : l’inflation stagne à 0,3 % au Japon.
- Vendredi 28, 1h30 : le taux de chômage japonais se stabilise à 2,8 %.
- Vendredi 28, 7h30 : le glissement annuel du PIB français retombe à 0,7 % au premier trimestre 2017.
- Vendredi 28, 8h45 : rebond correctif de la consommation des ménages, qui reste très fragile.
- Vendredi 28, 8h45 : l’inflation recule à 1,1 % en France.
- Vendredi 28, 10h30 : la croissance britannique se stabilise à 1,9 % au premier trimestre 2017.
- Vendredi 28, 11h : l’inflation se maintient à 1,5 % dans la zone euro.
- Vendredi 28, 14h30 : la croissance américaine avoisine les 2,5 % au premier trimestre 2017, soit 2,3 % en glissement annuel.
- Vendredi 28, 16h : confirmation de la nette augmentation de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.