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Zone euro : un peu d'inflation et toujours trop de chômage.
ACDEFI - 16 janvier 2017

Cette semaine encore, l'amélioration de la conjoncture se confirme dans la zone euro. Ainsi, après la bonne tenue des indices PMI des directeurs d'achat de décembre, l'indice de sentiment économique a progressé de 1,3 point en décembre, ce qui porte sa progression à 4,3 points depuis août dernier.

Encore mieux : avec un niveau de 107,8, il retrouve son précédent sommet de février 2011, qui est lui-même un plus haut depuis août 2007, c'est-à-dire avant le tout début de la crise des « subprimes ».

 

Zone euro : l'indice de sentiment économique au plus haut depuis février 2011.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Comme le montre le graphique ci-dessus, cette remontée indique que la croissance eurolandaise pourrait prochainement retrouver la barre des 2 %.

 

L'inflation revient, enfin !

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Dans le sillage du renforcement de la croissance, l'inflation continue également de progresser. En décembre, le glissement annuel des prix à la consommation a augmenté de 0,5 point, atteignant 1,1 %, un plus haut depuis septembre 2013.

En Allemagne, l'inflation a bondi de 1,1 point sur le seul mois de décembre. Avec un niveau de 1,7 %, elle atteint un sommet depuis juillet 2013.

Pour le moment, la France reste plutôt en retrait de ce mouvement de reflation, avec un glissement annuel des prix à la consommation qui atteint tout de même 0,6 % en décembre.

En revanche, le glissement annuel de l'indice « sous-jacent » (c'est-à-dire hors énergie et produits alimentaires) recule à 0,4 %, retrouvant ainsi son niveau d'août dernier, qui était lui-même un plus bas depuis avril 2015.

De quoi confirmer que le mouvement de reflation reste très modéré et que, ce faisant, l'hyperinflation n'est ni pour demain, ni pour après-demain.

 

Inflation en France en décembre : légère hausse à 0,6 %, mais recul à 0,4 % pour l'indice « sous-jacent ».

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Cependant, si la forte inflation n'est donc évidemment pas à l'ordre du jour, l'évolution récente des prix au sein de la zone euro confirme que cette dernière et ses principaux membres sont enfin sortis de la déflation. Ce qui n'est déjà pas si mal.

Pour autant, en dépit d'une décrue notable depuis deux ans, le taux de chômage reste encore trop élevé dans de nombreux pays de l'UEM.

En novembre, le taux de chômage de la zone euro dans son ensemble s'est ainsi stabilisé à 9,8 %, soit encore 2,6 points au-dessus du niveau qui prévalait début 2008.

 

Le taux de chômage eurolandais se stabilise à 9,8 %.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Certes, certains pays affichent d'excellentes performances. A commencer par l'Allemagne qui avec un taux de chômage de 4,1 % se maintient sur une situation de plein-emploi.

Avec des niveaux de respectivement 5,6 % et 5,8 %, les Pays-Bas et l'Autriche sont également proches du plein-emploi.

La palme de la plus forte réduction du chômage revient à Irlande, avec un taux de chômage de 7,2 % en décembre, contre un plus haut de 15,2 % en janvier 2012.

On retrouve ensuite l'Allemagne et l'Espagne avec une baisse du taux de chômage de 7,1 points. Enfin, pour fermer la marche, la France se distingue, avec la plus faible baisse, en l'occurrence 1 point.

 

L'Irlande championne de la lutte contre le chômage, la France lanterne rouge...

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Notons d'ailleurs également que le sommet du taux de chômage allemand a été atteint en août 2005, à 11,2 %, contre 10,5 % en France observé de septembre 2014 à août 2015. C'est dire l'ampleur du retard de la France, qui, avec un taux de chômage de 9,5 % en novembre 2016, se situe 5,4 points au-dessus de son homologue allemand.

 

Même à 9,5 %, le taux de chômage français reste très loin de son homologue allemand.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

La contre-performance française est encore plus dramatique sur le front du chômage des jeunes, puisqu'en dépit de tous les artifices pour le faire baisser, le taux de chômage des moins de 25 ans a encore augmenté de 0,2 point en novembre à 25,9 %. Il n'est désormais plus qu'à 0,3 point du sommet historique atteint en décembre 2012.

 

Le taux de chômage des moins de 25 ans se rapproche des 26 % en France.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

De quoi rappeler combien la France a besoin de réformes structurelles pour éviter de sombrer dans la crise sociétale.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.