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Conjoncture mondiale : encore des bonnes nouvelles, mais...
ACDEFI - 19 décembre 2016

Et ça continue ! Comme nous le mettons en avant depuis deux mois, les indicateurs avancés de la conjoncture mondiale ne cessent de s'améliorer et c'est tant mieux !

Une fois encore, la Chine a ouvert la marche. Ainsi, après la bonne tenue des indicateurs Caixin des directeurs d'achat dans l'industrie et les services (respectivement 50,9 et 53,1 en novembre), l'évolution des ventes au détail et celle de la production industrielle ont confirmé que la croissance chinoise était bien en train de se redresser.

 

La croissance chinoise devrait rapidement re-dépasser les 7 %.

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Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

En novembre, le glissement annuel des ventes au détail a ainsi gagné 0,8 point, à 10,8 %, un plus haut depuis septembre 2015. Quant à la production industrielle, si son glissement annuel reste encore modéré à 6,2 % en novembre, son augmentation de 0,1 point sur un mois et de 0,2 point depuis juillet montre que même dans l'industrie, le plus dur est passé.

 

La production et les ventes au détail chinoises se redressent doucement, mais sûrement.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Dans ce cadre, il est donc clair que la croissance chinoise dépassera assez rapidement la barre des 7 % et apportera une contribution à la croissance mondiale d'environ 1,2 point en 2017.

Parallèlement, forte d'une croissance d'environ 7 % également, l'Inde contribuera à hauteur de 0,5 point à la progression du PIB planétaire.

Mais ce n'est pas tout, puisque, compte tenu de la bonne orientation de ses indicateurs avancés, la croissance américaine pourrait bien créer la surprise en 2017 en retrouvant, voire dépassant, la barre des 2 %.

Enfin, cerise sur le gâteau, la zone euro devrait bénéficier de la faiblesse de l'euro pour se stabiliser autour de 1,5 %.

C'est d'ailleurs ce qu'ont indiqué les dernières enquêtes des directeurs d'achat dans l'industrie et les services. Certes, dans les services, une légère baisse a été enregistrée en décembre (- 0,7 point), mais a été en grande partie compensée par la nette remontée dans l'industrie (+ 1,2 point).

 

La croissance eurolandaise se stabilise autour de 1,5 %.

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Sources : BLS, Eurostat, ACDEFI

 

Comme le montre le graphique ci-dessus, ces évolutions montrent que la croissance eurolandaise ne devrait pas faire de miracle mais éviterait néanmoins le retour en arrière.

De plus, la chose est assez rare pour être soulignée, les indicateurs PMI des directeurs d'achat ont également augmenté significativement en France en décembre, selon les données provisoires de Markit.

Dans l'industrie, l'indice PMI a augmenté de 1,8 point sur le seul mois de décembre, atteignant 53,5 un sommet depuis mai 2011. Et si dans les services, l'augmentation n'a été « que » d'un point, à 52,6, ces mouvements montrent que l'économie française se porte un peu mieux.

Pour autant ne rêvons pas. Comme le montre le graphique ci-après, ces indicateurs avancés font état d'une croissance hexagonale stabilisée autour de 1 %.

 

La croissance française semble aller mieux, mais ne dépassera pas significativement 1 % en 2017.

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Source : INSEE, ACDEFI

 

Cependant, il y a encore mieux. En effet, l'indice INSEE du climat des affaires a bondi de 3 points sur le seul mois de décembre. Avec un niveau de 105, il atteint désormais un plus haut depuis juillet 2011.

C'est à croire que François Hollande n'a vraiment « pas de bol ». A présent qu'il a annoncé qu'il ne briguerait pas un second mandat, la conjoncture française semble vraiment aller mieux…

 

L'indice INSEE du climat des affaires au plus haut depuis juillet 2011.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Plus globalement, si les nouvelles de la conjoncture économique mondiale et française sont meilleures, elles ne doivent pas faire oublier que celles-ci restent très fragiles.

 

La Fed doit rester prudente pour ne pas casser la croissance américaine.

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Source : BEA, ACDEFI

 

Elles ne pourront par exemple pas supporter un trop fort resserrement monétaire américain et encore moins une augmentation trop massive des taux obligataires, en particulier dans la zone euro.

La prudence doit donc rester de mise.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.