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La croissance eurolandaise reste fragile.
ACDEFI - 21 novembre 2016

Sans surprise, la croissance du PIB de la zone euro est restée molle au troisième trimestre 2016 : 0,3 %, soit une stabilisation de son glissement annuel à 1,6 %. Après être passé au-dessus de son homologue américain au deuxième trimestre, ce dernier l'a donc rejoint dès le trimestre suivant.

De quoi rappeler que lorsque la croissance de la zone euro dépasse celle des Etats-Unis, cela ne dure jamais bien longtemps. En effet, en dépit de l'attentisme pré-électoral, le PIB américain a progressé de 0,7 % sur le seul troisième trimestre.

 

La croissance eurolandaise rejoint déjà son homologue américaine…

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Sources : BEA, Eurostat, ACDEFI

 

Encore plus inquiétant, la croissance eurolandaise reste nettement inférieure à celle du Royaume-Uni, qui a atteint 0,5 % au troisième trimestre. Le glissement annuel du PIB britannique a ainsi gagné 0,2 point, remontant à 2,3 %.

 

… Et reste loin derrière celle du Royaume-Uni.

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Sources : ONS, Eurostat, ACDEFI

 

De quoi rappeler qu'en dépit des craintes consensuelles, que nous n'avons d'ailleurs cessé de dénoncer, le vote en faveur du Brexit n'a pas fait ombrage à l'économie de sa Majesté.

A l'inverse, la croissance eurolandaise a été affectée par la faiblesse de l'économie française, mais aussi par le ralentissement de l'Allemagne. En effet, contre toute attente, le PIB allemand a progressé autant que celui de la France, c'est-à-dire de seulement 0,2 % au cours du troisième trimestre. Son glissement annuel a ainsi perdu 0,1 point, à 1,7 %, soit tout de même 0,6 point de plus que dans l'Hexagone.

 

La croissance allemande ralentit mais reste nettement devant celle de la France.

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Sources : INSEE, Destatis, ACDEFI

 

Fort heureusement, d'autres membres de la zone euro ont surpris positivement. A commencer par les Pays-Bas, dont le PIB a progressé de 0,7 % pour le troisième trimestre consécutif.

 

La croissance néerlandaise se rapproche de son sommet de 2011.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Son glissement annuel a ainsi atteint 2,4 %, retrouvant quasiment son niveau du premier trimestre 2015 et se rapprochant de son sommet de 2,8 % enregistré au premier trimestre 2011.

Parallèlement, les pays du Sud de la zone euro ont également surpris positivement. La progression du PIB au troisième trimestre a ainsi été de 0,8 % au Portugal et de 0,7 % en Espagne. Après avoir stagné au deuxième trimestre, le PIB italien a retrouvé le chemin de la hausse, progressant de 0,3 %.

Les glissements annuels ne sont cependant pas formidables : 0,9 % en Italie et 1,6 % au Portugal. Quant à celui du PIB espagnol, il est certes appréciable à 3,2 %, mais s'inscrit en baisse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent et de 0,4 point comparativement au premier trimestre 2016.

 

Les pays du Sud soutiennent la croissance eurolandaise, mais...

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Autrement dit, même s'ils ont activement soutenu la croissance de la zone euro au troisième trimestre, les pays du Sud reste fragiles.

Même son de cloche du côté de la Grèce. Certes, le PIB grec a augmenté de 0,5 % au troisième trimestre. Encore mieux, son glissement annuel a atteint 1,5 %, un sommet depuis le premier trimestre 2008.

 

La croissance grecque au plus haut depuis le premier trimestre 2008 !

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Pour autant, en dépit de ces résultats appréciables, le PIB grec affiche toujours une baisse de 26,6 % par rapport à son niveau d'avant-crise (en l'occurrence le premier trimestre 2008).

 

Le niveau de richesse d'avant-crise reste encore loin, surtout pour la Grèce.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

En fait, comme le montre le tableau ci-dessus, aucun pays du Sud de la zone euro n'a encore retrouvé son niveau de PIB d'avant-crise.

De quoi rappeler que le soutien actif de la BCE a certes sauvé les meubles mais reste toujours très loin de permettre à tous les membres de la zone euro de sortir définitivement de la crise.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.