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Croissance mondiale : c'est déjà Noël…
ACDEFI - 06 novembre 2016

C'est certainement l'une des meilleures nouvelles statistiques depuis deux ans : après avoir déjà sensiblement progressé depuis trois mois, l'indice « Monde » des directeurs d'achat a encore gagné un point sur le seul mois d'octobre. Il atteint désormais un niveau de 52, c'est-à-dire un plus haut depuis octobre 2014.

Dans ce cadre, après deux ans de ralentissement, de doutes et d'inquiétudes, la croissance mondiale semble enfin disposer des ingrédients pour rebondir.

 

Croissance mondiale : peut-on enfin redevenir optimiste ?

Pour visualiser le tableau, merci de consulter le fichier pdf.

Sources : Markit, ACDEFI

 

Cette nette amélioration est notamment le produit de la bonne tenue des indices PMI dans les trois principales locomotives de l'économie mondiale. En l'occurrence, par ordre décroissant de leur contribution à la croissance planétaire, la Chine, l'Inde et les Etats-Unis.

La meilleure surprise est ainsi venue de l'Empire du milieu qui bénéfice d'une belle progression de tous ses indicateurs avancés, tant dans l'industrie que dans les services.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en octobre, les indices NBS PMI ont atteint des niveaux de 51,2 dans l'industrie manufacturière et de 54,0 dans le secteur non-manufacturier.

Même son de cloche pour les indices Caixin. L'indice « industrie » a ainsi progressé de 1,2 point sur le seul mois d'octobre, atteignant 51,2, un sommet depuis juillet 2014. Parallèlement, l'indice « services » est resté très bien orienté, augmentant de 0,4 point, à 52,4. Ces niveaux montrent qu'après le ralentissement de 2015-2016, la croissance chinoise devrait nettement repartir dès la fin de cette année, puis en 2017.

 

La Chine va de mieux en mieux.

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Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

Une situation analogue devrait s'observer en Inde. En effet, après un léger ralentissement au premier semestre 2016, la croissance indienne devrait rapidement rebondir et se stabiliser autour des 7,2 % en 2017.

C'est du moins ce qu'indique la bonne tenue des indicateurs Nikkei des directeurs d'achat qui restent très bien orientés dans l'industrie et surtout dans les services.

 

L'Inde reste plus que dynamique.

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Sources : MSPI, Nikkei, ACDEFI

 

Il faut dire qu'en dépit de la résistance de la croissance indienne, la roupie reste faible et sous-évaluée. Elle se maintient effectivement autour des 67 contre dollar, soit une dépréciation de quasiment 15 % depuis le printemps 2014.

De la sorte, même si elle n'en a pas vraiment besoin, la croissance indienne pourra continuer de bénéficier d'un soutien de poids.

 

La Roupie, une vraie arme de politique économique en Inde...

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Sources : MSPI, ACDEFI

 

De ce point de vue, l'Eléphant indien s'inspire plutôt bien du Dragon chinois, qui continue également de bénéficier d'une devise sous-évaluée.

 

… tout comme le Yuan en Chine.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Enfin, troisième locomotive de la croissance mondiale, les Etats-Unis surprennent également par la bonne tenue de leurs indicateurs avancés. En effet, en dépit de l'attentisme pré-électoral et des risques post-électoraux (cf. « L'humeur »), les indices Markit et ISM des directeurs d'achat restent au beau-fixe. Ils annoncent que l'amélioration de la croissance au troisième trimestre devrait se poursuivre et même s'intensifier.

Cependant, il ne faut pas rêver : en dépit de ce rebond, la croissance annuelle moyenne sera d'environ 1,5 % tant cette année que l'an prochain.

 

L'Oncle Sam veut encore y croire.

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Sources : BEA, ISM, ACDEFI

 

Au total, compte tenu de l'ensemble de ces évolutions, nous révisons en légère hausse nos prévisions de croissance mondiale. En 2016, cette dernière devrait ainsi atteindre 2,5 % (soit 0,1 point de plus par rapport à notre prévision précédente). Quant à 2017, elle avoisinerait les 2,6 % (soit 0,2 point de mieux que précédemment).

Grâce à une croissance de 6,7 % cette année et 7 % l'an prochain, la contribution de la Chine à ces performances serait de respectivement 1,1 et 1,2 point.

Celle de l'Inde devrait être de 0,5 point pour les deux années, grâce à une croissance de 7 % en 2016 et 7,2 % en 2017.

Quant à celle des Etats-Unis, elle ne serait que de 0,2 point, soit légèrement mieux que celle de la zone euro (à 0,2 point cette année et 0,1 point l'an prochain).

 

La Chine et l'Inde continuent de tirer la croissance mondiale.

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Sources : FMI, Prévisions ACDEFI

 

A l'évidence, la Chine et l'Inde resteront les deux principales locomotives de la croissance mondiale, toujours loin devant les autres…

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.