Accueil > Economic World > Enfin quelques lueurs d'espoir pour la zone euro.
Enfin quelques lueurs d'espoir pour la zone euro.
ACDEFI - 31 octobre 2016

Enfin ! Après 18 mois de « planche à billets » bien peu efficace et même une nette rechute de l'activité début 2016, l'économie eurolandaise semble reprendre quelques couleurs. Ce n'est pas trop tôt ! Mais que de temps perdu !

Pour autant, dans le contexte difficile actuel, ne soyons pas trop exigeants ! En effet, à la surprise générale, les indicateurs Markit des directeurs d'achat ont nettement progressé en octobre dans la zone euro. En atteignant 53,3 dans l'industrie et 53,5 dans les services, ces indicateurs avancés de la croissance eurolandaise montre que cette dernière pourrait s'améliorer au quatrième trimestre, après un nouvel à-coup au troisième.

 

Vers un léger mieux pour la croissance eurolandaise au quatrième trimestre 2016.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Il ne faut cependant pas rêver. Comme le montre le graphique ci-dessus, le glissement annuel du PIB eurolandais continuera d'osciller entre 1 et 1,5 %.

 

La croissance forte reste toujours très loin de la zone euro.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : ZEW, Sentix, ACDEFI

 

D'ailleurs, en dépit d'une amélioration notable en septembre et octobre, les indicateurs Zew et Sentix relatifs à l'UEM demeurent toujours très bas et confirment que le retour de la croissance forte n'est toujours pas d'actualité, ni pour demain ni pour après-demain.

En fait, comme cela s'observe d'ailleurs continûment depuis 2010, une grande partie du salut de la zone euro provient de l'Allemagne, qui continue de se distinguer par son dynamisme économique. Ainsi, après une hausse de 3,1 points en septembre, l'indice IFO du climat des affaires en a encore gagné 1 en octobre. Avec un niveau de 110,5, il se situe à un plus haut depuis avril 2014 et indique que la croissance allemande pourrait assez rapidement dépasser les 2,5 %.

 

Vers une croissance allemande proche de 3 % ?

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

 

Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

Corroborant cette vigueur prévisible, l'indice IFO des perspectives d'activité, qui avait déjà progressé de 4,4 points en septembre, en a encore gagnés 1,6 en octobre. Il atteint désormais un sommet depuis mai 2014.

 

Les Allemands croient en l'avenir...

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

Parallèlement, toujours en octobre, les indices Markit des directeurs d'achat ont progressé de 0,8 point dans l'industrie et de 3,2 points dans les services. Mais c'est surtout les niveaux de ces indices qui détonnent : respectivement 55,1 et 54,1.

Des performances qui tranchent évidemment avec celles de la France. Ainsi, dans l'industrie, l'indice Markit PMI est certes sorti de la zone de récession pour la première fois depuis sept mois. Il atteint désormais un niveau de 51,3 (contre 49,7 en septembre), soit presque 4 points en-deçà de son homologue allemand.

 

Activité dans l'industrie : l'Allemagne toujours loin devant la France.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Markit, ACDEFI

 

Dans les services, l'écart est moins élevé (en l'occurrence 2 points), mais l'indice français a repris le chemin de la baisse, tandis que son homologue allemand a fortement progressé. Dès lors, avec un niveau de 52,1 en octobre, l'indice PMI dans les services montre que la croissance de ce secteur d'activité reste fragile.

Et ce d'autant que l'indice INSEE du climat des affaires dans les services a reperdu 1 point en octobre, tout comme dans l'industrie d'ailleurs. Ce qui confirme la situation difficile de l'économie française.

 

L'écart France-Allemagne est moins marqué dans les services mais repart au désavantage de l'Hexagone.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Markit, ACDEFI

 

Autrement dit, comme cela a été déjà été observé lors de la baisse du PIB au deuxième trimestre et avec la petite progression du troisième (cf. notre « Humeur »), la croissance annuelle du PIB français sera d'au mieux 1,2 % en 2016.

 

France : la croissance molle encore et toujours.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : INSEE, ACDEFI

 

Quant à 2017, nous sommes confortés dans notre prévision d'une croissance oscillant autour de 0,8 %. Il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.