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Croissance chinoise : arrête-moi si tu peux !
ACDEFI - 24 octobre 2016

Une fois encore, l'économie chinoise a surpris par sa résistance. En effet, le PIB de l'Empire du milieu a progressé de 1,8 % au cours du troisième trimestre 2016, soit le même niveau qu'au trimestre précédent. Ainsi, pour le troisième trimestre consécutif, il affiche un glissement annuel de 6,7 %.

Si nous restons évidemment bien loin des 8 à 10 % qui prévalaient au début de la décennie, ce rythme de croissance demeure très appréciable et montre que la Chine refuse toujours le « hard landing ».

 

La croissance chinoise se stabilise à 6,7 % et l'inflation reste proche des 2 %.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : NBSC, ACDEFI

 

Dans le même temps, l'inflation est remontée de 1,3 % à 1,9 %, montrant que le spectre de la déflation s'est définitivement éloigné.

La Chine présente ainsi un couple croissance-inflation idéal, à savoir un ralentissement modérée et une inflation sous contrôle.

Certes, comme le montre le graphique ci-après, l'excédent commercial chinois a nettement reculé en septembre, tombant à 42 milliards de dollars, contre 52,1 milliards de dollars le mois précédent, ou encore 63,3 milliards de dollars en janvier 2016.

Pour autant, ne soyons pas trop gourmands, car sur douze mois, l'excédent commercial de la Chine demeure élevé, à précisément 591,6 milliards de dollars, contre 577 milliards en septembre 2015.

De plus, n'oublions pas qu'il y a un peu plus de deux, cet excédent annuel n'était « que » de 250 milliards de dollars.

Autrement dit, en dépit d'une récente baisse de régime, le commerce extérieur chinois reste très dynamique et surtout très excédentaire.

 

L'excèdent commercial chinois recule mais reste proche des 600 milliards de dollars sur un an.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Par ailleurs, les autorités chinoises ont continué de laisser glisser le yuan, ce qui permettra à l'excédent commercial de rester élevé et ce faisant, à la croissance globale de reprendre rapidement des couleurs.

Autrement dit, les Chinois ne veulent prendre aucun risque pour l'avenir de leur économie.

 

La Chine laisse glisser le yuan pour éviter un « hard landing ».

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Pour le moment, il faut néanmoins reconnaître que l'industrie continue de ralentir, mais elle aussi de façon modérée. Le glissement annuel de la production industrielle était ainsi de 6,1 % en septembre.

De plus, dans le même temps, les ventes au détail ont légèrement accéléré, affichant un glissement annuel de 10,7 %, contre 10,6 % en août et 10 % en mai dernier.

De quoi confirmer que la consommation continue de tirer la croissance chinoise vers le haut.

 

L'industrie marque le pas, mais la consommation fait mieux que résister.

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Sources : NBSC, ACDEFI

 

Encore mieux, les derniers indicateurs avancés de cette dernière ont indiqué qu'elle devrait s'améliorer au cours des prochains trimestres.

En effet, en septembre, l'indice Caixin des directeurs d'achat a atteint 50,1 dans l'industrie et 52,0 dans les services. A en croire la corrélation graphique entre ces indices et le glissement annuel du PIB chinois, ce dernier pourrait ainsi repasser au-dessus des 7 % à l'horizon du début 2017.

Les indicateurs avancés de la croissance chinoise restent favorables.

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Sources : NBSC, Markit, ACDEFI

 

En conclusion, nous sommes contraints de réviser à la hausse notre prévision de croissance annuelle du PIB chinois, qui devrait atteindre 6,7 % en 2016 et au moins 6,5 % en 2017 (contre des précédentes prévisions de respectivement 6,5 % et 6 %).

Dans ce cadre, la contribution de la Chine à la croissance mondiale dépassera légèrement 1,1 point tant cette année que l'an prochain, soit environ 45 % de la croissance planétaire.

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.