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La conjoncture mondiale reste floue.
ACDEFI - 10 octobre 2016

Alors que le FMI a abaissé, à juste titre, ses prévisions de croissance mondiale pour 2016 et 2017, les derniers indicateurs avancés de la conjoncture internationale confirme que cette dernière reste particulièrement floue.

Ainsi, les enquêtes Markit PMI des directeurs d'achat à travers la planète pour le mois de septembre ont soufflé le chaud et le froid.

Certes, l'indice PMI « Monde » a grappillé 0,2 point, se situant désormais à un niveau de 51,0. Une bonne nouvelle, mais qui ne permet toujours pas de prévoir une croissance mondiale supérieure à 2,5 % pour 2016 et 2017.

D'ailleurs, comme le montre le tableau ci-dessous, de nombreux pays restent encore en récession industrielle, notamment en Asie du Sud-Est (Corée du Sud, Malaisie, Thaïlande, Hong-Kong), en Afrique (Egypte, Nigéria), mais aussi en Europe (Turquie, Grèce et France) et bien sûr au Brésil.

 

Enquêtes des directeurs d'achat : encore beaucoup trop de pays en récession industrielle.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Et même si les indices brésiliens (dans l'industrie et les services) ont gagné quelques dixièmes de point en septembre, ils demeurent largement sous la barre des 50.

Ils indiquent par là même que l'économie brésilienne est toujours incapable de sortir de la récession, qui dure désormais depuis plus de deux ans.

 

Le Brésil ne parvient toujours pas à sortir de la récession.

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Sources : IBGS, Markit, ACDEFI

 

Autre mauvaise nouvelle, et même s'il n'est pas retombé en récession industrielle, le Canada s'en rapproche dangereusement.

Fort heureusement, d'autres pays retrouvent quelques couleurs. A commencer par les Etats-Unis. En effet, après nous avoir fait craindre le pire en août, les indices ISM dans l'industrie et le secteur non-manufacturier ont nettement rebondi en septembre. Ce dernier a même bondi de 5,7 points, atteignant désormais un niveau de 57,1, un plus haut depuis octobre 2015.

De quoi rappeler que, même si elle restera modérée (autour de 1,5 %), la croissance américaine ne s'effondrera pas.

 

L'Oncle Sam surprend par le rebond de ses indicateurs avancés, notamment dans les services.

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Sources : BEA, ISM, ACDEFI

 

Même son de cloche du côté du Royaume-Uni. Et pour cause : après le passage à vide de juillet, lié au vote en faveur du Brexit, les indices des directeurs d'achat ont fortement rebondi en août et ont transformé l'essai en septembre.

Dans l'industrie, l'indice Markit a même gagné 2,1 points sur ce dernier mois. Avec un niveau de 55,4, il retrouve également un plus haut depuis août 2015.

Autrement dit, en dépit des craintes liées au Brexit, la croissance britannique va rester très appréciable au moins jusqu'au printemps 2017 et le début de la procédure de sortie de l'Union européenne.

 

La croissance britannique continue de faire fi du Brexit.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Bien loin de ce dynamisme, les indices Markit des directeurs d'achat font état d'une situation plus compliquée dans la zone euro, et en particulier en France, où la récession industrielle reste de mise.

 

Les Britanniques continuent de surpasser la zone euro et surtout la France.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Piètre consolation, l'industrie française n'est désormais plus la lanterne rouge de la zone euro, puisque celle de la Grèce a replongé dans une récession a priori plus grave que dans l'Hexagone.

 

La France et la Grèce, lanternes rouges de la zone euro.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Notons par ailleurs qu'après un passage dans la zone rouge en août, l'Italie a pu en sortir en septembre, alors que la France y reste engluée depuis désormais sept mois.

Corroborant ces tristes résultats et se rapprochant de nos prévisions établies depuis des mois, l'INSEE a abaissé de 0,3 point sa prévision de croissance française pour 2016, à désormais 1,3 %. Malheureusement, elle est encore loin de la réalité, puisque le résultat effectif devrait plutôt avoisiner 1 %.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.