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L'Allemagne sourit, la France faiblit.
ACDEFI - 04 octobre 2016

Une fois encore, les dernières statistiques ont montré combien l'économie française perdait du terrain face à ses homologues, et notamment vis-à-vis de l'Allemagne, mais aussi de l'ensemble de la zone euro. En effet, alors que l'indice INSEE du climat des affaires a quasiment stagné à un bas niveau en septembre, l'indice IFO du climat des affaires a bondi de 3,3 points sur le même mois. Un plus haut depuis juin 2014 !

 

L'indice IFO du climat des affaires surprend par la vigueur de son rebond en septembre.

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Sources : IFO, Destatis, ACDEFI

Particulièrement surprenante, ce rebond massif indique qu'après un petit à-coup passager de juin à août, l'économie allemande devrait rapidement retrouver la barre des 2 % de croissance. Et ce d'autant que l'indice des perspectives d'activité de la même enquête IFO a également progressé fortement en août (+ 4,4 points).

 

Les perspectives d'activité des industriels allemands remontent également fortement.

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Sources : IFO, Destatis, ACDEFI

 

Bien loin de cette dynamique, et même si la consommation a légèrement augmenté en août (en correction de la faiblesse des mois précédents), le PIB français, qui a déjà reculé de 0,1 % au deuxième trimestre, devrait en faire autant au troisième. Conséquence logique de la mollesse hexagonale, le chômage a d'ailleurs de nouveau flambé en août.

 

Plus de 6,6 millions de chômeurs en France : un vrai drame économique, social et humain.

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Sources : DARES, ACDEFI

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : sur le seul mois d'août, + 50 200 chômeurs de plus de catégorie A en métropole et + 97 400 toutes catégories dans la France entière. Depuis août 2012, ce nombre de chômeurs a augmenté de 1,213 million de personnes. Depuis mai 2008, cette hausse atteint 2,947 millions de personnes. Un vrai drame économique, social et humain.

Confirmant ces piètres chiffres, les statistiques harmonisées d'Eurostat ont fait état d'un taux de chômage français de 10,5 % en août, soit 0,2 point de plus qu'en juillet, la plus forte hausse de la zone euro, dont le taux de chômage stagne à 10,1 %. En trois mois, le taux de chômage français a augmenté de 0,6 point. Du jamais vu depuis le printemps 2009. Et encore, à l'époque, le taux de chômage français n'était « que » de 9,2 %. A ce rythme, le taux de chômage français va bientôt dépasser ses homologues portugais et italien, qui atteignent respectivement 11 % et 11,4 % en août.

Certes, nous restons encore bien en-deçà des niveaux espagnols (19,5 %) et grecs (23,4 %), mais de plus en plus au-dessus des taux de chômage observés en Allemagne (4,2 %) et au Royaume-Uni (4,9 %). Encore plus triste : le taux de chômage français dépasse celui de la zone euro de 0,4 point, un écart jamais vu depuis septembre 2007. Et là aussi, à l'époque, le taux de chômage français n'était « que » de 7,9 %.

 

Le taux de chômage français flambe à 10,5 % en août, contre 10,1 % dans l'UEM et 4,2 % en Allemagne.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Et, malheureusement, le drame n'est pas terminé pour l'économie française. En effet, en dépit des postes de formations et des aides à destination des jeunes, le chômage des moins de 25 ans a encore fortement augmenté en août : + 0,4 point à 24,9 %.

Dans le même temps, ce même taux de chômage a reculé à 20,7 % dans l'ensemble de la zone euro. Un tel écart de 4,2 points à la défaveur de la France n'a jamais été atteint depuis mai 2007. A l'époque, le taux de chômage des jeunes français était de « seulement » 19,9 %.

 

Taux de chômage des jeunes : la France creuse l'écart dans le mauvais sens…

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Cela rappelle une nouvelle fois combien la politique française de lutte contre le chômage des jeunes est inefficace voire pro-cyclique, c'est-à-dire qu'elle engendre des poches à précarités et alimente finalement le chômage, à cause d'un coût du travail trop élevé et d'un marché de l'emploi toujours trop rigide.

Enfin, pour ne rien arranger, et bien loin des annonces fallacieuses du Budget 2017, la dette publique française a atteint un nouveau record historique au deuxième trimestre 2016. En l'occurrence 98,4 % du PIB, soit en monnaie sonnante et trébuchante 2 170,6 milliards d'euros. Une broutille…

 

Dette publique française : toujours plus haut !

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Et malheureusement, compte tenu du ralentissement actuel et à venir, le déficit public sera encore compris  entre 3 % et 3,5 % cette année et l'an prochain, ce qui se traduira par une dette publique à plus de 100 % du PIB d'ici le début 2017.

De quoi rappeler que la faiblesse des taux d'intérêt de la dette publique hexagonale n'a aucun sens et finira par coûter très cher, notamment à l'ensemble des détenteurs d'obligations de l'Etat français, lors du retour à la réalité…

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.