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Croissance molle en zone euro et récession en France ?
ACDEFI - 26 septembre 2016

C'est désormais officiel : d'abord estimé en croissance zéro, le PIB français a finalement reculé de 0,1 % au deuxième trimestre, selon les statistiques de l'INSEE.

 

Le PIB français a finalement reculé de 0,1 % au deuxième trimestre.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Le plus inquiétant réside dans le fait que les deux postes clés de l'économie nationale affichent une baisse notable. En l'occurrence - 0,1 % pour la consommation des ménages et - 0,4 % pour l'investissement des entreprises.

Or, sans investissement, pas d'emploi, moins de revenus et moins de consommation. La France est donc bien retombée dans un cercle pernicieux récessif.

Le quasi statu quo (+ 1 point précisément) de l'indice INSEE du climat des affaires montre d'ailleurs que la morosité est toujours bien présente dans l'Hexagone.

 

L'indice du climat des affaires indique que la morosité va perdurer.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Parallèlement, en dépit d'un léger rebond, l'indice Markit des directeurs d'achat dans l'industrie est resté sous la barre des 50, à 49,5. Cela confirme que l'industrie reste malheureusement enlisée dans la baisse de l'activité.

 

L'industrie française toujours dans le rouge et loin derrière ses homologues de la zone euro.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Dans ce cadre, compte tenu, qui plus est, de la récente baisse de la production industrielle et de la consommation des ménages, un nouveau recul du PIB français apparaît très probable pour le troisième trimestre.

Autrement dit, celui-ci aura subi deux trimestres consécutifs de baisse, signifiant le retour de la récession dans notre « douce France ».

Fort heureusement, dans ce ciel bien gris, une lueur d'espoir est apparue là où on ne l'attendait pas. A savoir, dans l'enquête Markit « services » des directeurs d'achat.

 

Le rebond de l'activité dans les services donne un espoir pour le quatrième trimestre.

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Sources : INSEE, Markit, ACDEFI

 

En effet, après déjà augmenté de 1,8 point en août, l'indice Markit « services » a encore progressé au même rythme en septembre. Depuis juin dernier, mois au cours duquel il affichait une baisse de l'activité (avec un niveau de 49,9), cet indicateur avancé a ainsi bondi de 4,2 points.

A l'exception d'un effet de correction de la faiblesse passée, les explications de ce rebond sont particulièrement mystérieuses. Et ce d'autant que les indices correspondants en Allemagne et dans la zone euro ont baissé significativement au cours des deux derniers mois (respectivement - 3,8 et - 0,8).

Cela signifie donc que l'amélioration française dans le secteur des services doit être prise avec des pincettes. En fait, après la récession du deuxième et troisième trimestre, elle indique simplement qu'un léger rebond correctif devrait se produire au quatrième trimestre.

Ce qui n'empêcherait pas la croissance annuelle du PIB français d'avoisiner 1,1 % en 2016, soit 0,4 point de moins que la prévision gouvernementale.

 

La dichotomie France / Allemagne dans les services détonne…

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Sources : Markit, ACDEFI

 

A l'échelle de l'ensemble de la zone euro, le nouveau ralentissement de l'activité dans les services et l'amélioration modérée dans l'industrie indiquent que la croissance eurolandaise devrait continuer d'osciller autour de 1,2 %.

 

La croissance de la zone euro se stabilise durablement autour de 1,2 %.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Ce n'est certes pas dramatique, mais toujours très faible et surtout très décalé par rapport à l'ampleur des moyens déployés par la BCE pour essayer de dynamiser l'économie de l'UEM.

Disons-le clairement : cette dernière est bien entrée dans une phase de « trappe à liquidités », qui allie politique monétaire exagérément accommodante, croissance molle, faible inflation et chômage élevé.

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.