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La mollesse économique se généralise.
ACDEFI - 12 septembre 2016

Les dernières enquêtes des directeurs d'achat ont livré leur verdict : la faiblesse de l'activité industrielle se généralise. La récession industrielle s'impose dans 15 pays et en menace six. En août, seul un pays est sorti de la « zone rouge », en l'occurrence le Royaume-Uni, qui efface déjà le choc du Brexit. Merci la dépréciation de la livre sterling !

 

L'industrie mondiale reste en souffrance.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

A l'inverse, d'autres pays replongent dans la baisse de l'activité industrielle. A commencer par les Etats-Unis. L'indice ISM a ainsi chuté de 52,9 en juillet à 49,4 en août.

 

La croissance américaine va rester faible.

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Sources : BEA, ISM, ACDEFI

 

Encore plus inquiétant, l'indice ISM dans le secteur non-manufacturier a également dégringolé de 5,1 points sur le seul mois d'août. Avec un niveau de 51,4, il demeure certes au-dessus de la zone de récession, mais atteint un plus bas depuis janvier 2010.

Comme le montre le graphique précédent, le glissement annuel du PIB américain devrait ainsi se stabiliser autour de 1,2 % au moins jusqu'au début 2017.

En Chine, la baisse de l'indice Caixin des directeurs d'achat dans l'industrie a fort heureusement été compensée par l'augmentation de l'indice correspondant dans les services. Il faut néanmoins s'attendre à un nouveau ralentissement de la croissance chinoise qui va progressivement se stabiliser autour des 6 %.

 

L'économie chinoise affaiblie par son industrie, mais raffermie par les services.

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Sources : NBSC, Eurostat, ACDEFI

 

La situation est évidemment bien plus préoccupante au Brésil. En effet, après une remontée notable en juin-juillet, notamment dans le sillage des jeux olympiques, les indicateurs des directeurs d'achat sont repartis à la baisse.

 

L'économie brésilienne demeure fragile.

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Sources : IBGS, Markit, ACDEFI

 

Dans l'industrie, l'indice Markit PMI perd ainsi 0,3 point à 45,7. Et dans les services, il plonge de 2,9 points à 42,7. Il reste néanmoins à espérer que l'arrivée de Michel Temer à la tête du Brésil va progressivement calmer les esprits et permettre au PIB de reprendre le chemin de la hausse.

C'est d'ailleurs ce qu'anticipent les investisseurs, comme en témoignent la bonne santé de l'indice Bovespa et la remontée puis la stabilisation du réal.

 

Les marchés veulent croire à la renaissance du Brésil.

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Source : ACDEFI

 

Enfin, pour terminer ce tour d'horizon des perspectives de l'économie internationale, le ralentissement de la zone euro a encore été confirmé par la révision baissière des indices Markit dans l'industrie et les services en août. Dans ce cadre, la croissance eurolandaise va progressivement repartir vers 1 %, niveau qui devrait se maintenir en 2017.

 

Zone euro : le retour vers une croissance de 1 % est confirmé.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Au total, nous sommes donc contraints de confirmer notre prévision d'une croissance mondiale de 2,4 % pour 2016.

Quant à 2017, nous anticipons que celle-ci continuera de décélérer, atteignant 2,3 % (cf. le tableau détaillée de nos prévisions ci-dessous). Ce ne sera donc pas dramatique, mais néanmoins bien loin de la moyenne depuis 1980 (en l'occurrence 3,5 %) et en fort décalage avec la flambée des marchés boursiers internationaux.

Dès lors, ces derniers devraient nettement baisser au cours des prochains mois, notamment aux Etats-Unis et dans les pays de la zone euro.

 

Marc Touati

Déjà amorcé en 2015, le ralentissement de la croissance mondiale se prolonge en 2016 et 2017.

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Sources : FMI, prévisions ACDEFI

 

Les analyses hebdomadaires
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.