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Zone euro, Allemagne, France : convergence vers le bas.
ACDEFI - 29 août 2016

Comme cela était prévisible, les indicateurs avancés de l'activité économique dans la zone euro, en Allemagne et en France persistent et signent : la croissance a été, est et restera molle.

Ainsi, dans l'UEM, la première estimation des indicateurs Markit des directeurs d'achat d'août a fait état d'une baisse de 0,2 point dans l'industrie, à 51,8, et d'une hausse de 0,2 point dans les services, à 53,1.

 

La croissance eurolandaise coincée entre 1 et 1,5 % au mieux.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Des niveaux qui ne sont certes pas catastrophiques, mais qui indiquent que, dans le meilleur des cas, la croissance eurolandaise restera coincée entre 1 et 1,5 % jusqu'à la fin 2016.

 

Mauvaise surprise, l'Allemagne flanche à son tour.

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Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

En fait, une fois n'est pas coutume, les principales mauvaises surprises sont venues d'Allemagne. Tout d'abord, les indices markit ont continué de baisser en août : - 0,2 point dans l'industrie et - 1,1 point dans les services. Avec des niveaux de respectivement 53,6 et 53,3, il n'y a certes toujours pas péril en la demeure, mais cela prouve que la locomotive de la zone euro commence à vraiment ralentir significativement.

Confortant cette évolution, les indices de l'enquête IFO d'août ont été bien plus mauvais que prévu. Ainsi, l'indice du climat des affaires a perdu 2,1 points sur le seul mois d'août. Sa plus forte baisse mensuelle depuis avril 2013 !

Parallèlement, l'indice des perspectives d'activité a également chuté de 2,1 point en août, retrouvant la barre fatidique des 100.

Dans les deux cas, ces indicateurs avancés de la croissance allemande montrent que cette dernière devrait retomber vers 1 % au cours des prochains trimestres.

Or, si déjà avec une croissance allemande appréciable, celles de la zone euro et de la France souffrent, il est clair que la situation ne va pas s'arranger à présent que l'Allemagne s'essouffle.

 

L'indice INSEE du climat des affaires repart à la baisse dans l'Hexagone.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

D'ores et déjà et sans surprise, l'indice INSEE du climat des affaires a reculé d'un point en août, retrouvant les 101, soit tout juste un point au-dessus de son niveau moyen de longue période, qui marque le retour vers une croissance économique avoisinant 0,8 %.

La baisse de l'activité dans l'industrie a été encore plus marquée. L'indice INSEE du climat des affaires y a ainsi perdu 2 points, revenant également à 101.

Encore plus préoccupant, l'indice Markit dans l'industrie est non seulement resté en territoire récessif, et a, en plus, perdu 0,1 point en août, à 48,5.

Comme cela s'observe continument depuis 2012, l'industrie française demeure ainsi la lanterne rouge de la zone euro, loin derrière l'Allemagne et la zone euro, qui font néanmoins le maximum pour la rattraper...

 

Industrie : Même si l'Allemagne et la zone euro se rapprochent, la France reste la lanterne rouge.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Pour ne rien arranger, l'indice INSEE des perspectives personnelles de production dans l'industrie a poursuivi sa descente aux enfers, retombant même en territoire négatif, ce qui augure d'un glissement annuel du PIB proche de 0 %.

 

Les perspectives personnelles de production annoncent une forte chute de la croissance.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Dans ce cadre, en dépit de tous les artifices comptables et autres pour faire baisser le chômage, ce dernier va malheureusement rapidement reprendre le chemin de la hausse.

 

Nouveau record historique pour le chômage français (toutes catégories).

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Sources : DARES, ACDEFI

 

Toutes catégories confondues (de A à E) et pour l'ensemble du territoire français, il faut d'ailleurs savoir qu'un nouveau record historique a été atteint en août, à 6,513 millions de personnes. Ce qui se traduit par un taux de chômage effectif de 22,7 %...

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.