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Perspectives de croissance mondiale : un peu de chaud, beaucoup de froid.
ACDEFI - 09 août 2016

Comme chaque début de mois, les enquêtes Markit des directeurs d'achat sont attendues avec impatience, mais aussi avec inquiétude. En particulier depuis quelques mois et le retour de la récession industrielle dans de nombreux pays.

Le bilan des enquêtes de juillet est particulièrement mitigé. En effet, si certains pays semblent s'éloigner du recul de l'activité industrielle, notamment les Etats-Unis, l'Inde, mais aussi la Chine, d'autres y restent englués. Citons par exemple le Brésil (avec néanmoins une moindre baisse de l'activité), la Turquie, la Malaisie ou encore la France.

Parallèlement, certains pays, qui paraissaient dernièrement loin de la récession industrielle ou en rémission, plongent ou rechutent dangereusement, subissant une nette baisse de leur activité en juillet. Il s'agit principalement du Royaume-Uni, de l'Indonésie, de la République Tchèque, de la Grèce et de la Russie.

Enfin, s'ils n'ont pas encore les stigmates de la récession, d'autres pays ont enregistré une forte baisse de leur indice Markit, se rapprochant dangereusement de la barre des 50. En l'occurrence, l'Irlande, la Pologne, le Mexique et Singapour.

 

Enquêtes Markit dans l'industrie : 15 pays dans le rouge, six à la frontière.

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Sources : INSEE, ACDEFI

Le véritable réconfort de ces enquêtes réside dans l'augmentation de l'indice « monde », qui atteint désormais un niveau de 51, contre 50,4 en juin.

Autre bonne nouvelle, l'indice Markit des directeurs d'achat dans l'industrie chinoise est repassé au-dessus de la barre des 50 (à 50,6 précisément), pour la première fois depuis février 2015, c'est-à-dire juste avant le début de la crise économico-financière chinoise du printemps-été 2015.

 

La Chine redémarre...

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Sources : NBSC, Markit, ACDEFI

 

Et même si son homologue dans les services recule d'un point en juillet, il reste néanmoins très appréciable, avec un niveau de 51,7.

Dans ce cadre, après la bonne résistance du PIB chinois aux premier et deuxième trimestres 2016, une accélération de la croissance pourrait même s'observer d'ici la fin d'année dans l'Empire du milieu, qui restera donc la locomotive incontestée de la croissance mondiale.

 

Le Brésil va un peu mieux.

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Sources : IBGE, Markit, ACDEFI

 

Si elle est évidemment toujours très loin du dynamisme chinois, l'économie brésilienne semble enfin sur le chemin de l'amélioration. En effet, confirmant le rebond de juin, les indices Markit dans l'industrie et les services ont encore fortement progressé en juillet. S'ils restent encore bien en-deçà de la barre des 50 (à respectivement 46 et 45,6), ils indiquent que la destitution de Madame Rousseff, la remontée des cours des matières premières et la perspective des Jeux Olympiques commencent à porter leurs fruits.

Cependant, ne crions pas victoire trop vite : la faible popularité de Michel Temer (le remplaçant par interim de Dilma Rousseff) et l'instabilité sociale continuent d'empêcher un fort rebond de l'économie brésilienne, qui devrait néanmoins progressivement sortir de la récession d'ici la fin 2016.

En revanche, la récession devrait rester d'actualité en Grèce et faire son grand retour en France. C'est notamment ce qu'indiquent les indices Markit dans l'industrie de juillet.

Pour le quatrième mois consécutif, l'industrie française reste d'ailleurs la lanterne rouge de la zone euro. Parallèlement, la première place est toujours occupée par l'Allemagne, malgré une baisse de 0,7 point de son indice Markit.

 

L'Allemagne toujours en pole-position, la France encore lanterne rouge.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Mais si ces deux postures sont habituelles, d'autres le sont beaucoup moins. En l'occurrence, la forte baisse des indices Markit « industrie » en Italie, en Espagne et en Irlande. La barre des 50 se rapproche même dangereusement, montrant la fragilité de la reprise économique dans ces trois pays et plus globalement au sein de l'ensemble de la zone euro.

 

Dans les services aussi, la France ferme la marche.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Fort heureusement, la résistance de l'activité dans les services compense les difficultés industrielles. Du moins pour le moment.

En revanche, comme dans l'industrie, la France ferme la marche de l'activité dans les services. A l'évidence, face à ces déconvenues, rares sont ceux qui osent encore avancer qu'en France « ça va mieux »…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.