Accueil > Economic World > Croissance : 0 % en France, 0,3 % dans la zone euro et aux Etats-Unis.
Croissance : 0 % en France, 0,3 % dans la zone euro et aux Etats-Unis.
ACDEFI - 03 août 2016

Que ce soit en France, dans la zone euro ou aux Etats-Unis, les premières estimations des comptes nationaux s'avèrent en ligne avec nos prévisions, mais en-deçà des prévisions consensuelles.

Une fois encore, la majorité a donc eu tort, ce qui devrait insuffler un vent de déception sur les marchés pour les semaines et les mois à venir.

Comme nous l'avons évoqué dans notre « humeur », le PIB français est ainsi reparti à la baisse au deuxième trimestre 2016 : - 0,04 %. Grâce à une baisse légèrement plus forte au deuxième trimestre 2015, son glissement annuel a néanmoins bénéficié d'un effet de base favorable.

Il est ainsi passé d'un gros + 1,3 % à un petit + 1,4 %. Il n'y a évidemment pas de quoi pavoiser. D'autant que le détail des comptes nationaux est déplorable.

 

La France repart vers la récession.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : INSEE, ACDEFI

 

Et pour cause : l'investissement des entreprises et celui des ménages sont repartis à la baisse, la consommation des particuliers a stagné et les exportations ont continué de régresser. Seule la baisse des importations a permis d'éviter une forte baisse du PIB, engendrant une contribution positive du commerce extérieur de 0,3 point.

Certes, il faut également souligner que la variation de stocks a contribué négativement à la croissance (- 0,4 point après déjà - 0,1 point au premier trimestre 2016). Mais, après leur forte contribution positive des trimestres précédents, il ne s'agit que d'un logique retour de bâton, qui n'est certainement pas terminé.

D'ailleurs, la faiblesse récente des indicateurs avancés indiquent que le PIB français devrait encore baisser au troisième trimestre, consacrant un triste retour en récession.

 

Tous les moteurs de la demande calent.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : INSEE, ACDEFI

 

Parmi les plus grandes sources d'inquiétudes, on distingue notamment la rechute de l'investissement logement des ménages.

Si son glissement annuel se rapproche de 0 %, à précisément - 0,04 %, son niveau à prix constants est équivalent à celui qui prévalait au premier trimestre 1980. Autrement dit : retour 36 ans en arrière…

 

Investissement logement en France : retour en 1980…

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : INSEE, ACDEFI

 

Le ralentissement est aussi à l'œuvre dans la zone euro, mais dans une moindre ampleur qu'en France. En effet, après avoir augmenté de 0,6 % au premier trimestre 2016, le PIB eurolandais n'a progressé que de 0,3 % au cours du trimestre suivant. Son glissement annuel passe ainsi de 1,7 % à 1,6 %.

 

La zone euro ralentit également, mais moins que la France.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Si l'on ne connaît pas encore le détail des comptes nationaux de la zone euro et leur répartition par pays, une bonne nouvelle ressort de cette première estimation du PIB eurolandais : le glissement annuel de ce dernier est enfin passé au-dessus de son homologue américain, une première depuis le troisième trimestre 2011.

En effet, conformément à nos anticipations et bien en deçà des prévisions consensuelles, le PIB américain n'a progressé que de 0,3 % au deuxième trimestre 2016 (1,2 % en rythme annualisé). Son glissement annuel n'est plus que de 1,2 %, contre 1,6 % au trimestre précédent et 2,9 % il y a un an.

 

Le glissement annuel du PIB eurolandais passe devant celui des Etats-Unis, une première depuis 2011.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BEA, Eurostat, ACDEFI

 

Et si la consommation des ménages américains continue de bien résister notamment grâce à la faiblesse du chômage, la nouvelle baisse de l'investissement des entreprises commence à devenir préoccupante.

 

Etats-Unis : la baisse de l'investissement des entreprises commence à devenir inquiétante.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : BEA, ACDEFI

 

En effet, n'oublions que la force de l'économie américaine réside dans le cercle vertueux « investissement-emploi-consommation ».

Si le premier maillon de cette chaîne commence à faire défaut, les autres ne tarderont pas à suivre.

De quoi rappeler que la Fed est condamnée à maintenir le statu quo monétaire, en espérant que le ralentissement de l'économie américaine restera mesuré.

Toujours est-il qu'avec l'arrivée de la période pré-électorale, l'attentisme risque de perdurer, maintenant la croissance américaine sur un rythme compris entre 1 et 1,5 %.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.