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France et zone euro : vers des lendemains difficiles…
ACDEFI - 26 juillet 2016

Après la nette chute de l'indice Sentix de confiance des investisseurs en juillet dans la zone euro, une nouvelle baisse marquée de l'indice Zew dans cette même zone euro était attendue pour juillet.

Nous étions cependant loin d'imaginer qu'il ne s'agirait pas d'une baisse mais d'une véritable dégringolade. L'indice Zew a ainsi chuté de 34,9 points sur le seul mois de juillet, atteignant un niveau de - 14,7 : un plus bas depuis août 2012, à une époque où le glissement annuel du PIB eurolandais oscillait autour de - 1 %...

 

Indices ZEW et Sentix dans la zone euro : des rechutes très inquiétantes.

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Sources : ZEW, Sentix, ACDEFI

 

Certes et fort heureusement, la baisse des indicateurs Markit PMI des directeurs d'achat a été moins importante. En l'occurrence, - 0,9 point tant dans l'industrie que dans les services.

 

Les indicateurs Markit annoncent également une nette décélération de la croissance eurolandaise.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

 

Pour autant, avec des niveaux de respectivement 51,9 et 52,7, ces indicateurs avancés de la croissance de la zone euro indiquent que cette dernière est appelée à décélérer nettement au cours des prochains trimestres, retournant très logiquement vers son niveau structurel, c'est-à-dire autour de 0,8 %.

Autrement dit, l'économie eurolandaise a bien mangé son pain blanc, il faut désormais espérer que le ralentissement ne sera pas aussi dramatique que ne l'annoncent les indicateurs Sentix et Zew.

Dans ce contexte difficile, et pour ne pas changer, la France s'est encore illustrée par sa faiblesse économique. Et ce, en dépit de l'organisation de l'Euro2016 et du beau parcours des Bleus.

Ainsi, malgré ces soutiens (certes très relatifs, comme nous l'expliquions dans ces mêmes colonnes il y a une dizaine de jours) à l'activité et au moral, l'indice Markit PMI est resté nettement sous la barre des 50 dans l'industrie (à 48,6 précisément, contre 48,3 le mois précédent), se situant toujours très loin derrière ses homologues allemands et eurolandais.

 

L'industrie française toujours loin derrière ses homologues allemandes et eurolandaises.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

A ce sujet, il faut souligner qu'en dépit d'une inévitable baisse, les indices Markit dans l'industrie continue de surprendre dans la zone euro et surtout en Allemagne, où il reste à un niveau très élevé de 53,7.

Mais cette résistance est encore plus surprenante dans le secteur des services outre-Rhin. Et pour cause : malgré le ralentissement mondial, l'indice Markit PMI correspondant a progressé de 0,9 point en juillet, à 54,6. De quoi prévoir une croissance allemande supérieure à 2 % au cours des prochains trimestres.

Bien loin de cette performance, l'indice Markit français relatif aux « services » a certes progressé de 0,4 point en juillet, repassant au-dessus de la barre des 50.

 

Activité dans les services : l'Allemagne loin devant, la zone euro en retrait et la France à la traîne.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Cependant avec un niveau de seulement 50,3, il n'y a malheureusement pas grand-chose à attendre en termes de croissance économique.

Les niveaux des indices Markit dans l'industrie et les services indiquent même que le glissement annuel du PIB français pourrait rapidement revenir vers 0 %.

 

Vers une croissance française de 0 % avant la fin 2016 ?

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Sources : INSEE, Markit, ACDEFI

 

Et bien entendu, ces enquêtes n'intègrent pas le dramatique attentat de Nice qui va inévitablement peser à la baisse sur un moral et une activité déjà en berne.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.