Accueil > Economic World > L'économie chinoise continue de surprendre par sa résistance.
L'économie chinoise continue de surprendre par sa résistance.
ACDEFI - 17 juillet 2016

Une fois encore, la Chine a déjoué tous les pronostics. Certes, bien loin des scénarii excessivement pessimistes de nombreux économistes, nous anticipions un simple « soft landing ». Mais, non, finalement, l'économie chinoise n'a même pas ralenti au cours du deuxième trimestre 2016.

Son PIB a, au contraire, augmenté de 1,8 %, permettant à son glissement annuel de se stabiliser à 6,7 %. Et si la fiabilité de ces statistiques laisse évidemment à désirer, il faut reconnaître que la résistance de l'économie chinoise constitue une bonne nouvelle dans un environnement de décélération internationale.

La Chine demeure ainsi la locomotive du monde émergent, mais aussi de l'économie mondiale. La contribution de la Chine à la croissance mondiale devrait encore s'établir autour de 1,2 point cette année sur un total de 2,8 %.

A titre de comparaison, la contribution de l'Inde devrait  avoisiner 0,5 point, celle des Etats-Unis 0,3 point et celle de la zone euro 0,2 point.

 

La croissance chinoise se stabilise à 6,7 % au deuxième trimestre 2016.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : NBSC, BEA, ACDEFI

 

Certes, l'excédent commercial chinois a légèrement reculé en juin, mais il reste encore de 48,1 milliards de dollars, confirmant que le commerce extérieur chinois plie mais ne rompt pas.

De plus, défiant là aussi les prévisions les plus optimistes, les ventes au détail et la production industrielle sont restées particulièrement dynamiques en juin. Leurs glissements annuels ont même augmenté, atteignant des niveaux de respectivement 10,6 % et 6,2 %.

Si nous restons loin de la vigueur des années 2006-2007 ou 2010-2011, ces performances montrent néanmoins que l'économie chinoise peut à la fois compter sur un appareil productif à toute épreuve et sur une consommation hors-pair.

 

Les glissements annuels de la production industrielle et des ventes au détail repartent à la hausse.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : NBSC, ACDEFI

 

Prolongeant  ces belles performances de l'économie chinoise, la déflation des prix à la production a faibli en juin (à - 2,6 %, contre encore - 5,9 % d'août à décembre 2015), et l'inflation des prix à la consommation est restée satisfaisante, à 1,9 %.

 

La déflation des prix à la production se réduit et l'inflation des prix à la consommation reste modérée.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : NBSC, ACDEFI

 

Parallèlement, les indicateurs avancés de l'économie chinoise demeurent relativement bien orientés et indiquent que la croissance de l'Empire du milieu devrait rester très appréciable au cours des prochains trimestres.

La remontée de l'indice Caixin des directeurs d'achat dans les services en juin laisse même espérer un rebond de la croissance chinoise d'ici la fin 2016.

 

La croissance chinoise pourrait même rebondir avant la fin 2016.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Source : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

Pour y parvenir, les Chinois ne lésineront d'ailleurs pas sur les moyens, puisqu'ils pourront notamment puiser dans leurs réserves de changes colossales, qui ont dernièrement repris le chemin de la hausse (retrouvant la barre des 3 200 milliards de dollars).

 

La dépréciation en douceur du yuan permettra de soutenir la croissance chinoise.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Source : NBSC, ACDEFI

 

Ils pourront aussi compter sur la faiblesse du yuan, qui soutiendra également le commerce extérieur chinois et l'ensemble de la croissance de l'Empire du milieu.

Une fois encore, pour soutenir l'économie mondiale, il n'y a donc pas mieux que le moteur chinois…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.