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Croissance mondiale : peut mieux faire...
ACDEFI - 11 juillet 2016

Après les craintes de la fin 2015-début 2016 sur l'état de la croissance mondiale et avant les effets négatifs du Brexit sur la stabilité économico-financière internationale, les statistiques économiques de juin ont permis de souffler un peu.

Et ce, tout d'abord sur le front de l'économie chinoise. En effet, en dépit de la baisse de l'indice Caixin PMI des directeurs d'achat dans l'industrie chinoise en juin (à 48,6), l'indice correspond dans les services a surpris par sa vigueur. En juin, ce dernier a effectivement augmenté de 1,5 point, à un niveau très appréciable de 52,7, qui constitue d'ailleurs un plus haut depuis juillet 2015.

 

Croissance chinoise : les services sauvent la mise.

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Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

A la veille de la publication des comptes nationaux chinois, qui devraient faire état d'un nouveau ralentissement de la croissance, cet indicateur avancé montre que l'économie de l'Empire du milieu dispose toujours de soutiens conséquents.

Même si elle reste encore très loin de la vigueur chinoise, l'économie brésilienne a également réservé de relatives bonnes surprises en juin.

En effet, comme cela était d'ailleurs prévisible, le limogeage de la Présidente Rousseff a redonné de l'espoir aux Brésiliens et en particulier aux entreprises. Ainsi, même s'ils demeurent encore très bas, les indices Markit des directeurs d'achat ont nettement progressé en juin.

Ces indicateurs avancés de l'activité ont ainsi augmenté de 1,6 point dans l'industrie et de 4,1 points dans les services. Avec des niveaux de respectivement 43,2 et 41,4, ils indiquent que la récession brésilienne n'est certes pas encore terminée, mais que le plus dur semble désormais appartenir au passé. Et ce d'autant que la tenue des Jeux Olympiques de Rio cet été ne manqueront pas d'apporter quelques dixièmes de points à la croissance.

 

Brésil : la descente aux enfers est enfin stoppée, mais la récession n'est pas encore terminée.

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Sources : IBGE, Markit, ACDEFI

 

Cette amélioration de la conjoncture s'observe également dans de nombreux autres pays. Sur le seul mois de juin, neuf pays sont même sortis de la zone de récession industrielle.

 

L'industrie mondiale va mieux, mais reste fragile.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Parmi les plus « belles » remontées, on observe notamment la Russie, l'Inde, l'Indonésie et Singapour. La remontée des cours pétroliers et l'amélioration progressive du commerce mondial sont évidemment passées par là. Plus globalement, cela rappelle que les pays émergents disposent de ressorts conséquents pour rebondir assez rapidement.

Cette capacité de rebond n'est cependant pas l'apanage des pays émergents, puisqu'elle s'est également observée dans les pays anglo-saxons. A commencer par le Royaume-Uni, qui devrait néanmoins rechuter dès juillet dans le sillage du Brexit.

Encore plus étonnant : le rebond des indicateurs avancés aux Etats-Unis en juin. Ainsi, après déjà une augmentation de 0,5 point en mai, l'indice ISM des directeurs d'achat dans le secteur manufacturier en a gagnés 1,9 en juin. Avec un niveau de 53,2, il se situe à un plus haut depuis juin 2015.

Et ce n'est pas tout, puisqu'après un léger « trou d'air » en mai, l'indice équivalent dans le secteur non-manufacturier a progressé de 3,6 points en juin, atteignant un niveau plus qu'appréciable de 56,5.

 

L'Oncle Sam n'a pas dit son dernier mot...

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Source : BEA, ISM, ACDEFI

 

Comme le montre le graphique ci-dessus, en dépit d'un net ralentissement depuis l'été 2015 et qui s'est poursuivi au début 2016, la croissance américaine devrait réaliser une performance très honorable cette année, c'est-à-dire proche des 2 %.

Malheureusement, bien loin de ces améliorations, les indicateurs avancés de la zone euro, et en particulier de la France, ont ralenti significativement.

Si la baisse (certes légèrement amoindrie par rapport à leur première estimation) des indices Markit dans l'industrie et les services de juin étaient déjà connue, l'effondrement de l'indice Sentix de confiance des investisseurs pour juillet apparaît assez inquiétant. D'autant qu'une grande partie de l'enquête a été réalisée avant le Brexit.

Cette dégringolade à un plus bas depuis janvier 2015 annonce que le glissement annuel du PIB eurolandais va nettement baisser au cours des prochains trimestres.

 

La décélération de la croissance eurolandaise s'annonce sévère.

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Source : Eurostat, Sentix, ACDEFI

 

Et, comme d'habitude, au sein de cette mollesse économique, la France se distingue par son « excellence ». Et pour cause : que ce soit dans les services, dans l'industrie et dans l'ensemble des secteurs d'activité, l'économie française est la seule de la zone euro à apparaître en recul de l'activité selon les enquêtes Markit des directeurs d'achat.

 

Que ce soit dans l'industrie ou les services, la France garde le chapeau d'âne de la zone euro.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Mais, ce n'est pas grave, puisqu'à en croire les dirigeants politiques français, de très nombreuses entreprises britanniques et/ou installées au Royaume-Uni vont très vite arriver dans l'Hexagone pour relancer la croissance. Formidable !

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.