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Conjoncture française et internationale : Attention aux lendemains qui déchantent...
ACDEFI - 07 juin 2016
 

Il faudra bien que cela s'arrête un jour. En effet, plus les mois passent, plus l'écart se creuse entre les chiffres officiels du PIB français, mais aussi eurolandais, et les indicateurs Markit des directeurs d'achat.

Ainsi, alors que la croissance française a été révisée en hausse au premier trimestre (+ 0,6 %, contre + 0,5 % en première estimation), les indicateurs Markit ont indiqué une nette décélération du PIB pour ce même premier trimestre.

Pire, ces indicateurs normalement avancés de l'économie française ont encore confirmé un ralentissement marqué du PIB pour le deuxième trimestre 2016. Auront-ils cette fois-ci raison ou les chiffres de l'INSEE leur donneront-ils encore tort ?

 

Des chiffres de croissance de plus en plus déconnectés des enquêtes de conjoncture.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : INSEE, Markit, ACDEFI

 

Une chose est sûre : après les « vaches grasses » des trois derniers trimestres (et notamment du premier de 2016), la baisse des indicateurs avancés, mais aussi les grèves et les blocages en tous genres, sans oublier les intempéries, inondations et autres catastrophes naturelles annoncent un deuxième trimestre particulièrement difficile pour l'économie française.

Quant aux trimestres suivants, le ralentissement de la croissance mondiale et la remontée des cours des matières premières ne manqueront pas de ralentir encore la machine.

Un mouvement similaire s'observera également dans l'ensemble de la zone euro. C'est d'ailleurs ce qu'ont confirmé les dernières enquêtes Markit dans la zone euro et dans l'ensemble de ses membres.

En fait, plutôt que de rejoindre ses homologues eurolandaises vers le haut, l'industrie française les a tirées vers le bas.

A l''exception notable de l'Allemagne, qui a vu son indice Markit dans l'industrie se redresser en mai, les autres pays ont particulièrement souffert au cours de ce dernier mois.

A commencer par la Grèce (elle en a malheureusement l'habitude), mais aussi par les deux champions actuels de la croissance eurolandaise, en l'occurrence l'Espagne et l'Irlande.

 

Le ralentissement se poursuit dans l'ensemble de la zone euro, mais arrive en Espagne et en Irlande.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Même l'activité dans les services, pourtant jusqu'alors très résistante, commence à décélérer significativement. Et ce bien sûr en France, mais aussi en Italie. Chez nos voisins transalpins, l'indice Markit dans les services est même passé sous la barre de 50, à 49,8.

Fort heureusement, l'activité est restée dynamique en Irlande, en Espagne et en Allemagne, ce qui a permis à l'indice Markit dans les services de l'ensemble de la zone euro de bien résister.

 

Même dans les services, l'heure n'est plus à l'euphorie dans la zone euro.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Au total, la croissance de la zone euro devrait ralentir vers les 1,2 % d'ici la fin de l'année 2016.

Evidemment, nous restons donc encore très loin de la récession du Brésil. Le PIB brésilien a ainsi reculé de 0,3 % au premier trimestre 2016, enregistrant ainsi son cinquième trimestre consécutif de baisse. Seul très petit réconfort, son glissement annuel s'est légèrement « amélioré », passant de - 5,9 % au quatrième trimestre 2015 à - 5,4 %. Et ce dans un contexte où l'inflation se stabilise autour des 9 %

 

La récession brésilienne se prolonge...

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Sources : IBGE, ACDEFI

 

Malheureusement, la nouvelle baisse des indices Markit dans l'industrie à 41,6 (un plus bas depuis 87 mois) et dans les services à 37,3 montre qu'une nouvelle forte baisse du PIB devrait avoir lieu au deuxième trimestre, et certainement au troisième, en dépit des jeux olympiques, qui s'annoncent d'ores et déjà bien tristes.

 

… et n'est malheureusement pas près de s'arrêter.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : IBGE, Markit, ACDEFI

 

Si le Brésil reste pour le deuxième mois d'affilé le pays de la planète enregistrant la plus forte récession industrielle, il continue néanmoins d'être accompagné par 15 autres pays sur les 33 dans lesquels sont menés des enquêtes Markit des directeurs d'achat.

L'indice « Monde » de ces enquêtes a d'ailleurs baissé en mai, atteignant un niveau de 50,0 qui marque la stagnation de l'activité industrielle mondiale.

 

L'industrie mondiale toujours en récession.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Déjà bien entamé depuis le printemps 2015, le ralentissement de l'économie planétaire devrait donc se poursuivre au cours des prochains mois. De quoi justifier de nouvelles tensions baissières sur les marchés boursiers.

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.