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La zone euro sur un nuage, les Etats-Unis en nage…
ACDEFI - 03 mai 2016

Rien de mieux qu'un graphique pour synthétiser la performance de l'économie française au premier trimestre 2016. Certes, dans la mesure où la progression du PIB avait été encore plus forte au premier trimestre 2015 (+ 0,7 %), son glissement annuel recule de 1,4 % à 1,3 %.

Pour autant, les deux principaux moteurs de la croissance tournent à plein. Le glissement annuel de la consommation des ménages remonte ainsi de 0,9 % au quatrième trimestre 2015 à 1,5 %, un plus haut depuis le premier trimestre 2015.

Encore mieux, l'investissement des entreprises progresse de 1,6 % sur le premier trimestre 2016 et voit son glissement annuel augmenter de 0,7 point, à 3,6 %, un plus haut depuis le deuxième trimestre 2011.

 

France : l'investissement des entreprises et la consommation surprennent par leur vigueur.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Mais il n'y a pas que la croissance française qui a réservé de bonnes surprises au premier trimestre 2016. Celle de la zone euro a également surpris par son dynamisme.

 

La croissance eurolandaise plus forte que prévu.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

En effet, le PIB eurolandais a progressé de 0,6 % sur le seul premier trimestre 2016. Cette vigueur est néanmoins insuffisante pour permettre au glissement annuel du PIB de se redresser. Pour le quatrième trimestre consécutif, ce dernier reste ainsi « scotché » à 1,6 %.

C'est certes appréciable, mais toujours inférieur au glissement annuel du PIB américain. En dépit d'une croissance de seulement 0,5 % au premier trimestre 2016 en rythme annualisé (soit 0,13 % en rythme trimestriel), celui-ci est quasiment stable à 2 %.

 

La croissance eurolandaise toujours incapable de dépasser celle de l'Oncle Sam.

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Sources : BEA, Eurostat, ACDEFI

 

Un écart qui est encore plus flagrant sur le front du chômage, puisqu'en dépit d'une nouvelle baisse à 10,2 % en mars, le taux de chômage de la zone euro reste encore plus de deux fois supérieur à celui des Etats-Unis.

 

Le taux de chômage eurolandais baisse mais reste encore bien supérieur à celui de l'Oncle Sam.

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Sources : Eurostat, BLS, ACDEFI

 

Par ailleurs, malgré cette apparente amélioration économique, la zone euro demeure affectée par une dangereuse déflation.

 

 

La déflation perdure en France et dans la zone euro.

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Sources : Eurostat, INSEE, ACDEFI

 

En avril, le glissement annuel des prix à la consommation est ainsi repassé en territoire négatif à - 0,2 %. Un niveau identique à la déflation observée dans l'Hexagone. Ce n'est certes pas dramatique mais confirme que l'UEM et la France restent encore extrêmement fragiles.

Attention cependant à ne pas imaginer que les Etats-Unis seraient complètement protégés contre l'adversité. En effet, à côté de la nette décélération de la croissance, les comptes nationaux du premier trimestre ont fait également état d'une consommation en ralentissement marqué et surtout d'une baisse de l'investissement des entreprises. Ce dernier a ainsi reculé de 1,5 % sur le seul premier trimestre 2016. Pour la première fois depuis le premier trimestre 2010, son glissement annuel repasse même en territoire négatif (- 0,4 % précisément).

 

Le ralentissement américain commence à devenir vraiment inquiétant.

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Sources : BEA, ACDEFI

 

Et malheureusement, depuis les années 1990, nous savons que lorsque les Etats-Unis ralentissent, l'Europe les suit avec un ou deux trimestres de décalage...

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
A suivre du 23 au 27 octobre :
- Lundi 23, 16h (heure de Paris) : légère baisse de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 24, 1h30 (heure de Paris) : baisse sensible de l’indice Nikkei Markit des directeurs d’achat au Japon.
- Mardi 24, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent dans l’Hexagone.
- Mardi 24, de 9h à 10h : repli des indices Markit des directeurs d’achat en France, en Allemagne et dans la zone euro, tant dans l’industrie que dans les services.
- Mardi 24, 15h45 : légère baisse des indices Markit dans l’industrie manufacturière et dans les services aux Etats-Unis.
- Mardi 24, 18h : le chômage français augmente encore mais plus modérément.
- Mercredi 25, 10h : l’indice IFO du climat des affaires recule de nouveau légèrement outre-Rhin.
- Mercredi 25, 10h30 : la croissance britannique reste molle au troisième trimestre.
- Mercredi 25, 14h30 : recul correctif des commandes de biens durables en septembre.
- Jeudi 26, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 26, 10h : le glissement annuel des prêts privés régresse légèrement dans la zone euro.
- Jeudi 26, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0 % et prépare les esprits à la réduction du « quantitative easing ».
- Vendredi 27, 1h30 : l’inflation repart à la baisse au Japon.
- Vendredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd encore deux points.
- Vendredi 27, 14h30 : la croissance américaine ralentit vers les 2,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
- Vendredi 27, 16h : révision baissière de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.