Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
L'humeur de la semaine - 12 mai 2017
Ouf ! En dépit d'un vote à 50 % pour des partis extrémistes au premier tour des présidentielles, les Français se sont finalement bien rattrapés au second tour en élisant Emmanuel Macron avec plus de 66 % des voix. Ce n'est certes pas les 82 % de Jacques Chirac de 2002, mais c'est néanmoins suffisant pour éloigner le spectre de la fin de l'euro pendant au moins cinq ans. Si cette victoire sans difficulté était attendue (nous l'annoncions d'ailleurs la semaine dernière dans ces mêmes colonnes), le vrai coup de tonnerre réside dans l'élection à la tête de la sixième puissance économique mondiale et qui dispose notamment de la force de dissuasion nucléaire, d'un jeune homme de 39 ans, qui n'avait jamais gagné d'élection jusqu'alors (il ne s'était d'ailleurs jamais présenté) et qui était complétement inconnu il y a environ trois ans. Certes, comme le dit Don Rodrigue dans « Le Cid » de Corneille : « la valeur n'attend pas le nombre des années ». Pour votre serviteur qui a été chef économiste d'une grande banque à l'âge de 27 ans, cette tirade est une véritable devise. Elle l'est également, et à juste titre, pour toute une partie de la jeunesse française et du monde qui est prête à se retrousser les manches pour réussir et à faire de notre planète un monde meilleur. Dans ce cadre, l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée constituera certainement un catalyseur de motivation et ne manquera sûrement pas de redorer le blason de la France à travers le globe. Dire qu'il y a environ an, certaines personnes (dont je tairai le nom pour des raisons évidentes de confidentialité) m'avaient annoncé que M. Macron serait le futur Président de la République française ! Je ne les ai évidemment pas crues, mais tout s'est déroulé « comme prévu »… Manipulations ? Complots ? Connivence des médias ? Pure chance ? Les quatre à la fois ? Nous ne le serons peut-être jamais. Toujours est-il qu'après le vote en faveur du Brexit outre-Manche, puis la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, le succès de « Manu » dans l'Hexagone nous confirme, une fois encore, que nous assistons bien à « la fin d'un monde ». Mais, attention, c'est certainement la dernière chance qui est donnée à la France de retrouver le chemin du dynamisme économique, de la croissance soutenue et de l'emploi vigoureux. Car, si, jusqu'à présent et notamment en 2017, nous avons évité le pire, ce dernier risque de devenir inévitable en 2022 si l'économie française n'a pas été modernisée et si son taux de chômage reste toujours aussi élevé, en particulier pour les jeunes, qui, d'ores et déjà et malheureusement, votent massivement pour des partis extrémistes. Plus que jamais, il est donc urgent de sauver la France...
Economic World - 08 mai 2017
L'humeur de la semaine - 04 mai 2017
Indigne de la sixième puissance économique mondiale ! Telle pourrait être la synthèse du débat de l'entre-deux tours. En fait, ce dernier a été à l'image de la campagne des présidentielles 2017 : fatiguant, agressif et au ras des pâquerettes. En un mot : catastrophique. Dès l'issue du premier tour, il n'y avait d'ailleurs pas de quoi pavoiser avec 50 % des votes en faveur de partis extrémistes et/ou fantaisistes. Avec le débat du 3 mai, une nouvelle porte a été enfoncée : violence, impréparation, contre-vérités, raisonnements fallacieux. Evidemment, l'essentiel de la responsabilité de ce naufrage revient à Marine Le Pen qui a montré combien sa stratégie de sortie de l'euro n'avait aucun sens si ce n'est d'envoyer la France et l'Europe dans un trou noir suicidaire. De la sorte, il paraît donc clair qu'Emmanuel Macron sera, sans difficulté, le prochain Président de la République française. Dès dimanche soir, nous devrions donc tous pousser un « ouf ! » de soulagement. Cependant, plusieurs questions déterminantes se posent : M. Macron aura-t-il une majorité nette pour gouverner ? De quelle majorité s'agira-t-il ? Devra-t-il composer avec une majorité de droite, ouvrant la voie à une cohabitation ? Ou alors, aucune majorité ne sortira-t-elle des législatives, ce qui plongerait la France dans une crise de gouvernance durable ? A l'évidence, les risques politiques demeurent élevés et pourraient entraver la bonne marche de l'économie française et plus globalement de la zone euro au cours des prochains trimestres. D'où une question essentielle : comment la France en est-elle arrivée là ? Comment le niveau de son débat politique et économique a-t-il pu tomber si bas ? Deux réponses principales nous paraissent devoir être mises en avant. D'une part, le manque de courage des dirigeants politiques depuis trente ans, qui a empêché la France de moderniser ses structures économiques et qui l'a plongée dans la croissance molle et le chômage de masse. D'autre part, le manque de culture économique qui a maintenu de trop nombreux Français dans l'ignorance et les a malheureusement incités à se laisser tenter par les partis extrémistes. Sachez que, comme je le fais depuis bientôt vingt-cinq ans, je continuerai de tout faire pour démocratiser l'économie et développer la culture économique des Français. J'espère simplement que, comme je l'ai régulièrement vécu et en particulier depuis cinq ans, on cessera de me mettre des bâtons dans les roues…
L'humeur de la semaine - 28 avril 2017
Comme nous l'espérions la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, le pire a bien été évité lors des élections présidentielles françaises. En effet, le duel « Le Pen - Mélenchon », un temps craint pour le deuxième tour n'aura pas lieu. Ouf ! Certes, le scénario idéal « Macron - Fillon », qui aurait pu déboucher sur un vrai débat d'idées, digne de la sixième puissance économique mondiale, ne se produira pas non plus. Nous aurons donc droit à un duel « Macron - Le Pen », qui, compte tenu de la nette avance de l'ancien ministre de l'économie sur la patronne du Front national lors du premier tour, a rassuré les marchés. Pariant également sur le traditionnel front républicain pour éviter toute mauvaise surprise, ces derniers ont même flambé dans un premier temps. Sur la seule journée du lundi 24 avril, le Cac 40 a ainsi progressé de 4,1 %. Pour autant, comme cela était également très prévisible, le soufflé est très vite retombé. Et pour cause : les exemples du Brexit et de la victoire de Donald Trump nous ont montré qu'il ne fallait surtout pas aller trop vite en besogne. D'ores et déjà les résultats du premier tour des présidentielles françaises sont loin d'être aussi euphoriques qu'ils pourraient apparaître. Tout d'abord, parce qu'environ 50 % des votes se sont portés sur des partis anti-européens, voire pro-Frexit. Encore plus inquiétant, bien loin de la mobilisation qui avait suivi le choc du 21 avril 2002 et finalement consacré une nette victoire de Jacques Chirac sur Jean-Marie Le Pen au second tour, la fille de ce dernier semble faire jeu égal avec le fils spirituel de François Hollande. Pourtant, pour tout esprit normalement constitué, il ne devrait pas y avoir d'équivoque : mieux vaut « Hollande-bis » que le « trou noir » ! Et attention, si Marine Le Pen réussit à passer la barre des 40 %, l'image internationale de la France risque d'en prendre un sacré coup et pour longtemps. Pour éviter d'en arriver là, il serait donc grand temps que les dirigeants politiques français se mobilisent et aussi qu'Emmanuel Macron muscle son discours et son programme...
L'humeur de la semaine - 20 avril 2017
Dans quel état serons-nous lundi matin prochain ? En pleine panique, avec un second tour « Le Pen - Mélenchon », dans le doute avec « Macron ou Fillon - Le Pen » ou alors rassurés avec « Macron - Fillon » ? Dans le premier cas, la France devra choisir entre la peste et le choléra, c'est-à-dire entre la fin de la zone euro et le collectivisme. Dans les deux cas, cela signifiera la fermeture des frontières économiques et financières, le contrôle des changes et une crise économico-sociétale sans précédent depuis la seconde guerre mondiale. Compte tenu de ces piètres perspectives, il est clair que les marchés vont sur-réagir. Dès lors, il faudra se préparer à un effondrement d'environ 15 % du Cac 40 sur la seule journée du 24 avril, et à une remontée très rapide et massive des taux d'intérêt à dix ans des obligations de l'Etat français. La barre des 2,5 % pourrait être dépassée en quelques heures, avec un objectif de 8 % au cours des jours suivants. La récession fera son grand retour et le taux de chômage flambera vers les 12 % assez rapidement. Bref, tous aux abris, du moins pour ceux qui réussiront à en trouver. Dans le second cas de figure « Macron ou Fillon - Le Pen », les marchés boursiers et obligataires devraient également baisser, compte tenu de la percée des partis extrémistes et de la présence pour la deuxième fois en quinze ans du Front national au second tour des présidentielles. Cependant, leur repli sera certainement d'une ampleur modérée, compte tenu du probable sursaut républicain du second tour. Enfin, dans le troisième et heureux cas où les Français auront su tourner le dos aux extrémismes de gauche et de droite, une belle progression du Cac 40 et des bourses mondiales devrait rapidement s'observer. Quant aux taux longs, ils resteraient contenus, sans pour autant baisser fortement, compte tenu de la faible probabilité d'une nette baisse du déficit public français à court terme. Cependant, il n'y aura pas de quoi bouder notre plaisir, dans la mesure où les Français pourront bénéficier d'un véritable débat présidentiel, avec notamment une meilleure explicitation des mesures économiques des deux candidats en lice. Avouons que cela fait du bien de rêver un peu. Mais finalement pourquoi pas ? N'oublions pas que le pire n'est jamais certain, ni en politique, ni en économie et encore moins sur les marchés financiers…
Economic World - 18 avril 2017
L'humeur de la semaine - 13 avril 2017
25 % pour Marine Le Pen, 19 % pour Jean-Luc Mélenchon, 8 % pour les Dupont-Aignan, Poutou, Lassalle, Assélineau et Arthaud. Non, vous ne rêvez pas : selon les derniers sondages, 52 % des électeurs de la sixième puissance économique mondiale, qui dispose de la dissuasion nucléaire et dont la devise est « liberté, égalité, fraternité », sont prêts à voter pour des candidats extrémistes, qui prônent, pour les uns, la fermeture des frontières, pour les autres, le retour du communisme et qui, dans leur ensemble, souhaitent casser définitivement la construction européenne. Face à une telle dérive, il est clair que les investisseurs et les marchés financiers, mais aussi les chefs d'entreprise et les citoyens clairvoyants commencent à être affectés par une crise d'angoisse. Car soyons clairs : en cas de victoire de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle de 2017, nous assisteront à une crise type « Lehman Borthers », mais puissance dix. Le pire est que, comme souvent, ce sont les plus favorisés qui parviendront à s'en sortir, tandis que ceux qui souffriront le plus seront les moins aisés, qui auront justement voté pour ces partis extrémistes. Le cas de la crise grecque nous en fournit d'ailleurs un exemple cuisant. En effet, lors de cette dernière et à l'approche de la victoire du parti d'extrême gauche d'Alexis Tsipras, 200 milliards d'euros ont quitté la Grèce. Ceux qui disposaient de ce patrimoine ont donc pu sauver les meubles. Par contre, ceux qui ont payé et qui continuent de souffrir sont les classes moyennes et défavorisées, qui avaient justement voté pour Tsipras. Avant que cela ne se reproduise en France, il serait donc bon que les électeurs soient conscients de ce qui se produira si le Front National ou le Front de gauche arrive au pouvoir. le Front national, tout comme le Front de gauche, ne proposent pas la fin d'un monde, mais la fin du monde… Dans ce cadre, et en espérant que les Français ne feront pas le choix du pire, mieux vaut prévenir que guérir. Il faut donc s'alléger sur les marchés boursiers et obligataires et, si possible, ne pas laisser plus de 100 000 euros sur ses comptes courants et d'épargne, quitte à en multiplier le nombre. Car, au-delà de ce montant, la « grande faucheuse » risque de faire des dégâts… Nous sommes prévenus, il ne faudra pas se plaindre le jour d'après…

L'humeur de la semaine - 06 avril 2017
Le Front National aux portes du pouvoir ? Mélenchon à plus de 15 % des intentions de vote ? Une campagne présidentielle surréaliste où les programmes ne sont quasiment pas évoqués et qui a notamment été marquée par des débats relevant de la « télé-réalité » indignes d'une grande puissance comme la France. Face à de telles dérapages, une question s'impose : Comment en est-on arrivé là ? Comment la France, qui disposaient d'une croissance structurelle de 2,5 % au début des années 1990, avec une dette publique de moins de 60 % du PIB et qui était alors le leader politico-économique de l'Europe, a pu tomber si bas ? La réponse est malheureusement simple : cette descente aux enfers s'explique principalement par le manque de courage et la démagogie des dirigeants du pays. En effet, au cours des vingt dernières années, ces derniers ont eu trois occasions claires d'engager l'Hexagone sur la voie de la modernisation économique, ce qui lui aurait permis d'améliorer sa croissance, de réduire ses déficits et d'éviter par là même de plonger dans la spirale de la dette. Malheureusement, ces trois « aubaines » ont été littéralement gâchées (par Jospin, Chirac et Sarkozy, Hollande finissant par enfoncer le clou). Face à de tels gâchis, la France est donc naturellement tombée dans la marmite de la « bulle de la dette », perdant au passage son leadership économico-politique européen au profit de l'Allemagne. Et ce n'est évidemment pas le mandat de François Hollande qui a permis d'inverser la tendance. Bien au contraire. Abreuvés de mensonges pendant trente ans, les Français sont désormais désabusés. Si bien qu'aujourd'hui une majorité d'entre eux semblent prêts à voter pour des partis extrémistes qui ne feront évidemment que le malheur de notre « douce France ». Mais peut-être faut-il passer par la crise politique qui arrive pour enfin prendre les bonnes mesures et sortir de plus de vingt ans de gâchis. Gardons l'espoir…
L'humeur de la semaine - 30 mars 2017
A en croire les sondages relatifs aux élections présidentielles françaises, environ 50 % des électeurs vont opter pour un candidat qui prône le Frexit et plus globalement la fin du capitalisme européen. Tout un programme ! Pour ceux qui en doutent encore, la France serait donc bien l'un des derniers pays communistes de la planète, à côté de Cuba (qui commence d'ailleurs à changer de bord) et de la Corée du Nord, la Chine n'ayant de communiste que le nom et constituant certainement l'un des pays au monde où la recherche du profit est la plus forte. Si cette analyse excessive peut susciter le rire, force est malheureusement de constater qu'elle n'est pas dénuée d'une certaine part de vérité. En effet, la France est un pays dans lequel le poids des dépenses publiques dans le PIB (en l'occurrence 57,1 %) figure parmi les plus élevés du globe. Seuls certains petits pays font « mieux » que nous : les îles Kiribati, les Tuvalu, le Sud Soudan, la Micronésie, le Lesotho, les îles Marshall et la Finlande. Un club « très select », dont l'appartenance n'est vraiment pas aisée... Le pire est que la France se paie le luxe d'entretenir des dépenses publiques pharaoniques avec pour seuls résultats : une croissance molle, un chômage élevé, un accroissement des inégalités sociales et de la pauvreté. Certains diront alors que, justement, si ces dépenses n'étaient pas là, la situation serait encore plus dramatique. Et c'est justement là que la France commence à sombrer dans le communisme. Car, si pratiquer un laxisme budgétaire depuis trente ans sans résultats positifs peut, à la rigueur, se comprendre pour des raisons bassement politiciennes liées à la volonté des dirigeants politiques d'être élus ou réélus, vouloir encore augmenter la facture devient grotesque et surtout dangereux. Aussi, pour sortir la France de sa lutte des classes viscérale et par là même de son immobilisme structurel, il n'y a qu'une seule solution : redonner de l'espoir à une population et à une jeunesse en mal de repères. Et cela ne passera certainement pas par une augmentation des dépenses publiques et des perfusions diverses et variées qui sclérosent la société. Comme diraient nos jeunes : « tout ça, c'est de la flûte ! » Cela passera, au contraire, par la libération des énergies et de l'esprit d'initiative qui ne pourront s'opérer que par une réduction des pressions fiscales, réglementaires et budgétaires. Pour y parvenir, il faudra également augmenter la culture économique des Français et sortir du vieux carcan anticapitaliste qui est malheureusement trop présent dans les manuels scolaires et ailleurs. Cela permettra notamment de faire comprendre aux jeunes et aux moins jeunes que si le système capitaliste n'est évidemment pas parfait, il est le seul capable de fonctionner, comme l'ont montré les échecs cuisants des autres expériences. Dès lors, ce n'est pas en le détruisant que l'on créera un monde meilleur, mais en améliorant son fonctionnement.
L'humeur de la semaine - 24 mars 2017
A l'évidence, comme lors des deux dernières campagnes présidentielles françaises, la dette publique est quasiment oubliée des débats, qui restent d'ailleurs au ras des pâquerettes. Qui se souvient du moment où la dette publique française a atteint 80 % du PIB ? Certainement pas grand monde. Ce n'est pourtant pas si vieux puisqu'il s'agit au premier trimestre 2010. A l'époque, cette barre était présentée comme fatidique et devait, soi-disant, inciter les dirigeants du pays à tout faire pour stopper l'hémorragie. Et ce, d'autant qu'au quatrième trimestre 2007, ce ratio n'était « que » de 64,3 %. Il était alors de bon ton de penser que ce dérapage était dû à la crise et que désormais la dette publique allait être, sinon stoppée, du moins freinée. Comme nous le craignions à l'époque, il n'en a évidemment rien été. En effet, bien loin de la prise de conscience salutaire, les dirigeants politiques français ont continué leur gabegie de dépenses publiques, sans aucune efficacité, c'est-à-dire sans parvenir à redresser la croissance économique structurelle et à faire baisser significativement et durablement le chômage. Aujourd'hui, en dépit d'une baisse artificielle au quatrième trimestre 2016, la dette publique française a atteint un nouveau record de 2 154,7 milliards de dollars, soit 97,4 % du PIB en moyenne sur l'année. Et encore, pour ne pas affoler les foules, l'usage veut que l'on compare la dette publique au PIB. Ce qui n'a finalement pas grand sens, puisque tout le PIB n'est pas public (encore heureux !). Il parait donc plus opportun de la rapporter aux recettes publiques, histoire de se rapprocher d'un ratio « dette/chiffre d'affaires ». Et là, avant de prendre connaissance de ce chiffre, il faut s'asseoir pour ne pas tomber, car ce ratio est actuellement de 180 % ! Le pire est que l'actif net de l'Etat français est négatif. Les chiffres de l'INSEE sont imparables. En 2015 (derniers chiffres officiels disponibles), le total des actifs de l'Etat français atteignait 795,5 milliards d'euros, alors que son passif était de 2 119,8 milliards d'euros. Cela signifie donc que l'actif net de l'Etat était de - 1 324,3. A titre de comparaison, ce dernier n'était « que » de - 892,7 milliards d'euros en 2011. C'est dire l'ampleur du dérapage, sachant qu'en 2016, la situation a encore empiré. Dans les prochains mois, si rien ne change (cas fort probable), il est clair que l'État français perdra encore en crédibilité et verra les taux d'intérêt de ses emprunts flamber, ce qui ne manquera pas de casser encore un peu plus l'investissement, la croissance et l'emploi. Plus personne ne pourra alors nier la situation de faillite de notre très cher Etat.
Economic World - 20 mars 2017
Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a augmenté son taux objectif des federal funds de 25 points de base le 15 mars dernier, portant ce dernier à 1 %. Confortant ce geste, le glissement annuel des prix à la consommation a encore augmenté en février à 2,7 %, un plus haut depuis février 2012. N'oublions cependant pas que l'objectif d'inflation de la Fed est de 2,5 % mais pour le « core CPI », c'est-à-dire hors énergie et produit alimentaire, également appelée « inflation sous-jacente ». Or, le glissement annuel de cet indice a reculé de 0,1 point en février à 2,2 %. Voilà pourquoi, la Fed reste prudente et n'est pas prête à sortir l'artillerie lourde. D'ailleurs, si la croissance américaine est appréciable, elle reste proche des 2 %, contre un objectif de la Fed de 2,5 % à 3 %. Dans ce cadre, nous continuons d'anticiper que la Fed ne prendra aucun risque et resserrera son étreinte monétaire à pas comptés, c'est-à-dire par touche de 25 points de base, sans dépasser la barre des 1,75 %. D'ores et déjà, l'écart de taux d'intérêt Fed-BCE se creuse, ce qui devrait permettre à l'euro de rester faible, en dépit de réactions épidermiques, comme la remontée de l'euro depuis le 16 mars. Plutôt que d'intégrer le différentiel durable de politiques monétaires entre les deux côtés de l'Atlantique, les investisseurs ont effectivement préféré surpondérer la prudence de la Fed et la victoire du parti libéral du Premier ministre Mark Rutte aux Pays-Bas, pour jouer temporairement l'euro contre le dollar. Une stratégie qui laissera rapidement la place à une remontée du billet vert. Et ce d'autant que les écarts de croissance et d'inflation, mais aussi de taux monétaires et obligataires, augmenteront en faveur du dollar.
L'humeur de la semaine - 17 mars 2017
Comme nous l'avions annoncé avant même le vote en faveur du Brexit, ce dernier n'a, pour l'instant, pas produit d'effets négatifs sur l'économie britannique. Bien au contraire, celle-ci se porte comme un charme, continuant d'afficher une croissance soutenue et un chômage de plein-emploi. Cette réussite pourrait amener certains à en déduire qu'à l'image du Brexit, le Frexit n'aurait pas de conséquences vraiment dramatiques pour l'économie française. Cette déduction est évidemment hâtive et surtout erronée. Et ce, pour au moins trois principales raisons. Premièrement, avec le Brexit, le Royaume-Uni a certes quitté l'Union européenne, mais n'a pas changé pas de devise. A l'inverse, un Frexit se traduirait par le remplacement de l'euro par le franc. Et lorsqu'on se souvient que lors du passage du franc à l'euro, il a fallu plus de trois ans pour adapter les systèmes informatiques et la comptabilité des banques et des entreprises au sens large, on imagine le capharnaüm qui suivrait le mouvement inverse. Sans parler de la valse des étiquettes et des confusions en tous genres. Deuxièmement, en dépit du Brexit, le marché obligataire du Royaume-Uni est et restera crédible. A l'inverse, en cas de Frexit, la France ne pouvant plus compter sur la protection de la zone euro et de la BCE, le taux de l'OAT 10 ans montera rapidement vers les 10 %. N'oublions pas que lorsque la Grèce était sur le point de quitter l'UEM, le taux à dix ans des obligations de l'Etat grec est monté à 40 % ! A côté de ces aspects certes techniques mais non-négligeables, la troisième grande différence entre un Brexit et un Frexit réside dans le décalage, pour ne pas dire le fossé, qui existe entre les structures économiques solides du Royaume-Uni et celles particulièrement fragiles de la France. En conclusion, bien loin de cette résilience britannique, si la France devait sortir de la zone euro, elle pâtirait de six handicaps majeurs : une croissance structurelle moribonde (environ 0,8 %), des coûts organisationnels pléthoriques pour remplacer l'euro par le franc, un dérapage des comptes publics, une « planche à billets » de la Banque de France inefficace et créatrice d'hyper-inflation, un krach obligataire dramatique pour l'Etat, les entreprises et les ménages, sans oublier une crise politique sans précédent. Et donc, in fine, une récession durable, un chômage en augmentation et un délitement de la société française. Nous sommes prévenus.
L'humeur de la semaine - 09 mars 2017
Nous y sommes. Le 15 mars, le marathon électoral européen va commencer avec les élections législatives aux Pays-Bas. Selon les derniers sondages (qui ne veulent certes pas dire grand-chose), le parti d'extrême droite de Geert Wilders est au coude à coude avec celui du Premier ministre centriste démocrate Mark Rutte. Si la probabilité qu'il puisse former un gouvernement reste faible, cette percée pourrait néanmoins bien marquer le début de fortes turbulences sur les marchés et in fine sur l'économie de la zone euro. Ce qui est a priori paradoxal c'est qu'Aux Pays-Bas, comme d'ailleurs au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, la croissance est forte et le plein-emploi s'est installé. Autrement dit, ce n'est pas la misère économique ni le chômage de masse qui soutiennent la volonté de renverser la table, mais tout simplement le souhait de changer de monde. De ce point de vue, la situation est encore bien plus périlleuse dans l'Hexagone, puisqu'à côté d'un ras-le-bol généralisé, les Français souffrent d'une croissance moribonde depuis 2008 et sont affectés par un chômage dramatique depuis tout aussi longtemps. C'est en cela qu'à côté du test néerlandais et avant les élections allemandes d'octobre, les Présidentielles françaises pourraient vraiment susciter une forte tempête sur les marchés obligataires et boursiers, produisant par là même des réactions en chaînes sur l'économie et l'existence même de la zone euro. Considérons ainsi les programmes des cinq principaux candidats à l'élection présidentielle et essayons de mesurer l'impact d'une victoire de chacun de ces derniers, sans parti pris politicien mais uniquement sur la base du bon sens économique. Avant tout, il faut être clair : quelle que soit l'issue des Présidentielles, le taux d'intérêt à dix ans des obligations de l'Etat français remonteront et le Cac 40 reculera d'ici l'été prochain. Reste donc à savoir quel choix sera le moins « coûteux »...
Economic World - 06 mars 2017
Tandis que la campagne présidentielle française se transforme en vaudeville en attendant de tourner au vinaigre, l'économie américaine continue de surprendre par son dynamisme, lui-même alimenté par un optimisme impressionnant. Ainsi, en décembre 2016, lorsque l'indice du Conference Board de confiance des ménages américains faisait un bon de 4,3 points sur un mois et atteignait un plus haut depuis août 2001, il était alors possible de s'interroger sur la véracité et la durabilité de cet optimisme. Des doutes renforcés en janvier 2017, lorsque ce même indice reculait de 1,9 point. Pourtant, balayant ces interrogations, cet indice a encore progressé de 3 points en février. Avec un niveau de 114,8, il atteint désormais un sommet depuis juillet 2001. Même son de cloche du côté des entreprises et de leurs directeurs d'achat, dont l'optimisme ne se dément pas. Fort heureusement, la zone euro profite également de cette embellie américaine, mais toujours sans euphorie. Une fois encore, la France est malheureusement restée en retrait de ce mouvement. Dans l'industrie, elle réalise par exemple la moins bonne performance des principaux pays de la zone euro. Elle n'est en fait « dépassée » que par la Grèce qui demeure en récession en février. L'évolution du taux de chômage est tout aussi triste pour notre « douce France ». En effet, les révisions statistiques d'Eurostat ont entraîné une nette hausse du taux de chômage français, qui a atteint 10 % en décembre et janvier (contre 9,6 % annoncé précédemment). Ce niveau doit évidemment être comparé aux 9,6 % de la zone euro, aux 4,7 % du Royaume-Uni et aux 3,8 % de l'Allemagne...
L'humeur de la semaine - 03 mars 2017
Non, au contraire de ce qu'ont voulu laisser croire certains économistes et/ou journalistes (décidemment très loin de la réalité), ce n'est pas le maintien de François Fillon dans la course à la Présidentielle qui a fait flamber le Cac 40 le mercredi 1er mars, mais tout simplement le discours de Donald Trump devant le Congrès la veille. Le nouveau Président des Etats-Unis nous a effectivement refait le même coup que lors de sa victoire. Ce jour-là, à l'annonce de cette dernière, les marchés boursiers européens avaient commencé à dévisser fortement (- 5% pour le Cac 40 par exemple). Mais très vite, lors de son discours de vainqueur, M. Trump s'est voulu fédérateur et rassurant. Et ce fut donc « bis repetita » lors de sa première allocution devant le Congrès en tant que Président : calme, apaisement, baisse des impôts et grands travaux. Tels ont été ses principaux messages. « Out » la vindicte contre les journalistes et le protectionnisme à tout-va. Il n'en a évidemment pas fallu plus pour susciter une vague d'euphorie sur les marchés boursiers. Et ce d'autant que, parallèlement, les dernières publications statistiques ont confirmé que si Trump faisait peur à beaucoup de monde, il rassurait les Américains. Est-ce pour autant suffisant pour justifier rationnellement le franchissement des 21 000 par le Dow Jones et quasiment des 5 400 points pour le Nasdaq ? Des sommets historiques. Depuis leurs plus bas de mars 2009, ces deux indices progressent de respectivement 223 % et 517 %. Qui dit mieux ? Il faut être clair : normalement les variables boursières doivent refléter une réalité économique concrète. Ainsi, la corrélation historique entre le Dow Jones et la croissance mondiale indique que pour justifier l'atteinte des 21 000 points par le premier, la seconde doit dépasser les 9 %. Or, dans le meilleur des cas, elle sera d'environ 3,5 %. Ce qui restera une excellente performance, mais insuffisante pour valider définitivement la récente flambée des indices boursiers internationaux. Et ce d'autant que les risques politiques, économiques et financiers sont pléthore, en particulier dans la zone euro, et plus précisément en France, dont la situation politique n'a désormais plus rien à envier à celle de l'Italie, voire de la Grèce. Compte tenu des niveaux actuels, nous estimons que les grands indices boursiers perdront au moins 15 % au cours des six prochains mois...
L'humeur de la semaine - 23 février 2017
Ce qui est tristement facile avec la crise grecque c'est que, comme nous l'écrivons depuis 2010, tous les ans, elle renaît de ses cendres, qui restent d'ailleurs incandescentes même lorsqu'on les cache sous le tapis. Et pour cause : quel que soit son gouvernement, et a fortiori depuis l'arrivée de Tsipras en janvier 2015, la Grèce reste incapable de réformer réellement son économie, et notamment de collecter convenablement l'impôt. Encore plus grave, elle ne parvient pas à retrouver le chemin d'une croissance forte et durable, comme en témoigne la nouvelle baisse du PIB grec au quatrième trimestre 2016, après seulement deux petits trimestres de léger rebond. Ainsi, à la fin de l'année 2016, la richesse grecque réelle (c'est-à-dire hors inflation) accuse encore une baisse de 27 % par rapport à son niveau d'avant-crise, c'est-à-dire du deuxième trimestre 2007. Cela signifie qu'en faisant l'hypothèse très optimiste que le PIB grec réalise une progression trimestrielle moyenne de 0,5 % à partir du premier trimestre 2017, il ne retrouvera son niveau d'avant-crise qu'à partir du troisième trimestre… 2032 ! Pour éviter d'attendre si longtemps, il n'y a qu'une seule solution : l'annulation de la dette grecque, qui s'accompagnera forcément d'une sortie de la zone euro. Mais, avant d'en arriver là, la zone euro devra passer une épreuve de taille : les élections présidentielles françaises. Car, bien plus dangereux que la situation chaotique de la Grèce, qui, rappelons-le, ne représente que 1,8 % du PIB de l'UEM, la France (21 % du PIB eurolandais) risque de tout casser dès 2017...
Economic World - 20 février 2017
Les analyses hebdomadaires
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.