Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 28 avril 2017
Comme nous l'espérions la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, le pire a bien été évité lors des élections présidentielles françaises. En effet, le duel « Le Pen - Mélenchon », un temps craint pour le deuxième tour n'aura pas lieu. Ouf ! Certes, le scénario idéal « Macron - Fillon », qui aurait pu déboucher sur un vrai débat d'idées, digne de la sixième puissance économique mondiale, ne se produira pas non plus. Nous aurons donc droit à un duel « Macron - Le Pen », qui, compte tenu de la nette avance de l'ancien ministre de l'économie sur la patronne du Front national lors du premier tour, a rassuré les marchés. Pariant également sur le traditionnel front républicain pour éviter toute mauvaise surprise, ces derniers ont même flambé dans un premier temps. Sur la seule journée du lundi 24 avril, le Cac 40 a ainsi progressé de 4,1 %. Pour autant, comme cela était également très prévisible, le soufflé est très vite retombé. Et pour cause : les exemples du Brexit et de la victoire de Donald Trump nous ont montré qu'il ne fallait surtout pas aller trop vite en besogne. D'ores et déjà les résultats du premier tour des présidentielles françaises sont loin d'être aussi euphoriques qu'ils pourraient apparaître. Tout d'abord, parce qu'environ 50 % des votes se sont portés sur des partis anti-européens, voire pro-Frexit. Encore plus inquiétant, bien loin de la mobilisation qui avait suivi le choc du 21 avril 2002 et finalement consacré une nette victoire de Jacques Chirac sur Jean-Marie Le Pen au second tour, la fille de ce dernier semble faire jeu égal avec le fils spirituel de François Hollande. Pourtant, pour tout esprit normalement constitué, il ne devrait pas y avoir d'équivoque : mieux vaut « Hollande-bis » que le « trou noir » ! Et attention, si Marine Le Pen réussit à passer la barre des 40 %, l'image internationale de la France risque d'en prendre un sacré coup et pour longtemps. Pour éviter d'en arriver là, il serait donc grand temps que les dirigeants politiques français se mobilisent et aussi qu'Emmanuel Macron muscle son discours et son programme...
L'humeur de la semaine - 20 avril 2017
Dans quel état serons-nous lundi matin prochain ? En pleine panique, avec un second tour « Le Pen - Mélenchon », dans le doute avec « Macron ou Fillon - Le Pen » ou alors rassurés avec « Macron - Fillon » ? Dans le premier cas, la France devra choisir entre la peste et le choléra, c'est-à-dire entre la fin de la zone euro et le collectivisme. Dans les deux cas, cela signifiera la fermeture des frontières économiques et financières, le contrôle des changes et une crise économico-sociétale sans précédent depuis la seconde guerre mondiale. Compte tenu de ces piètres perspectives, il est clair que les marchés vont sur-réagir. Dès lors, il faudra se préparer à un effondrement d'environ 15 % du Cac 40 sur la seule journée du 24 avril, et à une remontée très rapide et massive des taux d'intérêt à dix ans des obligations de l'Etat français. La barre des 2,5 % pourrait être dépassée en quelques heures, avec un objectif de 8 % au cours des jours suivants. La récession fera son grand retour et le taux de chômage flambera vers les 12 % assez rapidement. Bref, tous aux abris, du moins pour ceux qui réussiront à en trouver. Dans le second cas de figure « Macron ou Fillon - Le Pen », les marchés boursiers et obligataires devraient également baisser, compte tenu de la percée des partis extrémistes et de la présence pour la deuxième fois en quinze ans du Front national au second tour des présidentielles. Cependant, leur repli sera certainement d'une ampleur modérée, compte tenu du probable sursaut républicain du second tour. Enfin, dans le troisième et heureux cas où les Français auront su tourner le dos aux extrémismes de gauche et de droite, une belle progression du Cac 40 et des bourses mondiales devrait rapidement s'observer. Quant aux taux longs, ils resteraient contenus, sans pour autant baisser fortement, compte tenu de la faible probabilité d'une nette baisse du déficit public français à court terme. Cependant, il n'y aura pas de quoi bouder notre plaisir, dans la mesure où les Français pourront bénéficier d'un véritable débat présidentiel, avec notamment une meilleure explicitation des mesures économiques des deux candidats en lice. Avouons que cela fait du bien de rêver un peu. Mais finalement pourquoi pas ? N'oublions pas que le pire n'est jamais certain, ni en politique, ni en économie et encore moins sur les marchés financiers…
L'humeur de la semaine - 13 avril 2017
25 % pour Marine Le Pen, 19 % pour Jean-Luc Mélenchon, 8 % pour les Dupont-Aignan, Poutou, Lassalle, Assélineau et Arthaud. Non, vous ne rêvez pas : selon les derniers sondages, 52 % des électeurs de la sixième puissance économique mondiale, qui dispose de la dissuasion nucléaire et dont la devise est « liberté, égalité, fraternité », sont prêts à voter pour des candidats extrémistes, qui prônent, pour les uns, la fermeture des frontières, pour les autres, le retour du communisme et qui, dans leur ensemble, souhaitent casser définitivement la construction européenne. Face à une telle dérive, il est clair que les investisseurs et les marchés financiers, mais aussi les chefs d'entreprise et les citoyens clairvoyants commencent à être affectés par une crise d'angoisse. Car soyons clairs : en cas de victoire de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle de 2017, nous assisteront à une crise type « Lehman Borthers », mais puissance dix. Le pire est que, comme souvent, ce sont les plus favorisés qui parviendront à s'en sortir, tandis que ceux qui souffriront le plus seront les moins aisés, qui auront justement voté pour ces partis extrémistes. Le cas de la crise grecque nous en fournit d'ailleurs un exemple cuisant. En effet, lors de cette dernière et à l'approche de la victoire du parti d'extrême gauche d'Alexis Tsipras, 200 milliards d'euros ont quitté la Grèce. Ceux qui disposaient de ce patrimoine ont donc pu sauver les meubles. Par contre, ceux qui ont payé et qui continuent de souffrir sont les classes moyennes et défavorisées, qui avaient justement voté pour Tsipras. Avant que cela ne se reproduise en France, il serait donc bon que les électeurs soient conscients de ce qui se produira si le Front National ou le Front de gauche arrive au pouvoir. le Front national, tout comme le Front de gauche, ne proposent pas la fin d'un monde, mais la fin du monde… Dans ce cadre, et en espérant que les Français ne feront pas le choix du pire, mieux vaut prévenir que guérir. Il faut donc s'alléger sur les marchés boursiers et obligataires et, si possible, ne pas laisser plus de 100 000 euros sur ses comptes courants et d'épargne, quitte à en multiplier le nombre. Car, au-delà de ce montant, la « grande faucheuse » risque de faire des dégâts… Nous sommes prévenus, il ne faudra pas se plaindre le jour d'après…

L'humeur de la semaine - 06 avril 2017
Le Front National aux portes du pouvoir ? Mélenchon à plus de 15 % des intentions de vote ? Une campagne présidentielle surréaliste où les programmes ne sont quasiment pas évoqués et qui a notamment été marquée par des débats relevant de la « télé-réalité » indignes d'une grande puissance comme la France. Face à de telles dérapages, une question s'impose : Comment en est-on arrivé là ? Comment la France, qui disposaient d'une croissance structurelle de 2,5 % au début des années 1990, avec une dette publique de moins de 60 % du PIB et qui était alors le leader politico-économique de l'Europe, a pu tomber si bas ? La réponse est malheureusement simple : cette descente aux enfers s'explique principalement par le manque de courage et la démagogie des dirigeants du pays. En effet, au cours des vingt dernières années, ces derniers ont eu trois occasions claires d'engager l'Hexagone sur la voie de la modernisation économique, ce qui lui aurait permis d'améliorer sa croissance, de réduire ses déficits et d'éviter par là même de plonger dans la spirale de la dette. Malheureusement, ces trois « aubaines » ont été littéralement gâchées (par Jospin, Chirac et Sarkozy, Hollande finissant par enfoncer le clou). Face à de tels gâchis, la France est donc naturellement tombée dans la marmite de la « bulle de la dette », perdant au passage son leadership économico-politique européen au profit de l'Allemagne. Et ce n'est évidemment pas le mandat de François Hollande qui a permis d'inverser la tendance. Bien au contraire. Abreuvés de mensonges pendant trente ans, les Français sont désormais désabusés. Si bien qu'aujourd'hui une majorité d'entre eux semblent prêts à voter pour des partis extrémistes qui ne feront évidemment que le malheur de notre « douce France ». Mais peut-être faut-il passer par la crise politique qui arrive pour enfin prendre les bonnes mesures et sortir de plus de vingt ans de gâchis. Gardons l'espoir…
L'humeur de la semaine - 30 mars 2017
A en croire les sondages relatifs aux élections présidentielles françaises, environ 50 % des électeurs vont opter pour un candidat qui prône le Frexit et plus globalement la fin du capitalisme européen. Tout un programme ! Pour ceux qui en doutent encore, la France serait donc bien l'un des derniers pays communistes de la planète, à côté de Cuba (qui commence d'ailleurs à changer de bord) et de la Corée du Nord, la Chine n'ayant de communiste que le nom et constituant certainement l'un des pays au monde où la recherche du profit est la plus forte. Si cette analyse excessive peut susciter le rire, force est malheureusement de constater qu'elle n'est pas dénuée d'une certaine part de vérité. En effet, la France est un pays dans lequel le poids des dépenses publiques dans le PIB (en l'occurrence 57,1 %) figure parmi les plus élevés du globe. Seuls certains petits pays font « mieux » que nous : les îles Kiribati, les Tuvalu, le Sud Soudan, la Micronésie, le Lesotho, les îles Marshall et la Finlande. Un club « très select », dont l'appartenance n'est vraiment pas aisée... Le pire est que la France se paie le luxe d'entretenir des dépenses publiques pharaoniques avec pour seuls résultats : une croissance molle, un chômage élevé, un accroissement des inégalités sociales et de la pauvreté. Certains diront alors que, justement, si ces dépenses n'étaient pas là, la situation serait encore plus dramatique. Et c'est justement là que la France commence à sombrer dans le communisme. Car, si pratiquer un laxisme budgétaire depuis trente ans sans résultats positifs peut, à la rigueur, se comprendre pour des raisons bassement politiciennes liées à la volonté des dirigeants politiques d'être élus ou réélus, vouloir encore augmenter la facture devient grotesque et surtout dangereux. Aussi, pour sortir la France de sa lutte des classes viscérale et par là même de son immobilisme structurel, il n'y a qu'une seule solution : redonner de l'espoir à une population et à une jeunesse en mal de repères. Et cela ne passera certainement pas par une augmentation des dépenses publiques et des perfusions diverses et variées qui sclérosent la société. Comme diraient nos jeunes : « tout ça, c'est de la flûte ! » Cela passera, au contraire, par la libération des énergies et de l'esprit d'initiative qui ne pourront s'opérer que par une réduction des pressions fiscales, réglementaires et budgétaires. Pour y parvenir, il faudra également augmenter la culture économique des Français et sortir du vieux carcan anticapitaliste qui est malheureusement trop présent dans les manuels scolaires et ailleurs. Cela permettra notamment de faire comprendre aux jeunes et aux moins jeunes que si le système capitaliste n'est évidemment pas parfait, il est le seul capable de fonctionner, comme l'ont montré les échecs cuisants des autres expériences. Dès lors, ce n'est pas en le détruisant que l'on créera un monde meilleur, mais en améliorant son fonctionnement.
L'humeur de la semaine - 24 mars 2017
A l'évidence, comme lors des deux dernières campagnes présidentielles françaises, la dette publique est quasiment oubliée des débats, qui restent d'ailleurs au ras des pâquerettes. Qui se souvient du moment où la dette publique française a atteint 80 % du PIB ? Certainement pas grand monde. Ce n'est pourtant pas si vieux puisqu'il s'agit au premier trimestre 2010. A l'époque, cette barre était présentée comme fatidique et devait, soi-disant, inciter les dirigeants du pays à tout faire pour stopper l'hémorragie. Et ce, d'autant qu'au quatrième trimestre 2007, ce ratio n'était « que » de 64,3 %. Il était alors de bon ton de penser que ce dérapage était dû à la crise et que désormais la dette publique allait être, sinon stoppée, du moins freinée. Comme nous le craignions à l'époque, il n'en a évidemment rien été. En effet, bien loin de la prise de conscience salutaire, les dirigeants politiques français ont continué leur gabegie de dépenses publiques, sans aucune efficacité, c'est-à-dire sans parvenir à redresser la croissance économique structurelle et à faire baisser significativement et durablement le chômage. Aujourd'hui, en dépit d'une baisse artificielle au quatrième trimestre 2016, la dette publique française a atteint un nouveau record de 2 154,7 milliards de dollars, soit 97,4 % du PIB en moyenne sur l'année. Et encore, pour ne pas affoler les foules, l'usage veut que l'on compare la dette publique au PIB. Ce qui n'a finalement pas grand sens, puisque tout le PIB n'est pas public (encore heureux !). Il parait donc plus opportun de la rapporter aux recettes publiques, histoire de se rapprocher d'un ratio « dette/chiffre d'affaires ». Et là, avant de prendre connaissance de ce chiffre, il faut s'asseoir pour ne pas tomber, car ce ratio est actuellement de 180 % ! Le pire est que l'actif net de l'Etat français est négatif. Les chiffres de l'INSEE sont imparables. En 2015 (derniers chiffres officiels disponibles), le total des actifs de l'Etat français atteignait 795,5 milliards d'euros, alors que son passif était de 2 119,8 milliards d'euros. Cela signifie donc que l'actif net de l'Etat était de - 1 324,3. A titre de comparaison, ce dernier n'était « que » de - 892,7 milliards d'euros en 2011. C'est dire l'ampleur du dérapage, sachant qu'en 2016, la situation a encore empiré. Dans les prochains mois, si rien ne change (cas fort probable), il est clair que l'État français perdra encore en crédibilité et verra les taux d'intérêt de ses emprunts flamber, ce qui ne manquera pas de casser encore un peu plus l'investissement, la croissance et l'emploi. Plus personne ne pourra alors nier la situation de faillite de notre très cher Etat.
L'humeur de la semaine - 17 mars 2017
Comme nous l'avions annoncé avant même le vote en faveur du Brexit, ce dernier n'a, pour l'instant, pas produit d'effets négatifs sur l'économie britannique. Bien au contraire, celle-ci se porte comme un charme, continuant d'afficher une croissance soutenue et un chômage de plein-emploi. Cette réussite pourrait amener certains à en déduire qu'à l'image du Brexit, le Frexit n'aurait pas de conséquences vraiment dramatiques pour l'économie française. Cette déduction est évidemment hâtive et surtout erronée. Et ce, pour au moins trois principales raisons. Premièrement, avec le Brexit, le Royaume-Uni a certes quitté l'Union européenne, mais n'a pas changé pas de devise. A l'inverse, un Frexit se traduirait par le remplacement de l'euro par le franc. Et lorsqu'on se souvient que lors du passage du franc à l'euro, il a fallu plus de trois ans pour adapter les systèmes informatiques et la comptabilité des banques et des entreprises au sens large, on imagine le capharnaüm qui suivrait le mouvement inverse. Sans parler de la valse des étiquettes et des confusions en tous genres. Deuxièmement, en dépit du Brexit, le marché obligataire du Royaume-Uni est et restera crédible. A l'inverse, en cas de Frexit, la France ne pouvant plus compter sur la protection de la zone euro et de la BCE, le taux de l'OAT 10 ans montera rapidement vers les 10 %. N'oublions pas que lorsque la Grèce était sur le point de quitter l'UEM, le taux à dix ans des obligations de l'Etat grec est monté à 40 % ! A côté de ces aspects certes techniques mais non-négligeables, la troisième grande différence entre un Brexit et un Frexit réside dans le décalage, pour ne pas dire le fossé, qui existe entre les structures économiques solides du Royaume-Uni et celles particulièrement fragiles de la France. En conclusion, bien loin de cette résilience britannique, si la France devait sortir de la zone euro, elle pâtirait de six handicaps majeurs : une croissance structurelle moribonde (environ 0,8 %), des coûts organisationnels pléthoriques pour remplacer l'euro par le franc, un dérapage des comptes publics, une « planche à billets » de la Banque de France inefficace et créatrice d'hyper-inflation, un krach obligataire dramatique pour l'Etat, les entreprises et les ménages, sans oublier une crise politique sans précédent. Et donc, in fine, une récession durable, un chômage en augmentation et un délitement de la société française. Nous sommes prévenus.
L'humeur de la semaine - 09 mars 2017
Nous y sommes. Le 15 mars, le marathon électoral européen va commencer avec les élections législatives aux Pays-Bas. Selon les derniers sondages (qui ne veulent certes pas dire grand-chose), le parti d'extrême droite de Geert Wilders est au coude à coude avec celui du Premier ministre centriste démocrate Mark Rutte. Si la probabilité qu'il puisse former un gouvernement reste faible, cette percée pourrait néanmoins bien marquer le début de fortes turbulences sur les marchés et in fine sur l'économie de la zone euro. Ce qui est a priori paradoxal c'est qu'Aux Pays-Bas, comme d'ailleurs au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, la croissance est forte et le plein-emploi s'est installé. Autrement dit, ce n'est pas la misère économique ni le chômage de masse qui soutiennent la volonté de renverser la table, mais tout simplement le souhait de changer de monde. De ce point de vue, la situation est encore bien plus périlleuse dans l'Hexagone, puisqu'à côté d'un ras-le-bol généralisé, les Français souffrent d'une croissance moribonde depuis 2008 et sont affectés par un chômage dramatique depuis tout aussi longtemps. C'est en cela qu'à côté du test néerlandais et avant les élections allemandes d'octobre, les Présidentielles françaises pourraient vraiment susciter une forte tempête sur les marchés obligataires et boursiers, produisant par là même des réactions en chaînes sur l'économie et l'existence même de la zone euro. Considérons ainsi les programmes des cinq principaux candidats à l'élection présidentielle et essayons de mesurer l'impact d'une victoire de chacun de ces derniers, sans parti pris politicien mais uniquement sur la base du bon sens économique. Avant tout, il faut être clair : quelle que soit l'issue des Présidentielles, le taux d'intérêt à dix ans des obligations de l'Etat français remonteront et le Cac 40 reculera d'ici l'été prochain. Reste donc à savoir quel choix sera le moins « coûteux »...
L'humeur de la semaine - 03 mars 2017
Non, au contraire de ce qu'ont voulu laisser croire certains économistes et/ou journalistes (décidemment très loin de la réalité), ce n'est pas le maintien de François Fillon dans la course à la Présidentielle qui a fait flamber le Cac 40 le mercredi 1er mars, mais tout simplement le discours de Donald Trump devant le Congrès la veille. Le nouveau Président des Etats-Unis nous a effectivement refait le même coup que lors de sa victoire. Ce jour-là, à l'annonce de cette dernière, les marchés boursiers européens avaient commencé à dévisser fortement (- 5% pour le Cac 40 par exemple). Mais très vite, lors de son discours de vainqueur, M. Trump s'est voulu fédérateur et rassurant. Et ce fut donc « bis repetita » lors de sa première allocution devant le Congrès en tant que Président : calme, apaisement, baisse des impôts et grands travaux. Tels ont été ses principaux messages. « Out » la vindicte contre les journalistes et le protectionnisme à tout-va. Il n'en a évidemment pas fallu plus pour susciter une vague d'euphorie sur les marchés boursiers. Et ce d'autant que, parallèlement, les dernières publications statistiques ont confirmé que si Trump faisait peur à beaucoup de monde, il rassurait les Américains. Est-ce pour autant suffisant pour justifier rationnellement le franchissement des 21 000 par le Dow Jones et quasiment des 5 400 points pour le Nasdaq ? Des sommets historiques. Depuis leurs plus bas de mars 2009, ces deux indices progressent de respectivement 223 % et 517 %. Qui dit mieux ? Il faut être clair : normalement les variables boursières doivent refléter une réalité économique concrète. Ainsi, la corrélation historique entre le Dow Jones et la croissance mondiale indique que pour justifier l'atteinte des 21 000 points par le premier, la seconde doit dépasser les 9 %. Or, dans le meilleur des cas, elle sera d'environ 3,5 %. Ce qui restera une excellente performance, mais insuffisante pour valider définitivement la récente flambée des indices boursiers internationaux. Et ce d'autant que les risques politiques, économiques et financiers sont pléthore, en particulier dans la zone euro, et plus précisément en France, dont la situation politique n'a désormais plus rien à envier à celle de l'Italie, voire de la Grèce. Compte tenu des niveaux actuels, nous estimons que les grands indices boursiers perdront au moins 15 % au cours des six prochains mois...
L'humeur de la semaine - 23 février 2017
Ce qui est tristement facile avec la crise grecque c'est que, comme nous l'écrivons depuis 2010, tous les ans, elle renaît de ses cendres, qui restent d'ailleurs incandescentes même lorsqu'on les cache sous le tapis. Et pour cause : quel que soit son gouvernement, et a fortiori depuis l'arrivée de Tsipras en janvier 2015, la Grèce reste incapable de réformer réellement son économie, et notamment de collecter convenablement l'impôt. Encore plus grave, elle ne parvient pas à retrouver le chemin d'une croissance forte et durable, comme en témoigne la nouvelle baisse du PIB grec au quatrième trimestre 2016, après seulement deux petits trimestres de léger rebond. Ainsi, à la fin de l'année 2016, la richesse grecque réelle (c'est-à-dire hors inflation) accuse encore une baisse de 27 % par rapport à son niveau d'avant-crise, c'est-à-dire du deuxième trimestre 2007. Cela signifie qu'en faisant l'hypothèse très optimiste que le PIB grec réalise une progression trimestrielle moyenne de 0,5 % à partir du premier trimestre 2017, il ne retrouvera son niveau d'avant-crise qu'à partir du troisième trimestre… 2032 ! Pour éviter d'attendre si longtemps, il n'y a qu'une seule solution : l'annulation de la dette grecque, qui s'accompagnera forcément d'une sortie de la zone euro. Mais, avant d'en arriver là, la zone euro devra passer une épreuve de taille : les élections présidentielles françaises. Car, bien plus dangereux que la situation chaotique de la Grèce, qui, rappelons-le, ne représente que 1,8 % du PIB de l'UEM, la France (21 % du PIB eurolandais) risque de tout casser dès 2017...
L'humeur de la semaine - 17 février 2017
Il y a quasiment un an, le 26 février 2016 pour être exact, j'écrivais dans cette même rubrique un article intitulé « Trump, Brexit : les Anglo-saxons vont-ils franchir le Rubicon ? » dans lequel j'expliquais pourquoi tant le Brexit que Donald Trump avaient de grandes chances de l'emporter, tout en espérant que le pire serait finalement évité. Un an plus tard, alors que ces deux évènements de politique fiction sont devenus réalités, nous nous trouvons face à une situation encore plus dangereuse, mais cette fois-ci dans notre « douce France ». En effet, pendant que François Fillon continue de se faire lyncher parce qu'il a simplement osé défendre la nécessité de baisser les dépenses publiques, pendant que François Bayrou se prépare à jouer une nouvelle fois contre son camp et pendant qu'Emmanuel Macron, toujours en panne de programme, préfère faire des vagues sur les hackers russes et la colonisation de l'Algérie (qui a pris fin en 1962 !), Marine Le Pen continue de marquer des points. Mieux, ou plutôt pire, elle n'a jamais été aussi proche de la victoire. Et ce d'autant qu'un second tour « Hamon - Le Pen » devient de plus en plus probable. La bonne nouvelle c'est que, le cas échéant, nous aurons les quinze jours de l'entre-deux tours pour sortir notre épargne et faire nos valises... Le problème est que face à ce danger, nous réagissons de la même façon que les Britanniques à quelques jours du vote en faveur du Brexit et rééditons ainsi les mêmes erreurs...
L'humeur de la semaine - 10 février 2017
Comme dirais Georges Perec : « je me souviens » de cette année 1992 où le Traité de Maastricht a été signé par les chef d'Etat européens, puis validé de justesse lors d'un référendum à hauts-risques en France. A l'époque, tout paraissait si simple : l'euro devait permettre de consolider à jamais la construction européenne, mais aussi de concurrencer le dollar, de permettre l'avènement d'une croissance forte et durable, avec à la clé le retour du plein-emploi. Pour y parvenir, comme cela était d'ailleurs mentionné dans ce Traité fondateur, l'Union Economique et Monétaire (UEM) devait rapidement tendre vers une union politique, avec harmonisation des conditions fiscales et règlementaires, sans oublier un marché du travail unique et un budget fédéral. Et pourtant ! 25 ans plus tard, force est de constater que tous ces espoirs ont été vains. D'abord sur le front des résultats économiques. En 1992, la zone euro actuelle (c'est-à-dire avec ses 19 pays membres) représentait 21 % du PIB mondial, soit seulement un point de moins que les Etats-Unis et 17 points de plus que la Chine. Aujourd'hui, son poids dans la richesse mondiale est tombé à 11 %, contre 16 % pour l'Oncle Sam et 18 % pour l'Empire du milieu. Mais, au-delà de ces échecs, le plus cuisant réside dans l'incapacité des Européens à créer une véritable zone monétaire optimale. En effet, bien loin des engagements du Traité en matière d'harmonisation, les dirigeants ont préféré agrandir la zone euro avec aujourd'hui 19 pays, dont les structures économiques sont de plus en plus différentes, voire divergentes. Autrement dit, avant de consolider les fondations de la zone euro, ses dirigeants ont voulu directement construire le troisième étage. Si bien que l'UEM est inévitablement devenue une tour de Pise. Il faut donc être clair : sauf si une prise de conscience miraculeuse se produit, notamment en France, afin d'engager la zone euro vers une harmonisation des conditions fiscales et réglementaires, avec un budget fédéral efficace mais aussi moins de rigidités structurelles, l'UEM telle que nous la connaissons aujourd'hui aura disparu avant 2020. Cela ne signifiera d'ailleurs peut-être pas la fin de l'euro, mais l'avènement d'une zone monétaire plus restreinte, avec une vraie intégration, une véritable union fédérale, des règles strictes et une entraide à toute épreuve. C'était justement le but du traité de Maastricht. Dommage que les dirigeants européens ne le comprennent qu'aujourd'hui, 25 ans plus tard…
L'humeur de la semaine - 04 février 2017
Non, les crises politiques ne sont pas l'apanage des pays d'Europe du Sud ou d'Amérique latine. La France n'a désormais plus rien à envier à l'Italie, la Grèce, l'Espagne ou le Brésil. Depuis quelques mois, les surprises et rebondissements politiques en tous genres ne cessent effectivement de s'accumuler, décrédibilisant davantage une classe politique déjà bien peu respectée. Dès lors, face aux dérapages et déceptions suscités par les dirigeants politiques hexagonaux, de plus en plus de Français souhaitent renverser la table, avec toutes les catastrophes économiques et sociales que cela risque d'engendrer. Ne restons donc pas aveugles et prenons enfin conscience que les évènements récents indiquent que la stabilité politique et sociétale du pays est en danger. Le pire est que, pour le moment, quelle que soit l'issue des élections présidentielles de 2017, il est quasiment certain qu'au lendemain de ces dernières, la France connaîtra une grave crise économique et financière. Pour éviter d'en arriver là, il n'y a qu'une seule solution : que le prochain président français engage une baisse des impôts pour tous (de manière à redonner de l'espoir et du pouvoir d'achat), réduise les dépenses publiques de fonctionnement, diminue les charges qui pèse sur le travail, ce qui améliorera les salaires nets. Et ce, bien entendu sans augmenter le taux de TVA, ni la CSG. Parallèlement, il devra fluidifier le marché de l'emploi, favoriser l'investissement innovant et permettre aux banques et aux investisseurs de mieux financer l'économie. Ne soyons donc pas trop pessimistes, la solution existe. C'est déjà une bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle c'est que, malheureusement, pour le moment, aucun candidat ne paraît à la hauteur de la situation.
L'humeur de la semaine - 27 janvier 2017
Dans un monde de plus en plus incertain, imprévisible et déconcertant, il pourrait être tentant de baisser les bras et de se tourner vers l'astrologie. C'est d'ailleurs ce que font trop souvent certains politiciens et prévisionnistes en tous genres. Rassurez-vous, tel n'est pas notre cas et nous continuerons de faire nos prévisions sur la base des fondamentaux économiques, en tout indépendance et bien loin des étoiles... Pour autant, en ce nouvel an chinois, force est de constater que certaines coïncidences apparaissent troublantes. Ainsi, les années de croissance mondiale forte correspondent souvent à celles du dragon (1989, 2000, 2012), du tigre (1998, 2010), voire du chien (2006). A l'inverse, les récessions et krachs boursiers se produisent souvent lors des années du buffle (1973, 1997, 2009), du porc (1971, 1995, 2007), du lièvre (1939, 1987, 2011), voire du rat (1936, 2008). L'an passé, l'année du « singe de feu » devait consacrer le règne de la violence, de la folie et des surprises. Et, comme par hasard, notamment sur ce dernier point, nous avons été particulièrement « gâtés », entre le Brexit, la victoire de Trump, sans oublier la flambée des marchés boursiers qui a fait fi de tous ces bouleversements. Et malheureusement, nous ne sommes vraisemblablement pas au bout de nos peines, puisque l'année qui commence est celle du « coq de feu », dont les principales caractéristiques symboliques sont l'agressivité, le combat et la volatilité. Autrement dit, il est fort probable que d'autres pays prendront exemple sur les Etats-Unis et le Royaume-Uni pour renverser la table et se lancer dans des mouvements excessifs, voire extrémistes. De quoi inévitablement, donner la chair de poule… Au-delà des enseignements du calendrier chinois, il faut reconnaître que la flambée des marchés boursiers en dépit des risques évidents qui pèsent sur 2017 commence à devenir inquiétante. Cet aveuglement collectif ressemble de plus en plus à la situation qui prévalait en 2000, ou encore en 2007-2008. A savoir, un environnement dans lequel tous les arguments logiquement baissiers sont jetés aux oubliettes, tandis que les mobiles faussement haussiers sont mis en exergue. Or, lorsque tous les investisseurs vont dans le même sens, c'est forcément le moment de prendre le chemin inverse, encore faut-il en avoir le courage. Autrement dit, nous persistons et signons : les marchés boursiers et obligataires sont bien en bulle, c'est-à-dire déconnectés de la réalité économique. Cela ne signifie pas qu'ils vont s'effondrer dès demain. Et pour cause : les bulles deviennent encore plus exubérantes lorsqu'elles s'approchent de leur fin. En d'autres termes, nous ne pouvons pas prédire avec exactitude la date du renversement, mais une chose nous paraît certaine : les marchés obligataires et boursiers vont connaître une phase de net ajustement baissier au cours de l'année 2017. Et sans vouloir jouer les « coqs » de mauvais augure : mieux prévenir que guérir.
L'humeur de la semaine - 20 janvier 2017
L'être humain est ainsi constitué que, trop souvent, il ne comprend la gravité de la situation que devant le fait accompli. Autrement dit, en dépit des alertes et des avertissements, il préfère s'enfermer dans le déni de réalité pour ne réagir que lorsqu'il est déjà trop tard. Ainsi, depuis une quinzaine d'années et dans un souci de sauver l'Europe, de nombreux économistes, analystes et politologues en tous genres n'ont cessé de mettre en avant les ratés de la construction européenne et les dangereux manquements de la zone euro. Pour ma part, j'ai, par exemple, constamment dénoncer une politique trop monétariste de la part de la BCE, qui a sacrifié la croissance et l'emploi sur l'autel d'une inflation imaginaire. Cette stratégie destructrice et suicidaire n'a pris fin qu'avec l'arrivée de Mario Draghi à la tête de la BCE en novembre 2011, c'est-à-dire presque treize ans après la création de l'Union Economique et Monétaire (UEM). Quel gâchis et que de temps perdu ! Parallèlement, je n'ai cessé de défendre, avec de nombreux autres, que la zone euro ne pourrait perdurer qu'avec l'instauration d'une véritable zone monétaire optimale, c'est-à-dire avec l'harmonisation des conditions fiscales, réglementaires et la création d'un budget fédéral européen. Dans « Quand la zone euro explosera » (Editions du moment, 2012), j'ai même écrit que sans ces réalisations, l'UEM finirait par disparaître à l'horizon de la décennie 2020. Et malheureusement, comme rien n'a été fait, cette explosion devient de plus en plus probable. Sans attendre ce funeste scénario, le Royaume-Uni a dernièrement envoyé un signal fort, puisque non seulement sa population a décidé de quitter l'Union européenne, mais, au surplus, Theresa May a engagé son pays dans un « hard Brexit ». Dans le sillage de ces annonces tonitruantes, le Président Trump n'a pas hésité à féliciter les Britanniques pour leurs choix, à dénoncer les échecs de l'Union européenne et à vilipender Angela Merkel sur sa politique migratoire. Oui, le monde qui nous a vu naître a définitivement disparu. Les Anglais et les Américains l'ont compris et sont prêts à transformer radicalement leurs structures économiques pour affronter le nouveau monde. Il serait temps que les Eurolandais et les Français le comprennent et en fassent de même. Sinon, des choix extrémistes et dévastateurs pourraient finir par l'emporter, suscitant une nouvelle crise majeure, qui pourrait bien marquer la fin de la zone euro et de l'Union européenne. Et, à ce moment-là, il sera vraiment trop tard…
L'humeur de la semaine - 13 janvier 2017
L'humeur de la semaine - 05 janvier 2017
Après une année 2016 particulièrement riches en bouleversements (Brexit, victoire de Donald Trump, destitution de Madame Rousseff au Brésil, remontée des prix de nombreuses matières premières et notamment du pétrole, nouveaux records historiques pour le Dow Jones), l'année 2017 se présente comme celle de tous les espoirs, mais aussi de tous les dangers. En effet, si les dernières statistiques internationales indiquent que la croissance mondiale est bien en train de s'améliorer, l'importance, tant par le nombre que par la gravité, des risques qui menacent l'économie planétaire empêche tout excès d'optimisme et nous impose de rester prudents. Mais commençons par les espoirs. Ainsi, après avoir réussi à surmonter sans trop de difficultés tous les chamboulements de 2016, l'économie mondiale commence 2017 avec une « pèche d'enfer ». C'est du moins ce qu'indiquent les derniers indicateurs avancés de la conjoncture mondiale, et notamment les enquêtes des directeurs d'achat. Ainsi, nous anticipons une croissance mondiale qui atteindra 3,3 % en 2017, soit environ 0,5 point de plus qu'en 2016, mais encore 0,2 point de moins que sa moyenne de long terme (en l'occurrence 3,5 % de 1980 à 2015). En fait, 2017 se présente plutôt bien pour l'économie mondiale, qui demeure cependant fragile et toujours menacée par cinq grands dangers. Un : les risques géopolitiques et d'attentats. Deux : une forte remontée des taux d'intérêt des obligations d'Etat dans l'UEM. Trois : un « hard Brexit ». Quatre : un « hard Trump » avec dérapage protectionniste mondial. Cinq : une montée populiste lors des élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. Voilà pourquoi nous anticipons une baisse de 10 à 15 % des grands indices boursiers à l'horizon du printemps 2017, avant une remontée progressive et limitée à l'automne. En conclusion, si 2017 se présente sous de bons auspices, il faudra rester vigilants et se préparer à des mouvements de fortes corrections baissières et de volatilité élevée des indices boursiers, au gré des dangers à venir. Rien d'insurmontable, mais mieux vaut prévenir que guérir…
L'humeur de la semaine - 30 décembre 2016
Brexit, Trump élu président des Etats-Unis, démission de Renzi à la suite du refus des Italiens de moderniser leurs structures politiques, Dilma Rousseff destituée au Brésil, Hollande abandonné par son propre camp et Fillon plébiscité (du moins par la droite française). A l'évidence, l'année 2016 a été particulièrement détonante pour les démocraties occidentales. Autant d'évènements majeurs qui ont pourtant un point commun : la défaite de la pensée unique et de l'establishment. En effet, que ce soit aux Etats-Unis avec la victoire d'un candidat qui n'avait initialement qu'1 % de chance de gagner les primaires des Républicains, au Royaume-Uni, avec le vote en faveur du Brexit qui était donné perdant par tous les sondages jusqu'à la veille du référendum, ou encore en France avec le succès de François Fillon à la primaire de la droite, qui selon les « experts » politiques n'avait aucune chance d'atteindre le second tour, l'intelligentsia et le consensus bien-pensants ont eu tort. Tort de mentir et de considérer que les populations des pays occidentaux n'auraient pas le courage d'emprunter la voie de la thérapie de choc. Mais il y a encore plus fort. Ainsi, alors que le choix des Britanniques en faveur du Brexit et la victoire de Trump outre-Atlantique étaient annoncés comme dévastateurs voire cataclysmiques pour les marchés financiers et la croissance mondiale, aucune de ces funestes prévisions n'a été réalisée. Bien au contraire. En fait, tous les évènements détonants de 2016 marquent un tournant historique. D'où le titre de mon sixième livre sorti fin septembre « La fin d'un monde ». Comme ses prédécesseurs, ce dernier s'est très vite hissé en tête des ventes des essais économiques (merci d'ailleurs une nouvelle fois pour votre fidélité). Et ce, malgré une « omerta » de certains médias qui, après le « blacklistage », en vain, de « Guérir la France La thérapie de choc », ont décidé de rester dans le déni de réalité, préférant le « politiquement correct », tout en refusant d'admettre que le monde a profondément et définitivement changé. Comme dit le proverbe chinois : « Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres des moulins. ». Alors, comme le défend ce livre, employons-nous à faire les bons choix, à devenir des bâtisseurs qui ont compris que la fin d'un monde est avant tout le début de toutes les opportunités. En attendant, toute l'équipe d'ACDEFI se joint à moi pour vous souhaiter d'excellentes fêtes de fin d'année et une formidable année 2017.
L'humeur de la semaine - 23 décembre 2016
Ne cachons pas notre satisfaction : nous l'avions annoncé il y a un an, l'euro est bien sous 1,05 dollar pour la fin 2016 ! Qui l'eut cru ? Il s'agit évidemment d'une bonne nouvelle pour la croissance eurolandaise, mais aussi pour l'ensemble des entreprises et des particuliers de la zone euro, à quelques exceptions près. La baisse de l'euro produit trois types d'effets favorables : davantage d'exportations, plus de compétitivité des produits nationaux vis-à-vis des produits importés, donc plus de parts de marché pour les premiers et, enfin, plus d'investissements étrangers dans l'UEM et moins de fuite de capitaux à l'extérieur de cette dernière. En fait, les seuls qui pâtissent d'un euro trop fort sont principalement les expatriés qui sont payés en euro et voient donc leur pouvoir d'achat à l'étranger fondre comme neige au soleil. De même, les touristes eurolandais qui souhaitent voyager à l'extérieur de la zone euro vont également trouver la note de plus en plus salée. Enfin, les « importateurs incompressibles » (c'est-à-dire de produits qui ne sont plus fabriqués dans l'UEM) vont aussi payer plus cher et voir par là même leurs marges se réduire notablement. Parallèlement, il ne faudrait pas non plus imaginer que la baisse de l'euro va transformer radicalement et profondément la donne économique des pays membres. L'atteinte d'un euro normal (c'est-à-dire 1,15 dollar, qui constitue le taux de change « naturel » en fonction des fondamentaux économiques) est effectivement une condition nécessaire mais pas suffisante pour relancer la croissance de manière forte et durable. Compte tenu du durcissement de la politique monétaire américaine et du statu quo durable de la BCE, l'euro devrait d'ailleurs rapidement retrouver une parité de 1 pour 1 avec le dollar. Attention cependant à ne pas aller trop loin, car un euro inférieur à un dollar pourrait également nuire à la crédibilité de l'UEM et susciter un mouvement de défiance à son égard. Un euro trop faible pourrait donc devenir un nouveau signe de fracture au sein de l'UEM et raviver la crise existentielle de cette dernière. De quoi rappeler que la frontière entre le paradis et l'enfer est parfois bien mince...
L'humeur de la semaine - 16 décembre 2016
Force est de constater qu'elle s'est faite attendre. Régulièrement annoncée en vain depuis environ trois ans (notamment par votre serviteur), elle commence enfin à se mettre en place depuis quelques semaines. Il s'agit bien entendu de la remontée des taux d'intérêt des obligations d'Etat. Et pour cause : d'un plancher de 0,097 % atteint le 27 septembre 2016, le taux d'intérêt de l'OAT 10 ans a atteint 0,9 % le 15 décembre, avant de revenir à 0,8 % le lendemain. Parallèlement, alors qu'en septembre dernier, des taux d'intérêt négatifs prévalaient sur la dette publique française jusqu'aux échéances de 9 ans, ils s'arrêtent désormais à 5 ans. Ce qui reste néanmoins toujours complètement anormal. En effet, comment peut-on accepter de payer pour avoir le droit de prêter à un pays dont l'Etat est en faillite, dont la dette publique va bientôt atteindre 100 % du PIB et qui est toujours incapable de réaliser une croissance économique significativement et durablement supérieure à 1 % ?! D'ailleurs, le niveau théorique du taux d'intérêt à dix ans des obligations de l'Etat français par exemple se situe autour des 2,5 %. De quoi confirmer que la récente remontée des taux longs est loin d'être terminée. Parallèlement, cette remontée des taux obligataires va mécaniquement accroître les déficits publics et grever le peu de croissance économique qui est dernièrement apparue dans la zone euro. L'augmentation des déficits et de la dette va donc alimenter la hausse des taux longs, engendrant un cercle vicieux particulièrement dommageable pour l'activité économique. Il faut donc se préparer à des mouvements de fortes corrections baissières et de volatilité élevée des indices boursiers. En Europe et notamment sur le Cac 40, ces mouvements seront de plus amplifiés par les nombreuses échéances électorales à venir...
L'humeur de la semaine - 09 décembre 2016
Quelle tristesse ! Alors que, lors de sa nomination à la tête du gouvernement italien, Matteo Renzi semblait être l'homme de la situation, jeune, dynamique, capable de moderniser l'économie italienne et de la relancer sur le chemin de la croissance forte et durable, tout s'est malheureusement écroulé. Sa démarche partait pourtant d'une bonne intention : réformer en profondeur le système politique italien, de manière à le rendre plus réactif et plus performant. Mais, non ! Plus de 60 % des électeurs italiens ont dit « No ! » Face à une telle déroute, le premier ministre n'avait évidemment pas d'autre choix que de démissionner, plongeant l'Italie dans une nouvelle crise politique qui pourrait bien mal se terminer. Car, une fois encore, l'Italie est redevenue ingouvernable. En l'absence d'une majorité claire à la Chambre des députés et au Sénat, c'est donc un nouveau « trou noir » qui s'impose chez nos voisins transalpins. Mais, surtout, le dernier référendum a constitué une véritable claque pour le pouvoir en place et semble indiquer que l'Italie refuse de moderniser ses structures économiques et politiques. Elle préfère rester tiraillée entre le parti de Silvio Berlusconi, qui reste finalement incontournable, et le parti populiste de l'humoriste, qui ne fait décidément rire personne, Beppe Grillo. Dès lors, nos amis italiens risquent de passer quelques mois très difficiles et surtout d'entraîner l'ensemble de la zone euro dans la crise. Il reste simplement à espérer que les Italiens ne vont pas se lancer dans une spirale dévastatrice qui finirait par relancer la crise de la dette publique à l'échelle de la zone euro et mettrait de nouveau cette dernière en péril, entraînant la France dans une nouvelle crise sans précédent. Car, ne nous leurrons pas, si, dans un premier temps, la France pourrait bénéficier d'un « flight to quality », en apparaissant plus stable que sa voisine transalpine, la roue ne tardera pas à tourner.
L'humeur de la semaine - 25 novembre 2016
Les résultats du premier tour de la primaire de la droite et du centre en France auront fourni deux enseignements principaux. Premièrement, une large partie des électeurs n'ont plus peur de la « thérapie de choc », dont la France a besoin pour sortir de l'ornière, c'est-à-dire de la croissance molle et du chômage de masse. Certes, le programme économique de François Fillon n'est pas parfait, mais c'est celui-ci qui se rapproche le plus de cette thérapie. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, dans mon nouveau livre « La fin d'un monde », je lui ai attribué la meilleure note des programmes des candidats à la présidentielle, en l'occurrence 7/10. Deuxièmement, les réactions qui ont suivi les résultats du premier tour ont rappelé combien le manque de culture économique et le dogmatisme idéologique étaient dramatiques dans l'Hexagone. Ainsi, dès dimanche soir, une campagne médiatico-politicienne anti-Fillon s'est engagée, présentant ce dernier comme un méchant ultra-libéral. Et ce, tout simplement parce qu'il propose, comme nous le demandons depuis des années, de réduire le poids des dépenses publiques dans le PIB à 50 % (contre plus de 57 % actuellement) et de mettre fin au caractère obligatoire des 35 heures. Un tel déchaînement rappelle qu'il est vraiment indispensable de développer la culture économique des Français et leur faire comprendre que les mesures à prendre ne sont ni ultralibérales, ni de gauche ou de droite, mais simplement de bon sens. En effet, il n'y a désormais plus de théorie économique dominante. La seule théorie valable est celle de la croissance et de l'emploi. Il ne nous reste donc plus qu'à souhaiter que très vite, tant en France que dans l'ensemble de la zone euro, les dirigeants politiques, mais aussi les citoyens comprennent qu'il est désormais possible, voire indispensable, d'être à la fois libéral et keynésien, de faires des réformes structurelles sur l'offre tout en soutenant la demande et en imposant une règle d'or : l'efficacité et la rationalité économiques doivent toujours primer sur les dogmatismes théoriques et idéologiques. Tant qu'il n'en sera pas ainsi, nous resterons engoncés dans la mollesse économique et la faiblesse du pouvoir d'achat. Nous sommes prévenus...
L'humeur de la semaine - 18 novembre 2016
Obama a beau avoir choisi l'Europe pour faire ses adieux sur la scène internationale, la réalité est sans appel : l'une des grandes conséquences de la victoire de Donald Trump sera certainement et malheureusement l'isolement de plus en plus criant de l'Union européenne. Déjà abandonnée par le Royaume-Uni, celle-ci apparaît complétement « larguée » face au nouveau monde qui s'installe depuis une décennie et a fortiori depuis dix jours. Un nouveau « Yalta » semble en effet prendre forme autour des Etats-Unis : l'allié russe d'un côté et le compétiteur chinois de l'autre. Face à cette nouvelle donne, et en l'absence d'union politique et de solidarité aguerrie, l'Europe ne pourra que jouer les seconds rôles. Dès lors, bien que potentiellement capable de casser l'hégémonie du dollar, l'euro restera une monnaie de troisième plan. D'ailleurs, en dépit des craintes suscitées par l'élection de Trump, cette dernière a considérablement affaibli la monnaie européenne. Ah qu'elle paraît loin la période heureuse de la création de l'euro en 1999. A l'époque, certains, y compris votre serviteur, se mettaient à rêver : et si la monnaie unique européenne était enfin la devise capable de concurrencer le dollar ? En fait, le seul concurrent potentiel du billet vert est le yuan. Le match a déjà commencé. Il prendra toute son ampleur dans les dix prochaines années. Il n'opposera donc pas les États-Unis à l'Euroland, ni le dollar à l'euro, mais les États-Unis à la Chine et le dollar au renminbi. Et si Trump ne réussit pas à restaurer la croissance et la crédibilité de l'Oncle Sam, c'est l'Empire du milieu qui l'emportera. Or, si le dollar tombe définitivement de son piédestal, la planète connaîtra une crise bien plus grave et durable que celle des années 2008-2009. Alors, de grâce, chaque crise en son temps, si possible avec un répit d'au moins vingt ans, histoire de souffler un peu…
L'humeur de la semaine - 11 novembre 2016
Donald Trump est décidément très fort. Régulièrement annoncé au bord de la ruine depuis des années, il a réussi à surmonter sept faillites et dispose toujours d'un patrimoine de plusieurs milliards de dollars. Mais ceci n'est (presque) rien par rapport à ce qu'il vient de réaliser le 8 novembre. Et pour cause : en dépit de plusieurs mois de dénigrement généralisé et aussi de dérapages incontrôlés, le milliardaire extravagant a réussi à se faire élire à la tête de la première puissance mondiale. De quoi faire blêmir tous les soi-disant spécialistes des Etats-Unis qu'on a vu et entendu un peu partout depuis des semaines, tonitruant que Donald Trump n'avait aucune chance de devenir le locataire de la Maison Blanche… Mais la réussite de Trump ne s'arrête pas à cette victoire, elle va encore plus loin. Ainsi, alors que son élection faisait craindre le pire et aurait donc dû logiquement engendrer un effondrement des marchés financiers, il n'en a rien été. Bien au contraire, la bourse américaine a même atteint un nouveau sommet historique dès le 10 novembre. Et ce pour une raison simple : alors que le candidat Trump avait fait preuve d'une agressivité et d'une arrogance impressionnantes, le Président Trump s'est révélé rassembleur et pacificateur. Ainsi, lors de son discours de victoire, ce dernier n'a absolument pas été vindicatif, ni même revanchard et encore moins arrogant, suscitant par là même l'adhésion des dirigeants du monde occidental, à l'exception de M. Hollande. Dans ce contexte d'adoucissement et de quasi-généralisation de ses soutiens, les marchés ont donc très rapidement retrouvé le chemin de l'optimisme, préférant croire que le 45ème Président des Etats-Unis fera certes tout pour la croissance américaine (notamment en termes de baisse d'impôts et de grands travaux), mais édulcorera ses mesures en matière de protectionnisme pour éviter d'entrer dans une guerre commerciale aggravée qui serait dévastatrice pour tous. Si tel est le cas, Trump pourrait alors devenir le nouveau Reagan. Autrement dit, comme nous l'expliquons ci-après, la victoire de Trump est incontestablement la fin d'un monde (celui du déni de réalité et du dogmatisme), mais pas forcément le début de l'enfer. Gardons l'espoir.
L'humeur de la semaine - 04 novembre 2016
La médiocrité du débat, notamment sur le front économique, lors des élections présidentielles américaines est un signe qui ne trompe pas : l'Oncle Sam a vraiment perdu de sa superbe. Et pour cause : déjà amorcée lors du second mandat de George W. Bush, l'affaiblissement de l'économie américaine s'est fortement aggravée sous les deux Présidences de Barack Obama. C'est d'ailleurs l'un des grands drames de ces dernières années : alors que la Chine et l'Inde sont devenues les locomotives indéfectibles de l'économie mondiale, les États-Unis ne savent plus faire de la croissance forte. Avec Obama, ils se sont même « européanisés » s'auto-condamnant à la mollesse économique. Dès lors, s'ils ne se réveillent pas rapidement, ils perdront leur suprématie mondiale au cours des quinze prochaines années. D'ores et déjà, l'inexorable montée en puissance de Donald Trump dans la course à la présidentielle indique qu'un vent protectionniste, voire isolationniste, commence à souffler outre-Atlantique. Et, ne nous leurrons pas, si Mr. Trump est élu président des États-Unis et applique son programme à la lettre, la planète connaîtra un chamboulement majeur, tant d'un point de vue géopolitique qu'économique, ou encore financier. Deux raisons principales expliquent le nombre croissant d'Américains tentés par les discours protectionnistes, voire extrémistes et simplificateurs. Primo, leur perte de confiance dans des institutions incapables de générer de la croissance forte et durable. Secundo, découlant de ces manquements, leur peur de l'avenir. Le problème est que, pour le moment, ni Donald Trump ni Hillary Clinton ne paraissent susceptibles de relever ces deux défis. Compte tenu du flou entourant leur programme économique, notamment d'un point de vue budgétaire, il est même à craindre que les États-Unis ne soient de nouveau et assez rapidement bloqués par le fameux « shutdown », c'est-à-dire la paralysie de l'administration fédérale américaine pour cause de dépassement du plafond autorisé pour la dette publique, comme cela s'est produit en 2013. Huit ans après la faillite de Lehman Brothers qui a plongé le monde dans sa plus grave crise financière, économique et sociale depuis le krach de 1929, les États-Unis sont donc encore à deux doigts de susciter un nouveau tsunami qui, cette fois-ci, pourrait bien s'avérer fatal à l'économie internationale...
L'humeur de la semaine - 28 octobre 2016
On m'accuse parfois d'excès de pessimisme. En fait, bien loin de ce vrai défaut, je suis un optimiste acharné. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, en dépit des déboires de l'économie française et du manque de courage des dirigeants hexagonaux depuis des années, je continue de préconiser, notamment dans mon dernier livre « La fin d'un monde », des recettes pour sortir notre « douce France » de l'ornière économique et sociétale. Pour autant, si je refuse de céder au pessimisme maladif et au « déclinisme », je me dois et nous nous devons collectivement d'être réalistes. C'est dans ce cadre que je m'impose de dire la vérité et d'analyser les chiffres de l'économie française avec honnêteté et impartialité. Et ce quel que soit la couleur du parti de gouvernement.Voilà pourquoi, tout en excluant de devenir un pessimiste invétéré, je continue et continuerai de dire la vérité. Dans ce cadre, je suis contraint de souligner que la forte baisse du chômage de septembre est artificielle et que la croissance de 0,2 % du PIB français au troisième trimestre est « magique ». C'est ce que je vais vous expliquer dans ma chronique ci-après. Croyez-moi, j'aimerais vraiment annoncer de bonnes nouvelles pour l'économie française, mais je ne suis pas magicien. Je me contente simplement de dire la vérité et d'établir mes prévisions sur la base de la réalité économique. Si les dirigeants politiques en faisaient autant, ils seraient peut-être un peu plus crédibles et mieux armés pour lutter contre la montée des partis extrémistes.
L'humeur de la semaine - 21 octobre 2016
Selon certains, ce serait l'un des plus grands changements de la décennie qui devrait ainsi complètement bouleverser l'économie voire la société dans son ensemble. En l'occurrence la fameuse Uberisation. À la base, cette expression, utilisée pour la première fois par Maurice Levy, le PDG de Publicis, fait référence à la start up californienne Uber qui s'est développée en proposant notamment un service de VTC (voiture de tourisme avec chauffeur), moins cher et plus flexible que le taxi traditionnel. Et ce notamment grâce à la mise en relation directe via internet des demandeurs et des offreurs de ce service. Cette mise en relation directe a été rendue possible par les nouvelles techniques numériques et en particulier la généralisation du haut débit, de l'internet mobile, des smartphones et de la géolocalisation. Elle s'est alors répandue dans de très nombreux secteurs d'activité : hôtellerie, musique, librairie, achats-ventes de tous types d'objet, rencontres, loisirs en tous genres, mais aussi banque, finance ou assurance… L'ubérisation est ainsi devenue la bannière générique de ce que l'on appelle l'économie collaborative ou participative. Mais peu importe la sémantique, car, au-delà des mutations technologiques qui l'ont rendu possible, l'une des principales origines de l'ubérisation réside dans le niveau trop élevé de la pression fiscale et des contraintes réglementaires. Ainsi, elle constitue un moyen de contourner ces obstacles qui sont autant de freins au dynamisme économique. En d'autres termes, l'Ubérisation revient à créer une sorte de « paradis fiscal miniature ». Dans ce cadre, si le niveau de fiscalité qui pèse sur les entreprises et les ménages était abaissé, il est clair qu'un moindre engouement serait observé pour ce type « d'économie grise ». Il faut le reconnaître, ces services et ces emplois ne sont pas complètement considérés comme « parallèles », ce qui signifierait du « travail au noir », mais échappent tout de même en grande partie à l'impôt, d'où l'appellation de « travail gris ». Ils suscitent donc beaucoup de difficultés : réduction des recettes fiscales pour les Etats, piètre sécurisation des services offerts aux clients, impossibilité de porter plainte en cas de non-respect du contrat, sans parler des arnaques en tous genres, également facilitées par la numérisation. Par exemple, il faut savoir qu'aujourd'hui à Paris, un grand nombre de « chauffeurs ubérisés » ne connaissent absolument pas la capitale. Pire, pour s'orienter ils se contentent de suivre un logiciel de navigation, avec, en option, le trajet le plus long… Attention donc aux vraies fausses bonnes affaires…
L'humeur de la semaine - 14 octobre 2016
Comme nous l'évoquions dans ces mêmes colonnes la semaine dernière, les programmes économiques des candidats à la Présidentielle 2017 les plus audacieux sont ceux de François Fillon, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire. Pourtant, selon les sondages, c'est Alain Juppé qui semble plébiscité par les électeurs de droite et vraisemblablement par une majorité de Français. Compte tenu des dérapages à répétition de François Hollande, de l'état lamentable des propositions économiques de la gauche et bien sûr de la quasi-certitude d'une présence de Marine Le Pen au second tour de la Présidentielle, Alain Juppé est donc bien parti pour être le futur Président de la République française. Bien entendu, rien n'est jamais joué d'avance. Ainsi, quelques mois avant les élections présidentielles de 1995, Edouard Balladur était quasiment certain, du moins selon les sondages, d'être le prochain Président. Mais, il ne passa même pas le premier tour. En 2002, Lionel Jospin connaissait le même destin. Bref, personne ne peut aujourd'hui savoir qui sera le prochain Président. Pour autant, l'engouement actuel pour Alain Juppé, 71 ans, énarque, inspecteur des finances et qui a commencé sa carrière politique en 1976 montre combien de très nombreux Français restent attachés au monde d'hier. Ils n'admettent toujours pas que le monde qui les a vus naître a disparu. Plutôt que de regarder la réalité en face et d'affronter le « nouveau monde », ils préfèrent se morfondre et rabâcher « c'était mieux avant ». Quel dommage ! Dans ce cadre, ils n'ont d'autres choix que de plébisciter le candidat, certes d'alternance, mais qui propose les réformes économiques les plus modestes. Autrement dit, ils ne veulent pas prendre le risque d'une « thérapie de choc » peut-être difficile à court terme mais libératrice et bénéfique à moyen terme. Ils préfèrent au contraire s'enliser tranquillement dans la croissance molle, avec un chômage élevé et des dépenses publiques pléthoriques pour masquer la triste réalité. Et ce d'autant que les injections de morphine de la BCE les anesthésient complètement. Mais jusqu'à quand ?
L'humeur de la semaine - 30 septembre 2016
A force de se focaliser sur les statistiques économiques et financières, qui ont évidemment une importance majeure, on en oublie parfois la dimension philosophique de l'être humain : et si finalement le but de l'humanité était tout simplement l'atteinte du bonheur. Autrement dit, abandonnons le dogme du PIB pour le remplacer par le BIB : le bonheur intérieur brut. Seulement voilà, comme dit la chanson : « il est où le bonheur ? » Est-ce se contenter de son lot quotidien ? Par exemple, une croissance molle, un chômage élevé… Est-ce au contraire se fixer des objectifs de plus en plus ambitieux, quitte à prendre des risques, mais finalement avoir la satisfaction d'avoir su se dépasser ? Il n'y a évidemment pas de réponse parfaite, car, comme le soulignait Einstein : tout est relatif. Ainsi, Il faut reconnaître que lorsque l'on voyage à travers le monde, et que l'on prend ainsi la mesure des difficultés sociales qui prévalent dans de nombreux pays, notamment émergents, sans parler de la misère qui peut parfois y sévir, on réalise combien nous sommes heureux en France. Son modèle est d'ailleurs bien connu : nous payons beaucoup d'impôts, mais, en échange nous bénéficions d'un « open bar » : l'école, la santé, les congés, le chômage, la retraite, la sécurité, « all inclusive » : tout est pris en charge ! Nous sommes donc « heureux ». Mais encore faut-il le rester et surtout à quel prix ? Car, soyons réalistes : depuis une vingtaine d'années, ce modèle est de plus en plus battu en brèche. Certes, nous payons toujours de plus en plus d'impôts et les dépenses publiques ont atteint des sommets historiques, mais le reste du modèle ne suit plus : les formations scolaires et universitaires battent de l'aile, l'ascenseur social a quasiment disparu, la santé est à multiples vitesses et de plus en plus chère, la retraite ne sera bientôt plus financée et la sécurité des citoyens est de moins en moins assurée. En d'autres termes, nous avons toujours les inconvénients du « modèle français » (impôts confiscatoires, marché de l'emploi ultra-rigide, réglementations excessives, charges qui pèsent sur le travail trop élevées…), mais plus beaucoup d'avantages. Dans ce cadre, le niveau du BIB français risque d'être encore plus mauvais que celui du PIB...
L'humeur de la semaine - 23 septembre 2016
Qu'est-il arrivé à notre planète ? L'économie mondiale est dominée par la Chine et l'Inde, presque sans foi ni loi. Les États-Unis se contentent de jouer les seconds rôles, dilapidant des trilliards de dollars au travers de relances budgétaires pharaoniques et de « planches à billets » pléthoriques pour récupérer à peine quelques dixièmes de point de croissance. Encore plus bas sur l'échelle de l'efficacité économique et sociale, l'Europe a déclaré forfait depuis une quinzaine d'années. Créée pour relancer la construction européenne et devenir la locomotive de l'économie mondiale, la zone euro a été incapable de remplir ses missions. Elle s'est condamnée à la croissance molle et au chômage élevé, tout en affaiblissant l'Union européenne, au bord de l'implosion depuis le Brexit. Là aussi, des milliards, voire des trilliards d'euros ont été (et sont encore) dépensés, avec pour seul résultat la montée des inégalités et des tensions sociales. Il y a pire : au sein de cette même Europe, il existe un pays qui refuse de regarder la réalité en face et de moderniser son économie. Depuis vingt ans, ses dirigeants préfèrent gagner du temps, augmenter les dépenses et la dette publique, tout en mentant à leurs concitoyens dans le but affiché d'être réélus. Depuis une dizaine d'années et a fortiori depuis cinq ans, cette stratégie du déni de réalité qui fait passer le marketing devant le bien-être économique a atteint son paroxysme. Dernièrement, prétendant lutter contre le chômage, le gouvernement de ce pays a ainsi décidé de créer 500 000 postes de formation, principalement afin de déplacer les chômeurs concernés de la catégorie A (celle dont parlent les médias) à la catégorie D. Le chômage pourra donc officiellement baisser, permettant au Président en place de tenir sa promesse de début de mandat et de pouvoir se représenter… Vous l'aurez certainement compris, ce pays formidable c'est notre « douce France ». Si nous continuons de tourner le dos à la réalité, alors la stabilité économique et sociale volera en éclat. Pour éviter le pire, il est donc urgent de réformer en profondeur l'Europe, la zone euro et la France pour en faire des machines à croissance et à emplois. C'est seulement à ce moment-là qu'elles pourront chasser les peurs et redevenir des terres d'immigration fertile. Comme dit le proverbe chinois : « Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres des moulins. ». Comme je le défends dans mon nouveau livre « La fin d'un monde » (qui est déjà en tête des ventes des essais économiques un jour après sa sortie, j'en profite d'ailleurs pour vous remercier pour votre fidélité), employons-nous à faire les bons choix, à devenir des bâtisseurs qui ont compris que la fin d'un monde est avant tout le début de toutes les opportunités.
L'humeur de la semaine - 16 septembre 2016
Après la quasi-faillite de 2004, les différents soubresauts économiques et boursiers au cours des dix années qui ont suivi, puis la vente de ses activités « énergie » à General Electric en 2014, le fleuron technologique français Alstom revient sur le devant de la scène au sein d'un psychodrame économico-socialo-politique. A chaque fois, les ingrédients sont quasiment les mêmes. Des erreurs stratégiques, un carnet de commandes français trop faible et bien sûr l'intervention de l'Etat, qui, comme d'habitude, se perd en considération politicienne, met de l'huile sur le feu et finit par affaiblir sa crédibilité et la bonne marche de l'entreprise. On l'a peut-être déjà oublié mais lorsqu'en 2014, General Electric se porte acquéreur à très bon prix de la partie « énergie » d'Alstom, le gouvernement français et son ministre de l'économie de l'époque M. Montebourg sont contre. Fort heureusement, en dépit des acrobaties et des pressions gouvernementales, Alstom a choisi General Electric, ce qui lui a permis de récupérer 3 milliards d'euros de cash et de se concentrer sur sa filière « transport », la seule véritablement rentable. Seulement voilà, 80 % du chiffre d'affaires du nouvel « Alstom » est effectué à l'étranger. Or, dans le secteur ferroviaire, la production est généralement réalisée sur les sites d'exploitation. Dans ce cadre, si les commandes françaises adressées à Alstom se réduisent, l'activité de ses usines françaises en fait de même. C'est notamment le cas pour le site de Belfort, qui ne cesse d'ailleurs de faire l'objet de toutes les inquiétudes depuis plus de dix ans. Laisser croire que l'Etat français vient de découvrir le « pot aux roses » tient donc de la supercherie. Mais à l'image du patriotisme mal placé de Montebourg en 2014, les dirigeants actuels rééditent le même acte de mauvaise foi. « Hors de question que le site de Belfort ferme » a déclaré M. Valls. « Tout sera fait » pour maintenir le site de Belfort « pour de nombreuses années » a renchéri M. Hollande. A croire que des commandes publiques vont tomber du ciel pour permettre de produire des motrices et autres sur le site de Belfort. Mais avec quels moyens ? C'est dans ce type de situation que le dérapage incontrôlée de la dette publique prend toute son ampleur...
L'humeur de la semaine - 09 septembre 2016
L'année 2016 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2017. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2016 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2017. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2016 n'a pas été catastrophique. Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents (Brésil excepté) ont plutôt bien résisté, si bien que la croissance mondiale est restée appréciable. Pour autant, déjà amorcé en 2015, le ralentissement de la marche des affaires internationale s'est bien accentué en 2016. Ainsi, la croissance américaine oscille autour de 1,4 % (contre 2,6 % en 2015) et celle de la zone euro sera également incapable de dépasser durablement ce niveau. Au total, après avoir atteint 2,9 % l'an passé, la croissance mondiale devrait reculer à 2,4 % cette année. Elle restera donc bien loin de sa moyenne de long terme (à 3,5 %). En fait, après l'euphorie des années 2000-2007, le monde est entré dans une phase de croissance structurelle plus modérée. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : De 2000 à 2007, la progression annuelle moyenne du PIB planétaire a été de 4,5 % (soit un point de plus que son niveau moyen depuis 1980). Mais de 2008 à 2015, celle-ci n'a été que de 3,2 %. Le plus inquiétant est que 2016 devait être (du moins selon les prévisionnistes adeptes de la pensée unique) l'année de la forte reprise pour la zone euro et la France. Que nenni ! En effet, en dépit des moyens colossaux déployés par la BCE, la croissance 2016 sera d'au mieux 1,4 % dans l'UEM et de 1,1 % en France. Le pire est que la situation ne va pas malheureusement pas s'arranger pour 2017. Selon nos estimations, la croissance mondiale atteindra 2,3 %, contre 2,4 % cette année. Autrement dit, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de croître grâce aux dopants des banques centrales, 2017 sera forcément bien plus difficile que 2016.
L'humeur de la semaine - 02 septembre 2016
S'il portait en lui les potentialités d'un Armageddon économico-financier, force est de constater que le vote des Britanniques en faveur du Brexit n'a pas produit les effets dévastateurs escomptés. Il faut dire que, comme à l'accoutumée, la perfide Albion a été à la hauteur de sa réputation et a su transformer un mal pour un bien. En effet, grâce à la dépréciation de la livre sterling mais aussi à un fort degré de flexibilité et de réactivité, l'économie britannique a non seulement évité la récession, mais, est, en plus, en train de redémarrer de façon impressionnante. A côté de de cette résistance à toute épreuve, les marchés ont également pu bénéficier du maintien d'une politique monétaire extrêmement accommodante des deux côtés de l'Atlantique, avec en cadeau bonus permanent, des « planches à billets » de la BCE et de la BoE qui défient l'entendement. Seulement voilà, comme nous l'annonçons depuis trois ans, les marchés boursiers sont entrés dans une phase durable de montagnes russes. Autrement dit, les bonnes performances post-Brexit susciteront forcément un mouvement de correction baissière. Et ce d'autant que les risques à venir sont pléthore. A commencer, malheureusement, par les risques géopolitiques et terroristes. D'autres dangers pourraient également aggraver la situation de l'économie mondiale et des places financières internationales : instabilité politique au Brésil, élections présidentielles américaines du 8 novembre, suites du Brexit, référendum sur la constitution en Italie en novembre, probables nouvelles élections législatives en Espagne avant la fin 2016, mais aussi les élections présidentielles françaises de mai 2017... Que les tenants du « bear market » soient donc rassurés, les risques qui pèsent sur l'avenir économico-financier de l'Union européenne et de la planète dans son ensemble sont tellement élevés que des mouvements de forte correction baissière sur les marchés obligataires et boursiers sont inévitables. Nous sommes donc contraints de prolonger notre prévision, d'ailleurs réalisée en permanence depuis trois ans, de la poursuite d'un fort yo-yo boursier. Et ce au moins jusqu'à la fin 2017. Amusez-vous bien…
L'humeur de la semaine - 25 août 2016
La sphère médiatico-politique française est décidément impressionnante : alors que la France est touchée par une vague terroriste meurtrière sans précédent, que son secteur du tourisme s'effondre comme jamais et que son économie au sens large est sur le point de retomber en récession, les médias, les politiques et une (trop) grande partie de la société française n'ont qu'un mot à la bouche : burkini. A croire qu'il s'agira là de la clé des prochaines élections présidentielles. De quoi rappeler la veille blague qui apparaît malheureusement de plus en plus vraie : « Pourquoi les Français ont-ils choisi le coq comme emblème ? C'est le seul animal capable de chanter les pieds dans la m…. » En fait, l'engouement pour ce type de vêtement ne s'arrête pas aux plages hexagonales. Il est effectivement ancré jusqu'au plus profond des discours et du comportement des dirigeants politiques français depuis de nombreuses années. Et pour cause : ces derniers adorent se voiler la face et utiliser tous types de voiles pour masquer la réalité à leurs concitoyens. Les chiffres du chômage de juillet, publiés le 24 août, nous en ont encore donné un exemple : le nombre de chômeurs de catégorie A a baissé de 20 000 personnes en France, mais celui des chômeurs toutes catégories a progressé de 10 900 personnes. Au total, la réalité demeure malheureusement dramatique, puisque sur l'ensemble du territoire français, on recense 3,761 millions de chômeurs de catégorie A et 6,513 millions de chômeurs toutes catégories, un nouveau record historique ! Le pire est que ce drame humain qu'est le chômage de masse est loin d'être terminé. Car, si les arrangements statistiques vont perdurer jusqu'au début 2017, les indicateurs avancés de l'activité économique française montrent que cette dernière est de nouveau en train de plonger. Et cela, même un burkini ne pourrait le cacher. Alors, comme je le défends dans mon nouveau livre « La fin d'un monde » (qui sortira le 22 septembre aux éditions « Hugo & Cie »), arrêtons de nous voiler la face. Employons-nous à faire les bons choix et à devenir des bâtisseurs qui ont compris que la fin d'un monde est avant tout le début de toutes les opportunités. Bonne rentrée à toutes à tous !
L'humeur de la semaine - 19 août 2016
La nature de l'être humain est ainsi faite (en particulier en Europe) que tant qu'il ne se retrouve pas devant le fait accompli, il ne parvient pas à admettre la réalité des menaces environnantes. Ainsi, depuis quelques années, nous n'avons cessé d'alerter sur le danger d'une ponction des comptes bancaires. Mais peu de personnes y ont cru. Et ce, en dépit des recommandations en ce sens formulées par le FMI au lendemain de la crise de 2008-2009. Des recommandations qui ont d'ailleurs été mises en pratique lors de la crise chypriote de 2013. A l'époque, en dépit de la réglementation bancaire qui interdisait la taxation unilatérale des dépôts à vue, le gouvernement chypriote, sous le haut patronage de l'Union européenne et du FMI, a tout simplement spolié une grande partie des dépôts bancaires au-delà de 100 000 euros. Plus récemment, la directive européenne relative au « redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances » (BRRD) a enfoncé définitivement le clou. Celle-ci a d'ailleurs été transposée en France par ordonnance en toute discrétion il y a tout juste un an, le 21 août 2015, et est entrée en vigueur le 1er janvier 2016. Ainsi, depuis cette date, les comptes des clients dotés de plus de 100 000 euros de dépôts pourront être prélevés pour contribuer au sauvetage de leur banque. Enfin, parachevant cette démarche vers une spoliation organisée des comptes bancaires, la BCE a consacré un taux de dépôt négatif. Il était d'abord de - 0,1 % en juin 2014, - 0,2 % en septembre 2014, puis - 0,3 % en décembre 2015 et a ensuite été abaissé à - 0,4 % le 16 mars 2016. Cette semaine, prolongeant la route vers la spoliation des particuliers, la petite banque coopérative bavaroise, Raiffeisen Gmund, a décidé d'aller encore plus loin, en instaurant des taux d'intérêt négatifs sur les dépôts de plus de 100.000 euros de ses clients privés. La boîte de Pandore est donc définitivement grande ouverte. Il n'y a désormais plus aucune équivoque : lors de la prochaine crise financière, dans la mesure où les autorités monétaires et budgétaires du monde occidental, notamment en Europe et en particulier en France, n'ont plus de marge de manœuvre pour relancer la machine, la recommandation du FMI sera mise à exécution. En l'occurrence, taxer les dépôts bancaires et l'épargne sur livret au sens large, à hauteur de 10 % au-delà d'un certain seuil, par exemple 100 000 euros. Autrement dit, tous les ménages et les entreprises disposant de plus de 100 000 euros sur n'importe quel type de comptes bancaires se verront ponctionner 10 % de leur « surplus ». Et ce « overnight », c'est-à-dire du jour au lendemain et sans sommation...
L'humeur de la semaine - 11 août 2016
Ah ! Qu'il parait loin le temps où lorsque les Français partait à l'étranger, on les accueillait le sourire aux lèvres, en disant avec une pointe d'envie « Ah, la France quel pays formidable ! Vous en avez de la chance ! » Aujourd'hui, en fait depuis quelques trimestres, et a fortiori depuis le drame de Nice, les sourires ont été remplacés par des mines tristes et inquiètes : « Oh, you are French, we are so sad for you ! ». Et très vite, la compassion est remplacée par une forme d'inquiétude teintée de colère : « mais qu'attendez-vous pour réagir ? Que font les dirigeants du pays pour assurer votre sécurité ? » Que ce soit, en Asie, en Afrique, en Amérique latine ou aux Etats-Unis et bien sûr en Europe, telles sont les remarques régulières que les Français, et votre serviteur par la même occasion, peuvent essuyer en ce moment. Certes, comme je ne cesse de le répéter : de par ses paysages, son positionnement géographique, ses infrastructures routières, ses monuments, sa capitale et l'ensemble de ses villes et villages, la France est certainement l'un des plus beaux pays du monde ». Mais, malheureusement, ces atouts sont devenus des pièges. En effet, persuadés que grâce à ses avantages naturels et à son Histoire, la France ne pourra jamais tomber de son piédestal, de nombreux Français et quasiment tous leurs gouvernants ont refusé de voir la réalité en face et ont interdit la moindre réforme de fond. Que ce soit d'un point de vue économique, sociale, sociétale et sécuritaire. Résultat : la croissance structurelle est tombée de 2,5 % en 1980 à 0,8 % aujourd'hui. Encore plus grave, la France est touchée par une vague d'attentats sans précédents : 217 personnes assassinées et 740 blessées en seulement neuf mois… Le pire est que malgré ces horreurs (qui s'ajoutent à celles des attentats perpétrés de 2012 à 2015), aucune mesure de grande ampleur capable de stopper ce déchaînement de violences n'a été prise. Ce qui signifie que la France reste en danger et que son activité économique va encore reculer...
L'humeur de la semaine - 08 août 2016
Depuis le coup de Trafalgar du vote des Britanniques en faveur du Brexit, de (trop) nombreux analystes s'emploient à démontrer que ce choix douloureux sera très coûteux pour le Royaume-Uni, tandis qu'il devrait s'avérer bénéfique pour la zone euro. Comme nous l'avons déjà expliqué dans ces mêmes colonnes (cf. notamment nos « Humeurs » du 17 juin et du 1er juillet), ce raisonnement nous paraît amplement erroné. Certes, le Royaume-Uni va souffrir, notamment à cause de l'incertitude engendrée par le Brexit. Les dernières enquêtes Markit des directeurs d'achat dans l'industrie et les services montrent ainsi que l'activité a nettement reculé outre-Manche au cours du dernier mois. Cependant, compte tenu d'une croissance structurelle vigoureuse (environ 2,5 %), des effets bénéfiques de la dépréciation de la livre sterling et d'un « policy mix » (c'est-à-dire les politiques budgétaire et monétaire) efficace, l'économie britannique devrait finalement bien résister dans la tempête. Bien loin de cette résilience, l'économie de la zone euro continuera de pâtir de trois handicaps majeurs : une croissance structurelle moribonde (environ 0,8 %), un euro qui reste trop fort, notamment vis-à-vis de la livre sterling et, dans une moindre mesure, du dollar, sans oublier un policy mix faiblement efficace et un manque dramatique de cohésion politique.
En plus d'ébranler l'Union européenne et la construction européenne dans ses propres fondements, le Brexit pourrait donc bien rappeler que la zone euro en l'état est vouée à l'échec. C'est en cela que la décision de la Banque d'Angleterre d'abaisser son taux de base de 0,25 point à 0,25 % le 4 août dernier constitue un enjeu majeur pour le Royaume-Uni, mais aussi pour la zone euro. Car, au contraire de la BCE qui n'a pas réussi à sortir la zone euro de sa léthargie économique, la BoE pourrait bien permettre au Royaume-Uni d'éviter le funeste destin qui lui est régulièrement promis, retrouvant progressivement la voie de la croissance soutenue...
L'humeur de la semaine - 01 août 2016
En ces temps dramatiquement troublés pour la société française, nous aurions préféré annoncer de bonnes nouvelles économiques, qui auraient éventuellement pu apaiser la situation de notre « douce France ». Malheureusement, s'il ne faut évidemment pas céder aux sirènes dévastatrices du pessimisme et du défaitisme, il demeure indispensable de rester réaliste et de dire la vérité. Ainsi, comme nous l'avions annoncé la semaine dernière dans nos prévisions hebdomadaires, le PIB français a connu une croissance zéro au cours du deuxième trimestre 2016. En fait, pour être exact, celui-ci a même baissé de 0,04 %. Après avoir exceptionnellement progressé de 0,7 % au premier trimestre 2016, le PIB national reprend donc son petit bonhomme de chemin, en l'occurrence celui de l'atonie.
Le plus inquiétant est que cette contre-performance a été réalisée en dépit de la tenue de l'Euro 2016 dans l'Hexagone, évènement qui a mécaniquement soutenu les dépenses touristiques et les dépenses de consommation dans leur ensemble.
Autrement dit, sans ce soutien artificiel et exceptionnel, le PIB français aurait nettement baissé. D'ailleurs, le détail des comptes nationaux montre combien l'économie hexagonale reste fragile. Pire, le PIB français devrait reculer d'environ 0,2 % au troisième trimestre 2016. Cela signifie donc qu'il reculera pendant deux trimestres consécutifs. En d'autres termes, comme nous l'annonçons depuis déjà quelques mois, la France est bien sur le point de retomber en récession...
L'humeur de la semaine - 14 juillet 2016
Triste hasard ou malheureuse coïncidence : que ce soit en matière de football ou de croissance, la France n'a plus rien gagné depuis 2000. De là à imaginer qu'une victoire à l'Euro 2016 aurait changé la donne de l'économie française, il y a néanmoins un fossé à ne pas traverser. Certes, en 1998-2000, tout paraissait formidable puisqu'en plus de ses exploits footballistiques, l'Hexagone retrouvait enfin le chemin de la croissance forte, après huit ans d'errance dans l'atonie économique. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : alors qu'il n'avait progressé en moyenne que de 1,4 % par an de 1991 à 1997, le PIB français a brusquement bondi de 3,6 % en 1998, puis de 3,3 % en 1999 et enfin de 4,0 % en 2000. A l'évidence, nous ne sommes pas près de retrouver de telles performances. C'est d'ailleurs ce qui a amené certains esprits étriqués à laisser croire que si la France a connu une vigueur économique si impressionnante, c'est grâce à sa victoire au Mondial 1998, puis à celle de l'Euro 2000. Dans ce cadre, certains, notamment du côté de Matignon et de l'Elysée (mais pas seulement), se sont mis à rêver à un nouveau triomphe français à l'Euro 2016, qui aurait pu faire oublier tous les échecs économiques et politiques récents, puis relancer la confiance, donc la croissance et, enfin, faire baisser fortement et durablement le chômage. Malheureusement, les Bleus ont perdu en finale, mais, n'ayons aucun regret, car si cette corrélation foot-économie peut apparaître plaisante, elle est pourtant complètement erronée. Certes, l'Euro 2016 de foot est bien tombé à pic pour occuper les esprits et monopoliser la scène médiatique pendant quelques semaines. Les buts, les cartons jaunes, les « ola » et autres coups francs ont donc pu remplacer les vicissitudes de la « Loi Travail », les blocages sociaux, ou encore la piètre crédibilité des dirigeants français en matière de restauration de la croissance et d'assainissement des comptes publics. Seulement voilà, la fête est déjà finie : et si l'arrivée des Bleus en finale reste une belle réussite, elle n'a évidemment pas effacé les réalités économiques hexagonales qui ont d'ailleurs déjà repris le dessus : croissance molle, chômage toujours élevé, déficits publics plus lourds qu'annoncé par le gouvernement, tensions sociales exacerbées,… Bref, bravo et merci les Bleus et dommage que les dirigeants politiques français restent toujours loin de vos performances…
L'humeur de la semaine - 08 juillet 2016
C'est bien connu : le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ainsi, depuis le triste vote des Britanniques en faveur du Brexit, de plus en plus de voix s'élèvent pour soutenir que cette mauvaise nouvelle pour le Royaume-Uni et pour l'Europe sera finalement une véritable aubaine pour certains pays européens et en particulier pour la France. Selon eux, l'exit du Royaume-Uni permettrait d'attirer de nombreux investisseurs, entreprises et particuliers actuellement installés outre-Manche sur les terres françaises. Parachevant ce miroir aux alouettes, les dirigeants politiques français, qui avaient pourtant érigé la finance comme leur grand ennemi, souhaitent désormais tout faire pour inciter cette dernière à délocaliser la City à la Cité… Nous nageons donc en pleine schizophrénie. Mais peu importe, puisque ces délocalisations en tous genres devraient relancer massivement la croissance française et permettre ainsi à la France de repasser devant le Royaume-Uni en tant que cinquième puissance économique mondiale. En un mot : magnifique ! Evidemment, nous aimerions adhérer à cette prévision. Pour autant, il nous faut avant tout rester réaliste. Or, en dépit des petits cadeaux fiscaux promis aux futurs investisseurs, entreprises et particuliers étrangers qui viendraient s'installer dans notre douce France, il ne faut pas oublier que l'économie hexagonale reste l'une des plus rigides du monde, avec l'une des fiscalités les plus prohibitives, des coûts du travail parmi les plus élevés, sans oublier une croissance parmi les plus faibles du globe. Les dernières enquêtes de conjoncture l'ont encore dernièrement montré : la France est le seul pays de la zone euro dans lequel les indicateurs des directeurs d'achat indiquent une baisse de l'activité, et ce, tant dans l'industrie que dans les services. Aussi, plutôt que de laisser croire que la croissance française va sortir grandie du Brexit, il serait plus opportun de rappeler que si le Royaume-Uni pourra sortir sans trop de dégâts de l'Union européenne, il n'en sera absolument pas de même pour la France. Explications...
L'humeur de la semaine - 30 juin 2016
C'est bien connu, l'humour anglais est très particulier et pas toujours très drôle. Il a néanmoins engendré quelques comédies cinématographiques sympathiques telles que celles des Monty Pithon, Good Morning England, Johnny English, ou encore trois mariages et un enterrement. Les ingrédients sont généralement les mêmes : scénario improbable, humour décalé, héros schizophréniques et suicidaires, le tout dans un environnement plutôt glauque. Avec le Brexit, les Britanniques ont donc décidé de nous faire le même coup, mais cette fois-ci dans la vie réelle et avec des conséquences qui risquent d'être bien plus dramatiques qu'au cinéma. Le Brexit consacre effectivement quatre divorces et un enterrement. Le premier coule de source ou plutôt des urnes, puisqu'il s'agit du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Deuxième divorce, celui qui s'observe au sein même du Royaume-Uni. Car si l'Angleterre et le Pays de Galles ont massivement voté pour le « Leave », l'Ecosse et l'Irlande du Nord se sont largement exprimées pour le Remain. Troisième divorce, celui qui s'observe entre les « jeunes » et leurs ainés. Quatrième divorce, qui s'observe lui aussi dans la plupart des pays européens, celui entre les « élites » et le « peuple ». Dès lors, en l'absence d'un vrai projet européen pour la croissance et l'emploi, les populations sont évidemment tentées de revenir en arrière, de se replier sur elles-mêmes et de dire « non » à l'Europe. D'où le triste épilogue très probable de cette comédie dramatique à l'anglaise, en l'occurrence l'enterrement de l'Union européenne. Espérons donc que, pour une fois, les dirigeants européens seront à la hauteur de la situation, sinon la comédie à l'anglaise sera certainement remplacée par un drame à la française du type « La haine »…
L'humeur de la semaine - 16 juin 2016
Avec le Brexit c'est un peu comme avec Donald Trump. En effet, il y a environ un an, selon la plupart des sondages, la probabilité que ce dernier emporte les primaires des Républicains était d'environ 1 %. Et pourtant ! De même, il y a encore quelques semaines, la quasi-totalité des sondages annonçaient une victoire facile du Bremain. Or, depuis quelques jours et si les jeux ne sont évidemment pas encore faits, le Brexit est donné victorieux par de plus en plus d'enquêtes d'opinion. Il faut dire que la campagne de Cameron et des pro-Europe contre le « Leave » a été catastrophique. Et pour cause : plutôt que de montrer ce que le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne pouvait lui apporter, ceux-ci ont basé leur campagne sur un catastrophisme autant excessif qu'erroné. Les mêmes élucubrations étaient pléthore lors du refus des Britanniques d'entrer dans l'euro et il n'en a rien été. Mieux, ou plutôt pire pour les partisans de l'Euro à tous prix, le Royaume-Uni est sorti renforcé de sa non-participation à la monnaie unique. Il a par exemple pu bénéficier d'une politique monétaire extrêmement réactive et accommodante. En fait, le Brexit effectif sera certainement beaucoup plus coûteux à l'Union européenne qu'au Royaume-Uni. En effet, un tel scénario ouvrira la boîte de Pandore de l'Exit et cassera définitivement la construction européenne telle que nous la connaissons depuis l'après-guerre. Un mouvement de défiance internationale à l'égard de l'Union s'engagera alors, produisant une tempête financière particulièrement dangereuse. C'est peut-être bien là que réside le vrai enjeu du référendum britannique. A savoir, faire comprendre aux dirigeants européens que l'Europe ne fait plus rêver. Plutôt que de faire peur aux Anglais, il serait donc beaucoup plus opportun de modifier les structures économiques et politiques de l'Union et aussi de la zone euro, de manière à en faire des terres de croissance forte et de chômage faible, tout en assurant la sécurité de leurs citoyens. Sinon, quelle que soit l'issue du référendum du 23 juin, l'Union européenne et la zone euro finiront forcément par exploser.
L'humeur de la semaine - 10 juin 2016
Nous l'avons constamment souligné depuis des années, et notamment au lendemain de la crise de 2008-2009 : les crises font partie de la vie économique. Il ne faut donc pas en avoir peur mais les appréhender comme des phases de mutations et d'opportunités. De la sorte, pour les pays, les entreprises et les particuliers qui ont réussi à les affronter comme telles, elles leur permettent d'en sortir gagnants et même renforcés. Comme disait Friedrich Nietzsche « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Mais attention, cette réussite suppose deux conditions sine qua non. D'une part, savoir tirer les leçons des erreurs passées pour ne pas les rééditer. D'autre part, posséder une capacité d'adaptation à toute épreuve. C'est d'ailleurs là que résident les principales forces du système capitaliste depuis le XVIIème siècle et plus globalement de l'homo-economicus. A l'inverse, si le dogmatisme et le refus des réformes priment, l'échec est au bout du chemin. Par exemple, il faut savoir admettre que les stratégies économiques focalisées sur l'augmentation des dépenses publiques sont aujourd'hui vouées à l'échec. Continuer de le nier (comme trop de dirigeants politiques le font encore en France) ne produira que de l'inefficacité économique et sociale, ainsi que de graves déceptions qui ne feront qu'accroître les tensions sociétales. Les dernières tristes semaines nous l'ont malheureusement confirmé. C'est en cela que la résilience récente de l'économie française ne peut être que temporaire. En effet, le rebond de croissance de ces derniers trimestres n'est qu'un effet de correction de la faiblesse passée, associé à un alignement des planètes exceptionnel. A présent que les planètes se désalignent (notamment via l'augmentation des cours des matières premières et de l'euro), la réalité structurelle va reprendre le dessus : trop de pression fiscale, trop de rigidités, un manque criant de modernisation du modèle économique et social hexagonal. Autant de handicaps qui engendreront un net ralentissement de la croissance française d'ici la fin 2016.
L'humeur de la semaine - 03 juin 2016
Qui aurait aujourd'hui l'idée saugrenue d'essayer de lire une cassette VHS sur un lecteur DVD ? Qui pourrait encore songer à tenter de recharger son i-phone avec un câble Nokia de la fin des années 1990 ? Certainement pas grand monde. C'est pourtant exactement ce que font certains syndicalistes français lorsqu'ils refusent la moindre modernisation de l'économie nationale et préfèrent lui opposer des grèves destructrices. Selon eux, la « loi Travail », pourtant bien peu ambitieuse mais essayant quelque peu d'améliorer le fonctionnement du marché du travail français, signifierait un retour au 19ème siècle ! Savent-ils qu'à l'époque les ouvriers et artisans travaillaient sept jours sur sept, souvent plus de huit heures par jour, dans des conditions dramatiques, et pour une bien piètre rémunération ? A les entendre, il faudrait brûler les entreprises, les banques et leurs dirigeants avec. Se souviennent-ils qu'une économie sans marché, sans entreprise privée, sans banque commerciale et sans capitalisme a déjà été tentée. Cela s'appelait l'URSS et s'est soldé par des millions de morts, la privation des libertés pour des millions de personnes pendant plus de soixante-dix ans et plusieurs générations sacrifiées. Est-ce cela que les insomniaques de « Nuit Debout » et/ou les partisans d'extrême-gauche souhaitent pour l'avenir de la France ? Certes, l'économie de marché et le système capitaliste sont loin d'être parfaits. Pourtant, plutôt que de les détruire et d'entrer dans un chaos dévastateur, ne serait-il pas plus opportun de les améliorer vers une plus grande efficacité et une plus grande justice sociale ? La réponse nous semble forcément positive. C'est dans ce but et également pour répondre à toutes les questions brûlantes des prochaines années que j'ai écrit mon nouveau livre « La fin d'un monde » (aux Editions du Moment), que je suis en train de finaliser. J'ai donc le plaisir de vous annoncer qu'il sortira le 25 août prochain et sera, je l'espère et grâce à vous, l'un des évènements de la rentrée économique. Merci encore pour votre fidélité.
L'humeur de la semaine - 26 mai 2016
Quelle tristesse ! Alors que la « loi travail » n'est qu'une réformette du marché du travail français (très loin de la refonte structurelle dont a besoin ce dernier), elle a réussi à générer une fronde massive et un mouvement de grèves, de manifestations et de blocage du pays impressionnant. C'est dire l'étendue de l'hermétisme de certains Français à la moindre réforme. Le problème est qu'au-delà de la tristesse qu'elle suscite, cette situation commence à coûter cher à l'économie française qui sort très péniblement la tête de l'eau depuis quelques trimestres. Pire, au regard des préavis de grève et des mouvements annoncés pour les prochains jours, nous ne serions qu'au début de nos peines… Raffineries bloquées, arrêts de travail dans les centrales nucléaires, manifestations un peu partout, et bien sûr grèves chez les contrôleurs aériens, dans les transports en communs et notamment à la SNCF. Lorsque sait qu'un jour de grève à la SNCF lui coûte environ 50 millions d'euros et génère à lui seul un manque à gagner quotidien de 400 millions pour l'ensemble de l'économie française, on peut imaginer l'ampleur des dégâts de l'ensemble de ces grèves et blocages. D'ici le début juin, le coût global devrait avoisiner les 8 milliards d'euros. Mais, au-delà de ces coûts directs, qui sont déjà exorbitants, le vrai coût de la grève est ailleurs. D'une part, il réside dans l'affaiblissement global de l'économie nationale. D'autre part, ce blocage va encore nuire à la piètre crédibilité de l'économie française en matière de capacité à se réformer. Au total, la France pourrait bien tomber dans une crise "à la grecque". Pour éviter d'en arriver là, il faut donc absolument arrêter la démagogie et devenir enfin responsable. Il ne s'agit pas simplement d'un problème de bras de fer entre le gouvernement et les syndicats ou encore de l'établissement de prévisions tronquées, mais de l'avenir de nos enfants…
L'humeur de la semaine - 20 mai 2016
Sommes-nous tous devenus fous ? Le bon sens a-t-il définitivement disparu ? Quand allons-nous nous réveiller ? Au regard des évènements qui secouent les marchés financiers depuis quelques trimestres et a fortiori depuis quelques semaines, telles sont les questions que nous sommes en droit de nous poser. En fait, tous les raisonnements de bon sens apparaissent complétement inversés. En effet, en temps normal, lorsque les statistiques économiques sont meilleures que prévu, les indices boursiers ont plutôt tendance à remonter. Et inversement, lorsque les premières sont décevantes, les seconds dépriment. Or, depuis quelques mois, c'est exactement le contraire qui se produit. Ce phénomène a priori anormal s'est encore observé cette semaine. Ainsi, lorsque les indicateurs relatifs à l'économie américaine étaient relativement mauvais, les bourses flambaient et lorsqu'ils étaient bons, elles dégringolaient. Comme disait Albert Einstein : « Un problème sans solution est un problème mal posé ». Autrement dit, à chaque problème sa solution. Dans le cas précis, la corrélation inversée entre les marchés boursiers et les indices relatifs à l'économie américaine s'explique principalement par la crainte d'un resserrement de la politique monétaire de la Fed. Un phénomène similaire s'observe d'ailleurs sur les taux d'intérêt des obligations d'Etat. En effet, plus les dettes publiques augmentent, plus les taux obligataires baissent, en particulier dans la zone euro. Le tout grâce à un excès mondial de liquidités. Mais a-t-on pensé au jour où cette perfusion excessive cessera et où mécaniquement cet état second prendra fin ? En fait, dans la mesure où cette occurrence fait peur, personne ne veut y songer, ni même la conceptualiser. Pour être honnête, personne ne peut d'ailleurs savoir exactement ce qu'il adviendra pour la simple raison qu'une période de taux monétaire zéro aussi longue et une « planche à billets » mondiale aussi pléthorique sont historiques. La sortie de cet état léthargique le sera donc tout autant...
L'humeur de la semaine - 13 mai 2016
En attendant le référendum sur le Brexit du 23 juin et les élections en Espagne du 26 juin, deux évènements qui risquent de susciter une belle pagaille sur les marchés financiers et sur la stabilité politique européenne, trois autres pays ont déjà commencé à semé le désordre au cours des derniers jours. Par ordre décroissant de proximité, il s'agit tout d'abord du Brésil, qui continue son « telenovela » sur la destitution de la Présidente Dilma Rousseff. Certes, compte tenu des graves erreurs et de l'amateurisme dangereux de cette dernière, qui ont contribué à plonger le Brésil dans une dramatique récession, cette destitution apparaît tout à fait justifiée. Toutefois, elle pourrait susciter à court terme une forte instabilité sociale dans le pays, avec risque d'émeutes, voire de guerre civile à la clé. Plus proche de nous, un autre évènement majeur est sur le point de se produire et de créer un précédent qui sera lourd de conséquence. A savoir, la suppression prochaine d'une partie de la dette grecque. En effet, même si cela n'est pas encore officiel et en dépit de la médiocrité des réformes engagées en Grèce, les Européens semblent désormais prêts à engager une annulation de quelques milliards de dette grecque ! La boîte de Pandore est donc bien ouverte. A présent que le premier pas de l'annulation de la dette d'un Etat européen a été franchi, la route risque d'être encore longue et pavée de nombreux « write off » des dettes publiques eurolandaises. Si cela n'est pas encore fait, il est donc urgent de vendre ses obligations d'Etat, y compris celle de la France. Nous touchons là au troisième évènement fâcheux de la semaine, en l'occurrence la confirmation que l'économie française est, à l'heure actuelle, irréformable. Certes, pour le moment, notamment grâce à la bienveillance de la BCE qui permet de maintenir les taux d'intérêt des obligations de l'Etat français sur des niveaux anormalement bas, ces erreurs stratégiques et le climat quasi-insurrectionnel qui grossit de jour en jour n'ont que peu de conséquences concrètes. Néanmoins, lorsque les Français et les investisseurs vont retrouver leurs esprits, le réveil risque d'être particulièrement douloureux.
L'humeur de la semaine - 06 mai 2016
Ne l'oublions jamais : même s'ils peuvent parfois paraître complexes, voire impressionnants, les marchés financiers ne sont finalement qu'une simple représentation des relations humaines. John Maynard Keynes évoquait les « animal spirits », c'est-à-dire les instincts animaux qui sont tels que, dans le climat troublé qui prévaut sur les marchés, le mimétisme est préféré à la rationalité économique. Dans ce panurgisme structurel, les investisseurs cherchent régulièrement des règles ou plutôt des adages auxquels se raccrocher, a fortiori dans des périodes comme celles que nous vivons depuis la crise de 2008, qui ont renforcé les incertitudes et brouillé davantage les pistes entre les marchés financiers et la réalité économique. En fait, comme tous les dictons, ces proverbes boursiers sont loin d'être toujours vérifiés. Il en est de même pour le fameux mois de mai, qui serait traditionnellement un mois baissier pour les indices boursiers. L'observation du Dow Jones depuis 2000 infirme cette hypothèse. En effet, sur les seize derniers mois de mai, seuls huit ont été négatifs pour le Dow Jones. Cependant, cette année, force est de constater que le contexte économico-politico-financier milite pour une forte baisse boursière, en mai et en juin. En effet, si le mois de mai pourrait réserver pas mal de mauvaises surprises, les dangers de juin s'annoncent particulièrement coriaces : le 2, réunion de la BCE, qui pourrait durcir son discours ; idem le 15, avec la Réserve fédérale américaine ; et surtout : nouveau couperet pour la Grèce qui va devoir rembourser 5,6 milliards d'euros en juin, on ne sait pas encore comment ; référendum sur le Brexit le 23 ; élections législatives à hauts risques en Espagne le 26 ; sans oublier, entretemps, la poursuite voire l'exacerbation de la crise politique au Brésil, mais aussi la publication de nombreuses enquêtes de conjoncture à travers la planète qui pourraient encore jeter le doute sur l'état de la croissance mondiale. Dans ce cadre, nous continuons d'anticiper que les principaux indices boursiers occidentaux, et notamment le Cac 40 et le Dow Jones, devraient perdre environ 10 % au cours des trois prochains mois, avant de remonter légèrement en fin d'année, le tout au milieu d'une tempête de volatilité très difficilement maîtrisable. Accrochez-vous !
L'humeur de la semaine - 02 mai 2016
Avec la reprise française, c'est un peu comme avec le conte de « Pierre et le loup ». A force d'être annoncée en vain, lorsqu'elle arrive (peut-être enfin), personne n'y croit… Depuis 2010, les dirigeants politiques français ont effectivement tout essayé : « la crise est finie », « la reprise est là », « le chômage va fortement baisser » et plus dernièrement « ça va mieux ». Autant d'annonces qui participaient principalement à une méthode Coué renforcée par de nombreux effets marketing, mais qui n'ont finalement pas été suivis d'effets concrets. Du moins jusqu'à la semaine dernière. Car, attention, cette fois « c'est sûr », l'économie française semble vraiment sortir du tunnel si l'on en croit d'un côté les chiffres de la DARES, qui annoncent une forte baisse du nombre de chômeurs en mars et, de l'autre côté, l'INSEE qui a publié des comptes nationaux du premier trimestre 2016, disons-le, exceptionnels ! Mais, au risque de faire de la peine à notre Président de « la reprise est là », cette baisse du chômage est artificielle, pour ne pas dire fallacieuse. Elle ne correspond simplement qu'au début des postes de « formations » des chômeurs, qui consistent à faire passer ces derniers de la catégorie A à la catégorie D ou E. Notons d'ailleurs que, dans ces deux catégories, on compte 1 600 chômeurs de plus sur le même mois de mars. Ne cherchez plus l'erreur, vous l'avez trouvée… Plus globalement, même si nous ne voulons pas remettre en question les calculs de l'INSEE, il faut admettre que la croissance forte des derniers trimestres tranche avec les données de toutes les enquêtes, notamment celles des directeurs d'achat interrogés par Markit, mais aussi celles de l'INSEE auprès des chefs d'entreprise et des ménages. Autrement dit, selon les chiffres officiels, la reprise est là, mais les Français sont las… En fait, compte tenu des dérapages sociaux passés et à venir dans l'Hexagone, du ralentissement de la croissance mondiale, mais aussi des risques internationaux, tels que le retour de la crise grecque, l'occurrence d'un Brexit, la remontée intempestive de l'euro/dollar, ou encore le renchérissement progressif du pétrole et des matières premières, il est clair que la probabilité d'une rechute de la croissance française augmente rapidement et massivement...
L'humeur de la semaine - 22 avril 2016
Pendant que les médias se focalisent sur la piètre popularité de François Hollande et sur les dérapages insomniaques de certains extrémistes de gauche place de la République, d'autres évènements bien plus dangereux pour la stabilité économico-politique de la planète se cristallisent devant nos yeux. Il s'agit tout d'abord de la destitution prévisible de la présidente brésilienne Dilma Rousseff. Si cette dernière a déjà particulièrement brillé par son incompétence et a par là même participé à l'effondrement de la croissance de son pays, le climat insurrectionnel qui sévit dans la patrie de Santos Dumont pourrait laisser des traces durables. Mais sans aller aussi loin, une crise encore plus dramatique pourrait rapidement s'imposer sur notre Vieux Continent. En effet, ce dernier est menacé par au moins trois grands dangers imminents. Le premier est relatif aux nouvelles négociations sur la dette grecque. Eh bien oui, comme tous les ans, la dette exorbitante de l'Etat grec refait parler d'elle. Et pour cause : depuis 2010, on ne fait que poser des pansements, certes de plus en plus gros, mais sur une plaie béante et de plus en plus douloureuse. Avec in fine un fort risque de Grexit. Deuxième danger : le Brexit. Aussi fou que cela puisse paraître et en dépit des alertes catastrophistes (et souvent exagérées d'ailleurs) des dirigeants britanniques et européens, la probabilité de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ne cesse de croître. Enfin, sur l'échelle des « Exit », il y a encore plus effrayant. A savoir le Gerxit : Germany Exit ! La levée de boucliers de nombreux dirigeants politiques et monétaires allemands face à la politique ultra-accommodante et aussi très peu efficace de la BCE est une nouvelle illustration de ce risque. Au total, l'Europe paraît particulièrement fragilisée, ce qui ne manquera évidemment pas de peser sur l'évolution des marchés financiers mais aussi de l'économie européenne, voire mondiale. Pourtant, en dépit de ces risques évidents, les investisseurs et les bourses internationales continuent de « planer ». Malheureusement, le jour où les effets de l'opium des banques centrales va s'estomper et où la réalité va reprendre le dessus, le réveil sera particulièrement douloureux…
L'humeur de la semaine - 15 avril 2016
Le FMI a beau réviser à la baisse ses prévisions de croissance et prévenir la communauté internationale que l'économie mondiale reste menacée par une nouvelle crise, les marchés boursiers n'en ont cure. Ils préfèrent au contraire croire aux miracles et continuer de progresser en dépit des menaces. Nous sommes donc bien revenus dans ce que l'on appelle un « bull market », c'est-à-dire un marché qui préfère ignorer les dangers et croître coûte que coûte. Certes, il faut reconnaître que les prévisions du FMI sont rarement exactes. Il y a encore quelques mois, celles-ci faisaient d'ailleurs état d'une croissance mondiale forte, d'un Brésil simplement en petite forme passagère, d'une zone euro en plein boom et d'une France qui s'apprêtait à fortement redémarrer. Aujourd'hui, ce même FMI est loin de cet optimisme béat. Ses prévisions pour 2016 sont ainsi bien plus ternes. Il anticipe par exemple une croissance mondiale de 3,2 %, contre 3,6 % en octobre dernier. A titre d'illustration, souvenons-nous qu'en octobre 2014, il annonçait une croissance mondiale de 3,8 % pour 2015 et que cette dernière a finalement été de 3,1 % (chiffre d'ailleurs non définitif). C'est dire combien la prévision actuelle du FMI risque malheureusement de s'avérer encore trop optimiste… Pour notre part, nous continuons de prévoir une progression du PIB mondial d'environ 2,4 % cette année, ce qui signifie que, si nous avons raison, les marchés risques d'encaisser pas mal de déceptions et de déconvenues d'ici la fin 2016. Autrement dit, alimenté par « l'opium » diffusé massivement par les banques centrales, l'aveuglement collectif continue sur les marchés financiers. Le réveil n'en sera malheureusement que plus douloureux lorsqu'il faudra affronter la réalité de la décélération de l'activité économique internationale. En conséquence et conformément aux prévisions que nous établissions il y a environ un an, la volatilité va rester extrêmement forte sur les marchés boursiers. Pour le Cac 40, cela se traduira par de nombreux allers-retours entre 3 800 et 4 600. La fourchette haute étant sur le point d'être atteinte, il faut donc se préparer à une dégringolade imminente.
L'humeur de la semaine - 08 avril 2016
« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées. » Cette tirade du Tartuffe de Molière a beau dater de 1664, elle ne cesse d'être d'actualité, en particulier dans un monde dominé par le marketing et les faux semblants. Dernier exemple en date : la « tartuffade » des politiques, notamment français, qui font mine de découvrir que le Panama est un paradis fiscal. Soyons donc sérieux et arrêtons de nous voiler la face : il existe aujourd'hui une cinquantaine de paradis fiscaux à travers le monde. Certains paradis fiscaux sont d'ailleurs des pays développés, notamment Singapour et la Suisse, et d'autres font même partie de la zone euro, en l'occurrence le Luxembourg et l'Irlande. Et oui, on l'oublie trop souvent, mais selon la définition officielle de l'OCDE, un paradis fiscal est un « pays ou territoire à fiscalité réduite ou nulle, c'est-à-dire où le taux d'imposition est jugé très bas en comparaison avec les niveaux d'imposition existant dans les pays de l'OCDE ». Selon cette considération, on pourrait donc même y inclure le Royaume-Uni, voire le Portugal. Si l'on pousse le raisonnement à l'extrême, dans la mesure où la France est l'un des pays au monde où le taux de prélèvements obligatoires est le plus élevé, cela signifie donc que, pour un Français, la quasi-totalité des pays de la planète sont des paradis fiscaux. Nous touchons là au nœud du problème car si les paradis fiscaux sont si nombreux c'est avant tout parce qu'il existe des enfers fiscaux ! En d'autres termes, si nous réduisons massivement la pression fiscale en France, les paradis fiscaux n'auront plus lieu d'être car le jeu n'en vaudra pas la chandelle. Il faut donc arrêter de faire croire que tous nos maux sont dus aux paradis fiscaux, arrêter également de liguer les Français les uns contre les autres et d'attiser la lutte des classes. Le seul moyen de sortir la France du marasme est, au contraire, de réduire la pression fiscale qui pèse sur les ménages et les entreprises. Si les dirigeants français s'obstinent à faire le contraire et à stigmatiser les Français qui ont réussi et qui paient donc beaucoup d'impôts, alors il faut se préparer à un véritable exode fiscal qui coûtera très cher à notre beau pays et ce pendant de très nombreuses années.
L'humeur de la semaine - 01 avril 2016
Encore une triste semaine pour le gouvernement français et plus globalement pour l'ensemble de la France et de ses citoyens. Tout a commencé avec le satisfecit de Michel Sapin sur le déficit public dont le poids dans le PIB est passé de 4,0 % en 2014 à 3,5 % en 2015. En dépit du caractère provisoire de ce repli, le gouvernement n'a pas hésité à laisser entendre que l'Etat français disposait désormais d'une marge de manœuvre pour augmenter les dépenses publiques. Avec un déficit public de 77,4 milliards d'euros et une dette de quasiment 2 100 milliards d'euros, il faut quand même oser… Nous voilà donc repartis en 2000, lorsque, grâce à une croissance économique plus forte qu'anticipé (qui était tout de même de 3,6 % par an de 1998 à 2000, contre 0,6 % de 2012 à 2015), le gouvernement Jospin évoquait la formation d'une « cagnotte ». Avec les tristes résultats que l'on sait... Il est donc clair que le déficit public français ne baissera pas en 2016. Il pourrait même remonter à 3,7 %. Une évolution qui ne manquera évidemment pas de réduire encore la piètre crédibilité du gouvernement. Cette dernière vient d'ailleurs encore de pâtir de deux autres évènements fâcheux, à savoir la reculade sur la déchéance de nationalité et le retoquage massif de la « loi travail », qui n'a pourtant pas empêché de nouvelles grèves et manifestations dans l'ensemble du pays.
Même si toutes ces mésaventures ne sont pas directement liées, elles montrent néanmoins l'incapacité du gouvernement à tenir un cap et surtout l'impossibilité de mener une refonte structurelle de l'économie française. Quelle tristesse !
L'humeur de la semaine - 25 mars 2016
Malheureusement, que ce soit en matière de croissance, de chômage, de dette publique ou de sécurité, la France et l'Europe se rejoignent dans leur manque de clairvoyance et leur déni de réalité. Et ce, depuis plus de vingt ans. En effet, la faiblesse structurelle de la croissance, l'incapacité à faire baisser fortement et durablement le chômage, l'augmentation de la dette publique à environ 100 % du PIB ou la radicalisation de certains « enfants de la patrie » qui ont réussi à semer la peur et la mort à Paris et à Bruxelles ne sont pas tombées du ciel en quelques mois. Même s'ils sont évidemment très différents, tous ces tristes évènements étaient tout à fait prévisibles depuis au moins quinze ans. Encore fallait-il avoir le courage de regarder la réalité en face et de prendre les mesures adéquates suffisamment tôt. Mais non, à cause d'un manque criant de réalisme, les dirigeants eurolandais n'ont cessé de vouloir faire croire que tout était sous contrôle. En vain. Et c'est bien là le drame des attentats de ces dernières années. Au-delà de l'horreur humanitaire qu'ils engendrent, ils distillent un doute quant à la capacité des dirigeants français, belges et européens à circonscrire ces risques et à assurer la sécurité physique des entreprises et des citoyens. Or, sans sécurité, pas de confiance. Et sans confiance, moins d'investissement et de consommation, donc moins de croissance et plus de chômage. Le raisonnement est malheureusement impitoyable : si déjà avec un environnement relativement sûr, la croissance en France et dans la zone euro est structurellement molle, que va-t-elle devenir avec un risque terroriste majeur ?
L'humeur de la semaine - 18 mars 2016
Après le CICE, puis le pacte de responsabilité et, bien entendu, la loi Macron, c'est au tour de la « loi travail » d'accoucher d'une souris. En effet, c'est à chaque fois la même ritournelle : on nous fait croire que les réformes à venir sont révolutionnaires, mais elles s'avèrent n'être finalement que des réformettes, voire des mesures contre-productives. Ainsi, en dépit des apparents cadeaux contenus dans le CICE et le pacte de responsabilité, la pression fiscale globale qui pèse sur les entreprises françaises a augmenté. De même, étant soumise à la validation des syndicats au sein des entreprises, la seule véritable avancée de la loi Macron, en l'occurrence l'élargissement de l'ouverture des commerces le dimanche, n'a quasiment pas vu le jour. L'exemple malheureux de la Fnac nous l'a dernièrement rappelé. Enfin, relativement appréciable dans sa première mouture, la « loi travail » a finalement été vidée de sa substance, rappelant que la modernisation de l'économie française relève de la mission impossible. C'est malheureusement bien connu : les Français ne savent pas faire des réformes, mais seulement des révolutions. C'est en défendant cet adage d'un autre temps que, depuis trois décennies, les différents gouvernements de l'Hexagone ont refusé d'engager la réforme en profondeur et la modernisation de nos structures économiques. Seul hic, mais il est de taille : une « révolution », on sait quand elle commence, mais on ne sait pas quand et surtout comment elle se termine. Plutôt que d'en arriver là, il serait donc beaucoup plus opportun d'engager le pays dans de véritables réformes, en les expliquant aux Français avec pédagogie et indépendamment des partis pris politiciens. La question reste simplement de savoir si les hommes et femmes politiques français en ont la volonté et/ou le courage. Pour le moment, la réponse est clairement négative. Dommage.
L'humeur de la semaine - 11 mars 2016
L'acharnement des syndicats et de certains étudiants contre la « loi travail » fait vraiment peine à voir. Il montre notamment que le chômage n'est malheureusement pas près de baisser dans notre « pauvre France ». Car ne nous leurrons pas : la loi El Khomri est encore très loin d'une vraie libération du marché du travail français. En effet, dans le prolongement de la réduction du coût du travail et de la fin du caractère obligatoire des 35 heures (pour lesquels nous militons depuis des années), la France doit également remédier au plus vite à l'autre grand handicap de son marché du travail : une rigidité et une complexité sans égal. Pour l'illustrer, un simple fait vaut mieux que de longs discours : déjà épais de 2 600 pages en 2005, le code du travail français compte actuellement environ 3 500 pages, contre environ 100 pages en Suisse et 500 en Allemagne. Évidemment, en lisant ces quelques lignes, certains ne manqueront pas de crier à la manipulation ou encore à la promotion de l'ultralibéralisme. Ils sont malheureusement, parfois bien malgré eux, le reflet des archaïsmes qui ont fait passer la France du statut de puissance de premier plan à celui de pays en déclin. Bien sûr, les salariés doivent être défendus. Il existe aussi des patrons voyous à la cupidité débordante. Il ne s'agit néanmoins que d'exceptions qui confirment la règle : la création d'emplois dans l'Hexagone est structurellement freinée par un marché du travail trop rigide qui exerce une pression réglementaire souvent insupportable, en particulier pour les PME. Il est donc grand temps de mettre fin à la dictature d'un code du travail prohibitif et d'une inspection du même nom qui voit toutes les entreprises comme esclavagistes. Ne l'oublions jamais : ce sont les entreprises qui créent des emplois et pour qu'elles le fassent il faut instaurer des conditions favorables. Alors écrivons-le sans détour : la « loi travail » de l'actuel gouvernement, qui ne verra d'ailleurs certainement jamais le jour en l'état, n'est qu'une réformette. Voici ce que serait une vraie réforme structurelle du marché du travail...
L'humeur de la semaine - 04 mars 2016
Il s'agissait d'une des principales craintes que nous formulions il y a presque dix ans. C'est désormais chose faite : déflation, croissance zéro, taux d'intérêt négatifs, trappe à liquidités. Tous les maux économiques que nous espérions cantonnés à l'Archipel nippon sont désormais chez nous, en France, dans la zone euro et peut-être bientôt dans l'ensemble du monde occidental. Autrement dit, nous n'avons pas su tirer les leçons des erreurs japonaises et sommes tombés dans les mêmes pièges. Nous n'avons pas su comprendre et admettre que si le Japon, pourtant superpuissance des années 1980, était tombé de son piédestal, une telle déchéance serait encore plus douloureuse pour nous. En effet, les mêmes erreurs ont été commises : arrogance, dogmatisme, politique monétaire trop restrictive, taux de change surévalué, explosion de la dette publique et le tout couronné par une croissance structurellement molle. Pire, la faiblesse des taux monétaires et l'utilisation massive de la « planche à billets » n'ont pas produit les effets escomptés. A tel point que « l'alignement des planètes » de l'an passé n'a pas réussi à restaurer une croissance forte et durable. En fait, à l'instar du Japon mais avec dix ans de retard, la zone euro, la France, voire les Etats-Unis, se sont enfoncés dans une « trappe à liquidités » de plus en plus dangereuse, qui ne fait qu'alimenter une bulle obligataire sans soutenir l'activité économique. Cerise sur ce gâteau empoisonné, la déflation est aussi de retour en Europe, seulement un an après l'avoir quittée et n'est pas près de disparaître. Il faut donc se rendre à l'évidence : le modèle japonais de la déflation s'est bien imposé, avec les dégâts durables que cela engendre, notamment en termes de chômage et de faiblesse des revenus et par là même de risque sociétaux...
L'humeur de la semaine - 26 février 2016
Mais quelle mouche a-t-elle bien pu piquer nos amis anglo-saxons ? Que ce soit outre-Manche, avec la tentation du Brexit, ou outre-Atlantique, avec la montée en puissance de Donald Trump dans la course à la présidentielle, un vent protectionniste, voire isolationniste, semble effectivement s'imposer progressivement. Comment en-est-on arrivé là et surtout, comment allons-nous en sortir ? Car, ne nous leurrons, si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne à l'issue du référendum du 23 juin et/ou si Donald Trump est élu Président des Etats-Unis en novembre prochain, en appliquant son programme à la lettre, la planète connaîtra un chamboulement majeur, tant d'un point de vue géopolitique qu'économique ou encore financier.Autrement dit, si, pour le moment, les marchés, investisseurs et entreprises sont, à juste titre, inquiétés par le ralentissement de la croissance mondiale, l'évolution des cours pétroliers et les risques d'attentats, l'occurrence de ces deux évènements pourrait bien constituer le danger principal de l'année 2016. Et une fois encore l'origine première de cette menace réside dans la faiblesse de l'Europe qui, après avoir été la réalisation phare de la seconde partie du vingtième siècle, est redevenue le parent pauvre de la planète, à la fois sur le front de la création de richesses, mais aussi sur celui de la stabilité politico-sociétale et de la lutte contre les extrémismes. Pour éviter le pire, il est donc urgent de réformer en profondeur l'Europe et la zone euro pour en faire des machines à croissance et à emplois. C'est seulement à ce moment-là qu'elles pourront chasser les peurs et redevenir des terres d'immigration fertile. De même, en augmentant la pression fiscale et en accroissant des dépenses publiques inefficaces, Obama a en partie cassé le rêve américain, ouvrant la porte aux tentations protectionnistes et au repli sur soi. Comme dit le proverbe chinois : « Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres des moulins. » Espérons que, des deux côtés de l'Atlantique, les dirigeants et les peuples sauront faire le bon choix. Sinon, il faut se préparer à des lendemains bien plus difficiles que ceux que l'on peut imaginer aujourd'hui.
L'humeur de la semaine - 18 février 2016
Quatre banques italiennes au bord de la faillite, 200 milliards d'euros de créances douteuses pour l'ensemble du système bancaire transalpin, résultats décevants pour de nombreuses banques européennes et notamment pour la Société Générale, risques de défaut grandissants à travers la planète eu égard au ralentissement de la croissance mondiale… Il n'en a pas fallu plus pour susciter un mouvement de panique boursière sur de nombreuses banques, en particulier en Europe. Sur la seule journée du 11 février, le cours de la Société Générale a ainsi perdu 12,6 %, subissant alors un plongeon de 33,6 % depuis le début 2015 ! Et ce n'est pas la remontée des jours suivants qui a permis de rassurer les investisseurs. Même si nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la faillite de Lehman Brothers, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste très fragile, notamment parce qu'il est menacé par une nouvelle phase d'aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains mois. En effet, en dépit des apparences et des promesses de bonne gestion, « le ménage » n'a pas forcément été bien fait dans de nombreuses banques européennes. Certes, ces dernières bénéficient de l'aide pléthorique de la BCE, notamment depuis la fin 2011 avec le début des opérations non-conventionnelles, ensuite de 2012 à 2015 avec les baisses du taux refi, désormais à 0,05 %, et enfin avec la « planche à billets » de 60 milliards d'euros par mois depuis mars 2015. Cependant, au-delà de ces cadeaux sans limite, les banques européennes doivent faire face à trois handicaps majeurs. Primo, des règles prudentielles de plus en plus contraignantes. Secundo, une croissance économique historiquement faible, en dépit d'un léger rebond l'an passé, qui est d'ailleurs déjà en train de s'étioler. Tertio, la baisse excessive des taux d'intérêt des obligations d'Etat. Mais ce n'est pas tout ! Car, pour le moment cet équilibre très fragile ne prend absolument pas en compte le risque de réactivation de la crise de la dette publique. Dans ce cadre, même si, pour l'instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d'une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu'après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2018.
L'humeur de la semaine - 12 février 2016
Certains appellent cela un « flight to quality ». En fait, il s'agit plutôt d'un « flight to irrationality ». En effet, après avoir touché des plus bas historiques en avril 2015, puis être remonté significativement jusqu'à l'automne dernier, les taux d'intérêt à dix ans des obligations des principaux Etats occidentaux ont ensuite repris le chemin de la baisse. Depuis quelques semaines, ce repli s'est transformé en effondrement, avec souvent le retour de taux d'intérêt négatifs sur des échéances plus courtes. Pour les échéances de deux à six ans, les « bonds » de l'Etat français offrent même des rendements négatifs. En d'autres termes, il faut désormais payer pour avoir le privilège de prêter à l'Etat français. Et ce, en dépit d'une dette publique de près de 100 % du PIB, de l'incapacité de réduire le déficit public sous les 3 % du PIB et des nombreux risques qui pèsent sur l'avenir économique et politique de la France. Le pire est que cette baisse des taux, qui s'apparente plus à une « descente aux enfers » qu'à un mouvement salutaire, apparaît « normale » pour certains. Selon eux, elle serait liée à un mouvement d'afflux vers la qualité en provenance des marchés boursiers qui chutent fortement vers les marchés des obligations d'Etat a priori « plus sûrs ». Et c'est bien là que le bât blesse, car si la probabilité de défaut d'un Etat occidental dans les dix prochaines années est relativement faible, celle de la remontée des taux longs à ce même horizon est beaucoup plus élevée, rendant donc inévitables des moins-values conséquentes sur les placements obligataires. Autrement dit, en dépit de l'aveuglement collectif, depuis les investisseurs chevronnés jusqu'aux petits épargnants en passant par la BCE, nous continuons de défendre que des taux d'intérêt des obligations de l'Etat français, mais aussi de l'ensemble des pays de la zone euro, aussi bas ne sont pas normaux. Dès lors, si, malgré les évidences, certains préfèrent encore acheter ce type de produits, il ne faudra pas venir se plaindre lorsque le krach obligataire s'installera…
L'humeur de la semaine - 05 février 2016
C'est bien connu : lorsque les êtres humains sont perdus, ils regardent vers le ciel et cherchent des solutions pour retrouver leur chemin. De même, en économie et sur les marchés financiers, lorsque rien ne va plus et que les boussoles usuelles ne fonctionnent pas, il est fréquent de se retourner vers les astres. Malheureusement, ce comportement un peu désespéré est souvent de mauvais augure. Ainsi, l'an passé, pour essayer de se réconforter, les Eurolandais ont mis en exergue le fameux « alignement des planètes », censé leur permettre de retrouver la voie de la croissance forte. Il s'agissait effectivement de la conjonction de cinq éléments particulièrement favorables : la baisse des cours des matières premières, et notamment du pétrole, la dépréciation de l'euro, la baisse des taux d'intérêt des obligations d'Etat, l'avènement d'un taux refi de la BCE de 0,05 % et, enfin, la « planche à billets » de la même BCE, qui, depuis mars 2015, injecte 60 milliards d'euros chaque mois dans le circuit financier. Grâce à ces exceptionnels « cadeaux du ciel », la croissance eurolandaise et celle de la France auraient donc dû flamber. Selon nos calculs, ces cinq éléments avaient le pouvoir de doper celles-ci vers les 3 %. Magnifique ! Seulement voilà, bien loin de ce niveau potentiel, la croissance n'a été que de 1,1 % dans l'Hexagone et d'au mieux 1,5 % dans la zone euro. Et ce, pour la simple raison que la croissance structurelle de la France et de la zone euro n'est que d'environ 0,7 %. Pire, à présent que les planètes se désalignent, que les effets positifs de la faiblesse des taux d'intérêt monétaires et obligataires et de la planche à billets s'émoussent, se noyant dans une « trappe à liquidités » déconcertante, les économies de la France, de la zone euro et de l'ensemble de ses membres ne pourront que ralentir en 2016. Pour ne rien arranger, elles pâtiront également du ralentissement de la croissance mondiale, et notamment de celle des pays émergents, à commencer par la Chine, qui n'a plus la force de croître à un rythme supérieur à 6,5 %. Ce qui nous amène de nouveau dans les étoiles, ou plutôt dans l'astrologie, puisque, selon le calendrier chinois, l'année qui va débuter le 8 février 2016 sera celle du singe de feu. Tout un programme !
L'humeur de la semaine - 28 janvier 2016
Avez-vous déjà demandé à des travailleurs chinois, brésiliens, américains ou à des cadres français du secteur privé ce qu'ils pensaient des 35 heures ? Dans la majeure partie des cas, ils vous répondront en substance : « c'est déjà ce que nous faisons, mais en trois jours… » Disons-le sans détour : pour réduire le chômage en France, il faudra bien sûr générer une croissance plus forte, rendue possible par notre « thérapie de choc », mais aussi moderniser le marché du travail. Cela passera notamment par la réduction des charges qui pèsent sur l'emploi, la simplification drastique du code du travail, la limitation de la période d'indemnisation du chômage à un an et la suppression du caractère obligatoire des 35 heures. Ne nous berçons pas d'illusions : sujet polémique par excellence depuis leur création et remis dernièrement au goût du jour par MM. Macron, Valls et Badinter, les « 35 heures » ont et vont encore faire couler beaucoup d'encre. Car si les 35 heures avaient été accompagnées d'une forte baisse du chômage et d'importantes créations d'emplois, leurs effets négatifs auraient pu être dilués. Or tel n'a pas été le cas, pour la simple raison que les 35 heures ont augmenté le coût du travail et réduit par là même l'appétence pour la création d'emplois. Le vrai problème des 35 heures réside dans son caractère rigide et autoritaire. À la rigueur, si une entreprise réussit à utiliser les 35 heures pour annualiser le temps de travail et augmenter les gains de productivité, pourquoi pas ? En revanche, pour de très nombreuses entreprises et en particulier les PME, elles ne sont pas applicables sans dommages collatéraux sur la rentabilité et in fine sur l'emploi. Enfin, les 35 heures ont des effets négatifs sur de nombreux salariés, qui doivent augmenter leur productivité, sans accroissement de leurs salaires nets. Pour être plus juste, il faudrait leur donner le choix à tous, en accord avec leur direction : travailler plus de 35 heures et gagner davantage, ou garder les 35 heures mais être payé en conséquence. Il ne s'agit pas là d'ultra-libéralisme, mais simplement de bon sens économique.
L'humeur de la semaine - 21 janvier 2016
Qu'est-ce qui peut bien réunir deux évènements aussi éloignés que la publication des comptes nationaux chinois et le « plan d'urgence pour l'emploi » de François Hollande ? La réponse est malheureusement simple : le déni de réalité. En effet, alors que les principaux indicateurs avancés de l'activité économique de l'Empire du milieu faisaient état d'une quasi-récession, le PIB chinois a progressé de 1,6 % au quatrième trimestre 2015, enregistrant un glissement annuel de 6,8 %, soit seulement 0,1 point de moins qu'au trimestre précédent. S'il s'agit bien d'un plus bas depuis le premier trimestre 2009, nous sommes donc loin de la bérézina que pouvaient laisser envisager les derniers indices des directeurs d'achat à 48,2 dans l'industrie et 49,4 dans les services, c'est-à-dire bien en-deçà de la barre des 50 censée représenter la frontière entre la progression et le recul de l'activité. En d'autres termes, soit les enquêtes Caixin Markit des directeurs d'achat sont fausses, soit les comptes nationaux du Bureau national des statistiques de Chine « ne nous disent pas tout »… Des « esprits malveillants » pourraient nous dire que tout le monde sait que les statistiques chinoises sont fausses, qu'elles sont dictées par le gouvernement et que rien de tel ne pourrait se produire dans des pays occidentaux démocratiques, notamment en Europe et en particulier en France. Que nenni ! Ainsi, sans même remonter aux acrobaties régulières de l'INSEE, le Président de la République française nous a encore montré lundi dernier, avec son « plan d'urgence pour l'emploi » qu'il était au moins aussi fort que son homologue chinois Xi Jinping. En effet, plutôt que d'affronter la réalité en face et d'engager une profonde réforme du marché du travail, condition sine qua non pour faire enfin baisser le chômage, ce énième plan « de la dernière chance » s'est contenté de contourner les obstacles et de faire primer le marketing sur le courage économico-politique. Pour être clair et direct, au risque de faire de la peine à certains : ce plan représente avant tout des soins palliatifs mais pas un traitement préventif du fléau du chômage...
L'humeur de la semaine - 15 janvier 2016
C'est vraisemblablement devenu un mal français : depuis au moins quinze ans, chaque début janvier, les dirigeants du pays annoncent que l'année à venir sera meilleure que la précédente, que la croissance économique va s'intensifier et susciter une forte baisse du chômage. En vain. Malheureusement, cette nouvelle année ne déroge pas à cette triste règle. Ainsi, en dépit des nuages qui s'amoncellent, le gouvernement s'obstine à annoncer une croissance française de 1,5 % en 2016, qui permettrait de faire (enfin !) baisser le chômage et de remplir les objectifs de réduction des déficits publics. Soyons clairs et directs : non seulement, cette prévision ne sera pas atteinte, mais, qui plus est, la croissance du PIB français en 2016 sera, selon nos estimations, de 0,7 %. Nous sommes donc au regret d'annoncer que, compte tenu de cette faiblesse de l'activité, le chômage réel continuera d'augmenter. Dans ce cadre, le taux de chômage devrait encore se rapprocher des 11 % en catégorie A et des 23 % toutes catégories confondues. Dès lors, même si le gouvernement augmente encore les dépenses publiques, soi-disant pour des questions sécuritaires, mais surtout pour des motifs électoralistes, les revenus et la consommation des ménages resteront moribonds. Parallèlement, compte tenu du dérapage des dépenses publiques et des moindres recettes fiscales liées à l'état décevant de la croissance, de l'investissement et de la consommation, le déficit public devrait rester proche des 4 % du PIB et la dette publique avoisiner les 100 %. En d'autres termes, et même si nous aimerions sincèrement annoncer le contraire, l'économie française se portera moins bien en 2016 qu'en 2015. Et il ne s'agit évidemment pas là de « french bashing », mais simplement de réalisme économique.
L'humeur de la semaine - 08 janvier 2016
Les années de « vaches grasses » sont bel et bien terminées sur les marchés boursiers internationaux. A commencer par le leader d'entre eux, en l'occurrence celui de l'Oncle Sam. Ainsi, après quasiment sept années de croissance continue, le Dow Jones a baissé de 5,2 % sur les quatre premiers jours de 2016, de 7,7 % depuis le début décembre 2015 et de 9,8 % depuis le sommet du 19 mai 2015. Bien entendu, cette baisse apparaît bien mince comparativement à la flambée de 179,7 % enregistrée entre le point bas du 9 mars 2009 et le point haut de mai 2015. De plus, en dépit de la chute des derniers mois et surtout de la semaine écoulée, le Dow Jones affiche encore une progression de 16,6 % par rapport à son précédent sommet du 9 octobre 2007, dernier pic avant l'effondrement lié à la crise des subprimes, puis à la faillite de Lehman Brothers et à la récession de 2008-2009. Autrement dit, la récente correction baissière du Dow Jones reste encore très relative comparativement aux performances des dernières années. Ce qui n'est malheureusement pas le cas pour le Cac 40. Les « performances » de l'indice parisien sont effectivement bien tristes : - 5 % sur les quatre premiers jours de 2016, - 11,2 % depuis début décembre 2015, - 28,6 % depuis le sommet de juin 2007 et - 36,4 % depuis le pic de septembre 2000. Des baisses qu'il faudra encore aggraver d'au moins 10 % dans les prochains mois. De quoi rappeler que même sur le long terme, la bourse n'est pas assurée d'une tendance haussière, surtout dans l'Hexagone. En fait, la dégringolade actuelle n'est que le prolongement du krach de l'été dernier. Elle est d'ailleurs liée à la même cause, en l'occurrence le ralentissement de l'économie chinoise et du monde émergent dans son ensemble. Cette tempête devrait au moins durer jusqu'à l'été prochain, avec des hauts et des bas, mais une tendance durablement baissière. Voici pourquoi...
L'humeur de la semaine - 31 décembre 2015
Désordres géopolitiques, menaces d'attentats, ralentissement économique mondial, récession dans certains pays émergents, marchés financiers sens dessus dessous… L'année 2016 n'a pas encore commencé qu'elle se présente déjà comme celle de tous les dangers. Pire, plutôt que d'intégrer tous ces risques dans leurs prévisions économiques, la grande majorité des gouvernements (notamment aux Etats-Unis, au Japon et en Europe, avec une mention spéciale pour la France), mais aussi des instituts de conjoncture ou encore des institutions économico-financières internationales préfèrent se voiler la face et annoncer que 2016 sera meilleure que 2015 en matières de croissance et d'emplois. Aussi, à côté des dangers évoqués plus haut, l'un des grands risques de l'année à venir réside dans la déception que ces prévisions fantaisistes vont forcément susciter. D'ores et déjà, les derniers indicateurs avancés de l'industrie des Etats-Unis indiquent que cette dernière est au bord de la récession. Dès lors, il est clair que la croissance américaine ralentira nettement, passant de 2,4 % en 2015 à 1,6 % cette année. Dans ce contexte de récession dans les pays producteurs de matières premières et de ralentissement aux Etats-Unis, il est clair que la Chine, l'Inde et la zone euro connaîtront également une nette décélération économique en 2016, avec des croissances de respectivement 5,7 %, 6,2 % et 0,9 %, contre 6,8 %, 7 % et 1,4 % en 2015. Et ce n'est évidemment pas le Japon, avec une croissance stabilisée à 0,7 %, qui permettra d'inverser la tendance. C'est alors qu'intervient un autre grand risque de l'année à venir. En l'occurrence, l'absence de marge de manœuvre en matières de politiques budgétaires et monétaires. Pour toutes ces raisons, nous sommes donc contraints d'annoncer que l'année 2016 sera plus difficile que 2015. Et si la récession mondiale sera vraisemblablement évitée, certains pays continueront de pâtir d'une croissance molle et d'un chômage élevé, à commencer par la France. Les marchés boursiers resteront donc affectés par une forte volatilité, avec néanmoins, comme en 2015, une tendance légèrement baissière. Good luck !
L'humeur de la semaine - 24 décembre 2015
Lorsqu'au début 2015, nous intitulions notre article de prévisions annuelles « Perspectives 2015 : Dangerous ! », nous étions souvent perçus comme excessivement prudents, pour ne pas dire pessimistes. A l'époque, les consensus des économistes et des marchés faisaient effectivement état d'une année 2015 tout en rose, avec une croissance mondiale forte, des indices boursiers flamboyants et très peu de nuages. Au terme de cette année, force est de constater qu'une fois encore le consensus a eu tort. Certes, à l'aune des catastrophes économiques, financières, géopolitiques et terroristes qui ont jalonné ces douze derniers mois, cela aurait pu être encore pire. Pourtant, la réalité est sans appel : l'économie planétaire, les marchés financiers internationaux et le monde dans ensemble finissent l'année 2015 bien plus mal qu'ils ne l'avaient commencée. Attentats, énième crise grecque, crise chinoise, bulles financières, krach boursier, ralentissement de la croissance mondiale au plus bas depuis 2009... Autant d'évènements qui ont marqué et plombé l'année 2015. Mais il y a encore plus inquiétant, car, en cas de nouveau ralentissement et a fortiori de nouvelle crise économique, financière ou géopolitique, les autorités monétaires et budgétaires de la plupart des pays développés ne disposent d'aucune marge de manœuvre pour relancer la machine. C'est pour toutes ces raisons que l'année 2015 restera celle qui a vu le monde et les marchés passer du rêve au cauchemar. Bonnes fêtes quand même…
L'humeur de la semaine - 18 décembre 2015
A la différence de Mario Draghi qui n'a pas hésité à décevoir les marchés le 3 décembre dernier, en refusant d'augmenter le montant d'une « planche à billets » bien peu efficace, Janet Yellen a préféré caresser les investisseurs dans le sens du poil, quitte à nuire à sa crédibilité. Ainsi, sans surprise, la Réserve fédérale américaine a remonté son taux objectif des federal funds de 25 points de base, se situant désormais entre 0,25 % et 0,50 %, juste pour le symbole, donc pour rien. De plus, selon les propres termes de la Fed et de sa présidente, les futures hausses des taux seront « graduelles », confirmant que la politique monétaire américaine restera encore accommodante pendant « un certain temps ». Il n'en a pas fallu plus pour permettre aux marchés boursiers de retrouver leur flambée spéculative, soulagés par la parcimonie de Janet Yallen. Cependant, une fois l'euphorie du moment passée, les investisseurs ne tarderont pas à se rendre compte que la prudence de la Fed est loin d'être une bonne nouvelle. En effet, cette stratégie est avant tout justifiée par l'état préoccupant de l'économie américaine, qui commence à ralentir significativement. Par ailleurs, la volte-face particulièrement rapide de la politique monétaire américaine ne manquera pas de nuire à la crédibilité de la Fed et de Janet Yellen, jouant par là même à la baisse sur les marchés boursiers. A l'évidence, la volatilité de ces derniers n'est pas près de s'estomper.
L'humeur de la semaine - 11 décembre 2015
12 février 2018. Paris. 8 h. Encore une journée difficile qui s'annonce pour la France et sa Présidente Marine Le Pen : dégradation des obligations de l'État français au rang de « junk bonds » (obligations pourries), taux de chômage à 25 %, émeutes à répétition dans tout le pays, mise en garde de l'ONU. Depuis l'arrivée en tête de la patronne du RBM (Rassemblement bleu marine) au premier tour des élections présidentielles de mai 2017, tout est allé très vite. Pourtant, les politologues en tout genre étaient formels : si cette percée du RBM était inévitable, compte tenu de la faible popularité de François Hollande mais aussi de la multiplicité des candidatures à droite, elle devait être balayée rapidement par le fameux sursaut républicain du second tour de la présidentielle. Seulement voilà, comme souvent, le consensus a eu tort et ce sursaut n'a pas eu lieu. Grâce à l'adoucissement de son discours, au ralliement de nombreuses personnalités de tous bords, mais aussi à la prestation calamiteuse de François Hollande lors du débat de l'entre-deux-tours, la présidente du RBM l'a emporté avec plus de 51 % des voix. Dès le lendemain de cette victoire, la note de la dette publique française, déjà nettement abaissée auparavant, est passée de B à C. Marine Le Pen avait été élue pour sortir la France de la zone euro, elle se devait de tenir sa promesse, quitte à engager le pays et l'ensemble de l'Europe dans une crise, politique, financière, économique et sociale, historique. Réveillez-vous ! Nous sommes encore en 2015. Toutes ces horreurs ne sont qu'un cauchemar, mais qui peut tout à fait devenir réalité, comme le montrent les résultats du premier tour des régionales, qui ne sont d'ailleurs que la conséquence du manque de courage des dirigeants politiques français, qui, depuis plus de vingt ans, ont refusé de réformer et de moderniser l'économie et la société françaises. S'ils avaient été à la hauteur, nous n'en serions certainement pas là aujourd'hui. Aussi, pour éviter que la France plonge dans un chaos dramatique, il ne nous reste plus beaucoup de temps et peu de solutions. Pour guérir la France de ses maux économiques et sociaux, il faut absolument adopter une thérapie de choc. Mais attention, cette dernière doit être appliquée rapidement. En 2017, il sera trop tard. Et le pire sera inévitable.
L'humeur de la semaine - 04 décembre 2015
Ce qui frappe dans le comportement récent des principaux banquiers centraux de la planète est certainement leur grand désarroi. En effet, que ce soit Janet Yellen aux Etats-Unis, Mario Draghi dans la zone euro ou encore Haruhiko Kuroda au Japon, leurs récentes décisions et déclarations montrent qu'ils ne semblent pas savoir où ils vont et surtout là où ils veulent nous mener… Ainsi, lors de sa réunion du 3 décembre, la BCE s'est contenté du « service minimum », en l'occurrence prolonger la « planche à billets » mais sans augmenter son montant mensuel (60 milliards d'euros) et abaisser de seulement 0,1 point le taux de dépôt à - 0,3 %. Les marchés, qui pensaient majoritairement que « Super Mario » allait encore sortir l'artillerie lourde, ont donc de quoi être déçus. Pour autant, Draghi ne fait que rappeler que les effets de la « planche à billets » sur l'activité économique et les prix sont par nature limités. Celle-ci ne fait effectivement qu'alimenter une bulle boursière et obligataire, sans relancer la croissance et encore moins l'inflation. Autrement dit, il y a bien un pilote dans l'avion, qui sait piloter et qui est en possession de tous ses moyens, mais qui doit faire face à un avion défectueux. A l'impossible nul n'est tenu. Et c'est certainement cet aveu d'impuissance qui fait peur aux investisseurs. Il en est d'ailleurs de même avec la Présidente de la Fed, qui vient d'annoncer qu'une hausse du taux objectif des federal funds était imminente, tout en se montrant prudente sur l'avenir de l'économie américaine. Troublant paradoxe ! Cela commence donc à devenir vraiment inquiétant, car en plus du manque de vision et souvent de l'incompétence des dirigeants politiques des grands pays occidentaux depuis une quinzaine d'années, il faut aussi composer avec le désarroi et l'impuissance des banquiers centraux. Seule consolation, ces derniers ne sont plus des faucons, mais des colombes. En ces temps troublés, tout réconfort est bon à prendre…
L'humeur de la semaine - 26 novembre 2015
Depuis les attentats atrocement meurtriers du 13 novembre à Paris, puis ceux de Hanovre évités de justesse, tout comme ceux de La défense déjoués également in extremis grâce à l'assaut militaire de Saint-Denis du 18 novembre et, enfin, avec le « couvre-feu » de quatre jours décrété à Bruxelles, la France et l'Europe vivent dans la peur. Une peur qui se généralise à travers le monde, comme en témoignent les attentats de Bamako et ceux de Tunis ou encore la destruction d'un avion de combat russe par l'armée de l'air turque, qui aurait pu déboucher sur une escalade militaire et pourquoi pas déclencher le début de la troisième guerre mondiale, qui, à entendre certains, aurait d'ailleurs déjà commencé… A l'évidence, les dernières nouvelles de la planète sont guère réjouissantes et risquent de donner envie à certains de baisser les bras, en sombrant dans un pessimisme démesuré. Si la tentation de noircir le tableau est évidemment forte voire pratique pour certains, elle serait inévitablement la pire des solutions. Non seulement, parce qu'elle constituerait ce que souhaitent justement les terroristes de Daech et d'ailleurs. Mais aussi, parce qu'elle pourrait entraîner l'économie mondiale dans une spirale récessive dramatique. Ce qui tomberait particulièrement mal pour la zone euro qui vient tout juste de retrouver le chemin de la croissance. Pire, après huit ans de crise, la zone euro, mais aussi de nombreux pays occidentaux tels que les Etats-Unis et le Japon ont utilisé toutes leurs cartouches et ne pourraient pas supporter un nouvel accès de faiblesse, pour la simple raison qu'ils ne disposent d'aucune marge de manœuvre pour relancer la machine. Il faut donc être honnête : si le climat de peur perdure, la croissance sera amputée d'au moins 0,4 point dans l'Hexagone et l'UEM. Certes, la résilience de la croissance française face aux attentats et aux menaces terroristes est possible. Mais à quelques conditions : que les Français soient mentalement forts, qu'ils comprennent que les crises sont toujours des phases d'opportunité, qu'ils ne comptent pas trop sur les dépenses publiques pour les sauver et qu'ils préfèrent investir et consommer plutôt que se terrer dans la peur et l'épargne. En deux mots : carpe diem !
L'humeur de la semaine - 20 novembre 2015
Face à la barbarie et à l'horreur des attentats du 13 novembre 2015, mais aussi de tous ceux qui ont ensanglanté le monde depuis des années, il est particulièrement difficile d'écrire et de parler d'économie. Et pour cause : face à ce type de drames humains, mais aussi lorsque la sécurité des citoyens est menacée et a fortiori si elle ne paraît plus assurée, tout s'arrête. A commencer par l'activité économique. Il n'y a qu'à « se balader » dans les rues presque vides de Paris pour se rendre compte que la psychose est bien là et qu'elle limitera forcément la confiance et les dépenses de consommation des Français pendant au moins plusieurs semaines, en espérant qu'un nouveau drame ne se produise pas d'ici là. Pour autant, comme l'écrivait Misha Defonseca : « La peur n'évite pas le danger, le courage non plus. Mais la peur rend faible, et le courage rend fort. » Aussi, même si rien ne sera certainement plus jamais comme avant, il faut avoir le courage de se relever, de regarder la réalité en face et de continuer à dire la vérité, tout en faisant notre métier en toute honnêteté. Et cela passe notamment par répondre aux questions qui nous ont été posées dernièrement, sans polémique mais avec franchise. C'est ce que nous nous proposons de faire dans cette « humeur ». Première question : est-il possible de mesurer l'impact économique des attentats du 13 novembre ? Toutes choses égales par ailleurs, une telle décélération de l'activité nationale pendant trois mois pourrait coûter entre 0,3 et 0,6 point de PIB. Ce n'est évidemment pas dramatique, mais cela représente environ la moitié de la croissance française annuelle. De quoi rappeler qu'une croissance structurelle molle est un véritable handicap. D'où une deuxième grande question : l'Etat peut-il inverser la tendance ? Malheureusement non ! En fait, le manque de courage des dirigeants politiques français qui n'ont cessé de se voiler la face tant en matière de modernisation de l'économie française que de menaces terroristes internes depuis de trop nombreuses années commence vraiment à se payer très cher. Espérons donc qu'enfin le courage finira par dominer la peur…
L'humeur de la semaine - 13 novembre 2015
Le filon a beau être archi-connu, il fonctionne toujours ! Non il ne s'agit pas d'une chronique sur le refus des Grecs de tenir leurs promesses après qu'ils aient reçu l'aide financière des Européens. Ni sur l'europhobie, certes de plus en plus marquée, des Britanniques. Ni même du dernier James Bond, qui vient de faire renaître le Spectre, 53 ans après sa première apparition dans un film de 007. Car, si tous ces filons ont bien été utilisés à l'excès, il y en a un qui bat tous les records, en l'occurrence le maquillage de la variation du PIB français. En effet, comme cela s'observe régulièrement depuis 2011, le PIB français a miraculeusement augmenté grâce à l'opération magique de la formation de stocks. Et cette fois-ci, l'INSEE n'y est allé avec le dos de la cuillère. En effet, cette variable d'ajustement qu'est la formation de stocks a contribué à hauteur de 0,7 point à la croissance française du troisième trimestre 2015. Un plus haut depuis le fameux premier trimestre 2011, au cours duquel le PIB français avait flambé de 1,1 %, mais reculé de 0,1 % hors stocks. Il faut d'ailleurs noter qu'une contribution aussi forte de ces derniers à la variation du PIB français n'a été observée qu'à trois reprises depuis 1996 : au quatrième trimestre 2009, en 2011 et donc aujourd'hui. Trois fois en 20 ans, c'est dire l'ampleur de l'arnaque ! Dans ce cadre, ne nous leurrons : la croissance française ne dépassera pas 1,1 % cette année et repassera sous la barre du 1 % l'an prochain, à 0,8 % selon nos prévisions. La question reste simplement de savoir, qui, à part votre serviteur et quelques autres adeptes du réalisme économique, osera dire la vérité ? Non pas pour se faire plaisir ou se faire remarquer, mais simplement pour sauver la France de sa léthargie. Car ne l'oublions pas, la France est un pays formidable, mais, de la même manière que tout filon finit par s'user, à force de tirer sur la corde de l'économie française, que ce soit en matière de pression fiscale sur les entreprises et les ménages, de rigidités, notamment sur le marché du travail ou encore de liberté de penser, cette corde finira également par se casser…
L'humeur de la semaine - 06 novembre 2015
L'humeur de la semaine - 30 octobre 2015
Même si l'année est loin d'être terminée et pourrait encore réserver quelques surprises, 2015 se présente d'ores et déjà comme l'année de tous les extrêmes sur les marchés boursiers. Et pour cause : sommets, parfois historiques (notamment pour le Dow Jones et le Dax) au printemps, krach à l'été et montagnes russes depuis. La principale raison de cette volatilité extrême réside dans l'évolution de la croissance mondiale. Cette dernière est effectivement passée de 3,4 % en 2014 à environ 2,8 % cette année et semble se diriger vers les 2,4 % l'an prochain. Si la récession n'est donc toujours pas à l'ordre du jour, cette nette décélération appelle forcément une correction boursière. Depuis leur sommet du printemps dernier et jusqu'à la fin de l'année 2015, les grands indices boursiers occidentaux devraient ainsi enregistrer une baisse de l'ordre de 10 %. La question reste donc de savoir si cette correction baissière va ensuite se poursuivre ou laisser place à un rebond qui ouvrirait la porte à de nouveaux sommets historiques. Selon nous, la première solution devrait l'emporter dans un premier temps, en attendant une reprise plus nette fin 2016. Pour le Cac 40, ce canal ira de 4 200 à 4 800, avec de possibles dépassements vers les 4 000 à la baisse et les 5 000 en phase de hausse. Pour le Dow Jones, cet intervalle devrait s'étendre de 15 800 à 18 500. Autrement dit, l'ensemble des risques qui pèsent sur la sphère économico-financière internationale doit nous rappeler qu'il faut rester prudent et faire des allers-retours réguliers pour éviter de « rester collés »… Bonne chance !
L'humeur de la semaine - 23 octobre 2015
Que de mensonges et de faux-semblants devons-nous affronter depuis tant d'années ! Si nous ne croyons absolument pas à la théorie trop pratique (car « déresponsabilisante », donc dangereuse) du complot, il faut néanmoins reconnaître qu'une grande partie des évolutions économico-financières de ces dernières années a été basée sur du vent. Pour autant, ces mensonges, manipulations et autres arnaques ne font que renforcer le rôle de l'économiste qui, bien loin de suivre bêtement le consensus, doit, au contraire, tout faire pour déceler et dénoncer au grand jour ces contre-vérités. Il est d'ailleurs instructif de noter que tous les faux-semblants de ces dernières années et ceux qui prévalent encore aujourd'hui demeurent largement décelables. A condition de bien vouloir ôter les lunettes déformantes de la pensée unique. Encore ces derniers jours, la Chine a annoncé que sa croissance avait à peine ralenti, passant de 7 % au deuxième trimestre 2015 à désormais 6,9 %. Une résistance particulièrement arrangeante pour les marchés mais aussi très étonnante au regard de l'effondrement des indices des directeurs d'achat depuis six mois. Mais les mensonges d'Etat ne sont pas le simple fait de la Chine, ils sont également pléthore dans l'Hexagone. Cette semaine encore, on a voulu nous faire croire que les relations sociales étaient apaisées, que la retraite par répartition était aisément financée pendant les trente prochaines années ou encore que la situation dans les ZUS (zones urbaines sensibles) s'améliorait et que le chômage était en train de baisser. Y-a-t-il encore vraiment des personnes sérieuses pour croire à toutes ces inepties ? Espérons donc qu'un jour, les marchés, les investisseurs et les citoyens sauront prendre du recul et ne plus se faire avoir par des mensonges finalement très coûteux, imposant aux dirigeants de dire enfin la vérité. Pour ce faire, il faudra simplement retrouver un horizon temporel de moyen terme et sortir du court-termisme ambiant, car, comme le soulignait l'écrivain roumain Alexandru Vlahuta : « La vérité attend. Seul le mensonge est pressé ».
L'humeur de la semaine - 16 octobre 2015
Seulement deux ans après avoir fait paniquer les Etats-Unis, les marchés financiers et une grande partie de la planète, le « shutdown » (c'est-à-dire l'arrêt de l'administration fédérale américaine pour cause de dépassement du plafond autorisé pour la dette publique) est déjà de retour. S'il a pour l'instant été évité de justesse le 30 septembre dernier, le danger est toujours bien présent. Et pour cause : le Congrès a accepté in extremis le financement de l'État fédéral jusqu'au… 11 décembre 2015. Sept ans après la faillite de Lehman Brothers qui a plongé le monde dans sa plus grave crise financière, économique et sociale depuis le krach de 1929, les Etats-Unis sont donc encore à deux doigts de susciter un nouveau tsunami, qui, cette fois-ci, pourrait bien s'avérer fatal à l'économie internationale.
Car, en 2008-2009, en dépit des prévisions funestes de la quasi-totalité des économistes de la planète, le pire a bien été évité. En effet, grâce à une forte détente monétaire, à une relance budgétaire internationale de 5 000 milliards de dollars et à une « planche à billets » planétaire démesurée, la croissance mondiale a pu redémarrer dès la fin 2009, dépassant même les 5 % en 2010, pour, ensuite, se stabiliser autour des 3,5 % de 2011 à 2014.
Bien loin de la puissance de ces mesures considérables qui ont permis d'éviter le retour du spectre de 1929, la situation actuelle est bien différente. Et pour cause : les pays développés ont épuisé toutes leurs marges de manœuvre en matière de relance de l'activité. Autrement dit, si les Républicains et Barack Obama ne trouvent pas rapidement une solution pour relever le plafond de la dette et éviter un nouveau « shutdown », le monde connaîtra une crise type Lehman Brothers mais puissance dix, en trois mots : un véritable Armageddon...
L'humeur de la semaine - 08 octobre 2015
Le pouvoir des images est décidément impitoyable et souvent irréparable. Il y a quelques mois, Air France lançait une campagne de publicité tonitruante à travers le monde, qui, au dire de la compagnie aérienne française, voulait « réinventer la marque tout en contribuant à l'image de la France à l'international ». Vaste programme ! Axée sur la « séduction à la française », elle-même matérialisée dans le spot de pub par le fameux « french kiss », cette déferlante publicitaire avait pour slogan « France is in the air ». Quelques mois plus tard, le retour à la réalité est à la fois triste et violent. Ainsi, dans le sillage d'une forte détérioration du compte d'exploitation de la compagnie qui lui impose de réduire ses coûts, tous les efforts marketing développés depuis le printemps dernier ont été balayés en quelques minutes par une autre vidéo. Mais, cette fois-ci, pas de cabinet d'étude, de conseillers en communication, pas non plus de « french kiss » et encore moins de « love is in the air ». Et pour cause, le nouveau « clip » d'Air France dévoile la violente agression par des militants syndicaux de deux dirigeants de la compagnie, qui se retrouvent pour l'un sans chemise et face contre terre, pour l'autre avec une chemise déchirée et un visage ébouriffé. A l'évidence, le télescopage de ces deux séquences est affligeant et cruel. Non seulement parce qu'il sape des mois de travail et d'études marketing, sans oublier des millions d'euros de dépenses de communication, mais surtout parce qu'il ternit profondément l'image de la compagnie aérienne et plus globalement de la France. En effet, bien loin de l'objectif initial visant à mettre en avant le patrimoine hexagonal et la « french touch » à l'échelle internationale, cet épisode déplorable souligne qu'Air France mais aussi la France dans son ensemble sont au bord de la crise de nerfs, pour ne pas dire de la faillite sociétale. Et si cela continue, à défaut d'être « in the air », la France finira vraiment par sombrer dans un trou d'air (« air pocket » en anglais)…
L'humeur de la semaine - 01 octobre 2015
L'humeur de la semaine - 25 septembre 2015
Initié au printemps et concrétisé fin août, le krach boursier que nous annoncions pour le second semestre 2015 est bien en train de se poursuivre. En dépit de quelques séances de répit et de correction haussière, la tendance baissière ne cesse effectivement de se confirmer. Les évolutions des grands indices boursiers internationaux depuis leur plus haut annuel sont effectivement sans appel : - 39,2 % pour l'indice de Shanghaï, - 11,5 % pour le Dow Jones, - 23,6 % pour le Dax ou encore - 17,5 % pour le Cac 40. Les arguments justifiant cette déprime boursière ne manquent pas. Le plus déterminant réside dans le ralentissement de la croissance mondiale vers 2,8 % cette année et 2,4 % l'an prochain (selon nos prévisions), lui-même lié à la décélération de la croissance chinoise vers 5,5 % dès la fin 2015 et en 2016, mais aussi à la récession qui s'installe dans certains pays dits émergents. Dans le même temps, les pays dits développés n'ont absolument pas les moyens de compenser ces manques-à-gagner pour la croissance mondiale. Pire, ils sont eux aussi affectés par le ralentissement, voire par la baisse du PIB. Pour ne rien arranger, l'économie américaine apparaît menacée par deux voies : d'une part, celle de la décélération, d'autre part, celle d'une éventuelle remontée des taux directeurs de la Réserve fédérale. Cette dernière aurait bien entendu un effet pro-cyclique sur la croissance, mais confirmerait également l'erreur stratégique de Janet Yellen, qui n'a pas su remonter le taux objectif des federal funds à temps et qui se retrouve aujourd'hui coincée entre le marteau du ralentissement économique et l'enclume de la faible crédibilité. Dans ces conditions, il est de notre devoir de mettre en garde les investisseurs et les épargnants contre un risque élevé de tempêtes boursières récurrentes. Il en sera de même sur les marchés obligataires et de changes. Le tout étant évidemment animé par une très forte volatilité...
L'humeur de la semaine - 18 septembre 2015
Sans véritable surprise, la Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux directeurs inchangés, essayant de satisfaire les marchés (ce qui n'a d'ailleurs pas très bien fonctionné), mais au détriment de sa crédibilité. En fait, la Fed est tout simplement prise à son propre piège. En effet, compte tenu de la bonne santé de l'économie américaine depuis un an et demi et du retour du plein-emploi depuis bientôt un an, la Fed aurait dû remonter ses taux directeurs depuis plusieurs mois, ne serait-ce que pour se redonner une marge de manœuvre en cas de rechute de la croissance. Néanmoins, par crainte de susciter une panique boursière et/ou de fragiliser la croissance américaine, la Fed a préféré le statu quo monétaire. Mieux, ou plutôt pire, lors du FOMC du 17 septembre, la Présidente Janet Yellen a indiqué que la Fed ne resserrera pas son étreinte tant que l'inflation restera éloignée de la barre des 2 %. Dans la mesure où cette dernière n'est actuellement que de 0,2 % et où les risques de reflation sont particulièrement faible, cela signifie donc que le statu quo monétaire a encore de longs mois devant lui. Si cette stratégie a de quoi satisfaire les marchés qui pourront profiter d'un excès durable de liquidités à très bas coût, elle confirme que les Etats-Unis sont bien entrés dans une phase durable de « trappe à liquidités ». Cela signifie que les sommes injectées iront avant tout grossir les bas de laine ou encore alimenter la spéculation sur les marchés financiers.
L'humeur de la semaine - 11 septembre 2015
Elle n'aura lieu que du 30 novembre au 11 décembre prochain, mais la COP21 (la 21ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques) de Paris fait déjà grand bruit. Et pour cause : plus ça fait peur, plus ça marche ! Si vous avez aimé le krach Internet, si vous vous êtes passionnés pour les guerres en Afghanistan et en Irak, si vous avez été subjugués par la faillite de Lehman Brothers et la crise financière qui en a découlé, ou encore par les récentes crises grecques et chinoises, alors vous allez adorer les ravages causés par le réchauffement climatique. Le créneau est toujours le même : si vous avez survécu aux crises précédentes, celle que vous allez subir à présent sera encore pire. Bigre ! Ca fait froid dans le dos. Et cela tombe bien, car la crise qui se prépare est justement celle du froid, ou plutôt de l'absence de froid. Ainsi, le réchauffement climatique serait tel que les glaciers vont fondre complètement, que le trou de la couche d'ozone va encore s'élargir, que les terres vont être submergées, bref, les Mayas avec leur fin du monde en 2012 n'étaient finalement que des enfants de cœur… Mais attention à la désinformation ! Ainsi, nous le disons haut et fort : la décroissance n'a aucun sens. Elle constituerait même une catastrophe sociale. La solution est donc ailleurs. Car le seul moyen de réaliser une croissance durable dans un monde limité réside dans l'optimisation de l'existant au travers du progrès technologique. Plutôt que de se lamenter sur la fin du monde et d'inventer des théories non-vérifiables qui ne paraissent crédibles que parce qu'elles sont terrifiantes, il serait plus constructif d'adopter un comportement positif basé sur une amélioration de notre croissance. Car sans développement, il n'y a pas de « durable ». Espérons que les dirigeants de la planète ne l'oublieront pas. Sinon, Paris ne sera plus la ville « lumière », mais celle de l'obscurité, notamment sociale.
L'humeur de la semaine - 03 septembre 2015
« Et bien alors, Marc, où est passé votre optimisme habituel ? » Telle est la remarque qui m'est régulièrement adressée depuis quelques mois et notamment depuis que j'ai annoncé que 2015 allait être une année difficile tant d'un point de vue économique que boursier. Soyez rassurés, je reste optimiste par nature. Pour autant, il serait stupide de se voiler la face : oui, une nouvelle crise économico-financière a bien commencé en 2015. Les symptômes sont malheureusement nombreux : ralentissement de l'économie chinoise, récession dans de nombreux pays (notamment « émergents », tels que l'Argentine, le Brésil et la Russie, mais aussi dans des pays développés, tel que le Canada), décélération de la croissance mondiale, correction boursière et forte volatilité des variables financières... Le pire est que face à ces évolutions défavorables, les armes de politique économique pour tenter de relancer la machine sont limitées, pour ne pas dire inexistantes. En fait, seuls les pays disposant de réserves de change conséquentes (notamment les pays asiatiques) et/ou d'une marge de manœuvre budgétaire appréciable (principalement l'Allemagne et la Chine) ont de quoi affronter cette nouvelle crise. Dans ces conditions, la crise de 2015 pourrait s'avérer encore plus difficile et dommageable que celle de 2008. Face à cette sombre perspective, il pourrait évidemment être tentant de baisser les bras. Mais attention : si nous nous décourageons, nous sommes alors sûrs de perdre, car le pessimisme est, par définition, auto-réalisateur et par là même destructeur. En revanche, nous pouvons aussi opter pour une deuxième solution : celle de la sortie de crise par le haut. Pour ce faire, il suffit de se retrousser les manches et de retrouver une certaine dose d'espoir, voire d'optimisme. Ne l'oublions jamais : les crises font partie de la vie économique. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'en mandarin, le mot « crise » se décompose en deux mots « danger » (Wei) et « opportunité » (Ji) !
L'humeur de la semaine - 28 août 2015
Nous l'avions annoncé pour septembre-octobre au plus tard, il s'est finalement produit en août. En fait, il aurait pu commencer dès juillet avec la nouvelle crise grecque, mais le manque de courage des dirigeants européens, associé à une nouvelle dépense de 85 milliards d'euros ont réussi à le décaler. L'inévitable ne pouvant être évité, le krach de 2015 a finalement éclaté avec la confirmation du ralentissement de l'économie de l'Empire du milieu et la dégringolade des bourses chinoises et asiatiques au sens large. Bien entendu, la réaction des autorités chinoises, l'annonce par la Fed du non-resserrement de sa politique monétaire ou encore le rachat spéculatif d'actions à bas prix sont parvenus à stopper l'hémorragie. Quelques arbres ne peuvent néanmoins cacher une forêt : le krach a bien commencé et les bourses mondiales sont entrées dans une phase de « bear market » (marché baissier) qui sera évidemment ponctuée de remontées temporaires mais qui devrait au moins durer jusqu'au début 2016. Nous allons donc retomber comme en 2008-2009 dans un mouvement d'exubérance et d'hystérie qui sera difficile à contrôler. Comme nous l'expliquons depuis le début du printemps, cette correction est normale. Elle correspond simplement au dégonflement d'une bulle financière, c'est-à-dire d'un écart cumulatif et auto-entretenu entre la valeur financière des actifs boursiers et la réalité économique. Si l'excès de liquidités mondiales a participé à alimenter cette bulle, il ne peut cependant aller à l'encontre d'une loi physique incontournable : les arbres ne montent pas au ciel. La question reste alors de savoir comment les économies de la planète vont réagir face à cette nouvelle crise. Malheureusement et comme après la crise de 2008, c'est la zone euro qui devrait pâtir le plus de cette nouvelle tempête...
L'humeur de la semaine - 21 août 2015
Comme chaque année, la rentrée de septembre suscite toutes les inquiétudes. Depuis 2007 et le début de la crise des subprimes, puis en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers, il faut malheureusement reconnaître que la peur de l'avenir prédomine. Et ce, tant pour les Etats que pour les marchés, les entreprises ou encore les particuliers. Cette année se situe peut-être encore un degré au-dessus sur l'échelle des inquiétudes, dans la mesure où après cinq années de vaches maigres, puis trois années de répit (du moins sur les marchés boursiers), les acteurs économiques de la planète se sont mis à croire à la reprise. Dès lors, une nouvelle déception pourrait replonger le monde économico-financier dans un accès de pessimisme auto-entretenu duquel il sera particulièrement difficile de sortir. C'est sur ce retour en force du défaitisme que tablent les « Bearish » pour prendre leur revanche. En effet, après trois années de rebond boursier et en dépit des nouveaux cadeaux accordés à la Grèce, les Cassandre ont repris du poil de la bête grâce à la panique boursière chinoise de cet été et ont retrouvé des ailes depuis la dévaluation du yuan et surtout avec la publication d'indicateurs faisant état du ralentissement de la croissance en Chine, au Japon, dans la zone euro et même aux Etats-Unis. Dès lors, alors qu'ils s'étaient faits oubliés depuis environ deux ans, les spectres du krach boursier et de la « debt deflation » reviennent progressivement hanter les esprits. Il faut se rendre à l'évidence : le krach boursier, que nous annonçons depuis plusieurs mois pour la rentrée de septembre-octobre, est devenu inévitable, voire souhaitable, de manière à remettre les pendules à l'heure. Au regard des évolutions récentes, force est de constater qu'il a déjà commencé...
L'humeur de la semaine - 12 août 2015
Comme nous l'avons souvent expliqué, notamment dans ces mêmes colonnes, les autorités chinoises disposent d'un sens de l'anticipation très développé. Ainsi, pendant que les Occidentaux peinent à se transposer à un horizon de six mois, les Chinois n'hésitent pas à faire des prévisions à dix ans, voire sur plusieurs décennies. C'est en partie grâce à cette vision de long terme qu'ils ont pu connaître une croissance exceptionnelle et quasiment ininterrompue depuis le début des années 80. De 1980 à 2015, le PIB chinois a ainsi progressé de 2 483 % en volume, c'est-à-dire hors inflation (selon les statistiques du FMI). Sur la même période, l'augmentation du PIB réel atteint 741 % en Inde, 157 % aux Etats-Unis et 84 % en France. C'est dire l'ampleur du « miracle » chinois et, entre parenthèses, celle du déclin français. Seulement voilà, les arbres ne montent pas au ciel, quand bien même s'agirait-il de sequoias. Autrement dit, depuis une dizaine d'années, les Chinois savent qu'une crise financière et une crise de croissance sont inévitables. Conformément à leur sens aigu de l'anticipation, ils ont ainsi confectionné deux armes déterminantes, que nous avons coutume d'appeler « airbags », à utiliser en cas de difficultés économiques et a fortiori de crise. En l'occurrence, un taux de change manipulable à l'envi et des réserves de changes d'environ 4 000 milliards de dollars. Lors de la crise boursière du début de cet été, les autorités chinoises ont ainsi puisé environ 100 milliards de dollars dans leurs réserves de changes pour stopper l'hémorragie. Néanmoins, pour éviter tout nouveau danger et notamment pour enrayer le ralentissement de leur croissance, ils ne se sont pas arrêtés là. Ainsi, les 11 et 12 août, les Chinois ont activé l'arme du taux de change, en dévaluant le yuan de plus de 3 %. Si cette rapide dépréciation a pris de court les investisseurs et l'ensemble des dirigeants occidentaux, semant la panique sur les bourses mondiales, elle est cependant tout à fait logique et prévisible. Mais également très dangereuse pour la stabilité économico-financière internationale...
L'humeur de la semaine - 07 août 2015
Chaque jour sur les marchés, les ours (« bears ») et les taureaux (« bulls ») s'affrontent, les premiers défendant le pessimisme et la déprime boursière, les seconds tentant de démontrer le contraire et de croire en l'avenir. Cette sémantique animalière ne fait finalement que refléter les « animal spirits » (instincts animaux) explicités par Keynes dans les années 1920 pour expliquer le mimétisme qui prévaut structurellement sur les marchés financiers. Depuis un an et demi, le « bear market » a laissé place à un « bull market » insatiable si bien qu'il en devient suspect. Car c'est bien là le problème essentiel des marchés : c'est lorsque tous les investisseurs convergent vers le même point qu'il faut commencer à s'inquiéter et à penser à l'inversion de tendance. D'ailleurs, aujourd'hui, en dépit des apparences, les marchés sont toujours assis sur un baril de poudre et une nouvelle étincelle dans les prochains mois pourrait engendrer un krach bien plus douloureux qu'en 2008 ou 2011. Mais, chut, il ne faut pas trop le crier sur les toits, cela pourrait réveiller les nombreux « bearish » qui hibernent sur les marchés. Et chacun sait qu'un ours mal réveillé et énervé peut devenir très méchant… En conclusion, la volatilité va rester forte tant sur les bourses que sur les marchés obligataires et seuls ceux qui savent naviguer en eaux troubles arriveront à tirer leur épingle du jeu. Pour les autres, il est temps de prendre ses bénéfices….
L'humeur de la semaine - 31 juillet 2015
Et c'est reparti ! Après une remontée à 65 dollars de fin avril à fin juin, le baril de brent est reparti en forte baisse depuis bientôt un mois. Avec un niveau actuel de 53 dollars, il se rapproche de son plancher de janvier dernier aux alentours des 48 dollars. Ah, qu'elle paraît loin l'époque où le baril de brut valait plus de 100 dollars et a fortiori lorsqu'il atteignait des sommets de 150 dollars ! A l'époque, les « spécialistes » de l'or noir hurlaient que les conséquences de ce pétrole cher allaient être catastrophiques et surtout que cette flambée ne faisait que commencer, soutenant que le prix normal du baril était aux alentours des 250 dollars... Aujourd'hui, alors que le baril fluctue entre 47 et 65 dollars depuis sept mois, les mêmes « analystes », rejoints d'ailleurs par beaucoup d'autres, soulignent que la baisse de ce cours est dangereuse et annoncent un effondrement de la croissance mondiale, ainsi que la poursuite de la dégringolade du prix du pétrole… D'où une question : où est la vérité dans tout ça ? Elle n'est déjà certainement pas dans les déclarations et prévisions de ces soi-disant « spécialistes du pétrole » qui disent tout et n'importe quoi depuis des années et qui ont quasiment toujours tort. en fait, il n'y a aucune raison de s'inquiéter. En effet, il ne faut pas se tromper sur le sens de la causalité : le repli du prix du baril est principalement une conséquence du ralentissement économique passé, alors que la production pétrolière et énergétique a continué de progresser. Il n'est donc absolument pas annonciateur d'un écroulement de l'activité économique de la planète. Bien au contraire. Et pour cause : lorsque le prix du baril augmente de 10 dollars, la croissance mondiale se retrouve amputée de 0,4 point. Réciproquement, lorsqu'il baisse de 10 dollars, le gain de croissance planétaire atteint 0,4 point. Autrement dit, grâce à la baisse du prix du baril et à son corollaire, le repli des cours des principales matières premières, la croissance mondiale pourra se stabiliser durablement entre 3 % et 3,5 %. Alors, vive la baisse du pétrole et vivement l'avènement d'une économie mondiale plus forte et moins dépendante de l'or noir.
L'humeur de la semaine - 26 juillet 2015
L'humeur de la semaine - 17 juillet 2015
Tout ça pour ça ! Après cinq mois de tensions et d'atermoiements, puis après avoir refusé le plan d'aide de la zone euro, précipitant son pays au bord de la faillite, Tsipras a finalement accepté les exigences européennes, en échange d'une nouvelle aide d'environ 85 milliards d'euros, qui viennent donc s'ajouter aux 350 milliards d'euros déjà consentis depuis 2010, sans parler des nombreuses aides communautaires depuis les années 1980. A l'évidence, la facture grecque commence à devenir très salée. Pour autant, tout le gratin politique eurolandais a retrouvé le sourire. Mais au-delà de ces apparences, il faut tout de même rester sérieux : qui croit encore que la Grèce remboursera sa dette et même les intérêts de cette dernière ? De même, comment peut-on croire que Tsipras va vraiment engager les réformes demandées par les Eurolandais ? Soyons réalistes : la Grèce, la France et les Européens ne font que gagner du temps, en attendant l'inévitable, c'est-à-dire le non-remboursement de tout ou partie de la dette grecque.Et alors ? Pourrait-on objecter, à l'instar de François Hollande et de la grande majorité de la classe politique française, mieux vaut payer que prendre le risque d'un Grexit. Vu les centaines de milliards d'euros déjà dépensés, ce ne sont pas quelques 85 milliards d'euros supplémentaires qui vont changer la donne… Au-delà de l'erreur de raisonnement et de stratégie que cette analyse représente, le vrai drame est que la nouvelle crise grecque a considérablement froissé l'amitié franco-allemande. Pis, l'Allemagne a été montrée du doigt, notamment dans l'Hexagone et avec des références historiques parfois pitoyables. Aussi, un ressort a bien été cassé et il sera difficile de le réparer. Et ce d'autant qu'outre-Rhin, de plus en plus de voix s'élèvent à l'encontre de la zone euro. Et oui, à force d'imaginer que la Grèce pourrait sortir de la zone euro, on a fini par oublier que le pays le plus enclin à claquer la porte de cette dernière pourrait bien être l'Allemagne. Autrement dit, si le Grexit a pour l'instant été évité, il pourrait très rapidement revenir sur le devant de la scène ou alors être tout simplement remplacé par un Gerxit : Germany Exit !
L'humeur de la semaine - 10 juillet 2015
Ah, les ravages de la pensée unique ! Sur la quinzaine d'économistes français interrogés par LeFigaro.fr sur l'issue de la crise grecque, nous sommes quasiment les seuls à défendre la nécessité d'un « Grexit » pour le bien de la zone euro, mais aussi pour celui de la Grèce. Il est clair qu'en Allemagne, en Belgique, mais aussi en Italie et au Portugal, le rapport de forces aurait été bien différent. Mais, peu importe, dans un pays où la frilosité, la peur de l'avenir et l'hypocrisie sont devenues dominantes, nous préférons avoir le courage de nos opinions plutôt que de tomber dans les travers du consensus mou. Car arrêtons de nous voiler la face : en élisant Syriza, puis en disant largement "non" au référendum, le peuple grec a définitivement choisi : la Grèce ne remboursera pas sa dette et doit donc quitter la zone euro. Dès lors, ne nous leurrons pas : si les Européens accordent un nouveau cadeau à la Grèce (et c'est certainement ce qu'ils vont faire), ils ouvriront une boîte de pandore qu'ils ne pourront plus refermer : celle de la fin de la zone euro. Car si un « Grexit » en douceur est gérable aujourd'hui, un Spanexit dans quelques mois sonnera définitivement le glas de la zone euro. Sans attendre ce triste dénouement, l'économie mondiale et les marchés financiers internationaux risquent d'être secoués par une autre tempête, venue cette fois-ci de l'Empire du milieu... Plus que jamais notre scénario d'un krach obligataire et boursier en 2015 est conforté par la réalité. En fait, il a déjà commencé. Attention cependant : si les risques chinois, grecs, américains sont identifiés, il ne faut pas oublier que le vrai détonateur d'un krach provient souvent d'une origine inattendue. Dans cette perspective, nous lancerons donc un seul mot d'ordre : carpe diem. Profitez bien des vacances car la rentrée risque d'être très chaude et très agitée.
L'humeur de la semaine - 02 juillet 2015
Cela commence vraiment à devenir grotesque : après avoir joué au poker menteur avec l'ensemble de la communauté internationale depuis son élection, Alexis Tsipras s'est lancé dans un dérapage incontrôlé et suicidaire. En effet, courbant une nouvelle fois l'échine, les Etats eurolandais étaient prêts à accorder à la Grèce une nouvelle aide de 15,5 milliards d'euros, en lui donnant un nouveau délai de six mois pour mettre en place quelques réformettes, du type « améliorer la collecte des impôts » qui fait toujours défaut dans le pays d'Aristote. Face à ce nouveau cadeau (qui fait suite aux 350 milliards d'euros déjà consentis à la Grèce depuis 2010), tout dirigeant normalement constitué aurait dû l'accepter. Pour autant, le soi-disant « sauveur » (selon les termes de certains politiciens et observateurs français !) Tsipras et toute son équipe de joueurs de poker ont donc décidé de dire « Non ! ». Et pour bien narguer les Etats européens, ils ont même choisi d'engager un référendum sur l'acceptation de l'aide internationale en appelant à voter « Non ! ». Devant autant de dérapages, d'amateurisme et d'irresponsabilité, il n'y a donc plus que deux solutions : soit la Grèce dit « Oui » au référendum, entraînant de facto la démission de Tsipras, puis de nouvelles élections et, espérons-le, une issue définitive à la crise grecque. Soit le « Non » l'emporte et la Grèce se mettra au ban des Nations et devra quitter la zone euro. Il faut effectivement avoir le courage d'aller jusqu'au bout de ses actes. Si les Grecs refusent les règles de l'Union Economique et Monétaire, ils ne peuvent plus y rester. Il en va de la crédibilité de la zone euro et aussi de sa viabilité pour les mois et les années à venir. Autrement dit, le Grexit (pour peu qu'il soit organisé et contrôlé, donc sans Syriza) constituera un mal pour un bien. Bien sûr pour pouvoir sauver la zone euro, mais aussi pour permettre à la Grèce de sortir enfin d'une crise qui n'en finit plus. Explications...
L'humeur de la semaine - 12 juin 2015
Comme nous le craignions depuis quelques mois, la croissance mondiale est bien en train de ralentir en douceur. Du moins pour le moment. En effet, même s'il n'y a pas de quoi s'inquiéter outre-mesure, les dernières statistiques économiques et les indicateurs avancés de l'activité dans l'ensemble des principaux pays de la planète dénotent une sensible décélération. Et ce, notamment dans les principales locomotives de l'économie internationale que sont les Etats-Unis, la Chine et une grande partie des pays émergents, à l'exception notable de l'Inde qui reste l'un des rares pays à continuer d'accélérer. Bien différemment, la Chine est en train de s'installer sur un rythme de croissance plus faible que par le passé. Cette dernière restera certes très appréciable puisqu'elle devrait osciller entre 6,5 % et 7 % en 2015 et 2016. Beaucoup plus inquiétant, d'autres pays émergents ne parviennent plus à retrouver le chemin de la croissance forte, voire sombrent dans la récession. C'est notamment le cas de la Russie et du Brésil. Parallèlement, les croissances des pays développés se contenteront d'osciller autour de leurs niveaux structurels, en l'occurrence 2,5 % pour les Etats-Unis, 2,3 % pour le Royaume-Uni, 1 % pour le Japon et l'Allemagne, 0,8 % pour la zone euro ou encore 0,7 % pour la France. Au total, nous avons dû réviser en légère baisse nos prévisions de croissance mondiale, à 3,3 % en 2015 et 3 % en 2016. Des niveaux qui ne justifient absolument pas les plafonds atteints récemment par les grands indices boursiers et qui montrent que ces derniers sont bien entrés dans une bulle, qui a d'ailleurs déjà commencé à se dégonfler. Il ne reste donc plus qu'à espérer que les krachs obligataires et boursiers de l'automne prochain ne seront que passagers et n'auront qu'un impact limité sur le rythme de la croissance mondiale, car sinon ils engendreront un cercle pernicieux « récession économique - déprime boursière » particulièrement dévastateur.
L'humeur de la semaine - 05 juin 2015
En annonçant dès le début 2015 que les marchés financiers allaient connaître une année difficile ou encore en expliquant il y a quelques mois qu'un krach obligataire et boursier allait se produire d'ici l'automne prochain, nous prenions des risques. Mais n'est-ce pas là notre métier ? Nous savons cependant que, compte tenu de ces prises de position et en dépit de nos réussites passées, nous sommes constamment attendus au tournant, notamment par ceux qui refusent de prendre des risques et suivent bêtement le consensus, préférant avoir tort avec tout le monde que raison tout seul… Cette année encore, ces partisans du consensus mou vont donc encore se tromper. Même s'il ne faut évidemment pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, la récente et forte remontée des taux d'intérêt des obligations d'Etat, ainsi que la baisse marquée des indices boursiers montre effectivement que la nouvelle crise a déjà commencé. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : - 8 % pour l'Eurostoxx 50 depuis la mi-avril, - 7 % pour le Cac 40 depuis la fin avril, ou encore - 2,1 % pour le Dow Jones en dix jours. Parallèlement, les taux longs eurolandais se sont nettement tendus : de 0,25 % le 20 avril dernier à 1,1 % pour le taux d'intérêt à 10 ans de l'OAT, de 1,19 % le 7 avril à 2,3 % pour celui des obligations de l'Etat italien. Même le Bund allemand a bu la tasse, voyant son taux à 10 ans passer de 0,016 % le 17 avril dernier à actuellement 0,8 %. Le nouveau délai imposé par la Grèce et accordé à contrecœur par le FMI pour différer le remboursement des échéances des prochains jours à fin juin ne fait que confirmer que le but de toutes les négociations récentes est simplement de gagner du temps. Or, comme en témoigne l'évolution récente des marchés financiers, le dégonflement de cette double bulle a déjà commencé. Espérons simplement qu'il ne s'agira que d'un nouveau krach parmi d'autres et non du « big one », qui entraînerait le monde et plus particulièrement l'Europe dans une nouvelle décennie de crise économique et sociale...
L'humeur de la semaine - 29 mai 2015
On a beau y être habitué, les va-et-vient abrupts des marchés financiers ne cessent de donner le tournis. Les évolutions de ces dernières semaines en ont encore fourni une parfaite illustration. En effet, que ce soit sur les marchés des matières premières, sur celui des devises, notamment sur le front de l'euro/dollar ou encore sur les bourses internationales, les flambées succèdent aux chutes massives et vice versa. Et ce, au gré des annonces, tantôt rassurantes, tantôt affolantes, sur la situation grecque, des statistiques relatives aux économies américaine, chinoise et eurolandaise, ou encore des évolutions géopolitiques internationales. Ainsi, un jour, un accord est soi-disant trouvé sur la Grèce, entraînant une forte remontée des cours boursiers et de l'euro, évolutions contrariées dès le lendemain par l'annonce que cet accord n'était qu'un leurre. De même, les marchés oscillent parfois violemment entre des statistiques confirmant que l'économie américaine se porte bien, d'autres qui indiquent que la zone euro serait enfin sortie de la crise, puis de nouvelles publications qui indiquent exactement le contraire. Comment donc s'y retrouver dans ce capharnaüm et dans ces évolutions si contradictoires dans un espace de temps si court ? La réponse est malheureusement simple : cette volatilité extrêmement forte est souvent annonciatrice d'une tempête, voire d'un krach sur les marchés financiers, surtout lorsqu'elle suit une phase de hausse de ces derniers. Ainsi, après une phase de forte volatilité, les marchés boursiers internationaux devraient nettement baisser d'ici la fin de l'année, subissant des chutes de 10 % (pour le Dow Jones) à 15 % (pour le Cac 40). N'hésitons donc pas à prendre ses bénéfices sur les sommets actuels plutôt que de devoir subir de lourdes pertes par manque de réactivité et/ou par appât du gain exagéré…
L'humeur de la semaine - 14 mai 2015
Oui, avec un niveau de 0,6 %, la croissance française du premier trimestre 2015 a été plus forte que prévu, ce qui constitue donc une bonne nouvelle. Non, ce chiffre ne préfigure absolument pas de l'évolution de l'économie française pour l'ensemble de cette année. En effet, au-delà de l'information brute, le détail des chiffres de l'INSEE montre combien il faut la relativiser. Ainsi, sur ces 0,6 %, 0,5 point vient de la formation de stocks, variable d'ajustement particulièrement volatile et qui ne reflète pas la réalité intrinsèque de l'activité économique. Autrement dit, il paraît plus opportun de souligner que, hors stocks, la vraie croissance du premier trimestre n'a été que de 0,1 %. Encore plus grave, l'investissement total a reculé pour le cinquième trimestre consécutif. Il s'est même effondré de 1,4 % dans le secteur du logement et n'a progressé que de 0,2 % dans le domaine de l'investissement des entreprises. Or, l'investissement est le principal indicateur avancé de l'emploi. Cela signifie donc que ce dernier n'est toujours pas près de redémarrer et que le chômage est toujours loin de pouvoir baisser. Au premier trimestre 2015, l'emploi dans les secteurs marchands a d'ailleurs encore reculé de 0,1 %, soit 13 500 destructions d'emplois nettes sur un trimestre. On en recense 284 600 depuis le deuxième trimestre 2011 et 634 100 depuis le premier trimestre 2008. En fait, le niveau actuel de l'emploi marchand (en l'occurrence 15,799 millions de personnes) est à un plus bas depuis le premier trimestre 2004 ! De quoi rappeler que la France reste engluée dans une faible croissance sans emploi depuis plus de dix ans, un phénomène qui s'est aggravé depuis 2008. Et cela ne devrait malheureusement pas s'arranger...
L'humeur de la semaine - 07 mai 2015
Pour le moment, tout va bien ! Tout va même de mieux en mieux, à en croire certains. Et pour cause : après le FMI, la BCE et de nombreux instituts de conjoncture, la commission européenne a relevé ses prévisions de croissance pour la zone euro et pour la France en 2015. Magnifique ! Seulement voilà, comme nous l'avons souvent démontré, le consensus a très souvent tort. Autrement dit, c'est lorsque tout le monde pense la même chose qu'il faut commencer à s'inquiéter. Et ce, en particulier lorsque les prévisions du FMI, de la BCE et de la Commission européenne convergent. Il serait par exemple utile de rappeler qu'en 2007 et jusqu'au début 2008, ces trois institutions soulignaient que l'économie eurolandaise se portait à merveilles et lui prévoyaient une croissance soutenue pour 2008-2009... Pourtant, après six crise tous les sept ans depuis 1973, le krach de 2015 pourrait constituer la septième crise, ou encore le « big one » tant redouté sur les marchés. Car si un krach se produit cette année, la croissance mondiale s'effondrera. Or, les autorités monétaires et budgétaires internationales ont déjà utilisé toutes leurs cartouches pour tenter de relancer la machine. D'où une question simple : que se passera-t-il le jour d'après ? Dans une de ses recommandations de 2013, le FMI a déjà annoncé la couleur : taxer les dépôts bancaires et l'épargne sur livret au sens large, à hauteur de 10 % au-delà d'un certain seuil, par exemple 100 000 euros. Autrement dit, tous les ménages et les entreprises disposant de plus de 100 000 sur n'importe quel type de comptes bancaires se verraient ponctionner 10 % de leur « surplus ». Et ce « overnight », c'est-à-dire du jour au lendemain et sans sommation...
L'humeur de la semaine - 30 avril 2015
Cela commence vraiment à devenir fatiguant : depuis le début de la crise grecque en 2010, le même épisode se répète inlassablement : la Grèce est au bord de l'explosion, à deux doigts de sortir de la zone euro, et, au dernier moment, une solution est trouvée, redonnant un bol d'air aux dirigeants grecs et apaisant temporairement les partenaires européens et les marchés financiers, jusqu'à la prochaine crise. On se croirait presque dans « les feux de l'amour », mais sans amour… Les dernières semaines viennent de nous en donner un nouvel exemple, avec les revirements de Tsipras et la mise de côté médiatique de Varoufakis. Mais il ne faut pas se leurrer : que le chef de l'équipe de négociation grecque soit un « pitbull » ou un « labrador », le gouvernement grec n'a toujours pas l'intention de revenir sur son programme et de respecter les échéances de remboursement de la dette publique. Autrement dit, le plan A de renégociation de la dette grecque avec en contrepartie l'abandon des mesures économiques prônées par Syriza est mort et enterré. Il reste donc toujours le plan B, qui aurait notre préférence mais qui fait évidemment peur à tout le monde, en l'occurrence le non-remboursement d'une partie de la dette grecque en échange d'une sortie propre et sous contrôle de la Grèce de la zone euro. D'où l'avènement d'un plan C. Celui-ci consisterait à octroyer un nouveau cadeau d'une centaine de milliards d'euros à la Grèce sans contrepartie majeure, si ce n'est quelques ajustements cosmétiques du discours de Tsipras. Dès lors, comme le déficit public grec continuera d'augmenter, il faudra encore consentir de nouveaux cadeaux dans environ un an. Et le puit sans fond continuera de se creuser… Autrement dit, la Grèce deviendra un pays sous perfusion permanente, réduisant encore davantage la crédibilité, déjà bien faible, de la zone euro. En fait, qu'il s'agisse du plan B ou C, une tempête économique et financière, d'abord européenne, puis internationale, paraît inévitable d'ici la fin 2015. Explications...
L'humeur de la semaine - 24 avril 2015
Une fois encore, et comme cela s'observe continument depuis près de trente ans, les dirigeants français cherchent à résoudre un problème global par le petit bout de la lorgnette, en ayant recours à des mesures cosmétiques et à des efforts marketing conséquents. Ainsi, après le doliprane de la loi Macron et avant l'advil de la loi Macron II, le Président Hollande a décidé d'utiliser un simple placebo pour faire semblant de lutter contre le chômage et la précarité de la jeunesse française. Et pour cause : plutôt que de créer les conditions nécessaires à une croissance durablement plus forte et à de vraies créations d'emplois, il a préféré étendre la prime d'activité aux moins de vingt-cinq ans. A l'évidence, nous sommes toujours très loin des réformes structurelles et de la thérapie de choc dont a besoin l'économie française pour retrouver sa vigueur d'antan perdue dans les années 1980. A l'époque le taux de chômage était inférieur à 3 % et celui des moins de vingt-cinq ans presque inexistant. Aujourd'hui, en dépit de toutes les aides, des emplois d'avenir et de tous les traitements statistiques possibles, le premier est de 10,5 % et le second de 25 %. Des niveaux qui se rapprochent respectivement des 50 % et des 60 % dans les ZUS (les zones urbaines sensibles). Laisser croire que tout va s'arranger en étendant la prime d'activité tient donc de la gageure, ou plutôt de la mascarade. En effet, au-delà du problème majeur et non résolu de son financement, cette mesure oublie simplement l'essentiel : les jeunes n'ont pas besoin de fausses aides, qui participent d'ailleurs à aggraver leur précarité. Ils veulent plutôt de vrais emplois, bien rémunérés, eux-mêmes liés à une croissance économique structurellement plus forte et à un marché du travail modernisé et plus fluide. Alors, s'il vous plaît, MM. Hollande et Valls, cessez de faire comme vos prédécesseurs, en vous contentant de colmater les brèches et de faire du marketing. Ayez enfin le courage d'engager la France sur le chemin des réformes structurelles et de la modernité économique.
L'humeur de la semaine - 17 avril 2015
Plus les semaines passent, plus les signes probants de bulle financière sur les marchés boursiers et obligataires s'accumulent. Et ce dans l'indifférence quasi-générale. Normal : les bulles ne sont reconnues qu'après avoir explosé… Au cours de la semaine écoulée, trois nouveaux signaux de ce type se sont produits. Primo, en dépit du ralentissement aggravé de l'activité aux Etats-Unis et en Chine, les grands indices boursiers ont continué de progresser en toute tranquillité, obérant complétement que leur flambée commence vraiment à se déconnecter de la réalité économique mondiale. Secundo, dans une dizaine de pays européens, les Etats peuvent désormais emprunter à des taux négatifs. Autrement dit, les investisseurs acceptent désormais de payer pour prêter leur agent à des Etats surendettés. Si, à la rigueur, ce comportement pourrait se comprendre dans le cas de l'Allemagne ou de la Suisse (quoique…), il apparaît complètement absurde dans les cas de la France ou encore de l'Espagne et ce d'autant que cette anomalie concerne de plus en plus souvent des échéances à moyen et long terme : dix ans pour la Suisse, neuf ans pour l'Allemagne et jusqu'à six ans pour la France et pour l'Irlande ! L'atteinte d'un taux négatif en Espagne à l'échéance de six mois alors que des élections déterminantes et à haut risque s'y produiront d'ici là est tout autant déconcertante. Tertio, en dépit de ces « énormités », le Président de la BCE n'a pas hésité à déclarer qu'il n'existait pas de bulle obligataire en Europe. En d'autres termes, « Super Mario » Draghi est, lui aussi, tombé dans l'aveuglement collectif et participe donc par là même à alimenter les bulles financières qu'il refuse de voir. C'est fou !
L'humeur de la semaine - 13 avril 2015
Qu'ils soient de long terme ou à courte échéance, qu'ils concernent les grandeurs financières ou les agrégats économiques, les cycles sont inévitables. S'ils sont bien anticipés, ils permettent de prendre de bonnes décisions de politiques économiques et/ou de stratégies d'investissement. Sinon, ils peuvent devenir une source de déboires tant d'un pont de vue financier qu'économique et social. Le problème est donc de réussir à les identifier suffisamment tôt et de parvenir à les dater le plus justement possible. Et ce, a fortiori depuis quelques années où les crises, les révolutions technologiques et les cycles économiques sont de plus en plus massifs et violents, devenant par là même difficilement prévisibles. Plus que jamais, la prévision doit donc se faire avec la plus grande humilité possible. C'est dans ce cadre que nous avons décelé un nouveau cycle de crise économique et financière de sept ans : 1973, 1980, 1987, 1994, 2001, 2008. La septième crise serait donc pour 2015. Mais, à la différence des six crises précédentes, qui étaient difficilement prévisibles puisque liées à des chocs extra-économiques, les arguments justifiant une nouvelle crise sont aujourd'hui particulièrement nombreux : flambée artificielle (donc bulle) des marchés obligataires et boursiers internationaux, ralentissement de la croissance mondiale, incapacité de la zone euro à sortir du pétrin grec, dette publique proche 100 % du PIB dans de très nombreux pays européens (notamment la France) également incapables de retrouver le chemin de la croissance forte, risque de resserrement monétaire aux Etats-Unis, pays émergents fragilisés, sans oublier les forts risques géopolitiques à travers le monde (Russie-Ukraine, Iran, Daesh, menaces terroristes en Occident…). Bref, le monde est assis sur un baril de poudre. La question est simplement de savoir qui sera le détonateur de la prochaine crise. Réponse ci-après, avec en conclusion un message important : Carpe Diem !
L'humeur de la semaine - 02 avril 2015
Depuis quelques semaines, un vent d'euphorie souffle sur les marchés financiers, mais aussi sur les perspectives de l'économie mondiale et en particulier de celle de la zone euro. A priori, tous les signaux seraient au vert : baisse des cours du pétrole et de la grande majorité des matières premières, politiques monétaires ultra-accommodantes à travers la planète, faiblesse exceptionnelle et durable des taux d'intérêt obligataires, indicateurs avancés de la conjoncture en nette hausse, notamment dans l'UEM,… Bref, nous assistons à une sorte « d'alignement des planètes » qui permettrait à l'économie mondiale de surfer durablement sur la vague de la croissance forte et aux marchés financiers de connaître une hausse sans fin. En d'autres termes, comme dirait le Candide de Voltaire : « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Seulement voilà, c'est souvent lorsque le consensus se généralise et que tout le monde (des investisseurs chevronnés à Madame Michu, en passant par les économistes et les journalistes) pense la même chose qu'il faut commencer à se méfier. En effet, portée par quelques indicateurs favorables et quelques bonnes nouvelles exogènes, cette majorité dominante oublie l'essentiel : les risques qui pèsent sur la croissance mondiale demeurent élevés. A commencer bien entendu par les dangers géopolitiques : Russie, Daesh, Iran, Lybie, attentats en occidents… Mais au-delà de ces risques que nous ne maîtrisons évidemment pas, ceux qui pèsent d'ores et déjà sur l'activité économique mondiale sont nombreux : ralentissement aux Etats-Unis et en Chine, remontée des taux directeurs de la Fed d'ici l'été prochain, forte décélération dans de nombreux pays émergents (et notamment en Russie et au Brésil), crise grecque et faible reprise dans la zone euro et en France en particulier, risque de correction sur les marchés boursiers et obligataires. Pour toutes ces raisons, nous sommes contraints de réviser à la baisse notre prévision de croissance mondiale de 3,9 % à 3,5 % pour 2015. Si une telle performance demeure très favorable, elle risque néanmoins d'être encore revue si les risques latents que nous avons évoqués plus haut se matérialisent. La prudence doit donc rester de mise.
L'humeur de la semaine - 27 mars 2015
Sans surprise, la dette publique française a continué de progresser. Au quatrième trimestre 2014, elle a ainsi atteint un nouveau sommet historique de 2 037,8 milliards d'euros. Elle représente désormais 95 % du PIB, soit 0,2 point de moins qu'au troisième trimestre, mais 10 points de plus qu'en 2011. Bien entendu, le gouvernement français préfère mettre l'accent sur la réduction du déficit public à 4 % du PIB en 2014. Seulement voilà, cette réduction a pu notamment s'obtenir grâce à la baisse des taux d'intérêt des obligations d'Etat. Sans cette dernière, le déficit public aurait été d'au moins 4,5 % du PIB. De plus, comme cela s'observe depuis l'après-guerre de façon ininterrompue, la dépense publique a continué d'augmenter : + 1,6 % en 2014, soit un total de 1 226,5 milliards d'euros, c'est-à-dire 57,2 % du PIB. Un autre record historique et presque mondial (seuls six pays dans le monde font plus que nous) dont on se serait bien passé. Pour 2015, avec une croissance économique d'environ 0,8 %, une politique fiscale toujours prohibitive, le maintien d'un taux de chômage de l'ordre de 10,5 % et une nouvelle augmentation des dépenses publiques, le déficit public français continuera d'avoisiner les 4 % du PIB. Pire, avec la remontée probable des taux d'intérêt des obligations d'Etat, il pourrait atteindre les 4,5 %. De la sorte, la dette publique atteindra tranquillement les 100 % du PIB. La question reste simplement de savoir si les investisseurs utiliseront cet argument pour délaisser les obligations d'Etat, suscitant une hausse massive des taux longs et réactivant la crise de la dette...
L'humeur de la semaine - 20 mars 2015
Ca y est, elle est là ! Formidable, majestueuse, pleine de vigueur et d'optimisme : la reprise ! Juré, craché, elle ne nous décevra pas cette fois-ci. C'est du moins ce que nous promettent les dirigeants du pays, mais aussi de plus en plus d'économistes, en mal de reconnaissance et surtout de se faire bien voir par la « haute hiérarchie », sans oublier certains journalistes qui confondent vraisemblablement les prévisions du gouvernement avec la réalité. Car, le problème est bien là : pour le moment, la reprise n'apparaît nulle part sauf dans certaines enquêtes de conjoncture (en fait, une seule : celles des directeurs d'achat dans les services) et dans les conjectures gouvernementales. Avouons que cela est un peu léger pour sonner le tocsin ! Certes, certains ingrédients nécessaires pour permettre à la croissance de se redresser significativement et durablement sont bien là. A commencer par la baisse des prix du pétrole et de nombreuses matières premières, ainsi que la dépréciation massive de l'euro. Mais attention, cette "reprise" est très fragile. Pire, elle constitue un piège ou encore un aléa moral. En effet, plutôt que d'en profiter pour enfin moderniser l'économie française en engageant de vraies réformes structurelles, les dirigeants du pays vont plutôt l'utiliser pour ne rien faire, laissant croire aux Français que le petit regain de croissance est le fruit de la politique menée. C'est exactement ce qu'avait fait Lionel Jospin en 1998-2000, ce qui ne lui avait d'ailleurs pas porté bonheur. Plus que jamais, il nous paraît donc indispensable de mener les profondes réformes décrites dans « Guérir la France La thérapie de choc ». Nous sommes conscients que cette dernière ne plaît pas à tout le monde. Nous avons par exemple appris que certains chroniqueurs de livres de la presse nationale avaient décidé, d'un commun accord, de ne pas en parler. On se croirait vraiment dans un autre temps et dans un autre pays. Mais ce n'est pas grave, continuons le combat : Oui, la France peut encore être sauvée, mais en 2017, il sera peut-être trop tard...
L'humeur de la semaine - 13 mars 2015
Ne boudons pas notre plaisir : nous réclamions une « planche à billets » de la BCE et une baisse de l'euro. Nous l'avons. Nous souhaitions la remontée des marchés boursiers et l'évitement d'une forte déflation. Nous l'avons également. Seulement voilà, les marchés ne savent pas faire dans la délicatesse, mais préfèrent la brutalité des mouvements. Ainsi, alors qu'il y a encore quelques mois, nous étions parmi les très rares à anticiper une dépréciation significative de l'euro, aujourd'hui tous les prévisionnistes et les investisseurs se sont ralliés à cette anticipation. Mieux, ou plutôt pire, ceux qui annonçaient que l'euro allait remonter vers les 1,40 dollar, sans parler de ceux qui prédisaient un euro à 2 dollars il y a encore quelques années, prévoient aujourd'hui le passage imminent sous la barre du 1 dollar pour 1 euro. Si la baisse de l'euro et la hausse des marchés boursiers sont en partie justifiées, elles atteignent désormais des niveaux excessifs par rapport à la réalité économique. Il en est d'ailleurs de même de la faiblesse des taux d'intérêt des obligations des Etats européens ou du prix du baril. Dans tous ces cas, nous sommes donc tombés dans une bulle, c'est-à-dire un mouvement spéculatif auto-entretenu de déconnexion entre les grandeurs financières et la réalité économique. Aussi, nous anticipons que dans la mesure où ils obéissent désormais à des mouvements spéculatifs, la baisse de l'euro et la hausse des marchés boursiers pourra temporairement se poursuivre de manière excessive. Un euro à 0,95 dollar et un Cac 40 à 5 500 points sont donc envisageables à court terme. En revanche, la réalité économique et financière reprendra progressivement le dessus, permettant de stabiliser l'euro autour de 1,05 dollar et le Cac 40 autour de 4800 points à l'horizon du début 2016. D'ici là, à chaque fois que ces barrières seront franchies, il ne faudra pas tarder à prendre ses bénéfices et à jouer le mouvement inverse. Autrement dit, la volatilité et les montagnes russes resteront particulièrement actives au cours des prochains trimestres.
L'humeur de la semaine - 06 mars 2015
Si, pour l'instant, la situation de la Grèce et celle de la France demeurent apparemment différentes, elles sont en fait très proches. En effet, dans les deux cas, les dirigeants du pays essaient de gagner du temps en masquant la réalité économique et financière à leurs concitoyens et, par la même occasion, au reste du monde. Le pire c'est que, pour le moment, ça marche... Certes, les dirigeants grecs sont au firmament du mensonge et de la manipulation. Ainsi, en plus d'essayer de nous faire croire qu'ils vont faire de vraies réformes économiques structurelles et réussir enfin à collecter l'impôt, tout en réduisant leurs déficits publics (cela ne fait que quinze ans qu'ils le promettent avec les résultats que l'on connaît), ils ont désormais décidé de pousser le bouchon un peu plus loin. En effet, plutôt que de s'excuser de leurs erreurs et d'avouer qu'ils ne rembourseront pas leurs dettes, ils n'hésitent plus désormais à jeter l'opprobre sur leurs partenaires espagnols et portugais, qui, à juste titre, ne comprennent pas la multitude des cadeaux consentis à la Grèce qui, vis-à-vis des efforts douloureux réalisés en Espagne et au Portugal, apparaissent particulièrement injustes. Nous retrouvons là le syndrome de la cigale et de la fourmi, régulièrement observé entre la France et l'Allemagne, lorsque la première critique ouvertement la seconde alors qu'elle n'a pas mené un dixième des réformes engagées outre-Rhin. A l'évidence, France-Grèce, même combat... Mais aussi, mêmes mensonges. Car, de la même façon que les dirigeants grecs promettent qu'ils vont réformer leur économie et augmenter les recettes fiscales en vain, ceux de la France continuent de faire preuve d'ingéniosité pour annoncer que la reprise va finir par s'imposer dans l'Hexagone. Mais attention : plus on tarde à affronter les problèmes, plus ces derniers sont difficiles à résoudre. Dans quelques mois, la vérité ne pourra donc plus être cachée : les Grecs ne rembourseront pas leurs dettes et les Français retrouveront le triste chemin de la récession. Dommage...
L'humeur de la semaine - 27 février 2015
Que ce soit pour les pays du sud de l'Europe, pour l'Allemagne, la France ou encore la zone euro dans son ensemble, la déflation n'est plus une menace mais une réalité particulièrement dangereuse. Dire qu'il y a encore quelques mois, la majorité des économistes annonçait qu'elle ne se produirait jamais, notamment dans l'Hexagone... Seulement voilà, pour la deuxième fois de son histoire contemporaine (la première remontant à 2009), l'économie française affiche un glissement annuel négatif de ses prix à la consommation, en l'occurrence - 0,4 % en janvier (- 0,6 % dans la zone euro). Et ce n'est pas fini, car, pour les mois à venir, celui-ci continuera de baisser pour avoisiner les - 1 %, un niveau similaire à celui qui devrait prévaloir dans la zone euro. Or, si la déflation s'installe, les entreprises subissent une baisse durable de leur chiffre d'affaires, donc de leurs marges, voire enregistrent des pertes, ce qui les oblige à réduire leurs coûts et notamment leur masse salariale. Dès lors, le chômage augmente, les salaires reculent, la consommation se replie, les entreprises ont encore plus de difficultés financières, d'où une nouvelle vague de licenciements… et le cercle pernicieux continue. Et ce d'autant que les dettes publiques et privées sont élevées. Nous subissons donc aujourd'hui le retour de la « debt deflation ». Il s'agit de la catégorie de crise la plus grave, c'est-à-dire celle qui allie une bulle de la dette et une phase de déflation, donc de baisse des prix. Soyons clairs : seule une remontée de l'inflation nous permettra de sortir de la crise...

L'humeur de la semaine - 18 février 2015
Certes, la loi Macron est loin d'être une révolution pour l'économie française. Elle constitue un « doliprane » alors que la France a besoin d'une thérapie de choc pour moderniser son économie, pour guérir de son immobilisme maladif et finalement pour retrouver le chemin de la croissance forte et durable. C'est ce que je préconise dans « Guérir la France La thérapie de choc » qui ne constitue aucunement une politique d'austérité, mais au contraire souhaite redonner du pouvoir d'achat et de l'espoir aux entreprises et aux ménages français tout en modernisant notre économie archaïque. Dans ce cadre, la loi Macron était bien entendu loin du compte, mais elle avait le mérite de montrer au monde que la France pouvait ouvrir la brèche et entrer progressivement sur la voie des vraies réformes. De plus, après des mois de négociations, elle avait été en partie vidée de sa substance, si bien qu'une majorité des Français y était favorable. Seulement voilà, les calculs politiciens, les querelles de clochers et la sempiternelle volonté d'immobilisme ont, une nouvelle fois, tout cassé. A tel point que le gouvernement a dû dégainer le 49.3 pour faire passer la loi Macron faute de majorité. Face à ce nouveau couac, une remarque émerge : s'il faut un 49.3 pour faire passer une réformette comme la loi Macron, que faudra-t-il pour engager des vraies réformes et a fortiori une thérapie de choc ? Ce nouveau psychodrame politicien rappelle tristement que la France est irréformable. Elle va bientôt en payer le juste prix.
L'humeur de la semaine - 13 février 2015
Une fois encore, la France a malheureusement brillé par son manque de dynamisme économique au sein de la zone euro. L'évolution comparée du PIB entre les différents pays de l'UEM au quatrième trimestre est sans appel : + 0,7 % en Allemagne et en Espagne, + 0,5 % aux Pays-Bas et au Portugal et + 0,3 % pour la zone euro dans son ensemble. Face à ces performances, la petite hausse de 0,1 % du PIB français sonne particulièrement faux. Piètre consolation, le PIB italien a fait du surplace et celui de la Grèce est reparti à la baisse (- 0,2 %). La France n'est donc pas dernière mais semble se complaire avec les derniers de la classe. Le pire est que les dirigeants du pays présentent l'atteinte d'une croissance de 0,4 % en 2014 et proche de 1 % cette année comme des performances formidables. Ce manque d'ambition est particulièrement triste et montre combien la France a besoin d'une thérapie de choc (avec notamment une forte baisse des impôts pour tous, une modernisation massive du marché du travail et une réduction des dépenses publiques inefficaces) si elle veut sortir de l'atonie économique.
Ne l'oublions pas : pour créer des emplois en grand nombre, faire baisser durablement le chômage et réduire significativement ses déficits publics, la France a besoin d'une croissance supérieure à 2 %. La nouvelle baisse de l'emploi au quatrième trimestre 2014 rappelle d'ailleurs que le fléau du chômage n'est pas près de s'estomper. Espérons donc que les efforts déployés par les dirigeants français pour obtenir un cessez-le-feu en Ukraine ou consentir un nouveau cadeau à la Grèce seront également présents pour relancer durablement l'économie française sur la voie de la modernité et de la croissance forte et durable. L'espoir fait vivre…
L'humeur de la semaine - 06 février 2015
Comme nous l'appelions de nos vœux la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, la BCE a choisi d'être ferme vis-à-vis de la Grèce. En refusant désormais d'accepter les titres de la dette grecque à l'actif de son bilan, elle rappelle simplement que la zone euro n'est pas la jungle mais un ensemble structuré de pays qui ont choisi de suivre des règles communes. Dans ce cadre, si la Grèce ne trouve pas d'accord avec ses créanciers eurolandais d'ici début mars, elle devra quitter la zone euro. C'est d'ailleurs peut-être là que réside la sortie de crise pour l'économie hellène. De toute façon, la Grèce ne remboursera pas une grande partie de sa dette. C'est d'ailleurs vraisemblablement parce que Tsipras l'a confirmé à ses homologues eurolandais que la BCE a été si directe et si rapide. Autrement dit : quitte à faire une croix sur ce remboursement, autant accompagner les Grecs hors de l'euro tout en les maintenant dans l'Union européenne. La Grèce sera ainsi sauvée et la zone euro avec. Car si un nouveau cadeau est consenti à la Grèce sans contrepartie, les autres pays du Sud sauront quoi faire à l'avenir : élire un parti extrémiste à leur tête et supprimer tout ou partie de leur dette, signant l'arrêt de mort de l'UEM et le début d'une nouvelle crise dévastatrice. Et ce d'autant que si Tsipras obtient gain de cause, les Allemands pourraient bien être les premiers à quitter la zone euro. A force d'avoir répété « faites comme nous », sans être suivie, l'Allemagne pourrait tout simplement se retirer de la zone euro et revenir à sa proposition initiale d'une UEM limitée à des pays économiquement et socialement proches (en l'occurrence les Pays-Bas, l'Autriche et le Luxembourg). Une crise sans précédent s'imposerait évidemment aux autres pays européens. Alors que faire ? Accompagner en douceur la Grèce en dehors de la zone euro ou inciter les Allemands à quitter cette dernière ? Pour nous, il n'y a pas photo. Réponse dans moins de vingt jours…
L'humeur de la semaine - 31 janvier 2015
Les dirigeants européens ont beau essayer d'édulcorer la situation politico-économico-financière de la Grèce après la victoire historique de Syriza, il faut appeler un chat un chat : la patrie d'Aristote est désormais dirigée par un parti d'extrême-gauche, avec un premier ministre eurosceptique et un ministre de l'économie qui n'a cessé de prôner l'annulation pure et simple de la dette grecque. Bien entendu, le peuple grec souffre et ne peut être laissé pour compte. De quoi rappeler que l'austérité « bête et méchante » n'a évidemment aucun sens. Evidemment, les Grecs ne veulent a priori pas quitter la zone euro. Et pour cause : un tel choix se traduirait par une flambée des taux d'intérêt grecs, cassant encore un peu plus l'activité et appauvrissant davantage une population déjà exsangue. Pour autant, dans la mesure où nous pensons que Tsipras et ses acolytes tiendront leurs promesses de campagne et parce que l'Allemagne n'acceptera plus de mettre la main à la poche, nous anticipons que la Grèce annulera une grande partie de sa dette publique et finira par sortir de la zone euro d'ici la fin 2015. Il s'agira d'ailleurs peut-être d'un mal pour un bien. D'une part, parce que l'Europe n'aura plus à alimenter un puit sans fond. D'autre part, parce que les Grecs pourront enfin faire table rase du passé, bénéficiant d'une devise compétitive et par là même retrouver le chemin de la croissance. En fait, 2015 sera une année décisive pour la zone euro. Elle sera vraisemblablement celle de la restructuration. Car, il faut être honnête : pour que l'UEM puisse survivre, elle doit s'accompagner d'une harmonisation fiscale et réglementaire et d'une cohésion économico-politique, cristallisée notamment par un budget fédéral. Ce qui ne pourra se faire qu'en respectant les règles de la cohésion. Autrement dit : la zone euro, aimez-la ou quittez-là !
L'humeur de la semaine - 24 janvier 2015
Une fois encore, Mario Draghi est entré dans l'Histoire cette semaine. Après avoir déjà sauvé la zone euro à trois reprises, puis abaissé le taux refi à 0,05 %, il vient donc d'enclencher le premier Quantitative Easing de l'UEM. Attention, cette injection de liquidités de 1 140 milliards d'euros sur un an et demi prendra du temps à agir sur l'activité et ne contribuera que modérément à la croissance eurolandaise. En effet, comme l'a souligné Angela Merkel avant même les annonces de M. Draghi, ce nouveau soutien monétaire ne doit pas faire oublier la nécessité de moderniser les économies de la zone euro et en particulier celle de la France. Car sans économie modernisée, pas de croissance forte. En attendant, ne boudons notre plaisir : la BCE a pris la bonne mesure et a déjà permis à l'euro de baisser nettement, atteignant même les 1,12 dollar. Ce n'est pas trop tôt : oui, la France et la zone euro ont besoin d'un euro moins fort. Ne l'oublions jamais : la dernière fois que la croissance a été forte dans l'Hexagone et dans l'UEM, c'était en 1999-2000, lorsque l'euro valait environ 0,90 dollar. À l'inverse, chaque fois que l'euro a dépassé 1,20 dollar, la croissance s'est effondrée. Attention cependant à ne pas aller trop loin, car un euro inférieur à un dollar pourrait également nuire à la crédibilité de l'UEM et susciter un mouvement de défiance à son égard. C'est d'ailleurs ce qui risque de se passer si les élections grecques relancent la crise de la zone euro. De plus, avec un euro trop faible, l'Allemagne pourrait de nouveau monter au créneau, aggravant le fossé qui la sépare de plus en plus de ses homologues. D'ailleurs, comme elle l'a montré en soulignant que la sortie de la Grèce de l'UEM était envisageable, puis en remontant les bretelles de Mario Draghi, Angela Merkel est vraisemblablement prête à aller au clash si la baisse de l'euro va trop loin. De quoi rappeler que la frontière entre le paradis et l'enfer est parfois bien mince...
L'humeur de la semaine - 16 janvier 2015
Les horribles attentats de Charlie Hebdo et de l'hypercacher de la porte de Vincennes ont tristement rappelé deux évidences comportementales. La première est que, lorsque la sécurité des citoyens est menacée et a fortiori si elle ne paraît plus assurée, tout s'arrête. A commencer par l'activité économique. Ainsi, à côté du drame humain, ces évènements tragiques ont eu comme conséquence collatérale, l'effondrement de la consommation. La deuxième évidence est a priori plus optimiste puisqu'elle réside dans le fait que, devant le danger et l'adversité, les citoyens ont la capacité de se surpasser et de se serrer les coudes. C'est notamment ce qui a transparu lors de la formidable marche républicaine du 11 janvier. Mais attention, cet élan national pourrait déboucher sur deux effets pervers. D'une part, devant l'impératif sécuritaire, il pourrait être tentant pour les dirigeants du pays d'oublier la nécessité de moderniser notre économie et de la rendre plus féconde en croissance et en emplois. D'autre part, comme on ne cesse de l'entendre, ce triste contexte et la psychose qui en a suivi pourraient être utilisés pour encore augmenter la dépense publique. Aussi, ne nous voilons pas la face : La France est malade. Malade de son économie, malade de sa politique, malade de ses valeurs. Au point que de plus en plus de nos compatriotes et entreprises quittent le pays, favorisant un authentique phénomène d'exil ! Mais plutôt que de se contenter de décrire les maux de la France, comme le font trop d'économistes et autres depuis des années, j'ai préféré consacrer mon nouveau livre («Guérir la France La thérapie de choc » qui sortira le 22 janvier) à l'élaboration d'un programme de mesures économiques concrètes pour sauver notre « douce France ».
L'humeur de la semaine - 19 décembre 2014
Disons-le, au risque de choquer : après l'angélisme qui prévalait sur les marchés boursiers depuis la fin de l'été, les turbulences de ces dernières semaines ne font que remettre les pendules à l'heure. En effet, qu'il s'agisse d'un Dow Jones proche des 18 000 points, d'un Dax à plus de 10 000 points ou d'un Cac 40 à 4 500 points, la flambée des grands indices boursiers internationaux commençait à devenir excessive. La crise russe est donc venue sonner le glas (du moins temporairement) de l'euphorie boursière, mais là aussi, les excès restent de mise. Certes, les arguments pour justifier la correction sont pléthores. Il y a tout d'abord et principalement l'effondrement de l'économie russe, puis du rouble. Cette « descente aux enfers » serait notamment le produit de l'embargo sur les produits russes lié au conflit ukrainien et surtout de la chute des cours pétroliers. Cette dernière constitue d'ailleurs le deuxième facteur explicatif de la déprime boursière puisqu'elle serait soi-disant annonciatrice d'un fort ralentissement de la croissance mondiale. D'où un troisième mobile : les risques accrus qui pèsent sur l'activité économique dans les pays émergents. Quatrièmement, la fin de la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed apporte également son lot d'incertitudes, même si Janet Yellen s'est employée cette semaine à calmer le jeu. Enfin, élément récurrent depuis 2008, la zone euro continue de faire peur par au moins trois biais : une nouvelle crise politique en Grèce qui viendrait réactiver la crise de la dette publique, le maintien d'une croissance molle et l'approche de la déflation. Bref, compte tenu de l'ensemble de ces craintes, la baisse récente des marchés boursiers apparaît tout à fait logique et ne fait finalement que corriger une flambée qui était excessive. Mais, une fois la correction effectuée, il ne faudrait pas non plus « jeter le bébé avec l'eau du bain ». En effet, comme souvent, les marchés sur-réagissent et ne parviennent pas à prendre le recul nécessaire pour relativiser les dangers environnants...
L'humeur de la semaine - 12 décembre 2014
Cette semaine a été marquée par deux évènements principaux. Primo, selon le FMI, la Chine serait dès la fin 2014 la première puissance mondiale, juste devant les Etats-Unis. Secundo, appuyé par Manuel Valls, le ministre de l'économie Emmanuel Macron a présenté une loi éponyme visant à dérèglementer une partie de l'économie française et à relancer la croissance et l'emploi dans l'Hexagone. A priori très différents, ces deux évènements ont cependant un point commun : ils relèvent tous d'un effet marketing et ne reflètent pas la réalité escomptée. Mais si la Chine peut également compter sur une croissance forte, la France et son gouvernement n'ont plus que le marketing pour essayer de faire illusion. Le projet de loi dit Macron en est l'exemple type. Cela en devient même grotesque. En effet, comment peut-on laisser croire que la croissance française va redémarrer parce que l'on va permettre à certains magasins d'ouvrir 7 dimanches par an ou aux compagnies d'autocar de se développer davantage ? Le pire est que ces réformettes mettent la classe politique en émoi, comme s'il s'agissait d'une thérapie de choc draconienne à même de changer la face de la France, qui passerait ainsi de l'immobilisme à la performance économique.
Arrêtons donc de nous voiler la face : si les mesures Macron (pour peu qu'elles soient votées et réellement appliquées un jour) vont dans le bon sens, elles demeurent hautement insuffisantes pour relancer la France sur le chemin de la croissance forte. Pour y parvenir, il faudra notamment baisser massivement les impôts et les dépenses publiques, tout en réduisant le coût du travail et en modernisant le marché de l'emploi. Nous en sommes malheureusement encore loin...
L'humeur de la semaine - 05 décembre 2014
Oui, le retour de la croissance est encore possible dans l'Hexagone. Pour ce faire, le repli des cours du pétrole et des matières premières ainsi que la dépréciation de l'euro/dollar constituent des soutiens de poids. Et pour cause : à chaque fois que le baril de pétrole baisse de 10 dollars, la croissance française gagne 0,4 point. De même, lorsque l'euro se déprécie de 10 %, cette même croissance s'améliore d'environ 0,5 point. Dans ce cadre, avec un baril à moins de 80 dollars et un euro autour des 1,25 dollar, le gain potentiel pour l'économie française pourrait atteindre 1,5 point de croissance pour l'année 2015, consacrant ainsi une hausse annuelle du PIB supérieure à 2 %. Malheureusement, un mouvement de défiance s'est également engagé, engendrant une incompréhension grandissante entre les dirigeants du pays et les acteurs économiques, en particulier les entreprises. Après avoir soutenu qu'ils aimaient ces dernières, MM Macron et Valls n'hésitent plus désormais à les montrer du doigt et à les rendre responsables de la crise actuelle. Dans ce cadre, il est clair qu'à cause d'une pression fiscale historiquement élevée, d'un marché du travail de plus en plus rigide, d'une réglementation de plus en plus complexe et surtout d'un manque criant de confiance et de perspectives, l'investissement des entreprises va rester faible et les créations d'emploi avec. Autrement dit, les effets positifs de la baisse de l'euro et des cours du pétrole devraient être en partie compensés par les effets négatifs du dogmatisme maladif dont font preuve les dirigeants du pays. Bien loin des 2 %, la croissance française de 2015 devrait ainsi rester inférieure à 1 %. Quel gâchis !
L'humeur de la semaine - 28 novembre 2014
C'est certainement LA grande nouvelle économique de la semaine, voire de la fin d'année : l'Union européenne est prête à engager un plan de relance de l'investissement qui pourrait atteindre plus de 300 milliards d'euros (315 milliards précisément) ! Autrement dit : au diable la rigueur et vive la relance !
Seulement voilà, comme trop souvent avec les dirigeants politiques européens, les paroles sont fortes, mais les actes sont faibles. Ainsi, l'UE n'a aucunement l'intention d'injecter 315 milliards d'euros dans l'économie européenne, elle n'en a d'ailleurs pas les moyens. Non, le projet Juncker consiste simplement à engager 21 milliards d'euros (5 milliards via la Banque Européenne d'Investissement et 16 milliards via les Etats membres) d'investissements publics, en espérant que le secteur privé viendra compléter ce plan et en financer près de 95 %, soit 294 milliards. Oui, vous ne rêvez pas, il s'agit bien d'un effet de levier ou multiplicateur de 15, digne des plus grands spéculateurs de la planète. De quoi renommer le « plan Juncker » en « David Copperfield Show » ! Dans ce cadre, on aurait même pu monter le curseur à 1 000 milliards d'euros ! Blague à part, il faut bien comprendre que pour réussir à mobiliser les investisseurs privés, il est indispensable de leur donner ce qu'ils recherchent, en l'occurrence un retour sur investissement conséquent. Or, avec une croissance structurelle d'au mieux 0,8 %, la zone euro est loin de fournir le rendement marginal suffisant pour convaincre les investisseurs...
L'humeur de la semaine - 21 novembre 2014
L'humeur de la semaine - 14 novembre 2014
Faites sonner les fanfares et les trompettes ! Réveillez vos voisins et entonnez en chœur la Marseillaise ! Voici enfin une bonne nouvelle pour l'économie française et accessoirement pour son Président et son gouvernement : au troisième trimestre 2014, le PIB hexagonal a progressé de 0,3 %. Formidable ! Quelle bonne surprise ! Encore mieux, la France se paie le luxe de réaliser l'une des meilleures performances des grands pays de la zone euro. Bon, une fois la liesse passée, pensons néanmoins à prendre du recul et à regarder les comptes nationaux de plus près. Et là, l'euphorie est loin d'être de mise. Tout d'abord, la variation du PIB du deuxième trimestre a été revue en baisse, passant de + 0,0 % à - 0,1 %. Autrement dit, après une stagnation et un recul de 0,1 %, l'augmentation de 0,3 % du troisième trimestre est plus une correction de la faiblesse passée que le début d'une nouvelle tendance. Par ailleurs, l'essentiel de cette progression s'appuie sur un fort restockage qui a contribué à hauteur de 0,3 point à la croissance. En d'autres termes, hors variation de stocks (qui, rappelons-le n'est qu'une variable d'ajustement), la variation du PIB français du troisième trimestre a été nulle. L'adage « un point ne fais pas une tendance » sied donc parfaitement à la croissance miracle du troisième trimestre. Et ce d'autant que le poste clé de l'investissement a continué de baisser. Au-delà de la simple lecture du chiffre de croissance du troisième trimestre, il faut donc être réaliste : la France reste malheureusement engluée dans la stagnation économique. La baisse de 0,2 % de l'emploi au cours du même troisième trimestre ne fait d'ailleurs que le confirmer...
L'humeur de la semaine - 07 novembre 2014
Après avoir validé le budget français de 2015 par on ne sait quel miracle, la Commission européenne essaie de corriger le tir en rappelant qu'en 2016, la France portera le bonnet d'âne de l'Europe en matière de déficit public. Cette perspective n'est pas une surprise pour la simple raison que la France est le seul pays européen à refuser d'engager des réformes économiques structurelles depuis plus de vingt ans. Pourtant, les occasions d'engager le pays vers une véritable modernisation n'ont pas manqué. En effet, au cours des vingt dernières années, les dirigeants français ont eu trois occasions claires d'engager l'Hexagone sur la voie de le baisse de la dépense publique et de la modernisation économique, ce qui lui aurait permis d'améliorer sa croissance, de réduire ses déficits et d'éviter par là même de plonger dans la spirale de la dette. Malheureusement, ces trois « aubaines » ont été littéralement gâchées. Le pire est qu'aujourd'hui encore, rien n'est fait pour remédier à ces erreurs. Ainsi, au plus bas dans les sondages et n'ayant donc plus rien à perdre, François Hollande aurait également pu jouer le tout pour le tout et engager enfin la France sur la voie de la modernisation économique. Mais une fois encore, comme vient de le démontrer le Président français lors d'une nouvelle émission télévisée pour rien, la maladie de l'immobilisme et la démagogie de la méthode Coué ont pris le dessus. Bref, la France n'est pas près de perdre son bonnet d'âne. Quelle tristesse…
L'humeur de la semaine - 31 octobre 2014
Ca y est, c'est fini : après six ans de fonctionnement et trois phases d'activation (2008, 2010 et 2012), soit un volume total d'environ 3 600 milliards de dollars, le « Quantitative Easing » (QE) de la Réserve fédérale américaine, ou « planche à billets » pour les intimes, s'est arrêté. Il ne s'agit évidemment pas d'une surprise, puisque dès le début 2014, Janet Yellen, alors fraichement nommée à la tête de la Fed, avait averti que cette politique ultra-accommodante se terminerait fin octobre. Il y a donc déjà un point positif : « Mamie Yellen » et la Fed tiennent leurs promesses. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles les marchés financières n'ont pas sur-réagi négativement à cette mesure. Mais ce n'est pas tout. Car, au-delà d'être conforme aux annonces de la Fed, l'arrêt du QE apparaît salutaire tant pour l'avenir de l'économie américaine que pour celui des marchés financiers. Autrement dit, si le changement de ton de la Fed peut déplaire, voire inquiéter, il est avant tout logique, voire indispensable. En effet, s'il était normal d'actionner la « planche à billets » et de maintenir les taux de la Fed à zéro lorsque la croissance était absente, à présent que cette dernière est revenue durablement et que le chômage américain baisse significativement, cette politique ultra-accommodante n'est plus nécessaire. De plus, il est également urgent de permettre à la Fed de se reconstituer une marge de manœuvre pour pouvoir mieux réagir lors de la prochaine crise. Cela signifie donc qu'après avoir arrêté la « planche à billets », la Fed doit désormais songer à augmenter son taux objectif des federal funds. D'où une question : comment vont réagir les marchés ?
L'humeur de la semaine - 24 octobre 2014
C'est assez incroyable cette maladie qu'ont certains de toujours voir le verre à moitié vide plutôt qu'à moitié plein. Les réflexions et « analyses » en matière d'évolution des cours du pétrole en sont des exemples parfaits. En effet, lorsque le baril de brut valait plus de 100 dollars et a fortiori lorsqu'il atteignant des sommets de 150 dollars, les « spécialistes » de l'or noir hurlaient que les conséquences de ce pétrole cher allaient être catastrophiques et surtout que cette flambée ne faisait que commencer, soutenant que le prix normal du baril était aux alentours des 250 dollars... Aujourd'hui, alors que le baril fluctue autour des 85 dollars, les mêmes « analystes », rejoints d'ailleurs par beaucoup d'autres, soulignent que la baisse de ce cours est dangereuse et annoncent un effondrement de la croissance mondiale, ainsi que la poursuite de la dégringolade du prix du pétrole… D'où une question : où est la vérité dans tout ça ? Elle n'est déjà certainement pas dans les déclarations et prévisions de ces soi-disant « spécialistes du pétrole » qui disent tout et n'importe quoi depuis des années et qui ont quasiment toujours tort. En fait, il ne faut pas se tromper sur le sens de la causalité : le repli du prix du baril est principalement une conséquence du ralentissement économique passé, alors que la production pétrolière et énergétique a continué de progresser. Il n'est donc absolument pas annonciateur d'un écroulement de l'activité économique de la planète. Bien au contraire, il devrait permettre de consolider la croissance mondiale à venir. Explications...
L'humeur de la semaine - 17 octobre 2014
Et c'est reparti ! Après deux ans et demi de forte remontée (+ 62 % tant pour le Dow Jones que pour le Cac 40), les marchés boursiers sont affectés par un nouveau virus. Ce dernier est particulièrement contagieux puisqu'il s'appelle le pessimisme. En effet, après deux années de relative accalmie sur le front de la croissance mondiale et un an d'espoir sur la sortie de crise de la zone euro, les bourses mondiales se remettent à craindre le pire. En moins d'un mois, le Dow Jones a ainsi perdu près de 7 % et le Cac 40 plus de 14 %. En fait, depuis la crise de 2008-2009, et en dépit de la forte reprise de l'année 2010, la question revient très régulièrement : et si la croissance mondiale finissait par rechuter fortement ? A l'appui de ce sombre scénario, les arguments sont pléthore : risques géopolitiques, rechute de l'économie américaine, effondrement de la croissance chinoise, nouvelle crise du monde émergent ou encore retour de la récession dans la zone euro. Jusqu'à présent seule cette dernière a vraiment « tenu ses promesses ». Et pour cause : elle a non seulement rechuté vers la récession en 2012-2013, mais a aussi été incapable de dépasser durablement les 1 % de croissance. Pire, depuis quelques mois, son retour dans la récession et son enlisement dans la déflation deviennent de plus en plus inévitables. Finalement, depuis 2010 et comme cela s'est encore observé cette semaine, seules la résistance de la Chine et celle des Etats-Unis ont permis à la marche mondiale des affaires d'éviter le repli et aux marchés boursiers de limiter les dégâts. Mais quid des prochains mois ?
L'humeur de la semaine - 03 octobre 2014
La sagesse populaire nous enseigne que « plus c'est gros, plus ça passe ». Autrement dit, plus un mensonge est énorme, plus il est accepté par le plus grand nombre. Les déclarations des dirigeants de la France en matière de baisse des dépenses publiques depuis une trentaine d'années nous en donnent un exemple flagrant. En effet, depuis lors, il n'y a pas eu un Président de la République, un premier ministre, un ministre des finances ou un ministre du budget qui n'a pas osé affirmer au peuple français que les dépenses publiques allaient baisser « l'an prochain ». Pourtant, bien loin de ces « promesses d'ivrogne », les dépenses publiques n'ont cessé d'augmenter. Elles sont ainsi passé de 180 milliards d'euros en 1979 à 525 milliards en 1990, puis 760 milliards en 2000 et, enfin 1300 milliards en 2014. En fait, depuis 1959 et le début des statistiques modernes de l'INSEE, les dépenses publiques françaises n'ont JAMAIS baissé. Depuis 1990, les dépenses publiques ont augmenté de 148 %, soit 1,5 fois de plus que la richesse créée dans l'Hexagone. A la rigueur, si nos dirigeants reconnaissaient leurs erreurs et avouaient la réalité aux Français, on pourrait éventuellement leur pardonner. Or, non seulement ce n'est pas le cas, et, en plus, ils persévèrent dans leurs erreurs et leurs mensonges. Ainsi, comme cela s'était déjà observé l'an passé, mais aussi depuis une vingtaine d'années, le gouvernement a présenté un projet de loi de finances faisant état d'une baisse des dépenses publiques : « la plus forte depuis toujours !» nous dit-on. Pourtant, une fois encore, il s'agit d'un mensonge. Le même mensonge d'Etat qui prévaut depuis plus de vingt ans...
L'humeur de la semaine - 28 septembre 2014
A l'instar de son « patron », François Hollande, Manuel Valls faisait presque peine à voir lorsqu'il essayait de défendre devant Angela Merkel le sérieux budgétaire de la France en dépit de ses énièmes dérapages. Habituée à faire semblant d'être compatissante à l'égard de la France, la Chancelière allemande adoptait la même position qu'avec MM. Chirac, Sarkozy et Hollande : sympathie mais fermeté, avec pour message subliminal « parle toujours tu m'intéresses ». Car, c'est bien là le problème des relations franco-allemandes : depuis plus de vingt ans, les dirigeants français font des promesses, mais ne les tiennent pas. Pire, leurs réalisations économiques sont souvent aux antipodes de ce qu'ils avaient annoncé. Face à ces mensonges à répétition, ils ne sont donc plus crédibles et ni les Allemands, ni leurs partenaires européens ne les croient. Face à cette triste situation, de plus en plus de voix s'élèvent, en particulier en France, pour critiquer le positionnement allemand de l'Europe et notamment de la zone euro. « Et si finalement les Allemands avaient tort ?!» entend-on ici et là. Peut-être, mais, en attendant, les seuls qui ont réussi à sortir de la crise sans trop de dégâts sont justement les Allemands. Les mesures prônées par ces derniers (réduction des charges sur les salaires, diminution de la pression fiscale, notamment sur les entreprises, fluidification du marché du travail, amoindrissement des dépenses publiques vers plus d'efficacité) ne sont donc pas expérimentales mais ont déjà fait leur preuve. A l'inverse, les propositions alternatives françaises de dérapage budgétaire et d'augmentation des dépenses publiques ont prouvé qu'elles étaient vouées à l'échec. Ainsi, plus la France tardera à emprunter la voie de la rationalité économique, plus son poids sur la scène européenne et internationale s'amoindrira, et plus l'Allemagne dominera l'Europe. Les cartes sont donc bien entre nos mains. Il suffit de savoir bien les utiliser…
L'humeur de la semaine - 19 septembre 2014
« Pendant une période de temps considérable ». Tel est le principal message adressé par la Présidente de la réserve fédérale américaine Janet Yellen lors du dernier FOMC en matière d'évolution des taux directeurs de la Fed. Autrement dit, après avoir annoncé une première hausse du taux objectif des federal funds pour la mi-2015, les dirigeants monétaires américains ne semblent plus sûrs de rien.Toujours est-il que, même si la Fed prend son temps pour agir et ne souhaite prendre aucun risque, elle augmentera ses taux directeurs avant que la BCE ne le fasse. En effet, comme ne cesse de le confirmer Mario Draghi et les dirigeants monétaires eurolandais, le taux refi restera également sur des planchers historiques pendant une période considérable. La grande différence qui persiste entre les deux côtés de l'Atlantique réside néanmoins dans les écarts de croissance qui demeurent particulièrement élevés. Et pour cause : si la progression annuelle du PIB américain devrait dépasser les 2,1 % cette année et les 3 % en 2015, celle du PIB eurolandais avoisinera 0,7 % cette année et au mieux 1 % l'an prochain. Pis, alors que les derniers indicateurs avancés annoncent une accélération de l'activité outre-Atlantique, ceux de la zone euro indiquent une rechute qui a d'ailleurs déjà commencé. La seule bonne nouvelle de ces différences de croissance et de politique monétaire réside dans la poursuite inévitable de la baisse de l'euro face au dollar. La devise européenne devrait effectivement se rapprocher des 1,15 dollar pour un euro d'ici l'été 2015, permettant enfin à la croissance eurolandaise de dépasser durablement et significativement la barre des 1 %... en 2016. Mieux vaut tard que jamais.
L'humeur de la semaine - 12 septembre 2014
La semaine dernière, nous commencions notre humeur par une exclamation interrogative enthousiaste : « Mais où s'arrêtera Mario Draghi ? », soulignant la chance que la zone euro avait d'avoir ce dernier à la tête de la BCE. Aujourd'hui, une autre question similaire se pose, mais avec beaucoup moins d'enthousiasme : « où s'arrêtera la descente aux enfers de François Hollande, du gouvernement Valls et plus globalement de la France ? » En effet, disons-le clairement : nous sommes très inquiets pour l'avenir de notre économie et de notre douce France. Certes, cela fait une dizaine d'années que nous exprimons régulièrement nos inquiétudes en la matière. Seulement voilà, plus les années passent, plus le fossé se creuse entre l'efficacité économico-sociale et la politique hexagonale. D'où une question : que va faire le Président Hollande pour sortir la France de l'ornière. De plus en plus de politologues et d'observateurs en tous genres évoquent l'électrochoc de la dissolution. Pourquoi pas ? Mais surtout pour quoi faire ? Car si déjà, depuis deux ans, la croissance est en berne, que va-t-elle devenir avec de nouvelles élections législatives et a fortiori si ces dernières débouchent sur une cohabitation inamicale et/ou une percée de l'extrême droite ? Alors, MM. Hollande et Valls, perdu pour perdu, ayez enfin le courage que n'ont pas eu vos prédécesseurs et engager la France dans une véritable modernisation économique. Il en va du sauvetage de la France et de sa démocratie...
L'humeur de la semaine - 05 septembre 2014
Mais où s'arrêtera Mario Draghi ? Après avoir déjà sauvé la zone euro à deux reprises (en décembre 2011 et en septembre 2012), puis avoir restauré (certes modérément) la croissance eurolandaise en 2013 et enfin après avoir déjà baissé le taux refi à 0,15 % le 5 juin dernier, le Président de la BCE a décidé d'aller encore plus loin. Ainsi, ce dernier a non seulement prolongé et élargi le programme de rachat de titres de la BCE, ce qui était attendu, mais a, en plus, créé la surprise en abaissant le taux refi à 0,05 %. Même la Réserve fédérale américaine n'avait pas osé aller aussi bas sur son taux objectif des federal funds. A l'évidence, M. Draghi mérite vraiment son surnom de « Super Mario ». Et ce, d'autant que ces mesures n'ont pas été prises à l'unanimité des membres du Comité de politique monétaire de la BCE. Autrement dit, pour y parvenir, le sauveur « Draghi » a dû se battre et certainement forcer la main à une partie de ses collègues, notamment allemands. D'ailleurs, dans le sillage de l'annonce de ces décisions courageuses et bénéfiques, les marchés boursiers européens ont flambé, saluant la volonté farouche de la BCE et de son Président de sauver une nouvelle fois la zone euro, en essayant de lui éviter la récession et la déflation. D'où une question déterminante : ces mesures seront-elles suffisantes pour permettre à l'UEM de sortir de la stagnation économique et d'empêcher l'avènement de la déflation. Malheureusement, rien n'est moins sûr. Et ce, pour au moins cinq raisons. En fait, si Mario Draghi et la BCE continuent de faire le maximum pour maintenir la zone euro à flot, cette dernière restera incapable d'éviter la déflation et de retrouver le chemin de la croissance forte. Merci quand même…
L'humeur de la semaine - 29 août 2014
Après un été particulièrement belliqueux sur la scène géopolitique internationale, la rentrée s'annonce au moins tout aussi difficile. Ainsi, en dépit du « cessez-le feu permanent » conclu entre Israël et le Hamas, les conflits militaires avérés ou potentiels ne manquent pas : Ukraine, Syrie, Irak, Lybie, Centrafrique, Soudan… sans parler des risques d'attentats terroristes dans les pays occidentaux. Certes, pour le moment, ces conflits n'ont quasiment pas eu d'impact sur les prix pétroliers. De même, la croissance mondiale ainsi que les marchés boursiers et obligataires sont restés bien orientés. Dans ce cadre, il pourrait donc paraître évident de défendre un scénario favorable pour les mois à venir, voire un nouveau rallye boursier. Pour autant, il nous paraît plus opportun de maintenir la prudence. En effet, la multiplication des dangers géopolitiques commence à jouer sur le climat des affaires. Et ce, en particulier en Europe, qui souffre d'ores et déjà de l'embargo russe sur certains produits. De plus, la situation économique, sociale et politique de la France commence à devenir vraiment inquiétante. Aussi, le 19 septembre prochain, Moody's devrait fortement dégrader la note de la France (sûrement de deux crans) pour manquement à tous ses objectifs : déficits publics, dette, croissance, chômage. La question est alors de savoir quelle sera la réaction des marchés et des investisseurs : l'indifférence, notamment grâce à l'action de la BCE, ou alors le réveil brutal qui se traduira par une forte sanction sur les marchés obligataires et boursiers ? La réponse n'est pas tranchée, mais entre des menaces géopolitiques de plus en plus pesantes et un risque politico-financier majeur en France, il est clair que la rentrée de septembre apparaît particulièrement dangereuse. Bon courage !
L'humeur de la semaine - 22 août 2014
Depuis la crise de 2008-2009, et en dépit de la forte reprise de l'année 2010, la question revient très régulièrement : et si la croissance mondiale finissait par rechuter fortement ? A l'appui de ce sombre scénario, les arguments sont pléthore : risques géopolitiques, rechute de l'économie américaine, effondrement de la croissance chinoise, nouvelle crise du monde émergent ou encore retour de la récession dans la zone euro. Jusqu'à présent seule cette dernière a « tenu ses promesses ». Et pour cause : elle a non seulement rechuté vers la récession, mais a aussi été incapable de dépasser durablement les 1 % de croissance. En fait, depuis 2010, seules la résistance de la Chine et celle des Etats-Unis ont permis à la marche mondiale des affaires d'éviter le repli. Il faut dire que les politiques monétaires de ces deux locomotives de l'économie planétaire ont été sans faille et ont tout fait pour éviter le retour de la récession et a fortiori de la déflation. Mieux, depuis deux ans, la BCE a également apporté sa pierre à l'édifice. Pour autant, la zone euro reste toujours menacée par la baisse des prix et ses corollaires, à savoir le recul de la production et l'augmentation du chômage. Depuis quelques semaines, la baisse marquée de l'euro/dollar pourrait inverser cette spirale dévastatrice. Néanmoins, pour le moment, cette dépréciation reste insuffisante. En effet, tant que l'euro ne retrouve pas son niveau d'équilibre d'environ 1,15 dollar, l'UEM demeure incapable de retrouver le chemin de la croissance forte. D'ores et déjà, il paraît inévitable que l'économie eurolandaise continuera de stagner jusqu'à la fin 2014. Sur cette faiblesse chronique viennent s'ajouter de nombreux risques géopolitiques (Ukraine, Russie, Irak…) ou sanitaires (Ebola) qui ne manqueront pas d'affecter négativement la confiance des investisseurs et de limiter par là même le niveau de la croissance économique. De plus, même s'ils sont en sommeil, les risques financiers restent majeurs : Argentine, Brésil, Thaïlande et, plus proche de nous, Portugal, Grèce, Italie et bientôt France...
L'humeur de la semaine - 14 août 2014
Sans surprise, la croissance française a encore été nulle au deuxième trimestre 2014. Pour être tout à fait exact, le PIB national a même reculé de 0,02 %. Au cours des quatre derniers trimestres, la variation annuelle moyenne de celui-ci a été de 0 %. Autrement dit, si la France évite de justesse la récession, elle est bien en stagnation depuis un an. Compte tenu de cette piètre performance, l'acquis de croissance du PIB français pour 2014 au sortir du premier semestre n'est que de 0,3 %. Autrement dit, comme nous l'annoncions depuis des mois, les prévisions gouvernementales en matière de croissance et de comptes publics sont bien devenues impossibles. Conscient de cette triste réalité, le ministre Sapin a d'ailleurs réduit de moitié sa prévision de croissance de 1 % à 0,5 % pour l'année 2014. Mais, là encore, rien n'est garanti. En effet, pour atteindre 0,5 %, il faudrait que le PIB augmente de 0,3 % tant au troisième qu'au quatrième trimestre, ce qui est loin d'être assuré. Et pour cause : tous les indicateurs avancés de la croissance sont à la baisse. Pour ne rien arranger, le spectre de la déflation s'installe de plus en plus dans l'Hexagone. Avec un niveau de 0,5 % depuis deux mois, le glissement annuel des prix à la consommation est effectivement bien parti pour atteindre 0 % d'ici l'automne prochain. La France pourra donc se prévaloir d'un triple zéro : sur la croissance, sur l'inflation et sur la crédibilité en matière de politique économique et de réduction des déficits publics. Au total, même si nos prévisions de croissance française pour 2014 étaient déjà très prudentes, nous sommes contraints de les réviser à la baisse. Nous tablons désormais sur une augmentation annuelle du PIB de 0,4 % dans le meilleur des cas...
L'humeur de la semaine - 08 août 2014
Mais quelle mouche a-t-elle piqué le Président de la République française ? En effet, plutôt que d'essayer de remonter le moral des troupes face à la rentrée très difficile qui se profile, en annonçant par exemple que la France allait enfin engager des réformes structurelles massives, François Hollande a préféré demander l'aide de l'Allemagne pour tenter de redresser l'économie française. Georges Clémenceau a dû se retourner dans sa tombe. Bien entendu, l'Allemagne d'aujourd'hui est très loin de celle de 1914-18 et a fortiori de celle de 1939. Pour autant, cet appel au secours est à la fois un aveu de faiblesse et la confirmation que la France n'a plus les moyens de sauver son économie par elle-même. Quelle tristesse ! A la rigueur si le Président Hollande avait demandé à l'Allemagne d'assouplir sa position en matière d'euro trop fort et/ou de planche à billets de la BCE, cela aurait pu se comprendre. Mais, demander à l'Allemagne de réinvestir ses excédents pour relancer la croissance française relève de l'incompréhension économique et de l'erreur stratégique basique. En effet, comment un pays qui a refusé de moderniser son économie depuis plus de vingt ans, s'endormant royalement sur ses lauriers, peut-il demander à un autre qui a fait d'énormes sacrifices sur la même période de récupérer les fruits de ces derniers ? A l'évidence, notre Président devrait relire les fables de La Fontaine, et notamment celle de la cigale et la fourmi. D'ailleurs, et tout à fait logiquement, l'Allemagne s'est délectée à répondre à la France par un « Nein » tout aussi cinglant que rabaissant. Autrement dit, au-delà des accolades et des embrassades de façade, le torchon brûle entre les deux côtés du Rhin. Rarement depuis la seconde guerre mondiale, les quolibets, les vexations et les invectives ont été aussi nombreux et virulents. Nos cousins germaniques ne supportent effectivement plus le manque de clairvoyance et de pragmatisme des élites et des gouvernants français. Et ce n'est malheureusement pas terminé...
L'humeur de la semaine - 01 août 2014
Après cinq étés pourris (de 2007 à 2011), puis deux étés ensoleillés (2013 et 2013), les marchés boursiers sont bien partis pour connaître un été 2014 pluvieux, voire orageux. Comme dirait Georges Perec, « Je me souviens » : Eté 2007, éclatement de la crise des « subprimes »; un an plus tard, flambée du pétrole à 150 dollar le baril, puis faillite de Lehman Brothers ; été 2009, craintes d'un « double dip » (une rechute de l'activité économique), notamment aux Etats-Unis. Enfin, lors des étés 2010 et 2011, c'est au tour de la crise grecque et des inquiétudes sur la viabilité de la zone euro de faire plonger les marchés. Fort heureusement, les deux années suivantes ont mis fin à cette malédiction estivale. En 2012, grâce au sauvetage de la zone euro par la BCE, les indices occidentaux progressent d'environ 8 % entre juin et septembre. Quant à 2013, grâce à une croissance mondiale soutenue et à une action toujours très accommodante des principales banques centrales de la planète, la performance estivale avoisine les 7 %. Alors, jamais deux sans trois ? Sur ce plan, rien n'est moins sûr. En effet, en dépit du fort rebond de la croissance américaine au deuxième trimestre, de la vigueur de l'activité économique en Chine et en Allemagne et plus globalement de la bonne performance de la marche des affaires mondiale, les risques restent élevés. Ils sont bien sûr géopolitiques : Ukraine, Syrie, Irak, Lybie, Gaza… les facteurs de tensions guerrières ne manquent pas. Mais, au-delà de ces évènements incontrôlables (on pourrait d'ailleurs y ajouter le développement du virus Ebola en Afrique), les ingrédients économiques présentent également des sources d'inquiétudes. Cet été, les marchés boursiers internationaux pourraient d'ailleurs tester des planchers temporaires, dans le sillage de mauvaises nouvelles géopolitiques et/ou statistiques. Une forte volatilité et une baisse estivale de l'ordre de 8 % du Dow Jones et du Cac 40 pourraient ainsi s'observer. Bonnes vacances quand même et bonnes montagnes russes à toutes et à tous…
L'humeur de la semaine - 25 juillet 2014
L'humeur de la semaine - 18 juillet 2014
Sans cesse décriée, souvent présentée comme au bord du gouffre, voire même en proie à un rapide déclin. Eh bien non ! Déjouant les pronostics consensuels, la Chine est toujours là, et bien là. Ainsi, pendant que les Européens se chamaillaient pour trouver le président de la Commission, qui, comme son prédécesseur, ne fera pas grand-chose, pendant que la Fed souffle le chaud et le froid sur sa politique monétaire à venir et pendant que les Français restent incapables d'engager la moindre réforme de fond, la Chine continue son petit bonhomme de chemin, alliant croissance soutenue et inflation maîtrisée. Ainsi, non contente d'avoir résisté à la crise de 2008-2009 et d'avoir laissé seuls les pays développés s'enfoncer dans la récession, l'Empire du milieu continue de faire preuve d'un dynamisme à toute épreuve. Si bien qu'il est désormais devenu LA locomotive structurelle de la croissance mondiale. Les dernières statistiques viennent encore de le prouver : augmentation du PIB de 2 % au deuxième trimestre 2014, soit 7,5 % sur un an (contre 7,4 % le trimestre précédent), progression annuelle de 9,2 % pour la production industrielle et de 12,4 % pour les ventes au détail en juin. Pas mal pour un pays en déclin. Bien entendu, tout n'est pas rose en Chine. D'aucuns annoncent même qu'une crise démographique et/ou démocratique et/ou financière est inévitable. Ils ont certainement raison, car les crises font forcément partie du développement économique. Pour autant, à la différence des Occidentaux et notamment des Européens, les Chinois savent anticiper. Aussi, ils disposent d'ores et déjà d'au moins quatre airbags pour éviter une crise durable...
L'humeur de la semaine - 11 juillet 2014
Après la perte de 14 milliards d'euros de la première banque italienne Unicredit en mars dernier (pour provisionnement de créances douteuses), l'amende record de BNP Paribas il y a quelques jours, c'est au tour de la première banque privée portugaise Espirito Santo (BES) de raviver les cendres toujours incandescentes de la crise bancaire européenne. Et pour cause : la maison mère de celle-ci, Espirito Santo International (ESI), subit de lourdes pertes, qui ne manqueront pas d'affecter BES, dont le cours boursier a chuté de 17,24 %, avant la suspension de la cotation à la Bourse de Lisbonne. Ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire a évidemment pesé immédiatement sur l'ensemble des cours boursiers des banques européennes, mais aussi sur les taux d'intérêt à long terme des pays d'Europe du Sud, à commencer par le taux à dix ans des obligations de l'Etat portugais qui a retrouvé la barre des 4 %. De quoi rappeler deux fondamentaux déterminants. D'une part, la situation bancaire et financière eurolandaise reste très fragile. D'autre part, l'Union bancaire européenne, censée supprimer tout risque de rechute, apparaît bien peu crédible. Mais au-delà de cette vraie fausse révolution (les dirigeants politiques européens n'en sont plus à un mensonge près), la récente tempête portugaise souligne que le vrai danger pour l'Europe bancaire réside dans une nouvelle crise d'aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains mois...
L'humeur de la semaine - 04 juillet 2014
Depuis environ sept ans, on ne parle que de crise, de récession, de relance keynésienne, de rechute, ou encore de reprise technique. Toutes ces préoccupations sont évidemment parfaitement justifiées. Néanmoins, en se concentrant sur le présent, c'est-à-dire sur le conjoncturel, elles font l'impasse sur l'essentiel, à savoir l'état structurel de nos économies. En effet, compte tenu du choc négatif d'envergure qu'elle représente, la crise de ces dernières années a forcément des conséquences concrètes et très souvent négatives sur la croissance structurelle des différents pays et zones de la planète. Même si la crise n'est pas encore complètement terminée (du moins en Europe), il paraît donc opportun de faire le point sur ce thème et d'établir une estimation des nouvelles croissances structurelles. Selon nos estimations, l'impact négatif de cette crise sur la croissance structurelle a été de l'ordre de 0,5 point outre-Atlantique et d'environ 1 point dans la zone euro. Cela signifie donc que celle des Etats-Unis a retrouvé son niveau des années 90, à 2,5 %, mais aussi que celle de l'UEM n'est plus que de 0,8 %. En d'autres termes, notre base de départ est bien plus basse qu'aux Etats-Unis et qu'il y a quinze ans. Le plus problématique réside dans le fait que pour engager un cercle vertueux de fortes créations d'emplois et aussi pour rembourser chaque année la charge des intérêts de la dette publique, une croissance d'au moins 2 % est nécessaire et que cette dernière doit atteindre 2,5 % pour éviter l'explosion de la bulle de la dette publique à partir de 2015-2017 (liée notamment au non financement de la retraite par répartition dans la plupart des pays de la zone euro)...
L'humeur de la semaine - 27 juin 2014
Hasard ou coïncidence, et comme cela s'était d'ailleurs observé en 2010, les résultats du Mondial de football reflètent plus ou moins bien les performances économiques des pays engagés. Ainsi, de la même façon que les pays du Sud de la zone euro sont les lanternes rouges de la croissance mondiale depuis 2008, ils ont également été éliminés dès le premier tour de la compétition. Ciao Italie, Espagne et Portugal. Seule exception à la « malédiction » des pays du Sud de l'Europe : la Grèce, qui, à l'instar de son sauvetage in extremis par l'annulation d'une grande partie de sa dette, a réussi à se qualifier à la dernière minute de son match contre la Côte d'Ivoire. Parallèlement et conformément à son rôle de locomotive de la zone euro, l'Allemagne a continué sur le chemin de la rigueur et, par là même, de la victoire. Il en a été de même de ses « satellites » économiques, en l'occurrence des Pays-Bas et de la Belgique, qui, malgré une croissance toujours fragile, ont su mettre en place une stratégie gagnante. En fait, la seule grande différence avec 2010 et surtout avec le contexte économique ambiant réside dans le comportement de la France. En effet, alors que sa croissance ne décolle pas, que son chômage enregistre chaque mois de nouveaux records historiques et que sa politique économique accumule les échecs, les Bleus ont surpris par leur dynamisme et leur réussite. Certains, notamment à l'Elysée et à Matignon, se mettent alors à rêver au retour de la baraka non seulement pour son équipe de foot, mais aussi pour l'ensemble de l'économie française. Malheureusement, si nous aimerions y croire, il nous faut aussi regarder la réalité en face. Et, celle-ci est loin d'être bleue...
L'humeur de la semaine - 20 juin 2014
A l'évidence, la France est un pays incroyable. De par ses paysages, sa richesse culturelle ou encore son positionnement géographique, elle est certainement l'un des plus beaux pays du monde. Seulement voilà, ce don du ciel est en train de devenir un cadeau empoisonné. En effet, plutôt que de valoriser et développer ces atouts, les dirigeants du pays et certains acteurs de la vie économico-sociale ne cessent de les épuiser depuis une trentaine d'années. Deux évènements viennent encore de nous en apporter la preuve cinglante. Le premier réside dans le nouveau rapport de la cour des comptes qui, une fois de plus, n'hésite pas à mettre en cause la « sincérité » des prévisions gouvernementales en matière de réduction des déficits publics. Ainsi, qu'il s'agisse des anticipations d'augmentation des recettes fiscales ou de réduction des dépenses publiques, le compte n'y est pas et sera même très loin des annonces tonitruantes de Bercy, Matignon ou l'Elysée. C'est là que le deuxième évènement des derniers jours, en l'occurrence la grève à la SNCF, pourrait bien produire beaucoup plus d'effets négatifs que l'on veut bien imaginer. Car, ne nous leurrons pas, le coût de cette grève ne se limite pas aux 50 millions d'euros qu'elle coûte chaque jour à la SNCF, comme l'a annoncé le Président Pepy. Ni même aux 400 à 500 millions de manque à gagner quotidien pour l'ensemble de l'économie française. Non, au-delà de ces coûts directs, qui sont déjà exorbitants, le vrai coût de la grève est ailleurs. D'une part, il réside dans l'affaiblissement global de l'économie nationale. D'autre part, dans la nouvelle dégradation de la crédibilité de la France en matière de dynamisme et de réforme. Pour éviter que l'Hexagone passe de la grève à la Grèce, il faut donc absolument arrêter la démagogie et devenir enfin responsable. Il ne s'agit pas simplement d'un problème de bras de fer entre le gouvernement et les syndicats ou encore de l'établissement de prévisions tronquées, mais de l'avenir de nos enfants…
L'humeur de la semaine - 13 juin 2014
Rappelez-vous : « et 1, et 2 et 3 - 0 ! » C'était le 12 juillet 1998. Pour la première fois de son histoire, l'équipe de France remportait la coupe du monde de football. A l'époque, tout paraissait formidable puisqu'en plus de son exploit sportif, l'Hexagone retrouvait enfin le chemin de la croissance forte, après huit ans d'errance dans l'atonie économique. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : alors qu'il n'avait progressé en moyenne que de 1,4 % par an de 1991 à 1997, le PIB français a brusquement bondi de 3,6 % en 1998, puis de 3,3 % en 1999 et enfin de 4,1 % en 2000. A l'évidence, nous ne sommes pas près de retrouver de telles performances. C'est d'ailleurs ce qui a amené certains esprits étriqués à laisser croire que si la France a connu une vigueur économique si impressionnante, c'est grâce à sa victoire au Mondial 1998, puis à celle de l'Euro 2000. Dans ce cadre, certains, notamment du côté de Matignon et de l'Elysée (mais pas seulement), se mettent alors à rêver à un nouveau triomphe français en 2014, qui pourrait faire oublier tous les échecs économiques et politiques récents, puis relancer la confiance, donc la croissance et, enfin, faire baisser fortement et durablement le chômage. Si ce raisonnement peut apparaître plaisant, il est pourtant complètement erroné. En effet, si la croissance française a été forte de 1998 à 2000, ce n'est pas parce que la France a remporté la coupe du monde puis la coupe d'Europe de foot, mais parce que les fondamentaux économiques mondiaux et européens étaient particulièrement favorables. Pour 2014, une chose est sûre : quelle que soit l'issue de la compétition, les réalités économiques hexagonales reprendront très vite le dessus : croissance proche de zéro, chômage historiquement élevé, déficits publics bien plus lourds qu'annoncé par le gouvernement, tensions sociales exacerbées,… En attendant, ayons donc une petite pensée pour celles et ceux qui n'aiment pas le foot et n'auront donc même pas le loisir de profiter du mois à venir pour oublier l'horreur économique nationale…
L'humeur de la semaine - 06 juin 2014
Il faut le reconnaître, Mario Draghi est vraiment très fort. En effet, après avoir déjà sauvé la zone euro à deux reprises (en décembre 2011 et en septembre 2012), puis avoir restauré (certes modérément) la croissance eurolandaise l'an passé, celui que l'on appelle à juste titre « Super Mario » à engager la BCE dans un nouveau mouvement historique. Ainsi, le 5 juin 2014, pour la première depuis sa création et réalisant une première dans le monde occidental contemporain, la BCE a consacré un taux de dépôt négatif, de précisément - 0,10 %. Si le taux refi reste positif à 0,15 %, ce geste a suffi pour mettre les marchés financiers en émoi, et ce en particulier sur les bourses européennes qui ont toutes progressé d'environ 1 % au cours de cette même journée. Pour autant, si la politique et le courage de Mario Draghi doivent être salués, ils seront malheureusement insuffisants pour permettre le retour d'une croissance forte et durable dans la zone euro, cette dernière demeurant donc toujours menacée par une déflation dévastatrice. Peut-être qu'alors une véritable « planche à billets » sera engagée dans la zone euro et que l'euro se rapprochera durablement de son niveau d'équilibre. Il faut le souhaiter car, comme les exemples japonais, américains ou anglais l'ont montré, il s'agit là des conditions sine qua non pour permettre la sortie de la déflation et le retour d'une croissance appréciable d'environ 2 %. C'est tout le problème de la zone euro : elle ne sait réagir qu'une fois les difficultés avérées et ne parvient pas à les anticiper pour les éviter.
L'humeur de la semaine - 30 mai 2014
« Vous êtes vraiment sûrs que les taux longs français vont se tendre d'ici la fin d'année et que les marchés boursiers vont marquer le pas à l'automne ? » Depuis quelques semaines, il nous faut avouer que cette question revient souvent dans la bouche de nos clients et de nos lecteurs. Il faut dire qu'en dépit des craintes sur la croissance française et mondiale, mais aussi malgré les difficultés récurrentes de l'Etat français à réduire ses déficits, rien n'y fait : les investisseurs refusent de regarder la réalité en face et préfèrent regarder l'avenir avec optimisme, donc acheter massivement des obligations du Trésor et/ou des actions, encore et encore. Pour nous, qui sommes de nature optimiste, ce comportement n'a pas de quoi nous déplaire. Pour autant, dans la mesure où il nous faut surtout être réalistes et faire en sorte que nos prévisions collent le plus possible à la réalité, il est également de notre devoir de souligner que ce mouvement commence vraiment à devenir inquiétant, voire dangereux. Les évolutions des marchés au regard des évènements politico-économico-financiers de la semaine écoulée nous ont d'ailleurs une nouvelle fois montré l'ampleur de cette déconnexion entre les fondamentaux et l'évolution des marchés obligataires et boursiers. En effet, même si leur portée législative est faible, les résultats des élections européennes du 25 mai ont consacré une forte poussée des partis extrémistes et europhobes à travers l'Europe, avec une mention spéciale pour la France, où le Front National est tout simplement arrivé en tête des élections, loin devant les partis traditionnels. Normalement, un tel dérapage aurait dû se traduire par une réduction des flux d'investissements dans l'Hexagone, et notamment sur les marchés obligataires. Le taux de l'OAT à 10 ans aurait ainsi dû se tendre nettement et les marchés boursiers reculer au cours des jours suivants. D'autant qu'une nouvelle crise majeure a secoué l'UMP, aggravant encore le discrédit des politiques français et faisant par là même le lit au Front National. C'est pourtant l'inverse qui s'est produit. Et maintenant ?
L'humeur de la semaine - 16 mai 2014
Comme nous l'annoncions la semaine dernière dans nos prévisions hebdomadaires, la croissance de la zone euro au premier trimestre 2014 a été faible : seulement 0,2 %. Et ce, en grande partie grâce à l'Allemagne, dont le PIB a progressé de 0,8 % sur la même période. Bien loin de cette performance détonante, les autres pays de l'UEM ont, une fois encore, brillé par leur mollesse économique, certains subissant même une nouvelle baisse de leur PIB : - 0,1 % pour l'Italie, - 0,4 % pour la Finlande, - 0,7 % pour le Portugal et Chypre, - 1,2 % pour l'Estonie et - 1,4 % pour les Pays-Bas. Seule petite lueur d'espoir, le PIB espagnol a enregistré son troisième trimestre consécutif de hausse, progressant de 0,4 %. Il demeure toutefois toujours largement en-deçà de son niveau d'avant-crise. Dans ce cadre, il faut être clair : sans l'Allemagne, le PIB eurolandais aurait stagné au premier trimestre 2014. Déjà observable depuis trois ans, ce décalage durable entre le dynamisme allemand et la faiblesse eurolandaise dans son ensemble devient de plus en plus inquiétant. Il montre qu'en dépit de réformes courageuses dans certains d'entre eux, les pays de l'UEM n'arrivent plus à suivre la locomotive allemande. A croire que le retard accumulé est devenu irrattrapable. Et dans cette course à l'échalote, la France apparaît de plus en plus larguée. Certes, une fois encore et comme par magie, les meubles ont été sauvés au premier trimestre 2014. En effet, le PIB français a évité de justesse la baisse, enregistrant une stagnation. Pour autant, le détail des comptes nationaux est calamiteux. Et pour cause : hors stocks, le PIB hexagonal chute de 0,6 % au premier trimestre. Tous les postes clés de la demande subissent une baisse massive : - 0,5 % pour la consommation des ménages, - 2,6 % pour l'investissement logement, - 0,5 % pour l'investissement des entreprises et - 0,2 point de contribution pour le commerce extérieur. Pour le retournement tant annoncé, il faudra repasser...
L'humeur de la semaine - 09 mai 2014
Après « le changement, c'est maintenant », le fameux « Moi, Président », puis « le chômage en baisse dans un an », sans oublier « la reprise est là », François Hollande vient de gratifier ses concitoyens d'un nouveau slogan « le retournement économique arrive ». A l'évidence, le Président de la République française est à la fois un as de la formule, un chantre de la méthode Coué et un expert en marketing. Seulement voilà (comme nous l'expliciterons en détail dans notre « quid de l'économie et des marchés » ci-après), l'optimisme c'est bien, le réalisme c'est mieux. En effet, bien plus que la difficulté de la situation ambiante, ce qu'abhorrent le plus les agents économiques (entreprises, ménages, investisseurs, marchés) c'est la déception. En particulier lorsque cette dernière est récurrente. Et c'est bien là le plus troublant dans le timing de la nouvelle sortie marketing du Président Hollande : elle intervient juste après la publication de toute une série de statistiques montrant que la conjoncture française est précisément en train de se détériorer.Mais ce n'est pas tout, car si la France est très loin du « retournement » positif, le reste du monde et les marchés financiers pourraient bien connaître, eux-aussi, un retournement, mais dans le mauvais sens du terme. Certes, pour le moment, la situation paraît idyllique sur les bourses internationales. Pourtant, même si de trop nombreux investisseurs refusent de l'admettre, les nuages ne cessent de s'accumuler...
L'humeur de la semaine - 09 mai 2014
Après « le changement, c'est maintenant », le fameux « Moi, Président », puis « le chômage en baisse dans un an », sans oublier « la reprise est là », François Hollande vient de gratifier ses concitoyens d'un nouveau slogan « le retournement économique arrive ». A l'évidence, le Président de la République française est à la fois un as de la formule, un chantre de la méthode Coué et un expert en marketing. Seulement voilà (comme nous l'expliciterons en détail dans notre « quid de l'économie et des marchés » ci-après), l'optimisme c'est bien, le réalisme c'est mieux. En effet, bien plus que la difficulté de la situation ambiante, ce qu'abhorrent le plus les agents économiques (entreprises, ménages, investisseurs, marchés) c'est la déception. En particulier lorsque cette dernière est récurrente. Et c'est bien là le plus troublant dans le timing de la nouvelle sortie marketing du Président Hollande : elle intervient juste après la publication de toute une série de statistiques montrant que la conjoncture française est précisément en train de se détériorer.Mais ce n'est pas tout, car si la France est très loin du « retournement » positif, le reste du monde et les marchés financiers pourraient bien connaître, eux-aussi, un retournement, mais dans le mauvais sens du terme. Certes, pour le moment, la situation paraît idyllique sur les bourses internationales. Pourtant, même si de trop nombreux investisseurs refusent de l'admettre, les nuages ne cessent de s'accumuler...
L'humeur de la semaine - 02 mai 2014
C'est le psychodrame économico-politique qui se joue sous nos yeux depuis une dizaine de jours : Alstom, un fleuron technologique français est en train d'être dépecé et de vendre sa branche « énergie » aux « méchants » Américains de General Electric. Et ce, sous les yeux impuissants du gouvernement français et de son ministre de l'économie qui n'a cessé de défendre le fameux « patriotisme économique à la française ». Certes, les gouvernants hexagonaux ont essayé pendant deux jours de trouver une solution franco-française. En vain. Et pour cause, personne ne veut rééditer la même erreur que celle de Bouygues qui, en entrant dans le capital d'Alstom en 2006, pensait faire une belle affaire, mais souhaite aujourd'hui plus que jamais reprendre ses billes, faute de rentabilité. Peut-être s'agit-il également d'une réponse de Bouygues à son échec dans le rachat de SFR, qu'il impute notamment au manque de soutien et d'engagement actif du gouvernement français dans ce dossier. Toujours est-il qu'en dépit du savoir-faire technologique d'Alstom, aucune solution industrielle franco-française n'a réussi à émerger. Il faut dire qu'avec un ministre de l'économie altermondialiste et eurosceptique, la force de persuasion de ce dernier est, par construction, limitée. Après ses dérapages à répétition, par exemple à propos d'Angela Merkel, dans les « affaires » Mittal ou encore Goodyear et, enfin, le camouflet de SFR-Numéricable, la nouvelle claque adressée par Alstom à Arnaud Montebourg, désormais surnommé « Montebourde », commence vraiment à faire désordre. Alors, réveillons-nous enfin et cessons de penser que la gesticulation médiatique et le marketing autour du patriotisme économique suffiront pour sauver notre économie. Il en va de la stabilité économique, financière et surtout sociale de la France et par là même de l'ensemble de la zone euro.
L'humeur de la semaine - 02 mai 2014
C'est le psychodrame économico-politique qui se joue sous nos yeux depuis une dizaine de jours : Alstom, un fleuron technologique français est en train d'être dépecé et de vendre sa branche « énergie » aux « méchants » Américains de General Electric. Et ce, sous les yeux impuissants du gouvernement français et de son ministre de l'économie qui n'a cessé de défendre le fameux « patriotisme économique à la française ». Certes, les gouvernants hexagonaux ont essayé pendant deux jours de trouver une solution franco-française. En vain. Et pour cause, personne ne veut rééditer la même erreur que celle de Bouygues qui, en entrant dans le capital d'Alstom en 2006, pensait faire une belle affaire, mais souhaite aujourd'hui plus que jamais reprendre ses billes, faute de rentabilité. Peut-être s'agit-il également d'une réponse de Bouygues à son échec dans le rachat de SFR, qu'il impute notamment au manque de soutien et d'engagement actif du gouvernement français dans ce dossier. Toujours est-il qu'en dépit du savoir-faire technologique d'Alstom, aucune solution industrielle franco-française n'a réussi à émerger. Il faut dire qu'avec un ministre de l'économie altermondialiste et eurosceptique, la force de persuasion de ce dernier est, par construction, limitée. Après ses dérapages à répétition, par exemple à propos d'Angela Merkel, dans les « affaires » Mittal ou encore Goodyear et, enfin, le camouflet de SFR-Numéricable, la nouvelle claque adressée par Alstom à Arnaud Montebourg, désormais surnommé « Montebourde », commence vraiment à faire désordre. Alors, réveillons-nous enfin et cessons de penser que la gesticulation médiatique et le marketing autour du patriotisme économique suffiront pour sauver notre économie. Il en va de la stabilité économique, financière et surtout sociale de la France et par là même de l'ensemble de la zone euro.
L'humeur de la semaine - 02 mai 2014
C'est le psychodrame économico-politique qui se joue sous nos yeux depuis une dizaine de jours : Alstom, un fleuron technologique français est en train d'être dépecé et de vendre sa branche « énergie » aux « méchants » Américains de General Electric. Et ce, sous les yeux impuissants du gouvernement français et de son ministre de l'économie qui n'a cessé de défendre le fameux « patriotisme économique à la française ». Certes, les gouvernants hexagonaux ont essayé pendant deux jours de trouver une solution franco-française. En vain. Et pour cause, personne ne veut rééditer la même erreur que celle de Bouygues qui, en entrant dans le capital d'Alstom en 2006, pensait faire une belle affaire, mais souhaite aujourd'hui plus que jamais reprendre ses billes, faute de rentabilité. Peut-être s'agit-il également d'une réponse de Bouygues à son échec dans le rachat de SFR, qu'il impute notamment au manque de soutien et d'engagement actif du gouvernement français dans ce dossier. Toujours est-il qu'en dépit du savoir-faire technologique d'Alstom, aucune solution industrielle franco-française n'a réussi à émerger. Il faut dire qu'avec un ministre de l'économie altermondialiste et eurosceptique, la force de persuasion de ce dernier est, par construction, limitée. Après ses dérapages à répétition, par exemple à propos d'Angela Merkel, dans les « affaires » Mittal ou encore Goodyear et, enfin, le camouflet de SFR-Numéricable, la nouvelle claque adressée par Alstom à Arnaud Montebourg, désormais surnommé « Montebourde », commence vraiment à faire désordre. Alors, réveillons-nous enfin et cessons de penser que la gesticulation médiatique et le marketing autour du patriotisme économique suffiront pour sauver notre économie. Il en va de la stabilité économique, financière et surtout sociale de la France et par là même de l'ensemble de la zone euro.
L'humeur de la semaine - 02 mai 2014
C'est le psychodrame économico-politique qui se joue sous nos yeux depuis une dizaine de jours : Alstom, un fleuron technologique français est en train d'être dépecé et de vendre sa branche « énergie » aux « méchants » Américains de General Electric. Et ce, sous les yeux impuissants du gouvernement français et de son ministre de l'économie qui n'a cessé de défendre le fameux « patriotisme économique à la française ». Certes, les gouvernants hexagonaux ont essayé pendant deux jours de trouver une solution franco-française. En vain. Et pour cause, personne ne veut rééditer la même erreur que celle de Bouygues qui, en entrant dans le capital d'Alstom en 2006, pensait faire une belle affaire, mais souhaite aujourd'hui plus que jamais reprendre ses billes, faute de rentabilité. Peut-être s'agit-il également d'une réponse de Bouygues à son échec dans le rachat de SFR, qu'il impute notamment au manque de soutien et d'engagement actif du gouvernement français dans ce dossier. Toujours est-il qu'en dépit du savoir-faire technologique d'Alstom, aucune solution industrielle franco-française n'a réussi à émerger. Il faut dire qu'avec un ministre de l'économie altermondialiste et eurosceptique, la force de persuasion de ce dernier est, par construction, limitée. Après ses dérapages à répétition, par exemple à propos d'Angela Merkel, dans les « affaires » Mittal ou encore Goodyear et, enfin, le camouflet de SFR-Numéricable, la nouvelle claque adressée par Alstom à Arnaud Montebourg, désormais surnommé « Montebourde », commence vraiment à faire désordre. Alors, réveillons-nous enfin et cessons de penser que la gesticulation médiatique et le marketing autour du patriotisme économique suffiront pour sauver notre économie. Il en va de la stabilité économique, financière et surtout sociale de la France et par là même de l'ensemble de la zone euro.
L'humeur de la semaine - 02 mai 2014
C'est le psychodrame économico-politique qui se joue sous nos yeux depuis une dizaine de jours : Alstom, un fleuron technologique français est en train d'être dépecé et de vendre sa branche « énergie » aux « méchants » Américains de General Electric. Et ce, sous les yeux impuissants du gouvernement français et de son ministre de l'économie qui n'a cessé de défendre le fameux « patriotisme économique à la française ». Certes, les gouvernants hexagonaux ont essayé pendant deux jours de trouver une solution franco-française. En vain. Et pour cause, personne ne veut rééditer la même erreur que celle de Bouygues qui, en entrant dans le capital d'Alstom en 2006, pensait faire une belle affaire, mais souhaite aujourd'hui plus que jamais reprendre ses billes, faute de rentabilité. Peut-être s'agit-il également d'une réponse de Bouygues à son échec dans le rachat de SFR, qu'il impute notamment au manque de soutien et d'engagement actif du gouvernement français dans ce dossier. Toujours est-il qu'en dépit du savoir-faire technologique d'Alstom, aucune solution industrielle franco-française n'a réussi à émerger. Il faut dire qu'avec un ministre de l'économie altermondialiste et eurosceptique, la force de persuasion de ce dernier est, par construction, limitée. Après ses dérapages à répétition, par exemple à propos d'Angela Merkel, dans les « affaires » Mittal ou encore Goodyear et, enfin, le camouflet de SFR-Numéricable, la nouvelle claque adressée par Alstom à Arnaud Montebourg, désormais surnommé « Montebourde », commence vraiment à faire désordre. Alors, réveillons-nous enfin et cessons de penser que la gesticulation médiatique et le marketing autour du patriotisme économique suffiront pour sauver notre économie. Il en va de la stabilité économique, financière et surtout sociale de la France et par là même de l'ensemble de la zone euro.
L'humeur de la semaine - 25 avril 2014
Depuis un an, le « bear market » a laissé place à un « bull market » insatiable. A tel point qu'il en devient suspect. Car c'est bien là le problème essentiel des marchés : c'est lorsque tous les investisseurs convergent vers le même point qu'il faut commencer à s'inquiéter et à penser à l'inversion de tendance. Certes, tous les ingrédients en faveur de la poursuite de la hausse boursière sont présents : croissance mondiale d'environ 4 % pour 2014 et 2015, liquidités presque gratuites et en abondance, banques centrales durablement conciliantes à l'image de « Super Janet » et « Super Mario », retour en fanfare des Etats du Sud de l'Europe sur les marchés obligataires, baisse du taux de l'OAT dix ans à 2 %... Bref, comme le soutenait Candide « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » (Voltaire, 1759). Si nous aimerions en rester là et retrouver notre optimisme structurel, il nous faut également rester lucide. En effet, en dépit de l'euphorie ambiante, les dangers sont toujours pléthore : risques géopolitiques, grogne sociale dans de nombreux pays émergents (y compris les champions d'hier tels que le Brésil, la Thaïlande, voire la Chine), croissance faible et chômage élevé en Europe, piètre crédibilité des promesses budgétaires des dirigeants français, recul des indicateurs avancés dans l'Hexagone et niveau relativement faible dans de nombreux pays européens, ce qui laisse augurer d'une progression du PIB toujours inférieure à 1 % dans les prochains mois… Or, tant que la croissance ne dépassera pas durablement les 2 %, la réduction des déficits publics sera compromise et la crise de la dette publique eurolandaise se poursuivra. Dès lors, les marchés obligataires resteront chahutés, et, par ricochet, les marchés boursiers en prendront ombrage. Enfin, n'oublions pas que l'embellie boursière s'explique aussi beaucoup par l'excès de liquidités offertes par la Fed. Dès que cette dernière fermera un peu le « robinet », les marchés en pâtiront automatiquement.
L'humeur de la semaine - 25 avril 2014
Depuis un an, le « bear market » a laissé place à un « bull market » insatiable. A tel point qu'il en devient suspect. Car c'est bien là le problème essentiel des marchés : c'est lorsque tous les investisseurs convergent vers le même point qu'il faut commencer à s'inquiéter et à penser à l'inversion de tendance. Certes, tous les ingrédients en faveur de la poursuite de la hausse boursière sont présents : croissance mondiale d'environ 4 % pour 2014 et 2015, liquidités presque gratuites et en abondance, banques centrales durablement conciliantes à l'image de « Super Janet » et « Super Mario », retour en fanfare des Etats du Sud de l'Europe sur les marchés obligataires, baisse du taux de l'OAT dix ans à 2 %... Bref, comme le soutenait Candide « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » (Voltaire, 1759). Si nous aimerions en rester là et retrouver notre optimisme structurel, il nous faut également rester lucide. En effet, en dépit de l'euphorie ambiante, les dangers sont toujours pléthore : risques géopolitiques, grogne sociale dans de nombreux pays émergents (y compris les champions d'hier tels que le Brésil, la Thaïlande, voire la Chine), croissance faible et chômage élevé en Europe, piètre crédibilité des promesses budgétaires des dirigeants français, recul des indicateurs avancés dans l'Hexagone et niveau relativement faible dans de nombreux pays européens, ce qui laisse augurer d'une progression du PIB toujours inférieure à 1 % dans les prochains mois… Or, tant que la croissance ne dépassera pas durablement les 2 %, la réduction des déficits publics sera compromise et la crise de la dette publique eurolandaise se poursuivra. Dès lors, les marchés obligataires resteront chahutés, et, par ricochet, les marchés boursiers en prendront ombrage. Enfin, n'oublions pas que l'embellie boursière s'explique aussi beaucoup par l'excès de liquidités offertes par la Fed. Dès que cette dernière fermera un peu le « robinet », les marchés en pâtiront automatiquement.
L'humeur de la semaine - 18 avril 2014
Ah, combien de fois avons-nous entendu les dirigeants politiques et monétaires de la planète ainsi que de trop nombreux économistes entonner en cœur ce refrain enjoué « la crise est finie ! ». Et pourtant, combien de déceptions ! Certes, avec le retour de la Grèce sur les marchés obligataires, la baisse des taux longs dans les pays du Sud ou encore la bonne tenue des bourses internationales, il pourrait être tentant de remettre le couvert et de reprendre cette même ritournelle, en y ajoutant : « oui cette fois-ci, c'est la bonne, la crise est bien terminée ». D'ailleurs, c'est en grande partie le cas à l'échelle du globe. En effet, en dépit d'un ralentissement mesuré, la croissance mondiale est et restera forte : selon nous, elle sera comprise entre 3,5 % et 4 % cette année, c'est-à-dire environ 0,5 point de plus que le niveau moyen des trente dernières années. Mieux, elle devrait se stabiliser autour de ce même résultat en 2015. C'est en partie sur la base de ces perspectives que les marchés boursiers ont pu rester bien orientés et atteindre de nouveaux sommets historiques, notamment aux Etats-Unis, mais aussi en Allemagne. Pour autant, en dépit des apparences, l'UEM n'est pas sortie de la crise, dans la mesure où sa croissance demeure trop faible, ne serait-ce que pour rembourser la charge annuelle des intérêts de la dette publique. Tant que l'euro sera supérieur à 1,30 dollar, que les impôts ne baisseront pas et que la dépense publique ne sera pas mieux utilisée, la crise continuera. Pour le moment, les marchés boursiers refusent d'admettre cette évidence et préfèrent oublier temporairement la crise eurolandaise. Mais lorsqu'ils sortiront de leur « paradis artificiel », le réveil sera douloureux.
L'humeur de la semaine - 18 avril 2014
Ah, combien de fois avons-nous entendu les dirigeants politiques et monétaires de la planète ainsi que de trop nombreux économistes entonner en cœur ce refrain enjoué « la crise est finie ! ». Et pourtant, combien de déceptions ! Certes, avec le retour de la Grèce sur les marchés obligataires, la baisse des taux longs dans les pays du Sud ou encore la bonne tenue des bourses internationales, il pourrait être tentant de remettre le couvert et de reprendre cette même ritournelle, en y ajoutant : « oui cette fois-ci, c'est la bonne, la crise est bien terminée ». D'ailleurs, c'est en grande partie le cas à l'échelle du globe. En effet, en dépit d'un ralentissement mesuré, la croissance mondiale est et restera forte : selon nous, elle sera comprise entre 3,5 % et 4 % cette année, c'est-à-dire environ 0,5 point de plus que le niveau moyen des trente dernières années. Mieux, elle devrait se stabiliser autour de ce même résultat en 2015. C'est en partie sur la base de ces perspectives que les marchés boursiers ont pu rester bien orientés et atteindre de nouveaux sommets historiques, notamment aux Etats-Unis, mais aussi en Allemagne. Pour autant, en dépit des apparences, l'UEM n'est pas sortie de la crise, dans la mesure où sa croissance demeure trop faible, ne serait-ce que pour rembourser la charge annuelle des intérêts de la dette publique. Tant que l'euro sera supérieur à 1,30 dollar, que les impôts ne baisseront pas et que la dépense publique ne sera pas mieux utilisée, la crise continuera. Pour le moment, les marchés boursiers refusent d'admettre cette évidence et préfèrent oublier temporairement la crise eurolandaise. Mais lorsqu'ils sortiront de leur « paradis artificiel », le réveil sera douloureux.
L'humeur de la semaine - 11 avril 2014
« Les efforts que nous faisons sur la réduction de nos déficits, sur nos réformes structurelles, sur la compétitivité des entreprises, sur le coût du travail, ne doivent pas être balayés par un niveau trop élevé de l'euro ». Pourtant presque passée inaperçue, cette phrase prononcée par Manuel Valls lors de son allocution devant l'Assemblée Nationale constitue un véritable tournant. Et pour cause : c'est la première fois qu'un premier ministre français ose dénoncer publiquement le niveau trop élevé de l'euro. Au-delà du marketing et de la tactique politicienne qui la caractérisent, cette déclaration pose deux questions essentielles. D'une part, la France est-elle légitime pour demander un euro plus faible ? D'autre part, le niveau actuel de l'euro est-il vraiment un handicap pour l'économie française et pour celle de l'UEM ? La réponse à la première question est évidemment négative. En effet, pour pouvoir peser sur l'évolution de l'euro, la France doit avant tout réformer son économie, comme ont pu le faire l'Allemagne, la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Italie. Ces derniers ont effectivement réussi à réduire drastiquement leurs dépenses publiques et à moderniser leur marché du travail, sans demander de délai particulier à Bruxelles, ni exiger un euro moins fort. Bien loin de ce volontarisme, la France est désormais le dernier pays européen, voire occidental, à refuser d'appliquer ces efforts indispensables, non pour faire plaisir à Bruxelles, mais surtout pour son propre avenir économique et social. C'est en cela que si les mesures annoncées par Manuel Valls vont dans le bon sens, elles demeurent trop floues, trop éloignées dans le temps et finalement hautement insuffisantes. Dès lors, la France ne dispose plus de la crédibilité nécessaire pour imposer sa voix. Pour autant, la réponse à notre deuxième question reste positive. En d'autres termes, oui, le niveau actuel de l'euro est un frein au retour d'une croissance forte et durable dans l'Hexagone, mais aussi dans l'ensemble de l'UEM...
L'humeur de la semaine - 11 avril 2014
« Les efforts que nous faisons sur la réduction de nos déficits, sur nos réformes structurelles, sur la compétitivité des entreprises, sur le coût du travail, ne doivent pas être balayés par un niveau trop élevé de l'euro ». Pourtant presque passée inaperçue, cette phrase prononcée par Manuel Valls lors de son allocution devant l'Assemblée Nationale constitue un véritable tournant. Et pour cause : c'est la première fois qu'un premier ministre français ose dénoncer publiquement le niveau trop élevé de l'euro.
Au-delà du marketing et de la tactique politicienne qui la caractérisent, cette déclaration pose deux questions essentielles. D'une part, la France est-elle légitime pour demander un euro plus faible ? D'autre part, le niveau actuel de l'euro est-il vraiment un handicap pour l'économie française et pour celle de l'UEM ? La réponse à la première question est évidemment négative. En effet, pour pouvoir peser sur l'évolution de l'euro, la France doit avant tout réformer son économie, comme ont pu le faire l'Allemagne, la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Italie. Ces derniers ont effectivement réussi à réduire drastiquement leurs dépenses publiques et à moderniser leur marché du travail, sans demander de délai particulier à Bruxelles, ni exiger un euro moins fort. Bien loin de ce volontarisme, la France est désormais le dernier pays européen, voire occidental, à refuser d'appliquer ces efforts indispensables, non pour faire plaisir à Bruxelles, mais surtout pour son propre avenir économique et social. C'est en cela que si les mesures annoncées par Manuel Valls vont dans le bon sens, elles demeurent trop floues, trop éloignées dans le temps et finalement hautement insuffisantes. Dès lors, la France ne dispose plus de la crédibilité nécessaire pour imposer sa voix. Pour autant, la réponse à notre deuxième question reste positive. En d'autres termes, oui, le niveau actuel de l'euro est un frein au retour d'une croissance forte et durable dans l'Hexagone, mais aussi dans l'ensemble de l'UEM...
L'humeur de la semaine - 04 avril 2014
Pour être tout à fait transparents avec nos lecteurs (comme nous l'avons d'ailleurs toujours été depuis plus de quinze ans), cette humeur devait s'intituler « Et si on redevenait enfin optimiste ? ». En effet, après l'annonce par les dirigeants de la BCE d'une politique monétaire encore plus accommodante (cf. notre humeur de la semaine dernière) et avec la nomination de l'apparent « social-libéral » Manuel Valls à Matignon, il semblait possible de retrouver une certaine dose d'optimisme pour les mois et les trimestres à venir. Au-delà du fait que la BCE paraît toujours très loin d'engager une véritable politique de « quantitative easing », la véritable déception de la semaine est venue des dirigeants français, qui se sont encore illustrés par leur manque de clairvoyance. Ainsi, alors que le déficit public a nettement dépassé les objectifs gouvernementaux et que la dette publique hexagonale a atteint de nouveaux sommets, le Premier ministre, certainement sous l'impulsion du Président Hollande, a tout simplement nommé Arnaud Montebourg au poste ô combien décisif de ministre de l'économie. Le 1er avril, nous avions évoqué cette possibilité sur Twitter et Facebook mais en spécifiant qu'il s'agissait d'un poisson d'avril. Et bien non. La réalité a finalement dépassé la fiction : un altermondialiste-eurosceptique est bien devenu le ministre de l'économie de la cinquième puissance mondiale ! Qui l'eut cru ? Au-delà de son caractère paradoxal et des tensions qu'elle va forcément susciter au sein du gouvernement, cette décision fait prendre un risque énorme à la France, mais aussi à l'ensemble de la zone euro...
L'humeur de la semaine - 04 avril 2014
Pour être tout à fait transparents avec nos lecteurs (comme nous l'avons d'ailleurs toujours été depuis plus de quinze ans), cette humeur devait s'intituler « Et si on redevenait enfin optimiste ? ». En effet, après l'annonce par les dirigeants de la BCE d'une politique monétaire encore plus accommodante (cf. notre humeur de la semaine dernière) et avec la nomination de l'apparent « social-libéral » Manuel Valls à Matignon, il semblait possible de retrouver une certaine dose d'optimisme pour les mois et les trimestres à venir. Au-delà du fait que la BCE paraît toujours très loin d'engager une véritable politique de « quantitative easing », la véritable déception de la semaine est venue des dirigeants français, qui se sont encore illustrés par leur manque de clairvoyance. Ainsi, alors que le déficit public a nettement dépassé les objectifs gouvernementaux et que la dette publique hexagonale a atteint de nouveaux sommets, le Premier ministre, certainement sous l'impulsion du Président Hollande, a tout simplement nommé Arnaud Montebourg au poste ô combien décisif de ministre de l'économie. Le 1er avril, nous avions évoqué cette possibilité sur Twitter et Facebook mais en spécifiant qu'il s'agissait d'un poisson d'avril. Et bien non. La réalité a finalement dépassé la fiction : un altermondialiste-eurosceptique est bien devenu le ministre de l'économie de la cinquième puissance mondiale ! Qui l'eut cru ? Au-delà de son caractère paradoxal et des tensions qu'elle va forcément susciter au sein du gouvernement, cette décision fait prendre un risque énorme à la France, mais aussi à l'ensemble de la zone euro...
L'humeur de la semaine - 21 mars 2014
« Acheter au son du canon et vendre au son du clairon ». Les dictons boursiers ont décidément la vie longue. L'évolution des marchés depuis le début de la crise ukrainienne ne cesse de le confirmer. En effet, les menaces militaires récurrentes de Poutine ont, à chaque fois, permis aux bourses mondiales de reculer dans un premier temps pour ensuite mieux rebondir. Encore plus flagrant, le rattachement souhaité de la Crimée à la Russie n'a non seulement pas ému les investisseurs et a, en plus, suscité un mouvement de nette remontée des principaux indices boursiers lundi et mardi derniers : en deux jours + 1,7 % pour le Dow Jones et + 2,3 % pour le Cac 40. Et ce, en dépit des avertissements et des « sanctions » des Occidentaux à l'encontre de certains hauts-dignitaires russes ou encore de la possible non-livraison de deux navires Mistral par la France à la Russie. Sheriff fais-moi peur ! On imagine l'émoi de Vladimir Poutine… Il faut dire qu'avec environ 300 navires de guerre, la flotte russe risque de ne pas s'en remettre... En fait, bien plus que Poutine, les marchés craignent aujourd'hui le comportement de Janet Yellen, la nouvelle Présidente de la Fed. Or, si cette dernière est perçue comme une « colombe » qui fera toujours passer la croissance et l'emploi avant les risques inflationnistes, elle a tenu mercredi dernier un discours pour le moins inquiétant. Cependant, même si les marchés s'en offusquent et continueront de sur-réagir, Madame Yellen prend un virage salutaire. Elle devra simplement veiller à ne pas aller trop vite, pour éviter que la baisse des marchés n'aille trop loin. Alors s'il vous plaît MM. Poutine et Obama, cessez de jouer à la guéguerre, car c'est « Mamie Yellen » qui mène la danse…
L'humeur de la semaine - 21 mars 2014
« Acheter au son du canon et vendre au son du clairon ». Les dictons boursiers ont décidément la vie longue. L'évolution des marchés depuis le début de la crise ukrainienne ne cesse de le confirmer. En effet, les menaces militaires récurrentes de Poutine ont, à chaque fois, permis aux bourses mondiales de reculer dans un premier temps pour ensuite mieux rebondir. Encore plus flagrant, le rattachement souhaité de la Crimée à la Russie n'a non seulement pas ému les investisseurs et a, en plus, suscité un mouvement de nette remontée des principaux indices boursiers lundi et mardi derniers : en deux jours + 1,7 % pour le Dow Jones et + 2,3 % pour le Cac 40. Et ce, en dépit des avertissements et des « sanctions » des Occidentaux à l'encontre de certains hauts-dignitaires russes ou encore de la possible non-livraison de deux navires Mistral par la France à la Russie. Sheriff fais-moi peur ! On imagine l'émoi de Vladimir Poutine… Il faut dire qu'avec environ 300 navires de guerre, la flotte russe risque de ne pas s'en remettre... En fait, bien plus que Poutine, les marchés craignent aujourd'hui le comportement de Janet Yellen, la nouvelle Présidente de la Fed. Or, si cette dernière est perçue comme une « colombe » qui fera toujours passer la croissance et l'emploi avant les risques inflationnistes, elle a tenu mercredi dernier un discours pour le moins inquiétant. Cependant, même si les marchés s'en offusquent et continueront de sur-réagir, Madame Yellen prend un virage salutaire. Elle devra simplement veiller à ne pas aller trop vite, pour éviter que la baisse des marchés n'aille trop loin. Alors s'il vous plaît MM. Poutine et Obama, cessez de jouer à la guéguerre, car c'est « Mamie Yellen » qui mène la danse…
L'humeur de la semaine - 14 mars 2014
Depuis quelques mois, tous les yeux sont rivés sur la fameuse Union bancaire européenne. Souvent présentée comme une révolution qui devrait protéger l'Europe de toute nouvelle menace, celle-ci risque pourtant bien d'accoucher d'une souris, surtout lorsque l'on prend en compte la réticence (justifiée) des Allemands à devoir (une fois encore) payer pour tout le monde… Mais au-delà de cette vraie fausse révolution (les dirigeants politiques européens n'en sont plus à un mensonge près), le vrai danger pour l'Europe bancaire réside dans une nouvelle crise d'aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains mois. D'ailleurs, si elle est presque passée inaperçue, l'annonce d'une perte de 14 milliards d'euros par la première banque italienne Unecredit montre que la crise bancaire européenne est loin d'être terminée. Et pour cause : la quasi-totalité de cette perte s'explique par une provision de 13,7 milliards d'euros pour créances douteuses et dépréciations de survaleurs. Cela rappelle de bien mauvais souvenirs... Et si, pour l'instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d'une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu'après trois belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître une année 2014 de vache maigre. Ce qui nous amène donc à conseiller de prendre ses bénéfices et de s'alléger sur ce secteur en attendant des jours meilleurs en 2015. Ne l'oublions jamais : ce qui est pris n'est plus à prendre…
L'humeur de la semaine - 06 mars 2014
On a beau y être habitué, les va-et-vient abrupts des marchés financiers ne cessent de donner le tournis. Les évolutions de ces dernières semaines en a donné une parfaite illustration. Tout d'abord sur les bourses internationales. Entre la crise des émergents et l'éventualité d'un conflit russo-ukrainien, les inquiétudes vont bon train et la volatilité des bourses avec. Fort heureusement, comme dans toute superproduction hollywoodienne, la catastrophe a été évitée (du moins pour l'instant) et les indices boursiers ont repris de plus belle. Et ce dès le 4 mars : + 1,4 % pour le Dow Jones, + 2,5 % pour le Cac 40 et + 5,3 % pour l'indice moscovite. Mieux, dans la mesure où les risques d'intervention militaire russe s'estompent et où le marché du travail américain reste bien orienté, les bourses mondiales semblent sur le point de dépasser leur précédent sommet. Faut-il pour autant en déduire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et que les marchés boursiers vont encore flamber en 2014 ? Pas forcément. Entre la poursuite de la crise ukrainienne, le maintien d'un euro trop fort et d'une croissance trop faible dans les pays de l'UEM, sans oublier une réactivation prochaine de la crise de la dette publique, les marchés financiers (bourses, obligations d'Etat, devises, matières premières) vont rester particulièrement chahutés sur l'ensemble de l'année 2014. Il faut s'y faire, les marchés boursiers vont rester abonnés aux montagnes russes au moins jusqu'à la fin 2014. Il faut juste souhaiter que cette « soupe au lait » ne devienne pas une « soupe à la grimace »…
L'humeur de la semaine - 06 mars 2014
On a beau y être habitué, les va-et-vient abrupts des marchés financiers ne cessent de donner le tournis. Les évolutions de ces dernières semaines en a donné une parfaite illustration. Tout d'abord sur les bourses internationales. Entre la crise des émergents et l'éventualité d'un conflit russo-ukrainien, les inquiétudes vont bon train et la volatilité des bourses avec. Fort heureusement, comme dans toute superproduction hollywoodienne, la catastrophe a été évitée (du moins pour l'instant) et les indices boursiers ont repris de plus belle. Et ce dès le 4 mars : + 1,4 % pour le Dow Jones, + 2,5 % pour le Cac 40 et + 5,3 % pour l'indice moscovite. Mieux, dans la mesure où les risques d'intervention militaire russe s'estompent et où le marché du travail américain reste bien orienté, les bourses mondiales semblent sur le point de dépasser leur précédent sommet. Faut-il pour autant en déduire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et que les marchés boursiers vont encore flamber en 2014 ? Pas forcément. Entre la poursuite de la crise ukrainienne, le maintien d'un euro trop fort et d'une croissance trop faible dans les pays de l'UEM, sans oublier une réactivation prochaine de la crise de la dette publique, les marchés financiers (bourses, obligations d'Etat, devises, matières premières) vont rester particulièrement chahutés sur l'ensemble de l'année 2014. Il faut s'y faire, les marchés boursiers vont rester abonnés aux montagnes russes au moins jusqu'à la fin 2014. Il faut juste souhaiter que cette « soupe au lait » ne devienne pas une « soupe à la grimace »…
L'humeur de la semaine - 28 février 2014
Cette semaine a été marquée par deux évènements majeurs sur le front de l'économie française. D'une part, les profits des entreprises du Cac 40 et le niveau de ce dernier ont nettement progressé. D'autre part, le nombre de chômeurs a atteint un nouveau sommet historiques : 3,316 millions de personnes de catégorie A en métropole et 5,228 millions en englobant l'ensemble des catégories de chômeurs A, B, C ainsi que les départements d'outre-mer. Face à ce contraste douloureux entre des marchés boursiers heureux et des chômeurs français de plus en plus nombreux, la tentation pourrait être grande de mettre en cause les dérives du capitalisme et de souligner que si les entreprises du Cac 40 se portent bien c'est justement parce que le chômage augmente. En d'autres termes, aux armes citoyens, la lutte des classes doit s'intensifier, tous à la Bastille… Si ce raccourci est évidemment facile, il n'en est pas moins erroné. Et pour cause : si les profits des entreprises du Cac 40 augmentent c'est parce que près de 80 % de ces derniers sont réalisés à l'étranger. A l'inverse, la grande majorité des PME franco-françaises voient leurs profits stagner et souvent régresser. Sans parler de celles qui mettent la clé sous la porte. Autrement dit, il n'y a pas de spoliation des Français par les entreprises, mais simplement un accroissement de l'activité de ces dernières en dehors de l'Hexagone. Pourquoi ? Tout simplement, parce que la pression fiscale et le coût du travail y sont trop élevés, mais aussi parce que la croissance et la confiance y sont trop faibles. C'est d'ailleurs pour ces mêmes raisons que le nombre de chômeurs ne cesse de battre des records. Alors qu'attendons-nous pour enfin changer tout ça ?
L'humeur de la semaine - 20 février 2014
L'humeur de la semaine - 20 février 2014
L'humeur de la semaine - 14 février 2014
0,3 %. C'est le chiffre du jour pour l'économie française. En effet, après avoir stagné au troisième trimestre (contre une baisse de 0,1 % annoncée initialement), le PIB hexagonal a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre (exactement le même résultat que pour la zone euro). Grâce à cette « performance » plutôt attendue, son augmentation a également atteint 0,3 % sur l'ensemble de l'année 2013. Enfin, au sortir du quatrième trimestre, l'acquis de croissance du PIB français est de 0,3 % pour 2014. Ah, la magie du chiffre… Face à de telles évolutions, on aurait presque envie de croire aux prédictions de MM. Hollande, Ayrault, Moscovici et autres magiciens du gouvernement. « La crise est finie », « la reprise est là » n'ont-ils par arrêté de nous martelé pendant des mois. Et si, après bientôt deux ans d'erreurs, ils avaient enfin raison ? Bien entendu, en tant que Français qui aime son pays, nous aimerions répondre positivement à cette question. Seulement voilà, si nous sommes patriotes, nous sommes aussi réalistes et conscients que les déceptions issues de la méthode Coué peuvent être bien plus dramatiques que la vérité, aussi difficile soit-elle à entendre. Autrement dit, même en faisant l'hypothèse hautement optimiste que les statistiques de l'INSEE sont parfaitement fiables, les résultats passés et à venir de l'économie française ne permettent aucunement de dire que cette dernière est sur la voie d'une reprise durable et soutenue. Selon nos prévisions, la croissance hexagonale oscillera entre 0,7 % et 1 % en 2014. Or, pour pouvoir créer des emplois, faire baisser le chômage et rembourser les intérêts de la dette publique sans avoir à s'endetter davantage, il faut au moins 1,5 % de croissance durablement. Nous en sommes encore très loin, et les atermoiements autour du pacte de responsabilité, de la baisse des dépenses publiques et de la fiscalité confirment malheureusement que 2014 sera encore une année difficile pour l'économie française. Bonne Saint-Valentin quand même…
L'humeur de la semaine - 14 février 2014
0,3 %. C'est le chiffre du jour pour l'économie française. En effet, après avoir stagné au troisième trimestre (contre une baisse de 0,1 % annoncée initialement), le PIB hexagonal a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre (exactement le même résultat que pour la zone euro). Grâce à cette « performance » plutôt attendue, son augmentation a également atteint 0,3 % sur l'ensemble de l'année 2013. Enfin, au sortir du quatrième trimestre, l'acquis de croissance du PIB français est de 0,3 % pour 2014. Ah, la magie du chiffre… Face à de telles évolutions, on aurait presque envie de croire aux prédictions de MM. Hollande, Ayrault, Moscovici et autres magiciens du gouvernement. « La crise est finie », « la reprise est là » n'ont-ils par arrêté de nous martelé pendant des mois. Et si, après bientôt deux ans d'erreurs, ils avaient enfin raison ? Bien entendu, en tant que Français qui aime son pays, nous aimerions répondre positivement à cette question. Seulement voilà, si nous sommes patriotes, nous sommes aussi réalistes et conscients que les déceptions issues de la méthode Coué peuvent être bien plus dramatiques que la vérité, aussi difficile soit-elle à entendre. Autrement dit, même en faisant l'hypothèse hautement optimiste que les statistiques de l'INSEE sont parfaitement fiables, les résultats passés et à venir de l'économie française ne permettent aucunement de dire que cette dernière est sur la voie d'une reprise durable et soutenue. Selon nos prévisions, la croissance hexagonale oscillera entre 0,7 % et 1 % en 2014. Or, pour pouvoir créer des emplois, faire baisser le chômage et rembourser les intérêts de la dette publique sans avoir à s'endetter davantage, il faut au moins 1,5 % de croissance durablement. Nous en sommes encore très loin, et les atermoiements autour du pacte de responsabilité, de la baisse des dépenses publiques et de la fiscalité confirment malheureusement que 2014 sera encore une année difficile pour l'économie française. Bonne Saint-Valentin quand même…
L'humeur de la semaine - 07 février 2014
L'humeur de la semaine - 23 janvier 2014
En 1966, Jacques Dutronc s'émouvait déjà en claironnant « sept cent millions de Chinois, et moi ? et moi ? et moi ? » A l'époque et au cours des vingt années qui ont suivi, l'Empire du milieu impressionnait surtout par le nombre de ses habitants, éventuellement par sa puissance militaire. En revanche, il apparaissait comme un géant aux pieds d'argile, dans la mesure où sa puissance économique restait particulièrement faible. Et pour cause : jusqu'au début des années 1980, le PIB chinois ne représentait qu'environ 2 % de la richesse mondiale. Il n'y avait donc pas lieu de s'inquiéter outre-mesure. Aujourd'hui, la Chine réalise 15 % du PIB mondial. Mieux, A côté de l'importance grandissante de ses fonds d'investissement et en plus de disposer de 3820 milliards de dollars de réserves de changes, l'Empire du milieu s'impose de plus en plus comme un acteur incontournable en Europe. Non contente d'avoir acquis la moitié du port du Pirée à Athènes, les Chinois multiplient leurs investissements dans les entreprises européennes, la dernière en date étant PSA. Au-delà du symbole (un fleuron historique français qui passe en partie entre des mains chinoises), cette évolution est symptomatique de ce qui attend l'Europe dans les années à venir. En effet, les pays européens sont surendettés, les entreprises européennes ont des difficultés financières et leur valeur a été dévalorisée excessivement avec la crise. Ils ont donc collectivement besoin de « cash ». Or, qui dispose d'importantes liquidités en ce moment ? Les pays émergents. A commencer par la Chine et les pays du Golfe persique...
L'humeur de la semaine - 16 janvier 2014
Est-il encore opportun de rédiger un nouvel article sur l'apparent changement de cap du Président Hollande ? En effet, comme nous le pressentions la semaine dernière, les annonces de ce dernier lors de sa conférence de presse tant attendue du 14 janvier ont été globalement décevantes. Et ce, non seulement parce qu'elles sont restées très floues, mais aussi parce que leur application risque de prendre beaucoup trop de temps. Or, la France n'en a plus. Pour aller plus vite, il aurait été préférable de passer par des ordonnances, mais, comme trop souvent depuis une vingtaine d'années, l'exécutif français préfère créer des conseils stratégiques, commissions et autres comités en tout genre. Cela en devient presque risible, mais surtout triste : pour décider de baisser les dépenses, on commence par les augmenter. De même, pour simplifier la vie des Français et notamment des entreprises, on propose un « pacte de responsabilité » qui est tout sauf simple. De même, lorsque François Hollande défend qu'il fait bon vivre en France et que les Français sont jalousés par la grande majorité des autres terriens, il faudrait peut-être qu'il descende de son nuage ou du moins qu'il vive quelques jours dans une cité HLM où les tensions sociales et ethniques sont de plus en plus catastrophiques, qu'il passe un peu de temps dans une des nombreuses entreprises hexagonales en cessation de paiement, ou alors qu'il se rapproche des nombreux Français exilés à travers la planète et qui ne veulent plus revenir dans leur douce France, non par manque de patriotisme, mais par peur de ce qui les attend à leur retour. Ah, le déni de réalité a vraiment la vie longue… Or, pour pouvoir résoudre un problème, il faut d'abord l'identifier précisément, le reconnaître en toute honnêteté et l'accepter...
L'humeur de la semaine - 10 janvier 2014
Mais quelle mouche a-t-elle bien pu piquer le Président François Hollande ? Lui, dont le grand ennemi était le « monde de la finance », lui qui soutenait qu'on était riche à partir de 4 000 euros de revenus mensuels, lui qui pensait qu'on pouvait faire baisser durablement le chômage simplement en créant des emplois aidés, semble désormais devenir le chantre du libéralisme ou du moins de l'entreprise.
En effet, plutôt que de vilipender les patrons et les faire passer pour des voyous cupides qui ne pensent qu'à licencier pour augmenter leur profit, le Président préfère désormais leur proposer un « pacte de responsabilité », qui allierait baisse des charges, investissements et créations d'emploi.
Dans un contexte de morosité économique et climatique, une telle décision a évidemment de quoi redonner du baume au cœur. « Formidable ! » aurait pu dire en son temps Jack Lang, relayé désormais par Stromae, chanteur à succès, mais qui paiera ses impôts en Belgique, non pas parce qu'il a fui l'Hexagone, mais tout simplement parce qu'il est de nationalité belge.
Blague à part, il faut reconnaître qu'en ce début d'année et malgré les dérives extrémistes qui polluent notre douce France, le revirement du Président pourrait donner envie d'y croire. Et si, après un an et demi de dogmatisme et de dérive, François Hollande devenait le Gerhard Schröder français ? Cependant, si nous avons tous envie d'y croire, il nous faut aussi être réaliste. Car nous savons d'ores et déjà que le changement de cap du Président Hollande répond avant tout à une démarche marketing. Il s'agit d'une sorte de « coup de bluff », destiné à gagner du temps, à amadouer les agences de notations et les investisseurs et qui ne sera pas suivi d'effets concrets. Explications...
L'humeur de la semaine - 02 janvier 2014
Que souhaiter pour l'année à venir sur le front économique et financier ? Vaste question. Soyez tout d'abord rassurés : 2014 se présente d'ores et déjà sous de bons auspices. En effet, elle devrait être marquée par une croissance mondiale forte, d'environ 4 %. Et ce notamment grâce aux habituelles locomotives chinoises et américaines. Le PIB de l'Empire du milieu devrait ainsi croître de 8 % et celui de l'Oncle Sam de 3 %. Quant à la zone euro, elle devrait enfin enregistrer une variation positive de sa richesse, ce qui ne s'est plus produit depuis 2011. Mais, ne rêvons pas, cette croissance ne dépassera pas la barre des 1 %. Il faut dire qu'avec un euro à plus de 1,37 dollar, l'amélioration conjoncturelle du second semestre 2013 et les perspectives relativement favorables pour 2014 sont déjà en danger. Dans ce cadre, la crise de la dette publique pourrait revenir un peu partout et en particulier en France, qui reste le seul pays de la zone euro à refuser de moderniser son économie. En effet, alors que tous ses voisins, y compris ceux du sud, ont réussi à réduire le poids des dépenses publiques dans leur PIB et à contenir leur pression fiscale, tout en fluidifiant leur marché du travail, l'Hexagone continue d'être guidé par le dogmatisme et nie les évidences. La question est donc de savoir si les dirigeants du pays auront alors le courage de faire un virage à 180 degrés et de mener enfin les réformes structurelles qui s'imposent depuis vingt ans et qui n'ont toujours pas été mises en place. C'est là le principal vœu que je forme pour 2014 : que le « quitte ou double » qui va se jouer dans l'Hexagone et pour l'ensemble de l'Europe devant nos yeux trouve une issue favorable… Excellente année à vous toutes et à vous tous.
L'humeur de la semaine - 19 décembre 2013
Comme chaque fin décembre, voici venu le temps du bilan économique et financier de l'année écoulée. Si 2012 a été l'année de la « loose », du moins pour la France et la zone euro qui sont retombés en récession, 2013 a-t-elle bien été celle de la braise, comme nous l'annoncions il y a un an ? La réponse est positive. En effet, comme prévu, la croissance mondiale a été forte, avec un niveau d'environ 3,6 %. A l'instar de ce qui s'observe depuis une décennie, les locomotives de l'économie planétaire ont été chinoises et américaines. En revanche, et sans surprise, la zone euro est restée la lanterne rouge de la marche des affaires mondiales, subissant une nouvelle baisse du PIB d'environ 0,5 %. Mais, au-delà de ce ces difficultés pérennes et comme nous le craignions il y a un an, le véritable malaise de l'année 2013 vient de notre « douce » France. En effet, bien loin de suivre l'exemple de ses voisins, l'Hexagone a refusé de s'engager sur la voie des réformes structurelles et ainsi aggravé son cas. Dès lors, si la France n'engage pas rapidement un virage à 180°, notamment en abaissant la pression fiscale et les dépenses publiques, l'année 2014 pourrait bien se révéler pire que 2013. Comme l'an passé, il ne nous reste donc plus qu'à espérer que les dirigeants politiques du pays feront enfin les bons choix. En attendant, toute l'équipe d'ACDEFI et moi-même vous souhaitons d'excellentes fêtes de fin d'années. J'en profite également pour vous remercier de votre fidélité et de l'accueil que vous avez réservé au « dictionnaire terrifiant de la dette » qui a été l'un des best-sellers des essais économiques en 2013 et qui poursuit encore son beau parcours.
L'humeur de la semaine - 22 novembre 2013
L'humeur de la semaine - 15 novembre 2013
Alors que l'Allemagne continue de tourner le dos à la morosité économique, que le Royaume-Uni a renoué avec la croissance soutenue et que les PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne) sortent progressivement de la crise, la France continue de « briller » par sa mollesse économique. Ainsi et sans surprise, le tube de l'été « la reprise est là… » n'a pas passé l'automne dans l'Hexagone. En effet, après avoir reculé de 0,4 % du deuxième trimestre 2012 au premier de 2013, puis avoir rebondi de 0,5 % au deuxième, le PIB français a rechuté de 0,1 % au troisième. Mais au-delà de cette contre-performance sur laquelle nous allons revenir ci-après, la vraie tristesse réside dans le fait que la France est l'un des rares pays d'Europe occidentale (avec l'Italie et Chypre, respectivement - 0,1 % et - 0,8 %) à connaître une variation négative de son PIB au troisième trimestre 2013. + 0,8 % pour le Royaume-Uni, + 0,3 % pour l'Allemagne et la Belgique, + 0,2 % pour l'Autiche et le Portugal, ou encore + 0,1 % pour l'Espagne et les Pays-Bas. Quant à la zone euro dans son ensemble, son PIB a progressé de 0,1 %, enregistrant ainsi son deuxième trimestre consécutif de croissance. La dernière fois que la France a connu deux trimestres consécutifs de progression du PIB remonte aux troisième et quatrième trimestres 2011. Cela commence à faire long… Pis, la France étant le seul pays européen à refuser de réformer son économie en profondeur, elle reste menacée par un nouveau plongeon...
L'humeur de la semaine - 08 novembre 2013
Ce qui devait arrivait arriva. Comme nous l'annoncions depuis six mois et comme nous l'explicitions encore la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, la note de la France a encore été dégradée. Certes, cette dégradation n'a été que d'un cran à AA. Certes, seule l'agence Standard & Poor's a pris une telle décision. Certes, la plupart des autres pays de la zone euro ont toujours une note inférieure à celle de la France (à l'exception notable de l'Allemagne qui garde, imperturbablement son AAA). Certes, pour le moment, les marchés obligataires et boursiers ne s'effondrent pas. Pour autant, en dépit de ces facteurs de relativisation, la stratégie du gouvernement français qui consiste à se cacher derrière la méthode Coué est aujourd'hui rattrapée par la réalité. En effet, la nouvelle dégradation de la note française est tout simplement logique, ou encore « normale », pour reprendre un terme cher à François Hollande. Et pour cause : elle ne fait que sanctionner les multiplies échecs de la France en matière de réduction des déficits publics et de restauration d'une croissance durablement soutenue. Pour le moment, les taux d'intérêt n'augmentent pas trop, mais attention, à force de tirer sur la corde elle finit par se casser. Car, que ce soit en terme ras-le-bol fiscale, de baisse du chômage et de réduction des déficits, le gouvernement ne cesse de promettre... et n'obtient que des résultats inverses à ceux qu'il avait annoncé. S'il est possible de passer l'éponge, une fois, deux fois, dix fois, tant les citoyens français que les investisseurs internationaux ne peuvent désormais plus souffrir de tels dérapages. Leurs sanctions risquent alors d'être proportionnelles à l'ampleur de leurs déceptions…
L'humeur de la semaine - 31 octobre 2013
« Ouf ! » Telles sont les quelques lettres qu'a dû prononcer François Hollande lors de la libération des otages français au Niger. En effet, empêtré dans la grotesque « affaire Léonarda », qui a pris des proportions démesurées, puis dans la crise bretonne et, enfin, dans le capharnaüm de l'écotaxe, cet heureux dénouement tombe à pic pour permettre au Président français de reprendre ses esprits et de souffler quelque peu. Espérons simplement qu'il profitera bien de ces instants d'apaisement, car le plus dur, c'est maintenant ! D'ores et déjà, en moins d'une semaine, le gouvernement a dû engager deux reculades en matière fiscale. Dans la mesure où la pression fiscale française est déjà l'une des plus élevées du monde, décider de ne pas l'augmenter est a priori une bonne chose. Le problème est que ce double revirement nuit encore à la crédibilité économique du gouvernement, qui n'est déjà pas plus haute que trois pommes. Dans ce cadre, si les agences de notation veulent retrouver un peu de crédit, qui, lui-aussi, est particulièrement bas, elles sont désormais contraintes de dégrader nettement la note de la dette publique française. Celle-ci devrait intervenir au cours des prochaines semaines et au plus tard en janvier 2014. Dès lors, jusqu'à présent bienveillants à l'égard de la France, les marchés obligataires devraient consacrer une forte hausse des taux d'intérêt des obligations du Trésor français. Cette tension replongera l'Hexagone dans la récession, l'augmentation massive du chômage, des déficits et de la dette... Un nouveau cercle pernicieux s'engagera alors et Dieu seul sait comment il se terminera…
L'humeur de la semaine - 14 octobre 2013
Un peu plus de cinq ans après la faillite de Lehman Brothers, qui a plongé le monde dans sa plus grave crise financière, économique et sociale depuis le krach de 1929, les Etats-Unis semblent sur le point de susciter un nouveau tsunami, qui, cette fois-ci, pourrait bien s'avérer fatal à l'économie internationale. Car, en 2008-2009, en dépit des prévisions funestes de la quasi-totalité des économistes de la planète, le pire a bien été évité. En effet, grâce à une forte détente monétaire et à une relance budgétaire mondiale de 5 000 milliards de dollars, la croissance a pu redémarrer dès la fin 2009, la croissance mondiale dépassant même les 5 % dès 2010 et se stabilisant autour des 3,5 % depuis. Bien loin de la puissance de ces mesures considérables qui ont permis d'éviter le retour du spectre de 1929, la situation actuelle est bien différentes. Et pour cause : les pays développés ont épuisé toutes leurs marges de manœuvre en matière de relance de l'activité. Les taux d'intérêt des banques centrales sont proches de 0 %, les niveaux de dettes publiques sont faramineux et le poids des dépenses publiques et des impôts sont devenus prohibitifs, en particulier en Europe. Pis, si, en 2008-2009, la croissance mondiale a pu s'appuyer sur le dynamisme des pays émergents, ces derniers commencent également à souffrir et ne pourraient résister à une nouvelle vague de fond. Autrement dit, si les Républicains et Barack Obama ne trouvent pas rapidement une solution pour relever le plafond de la dette et sortir du « shutdown », le monde connaîtra une crise type Lehman Brothers mais puissance dix, en deux mots : un véritable Armageddon.
L'humeur de la semaine - 12 septembre 2013
Le Président Hollande et le gouvernement Ayrault ont beau multiplier les effets d'annonce et user à l'excès de la méthode Coué, la réalité est malheureusement bien différente. Tout d'abord, de plus en plus de statistiques, bizarrement occultées par le plus grand nombre, ne cessent de confirmer que le tube de l'été « la reprise est là » ne passera pas l'automne. De plus, la situation des finances publiques françaises s'avère bien plus grave qu'anticipé. Le gouvernement commence d'ailleurs à admettre que les déficits seront bien plus importants que prévu. Ce n'est pas trop tôt. Mais que de retard et de contorsions... Faut-il effectivement rappeler qu'en décembre 2012, Monsieur Ayrault maintenait, coûte que coûte, que le ratio déficit public/PIB serait de 3 % en 2013 (!). A l'époque, nous soutenions que ce dernier serait d'au moins 4 %, et on nous disait : « oh non, vous allez trop loin, vous être trop pessimistes ! » Et pourtant ! Après avoir révisé leur prévision à 3,7 %, le gouvernement et son ministre de l'économie nous parlent désormais d'un niveau de 4,1 %. En fait, il sera plutôt de 4,5 %, soit 1,5 point de plus que la prévision gouvernementale initiale.Face à ce dérapage insupportable, on aurait pu attendre du gouvernement un virage à 180 degrés de sa politique économique. Mais, non, une fois encore, le dogmatisme l'emporte. En d'autres termes, il est en train de casser l'envie d'entreprendre, d'investir, d'embaucher, de consommer. Or, sans envie, pas de croissance, ni d'emploi, donc plus de chômage et de déficit public. Il faut que cela change. Et vite...
L'humeur de la semaine - 18 juillet 2013
Pas la peine de s'exiler dans les meilleurs night-clubs d'Ibiza, ni même d'aller chercher les Black Eye Peas, David Guetta ou autre Daft Punk. Non, cette année, le tube de l'été a été trouvé par le Président François Hollande. Cinq syllabes pour une ritournelle d'enfer : « la reprise est là ! ». Certes, le filon n'est pas complétement nouveau. Ainsi, il y a un an et demi, en pleine campagne présidentielle, le Président Sarkozy avait également lancé le fameux single « la crise est finie ! ». Plutôt bien accueillie par la critique, le carton populaire ne fut pourtant pas au rendez-vous. Qu'à cela ne tienne, son successeur à l'Elysée a tenté d'en faire le remix pendant six mois, avec pour seul résultat : le retour cuisant de la récession. Mais, chassez le naturel, il revient au galop. Aussi, plutôt que de reconnaître ses erreurs et de responsabiliser les Français face à la situation difficile de l'économie nationale, François Hollande a préféré reprendre le fameux et fatiguant refrain de la méthode Coué. Malheureusement, n'en déplaise au gouvernement, mais surtout à l'ensemble des Français, la récession hexagonale n'est pas terminée. En fait, l'économie nationale s'est engluée dans un cercle vicieux dramatique : désinvestissement-chômage-baisse de la consommation-récession… Bien pire, l'augmentation de la pression fiscale et le maintien d'un euro trop fort vont alourdir la facture, ou plutôt la « fracture ». Et ce ne sont évidemment pas les artifices tels que les emplois d'avenir ou le CICE qui vont inverser significativement la tendance. Certes, lorsque le 14 août, les comptes nationaux du deuxième trimestre faisant état d'une progression du PIB de 0,2 % seront publiés, le tube de l'été « la reprise est là » va de nouveau s'imposer dans tout l'Hexagone. Pourtant, comme nous allons l'expliquer ci-après, il ne s'agira que d'un succès bien éphémère qui laissera vite la place à un autre tube bien moins gai : « croissance où t'es ? »… En attendant, passez de bonnes vacances (pour ceux qui partent) sur les rythmes endiablés de Président François et DJ Mosco…
L'humeur de la semaine - 11 juillet 2013
Même si les marchés financiers n'en ont pas trop pris ombrage (du moins pour l'instant…), la nouvelle dégradation de la dette publique italienne par Standard and Poor's à BBB est une véritable mauvaise surprise. Certes, les arguments de craintes sur la situation italienne ne manquent pas : deux récessions en quatre ans, une crise politique latente, un taux de chômage très élevé et, surtout une dette publique stratosphérique, qui vient de dépasser le niveau psychologique de 2 000 milliards d'euros ! A titre de comparaison, il s'agit d'un montant équivalent au PIB français et d'environ 130 % du PIB italien. Après les frasques de Silvio Berlusconi et la rigueur maladive de Mario Monti, Enrico Letta et son pragmatisme supposé n'ont donc pas réussi à inverser la tendance et surtout à rassurer. Pourtant, l'Italie a fait énormément d'efforts depuis une quinzaine d'années, en tout cas bien plus que la France. Soyons donc réalistes et justes : si la note de la dette publique italienne n'est que de BBB en dépit des sacrifices réalisés depuis vingt ans, que dire alors de celle de la France, qui n'a quasiment engagé aucune réforme structurelle et affichera bientôt une dette publique de 100 % de son PIB avec, qui plus est, une croissance économique nulle depuis six ans ? En d'autres termes, la France ne mérite plus son AA+ depuis bien longtemps. Si les agences de notation faisaient preuve d'équité et de justice, elles ne lui accorderaient qu'un simple A. Si, jusqu'à présent, les dirigeants français ont réussi à endormir ces agences décidément bien peu crédibles, le réveil risque d'être particulièrement douloureux…
L'humeur de la semaine - 04 juillet 2013
Il faudrait vraiment que les dirigeants politiques eurolandais et de trop nombreux économistes bien-pensants cessent de nous rabâcher que la crise de la zone euro est terminée. En effet, après Chypre il y a quatre mois, puis la rechute de la Grèce il y a quelques semaines, c'est au tour du Portugal de prendre un nouveau bouillon, qui pourrait d'ailleurs bien faire déborder le vase eurolandais. Et ce, même s'il ne représente que 1,8 % du PIB de la zone euro. En effet, à la différence de la Grèce et de l'Irlande qui ont connu presque vingt ans de croissance forte, le Portugal est resté englué dans la mollesse économique. Ainsi, de 1990 à 2007, c'est-à-dire avant le début de la crise, la progression annuelle moyenne du PIB a atteint 2,3 % au Portugal, ce qui est certes supérieur à la « performance » de la France (1,9 %), mais très inférieur à celle de l'Irlande (6,4 %), de la Grèce (3,1 %) ou encore du voisin espagnol (3,1 %). Dès lors, la crise des dernières années a aggravé la situation portugaise dans des profondeurs bien dangereuses. Et, en 2013, avec une baisse du PIB d'environ 3 % et une inflation d'environ 1,5 %, le pays subira une décroissance en valeur de 1,5 %. Récession, taux d'intérêt toujours élevés, tensions politiques et sociales : les déficits publics semblent condamnés à rester massifs au moins jusqu'en 2014. D'où de nouvelles dégradations de la notation en perspective, puis une tension aggravée sur les taux d'intérêt des obligations d'État, donc plus de déficits… Nous sommes donc désolés de rappeler la simple réalité : non la crise de la zone euro n'est pas terminée. Elle pourrait même atteindre un nouveau paroxysme destructeur au cours des prochains mois.
L'humeur de la semaine - 28 juin 2013
De record en record. En toute logique, la dette publique française a atteint un nouveau sommet historique de 1 870,3 milliards d'euros au premier trimestre 2013, soit 91,7 % du PIB. Si ce ratio avait reculé de 1,1 point au troisième trimestre 2012, puis progressé de « seulement » 0,5 point au quatrième, il a donc retrouvé son « rythme de croisière », augmentant de 1,5 point sur le seul premier trimestre 2013. L'accélération de ce ratio au cours des dernières années apparaît de plus en terrifiant : + 10,4 points en trois ans et + 27,5 points depuis début 2008. En monnaie sonnante et trébuchante, la dette publique a progressé de 658,7 milliards d'euros depuis 2008, alors que, sur la même période, le PIB annuel en valeur (donc augmenté de l'inflation) a crû de seulement 124 milliards d'euros. Une dette publique qui augmente six fois plus que le PIB et l'inflation réunis, cela commence à faire désordre… Le pire est que la flambée récente de la dette a été enregistrée en dépit de taux d'intérêt des obligations d'Etat anormalement bas. Cela signifie qu'à présent que les taux remontent et surtout lorsqu'ils vont se tendre fortement d'ici l'automne prochain, la dette progressera encore plus vite. Et, ce d'autant que le déficit public va encore être alourdi par la poursuite de la récession. Sur l'ensemble de l'année 2013, celui-ci devrait au moins atteindre 4,5 % du PIB. D'ici la fin 2013, le ratio dette publique / PIB devrait donc avoisiner les 97 %. Quant à 2014, conformément à la prévision que nous avons établie il y a déjà deux ans, la dette publique française atteindra bien le niveau impressionnant de 100 % du PIB. Une première depuis la seconde guerre mondiale. Pis, depuis six ans, la France ne parvient plus à générer une croissance économique suffisamment forte pour assurer le paiement de la charge d'intérêts de sa dette publique. Et ce n'est pas terminée...
L'humeur de la semaine - 13 juin 2013
La scène se passe en février 2009 dans le bureau du juge Denny Chin chargé de l'affaire Madoff : le premier demande au second : « Mais tout de même monsieur Madoff, quelle mouche vous a piqué ? Qui vous a donné l'idée de réaliser une telle carambouille : faire payer les anciens cotisants par les nouveaux arrivants ? » Bernard Madoff reste calme et répond : « C'est très simple, j'ai observé le système de retraite par répartition en France et j'ai fait pareil… » S'il s'agit évidemment d'une blague que l'on raconte sur les marchés financiers depuis le début de la triste affaire du nom du plus grand arnaqueur financier de l'Histoire (du moins, parmi ceux qui se sont fait attraper…), elle prend aujourd'hui une acuité cuisante dans le cadre du retour du débat sur le financement des retraites en France en 2013. Et oui, la réforme des retraites de l'ère Sarkozy est presque déjà caduque et appelle une nouvelle révolution au plus vite. Malheureusement, la énième réforme que prépare l'actuel gouvernement ne fera pas mieux. Elle se contentera d'établir des prévisions de croissance et de chômage irréalistes, avec des colmatages de brèches en tous genres, des saupoudrages de mesurettes, des nouveaux impôts, etc. Autrement dit, beaucoup de bruit et de marketing pour pas grand-chose. En fait, pour résoudre définitivement le problème, il faudrait que la solution passe par une plus grande responsabilisation des Français face à leur retraite et par une harmonisation de l'ensemble des systèmes. Les Allemands, les Belges, les Anglais, les Italiens et beaucoup d'autres à travers le monde l'ont compris, il n'y a pas de raison que les Français n'y parviennent pas...
L'humeur de la semaine - 16 mai 2013
Ca y est, c'est officiel : après plus d'un an de mensonges et de faux-semblants, la France est techniquement et incontestablement retombée en récession. En effet, elle a bien subi deux trimestres consécutifs de baisse de son PIB, définition officielle de la récession. Ainsi, après avoir déjà reculé de 0,2 % au quatrième trimestre 2012, le PIB français a encore chuté d'autant au premier trimestre 2013. Pis, le niveau actuel du PIB hexagonal est encore inférieur de 0,8 % à celui qui prévalait avant la crise, c'est-à-dire au premier trimestre 2008. Pour être précis, le niveau actuel de notre PIB correspond à celui du deuxième trimestre 2007. Autrement dit, depuis le printemps 2007, l'économie française fait du surplace. Six ans de stagnation ! Du jamais vu ! Reflétant la récession dramatique qui est en train de s'installer dans l'Hexagone, l'emploi a enregistré son quatrième trimestre consécutif de baisse, soit un total de 133 800 destructions d'emplois nettes dans le secteur marchand. Depuis son dernier point haut du premier trimestre 2008, l'emploi marchand recule de 3 %, soit 494 000 personnes. Un véritable drame humain. Soyons clairs : tant que les impôts ne baisseront pas, que le gaspillage des dépenses publiques continuera et que l'euro ne sera pas à 1,15 dollar, la récession, la dépression et la crise sociale s'aggraveront dans l'Hexagone. Les émeutes dites du PSG de lundi dernier deviendront alors le quotidien de la population française. Est-ce vraiment cela que souhaite M. Hollande ? Espérons que non, Espérons que non, mais il faut reconnaître qu'à la suite de sa deuxième grande conférence de presse, au cours de laquelle il s'est encore contenté de faire du marketing, il y a vraiment de quoi s'inquiéter…
L'humeur de la semaine - 18 avril 2013
Après la déplorable affaire Cahuzac et la mascarade du patrimoine des Ministres, le gouvernement français essaie encore de nous endormir. On ne peut donc que constater la débauche de moyens marketing pour essayer de nous faire croire que tout va bien dans notre douce France. L'enchaînement des évènements est presque parfait : d'abord, nous avons appris qu'à l'exception de 8 d'entre eux, tous les ministres actuels de la République française n'ont quasiment pas de patrimoine, voire qu'ils ont du mal à joindre les deux bouts. Quelle tristesse ! Le lendemain, ce fut au tour de Jérôme Cahuzac de faire son mea culpa avec des larmes de crocodiles particulièrement pathétiques et bien peu crédibles. Enfin, avec un aplomb incroyable, Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie pour encore quelque temps, a affirmé que la France allait tenir ses engagements, que la croissance allait très vite revenir et que les déficits publics allaient fondre. En un mot : formidable ! Seulement voilà, avec les prévisions économiques du gouvernement (celui-ci comme ses prédécesseurs d'ailleurs), c'est un peu toujours la même rengaine : on aimerait bien y croire, mais chacun sait que les promesses ne seront pas tenues. Plus que jamais la pétition www.SauvezLaFrance.com est une véritable nécessité. Elle fonctionne déjà très bien. Mais l'omerta française et les ravages du politiquement correct en limite encore la portée. Ce n'est certes qu'une question de temps, mais le problème est que d'ici l'automne prochain, il sera déjà trop tard et la France ne pourra plus éviter le chaos. Avouons que cela serait vraiment dommage…
L'humeur de la semaine - 21 mars 2013
C R I S E = Chypre Russie Imf (FMI en anglais) Surendettement Euro. Tel est donc le nouveau visage de la crise depuis quelques jours. Et pour cause : alors que certains ne cessent d'annoncer sa fin imminente depuis des mois, voire des années, la crise de la dette publique et, plus globalement, celle de la zone euro ont repris du poil de la bête depuis une semaine. Le pire est que ce retour en force de la peur n'est pas lié aux marchés financiers, ni même aux méchants spéculateurs, qui se font d'ailleurs de plus en plus discrets depuis quelques mois. Non, comme souvent depuis le début de la crise grecque, ce sont les dirigeants européens et ceux du FMI qui ont mis de l'huile sur le feu et ravivé les braises toujours incandescentes d'une crise qui dure depuis bientôt six ans. Ainsi, plutôt que de calmer le jeu et d'essayer d'apaiser les tensions, notamment sociales, ces personnes a priori très intelligentes ont tout simplement voulu imposer à un pays de la zone euro de spolier ses épargnants en taxant l'ensemble des dépôts dans les banques chypriotes. Réalisant le lendemain la gravité de leur erreur, ils se sont ensuite lancés dans un exercice de rétropédalage aussi pitoyable qu'inefficace. Car, même si, fort heureusement, le Parlement de Chypre a rejeté ce projet, le mal est fait. La boîte de Pandore a été entrouverte et la suspicion s'est imposée. Autrement dit, de par leur décision irresponsable, l'Union Européenne et le FMI ont réactivé la crise bancaire et plus globalement la crise existentielle de la zone euro. Pis, en titillant « l'ours russe », ils ont pris le risque d'engager une crise géopolitique majeure qui pourrait avoir des conséquences particulièrement néfastes pour la stabilité de l'ensemble de l'Europe, de l'Atlantique à l'Oural.
L'humeur de la semaine - 06 mars 2013
En 2013, la France va bien atteindre une étape décisive de son histoire : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, et pour la troisième fois depuis la Révolution française, sa dette publique va être égale à sa richesse. C'est d'ailleurs en partie pour « célébrer » cet événement que j'ai écrit « le dictionnaire terrifiant de la dette » (qui sort le 7 mars 2013) : un dictionnaire de 100 mots pour une dette de 100 %… Le pire est que cette boulimie de dette n'émeut pas grand monde et surtout pas les dirigeants français. « 100 % ? ! nous disent ces derniers, et alors ? Les États-Unis sont déjà à plus de 100 % depuis 2011 et ils ne s'en plaignent pas outre mesure. Obama a d'ailleurs été réélu sans véritable difficulté. Mieux, le Japon n'est-il pas à plus de 240 %, tout en restant la troisième puissance mondiale ? ». C'est bien là que réside le principal problème de la flambée de la dette : personne ne s'en inquiète vraiment. Le problème n'est d'ailleurs pas seulement la dette, mais la capacité de l'endetté à la rembourser, c'est-à-dire à la rendre supportable. On parle alors de soutenabilité de la dette. Or, depuis bientôt six ans, dans la quasi-totalité des pays européens et notamment en France, la croissance est insuffisante pour assurer le paiement des intérêts de la dette publique. Cela signifie que, pour payer ces derniers, les Etats doivent s'endetter davantage. C'est ce que l'on appelle la bulle de la dette, qui ne cesse de gonfler et continuera de le faire tant que la récession ou la croissance molle perdureront. Il est donc urgent de réagir. Aux armes citoyens ! Il faut sauver la France…
L'humeur de la semaine - 28 février 2013
L'humeur de la semaine - 20 février 2013
Comment revenir sur ses promesses tenues avec obstination sans perdre la face et rester crédible ? Tel est l'exercice périlleux auquel vont devoir se livrer François Hollande et le gouvernement Ayrault. Le spectacle d'acrobatie digne du cirque Pinder a déjà commencé. Dès la publication des comptes nationaux du quatrième trimestre 2013, jeudi 14 février, les lasagnes au cheval ont vampirisé la scène médiatique, si bien que l'entrée de la France en récession dès le premier trimestre 2012 et la forte baisse du PIB hexagonal au quatrième trimestre sont quasiment passés inaperçues. Seulement voilà, on ne peut pas cacher la vérité éternellement. Ainsi, depuis quelques jours, les dirigeants politiques français, depuis le Président jusqu'aux ministres et députés, en passant par le chef du gouvernement, enchaînent les petites phrases et les nouvelles prévisions de croissance. Autour de 0,2 % à 0,3 % selon Laurent Fabius, pas de chiffrage précis pour MM. Hollande et Ayrault qui se bornent à souligner qu'il ne sert à rien de maintenir des objectifs de croissance intenables. Effectivement. Mais, alors pourquoi s'être entêté à maintenir une prévision de 0,8 % pendant des mois alors que cette dernière n'était déjà plus crédible depuis la mi-2012 ? Car, malheureusement, plus le temps passe, plus la crédibilité de l'Etat français fond comme neige au soleil. Tout d'abord, en dépit des efforts d'équilibriste pour laisser croire que le dérapage du déficit public est « normal », ce dernier sera très loin de l'objectif gouvernemental. Il devrait avoisiner les 4 % en 2013, contre 3 % annoncé par MM. Hollande, Ayrault, Moscovici et tutti quanti depuis des mois.
L'humeur de la semaine - 22 janvier 2013
Ah ! Angela et François ! Qu'ils sont beaux tous les deux à s'enlacer tendrement… Pourtant, derrière les embrassades et les sourires face aux caméras, le couple franco-allemand est bien en train de se fissurer. C'est un peu comme lors de certains divorces au sein d'une famille : les parents multiplient les mots tendres et les accolades devant les enfants, mais se déchirent dès que ces derniers ne sont plus là. Ainsi, que ce soit au niveau des dirigeants, des entreprises et de la population, le torchon brûle entre les deux côtés du Rhin. Rarement depuis la seconde guerre mondiale, les quolibets, les vexations et les invectives ont été aussi nombreux et virulents. Et ce, en particulier en provenance d'Allemagne. Nos cousins germaniques ne supportent effectivement plus le manque de clairvoyance et de pragmatisme des élites et des gouvernants français. Il faut dire que depuis une décennie, les écarts n'ont cessé de se creuser sur le front économique et idéologique. Ainsi, alors que les Français ont refusé de réformer leur économie, les Allemands se sont lancés dans une modernisation massive qui leur a imposé des efforts douloureux. Dès lors, si la France continue de refuser la réalité en appliquant les vaines recettes d'augmentation des dépenses publiques, d'aggravation de la pression fiscale et de rigidités réglementaires prohibitives, les écarts économiques vont encore se creuser. L'Allemagne refusera alors certainement de passer l'éponge pour une énième fois et de payer pour les dérapages français. De la sorte, elle entérinera de facto un divorce latent du couple franco-allemand, qui, progressivement, entraînera la fin la zone euro. Après vingt ans de querelles et de faux-semblants, la partie est désormais sur le point de se terminer. Comme dans tous les divorces, le pire n'est pas encore certain, mais, au fil des années, les chances de l'éviter s'amenuisent...
L'humeur de la semaine - 10 janvier 2013
Au printemps dernier, on nous avait promis : « le changement c'est maintenant !». La croissance forte devait revenir, le chômage baisser, les inégalités reculer et la paix sociale se renforcer. Mieux, après le leadership économico-politique exercé par l'Allemagne au sein de la zone euro, la France devait retrouver sa crédibilité et renvoyer les Allemands à leur rôle de partenaires réduits à entériner les décisions françaises. Ah, qu'il est doux de rêver… Seulement voilà, neuf mois après ces belles promesses, rien de tout cela ne s'est produit. Certes, des changements ont bien eu lieu, mais dans le sens du pire. Plus que jamais la France est au bord du gouffre. Il est donc grand temps de réagir. Voilà pourquoi, et si l'on m'en laisse la possibilité, j'ai décidé de m'engager à 200 % dans cette lutte. Je commencerai par la publication d'u nouveau livre « Le dictionnaire terrifiant de la dette » (qui sortira en librairie le 7 mars). Le but de ce dernier n'est évidemment pas de faire peur, mais de démocratiser encore davantage l'économie dans l'Hexagone et, par là même, de responsabiliser les Français sur les enjeux économiques qui nous attendent. De plus, je créerai prochainement un site internet de forum « sortirdelacrisedeladette.fr » pour faire avancer le débat public et ouvrir ce dernier à toutes bonnes volontés pour trouver des solutions consensuelles. Enfin, je lancerai également dans quelques jours une pétition sur Internet pour que le gouvernement français s'engage à baisser le poids de sa fiscalité et de ses dépenses publiques dans son PIB au niveau de la moyenne de la zone euro. L'heure du vrai changement a sonné...
L'humeur de la semaine - 02 janvier 2013
Au cours des cinq dernières années, la planète économico-financière a été particulièrement chahutée. En 2008, ce fut le début de la crise ; en 2009, la récession mondiale ; en 2010, la reprise ; en 2011, le grand gâchis ; et, enfin, en 2012, la rechute, en particulier de la zone euro. Face à tant de rebondissements et à une crise qui dure finalement depuis plus de cinq ans, la question est de savoir si 2013 sera enfin l'année de la sortie de crise. Si l'envie ne manque pas de répondre par l'affirmative, il faut malheureusement reconnaître que nous en sommes encore loin et que les dangers qui pèsent sur 2013 sont encore trop nombreux pour permettre de retrouver le chemin de l'enthousiasme. Certes, comme cela s'est observé de 2010 à 2012, les pays émergents continueront de croître à un rythme soutenu. La Chine et l'Inde devraient ainsi afficher des croissances de respectivement 8 % et 6 %. Dans le même temps, les Etats-Unis devraient rester sur un rythme de croissance proche de 2,5 %, c'est-à-dire un niveau appréciable mais non flamboyant. Quant au Japon, la progression de son PIB avoisinerait son niveau structurel de 1 %. Dans ce concert sans éclat mais plutôt harmonieux et rassurant, la zone euro continuera à faire bande à part. Comme cela a déjà été le cas l'an dernier, l'UEM devrait subir une baisse de son PIB d'environ 0,4 %. Il faut donc souhaiter que les politiciens et les hauts-fonctionnaires eurolandais n'attiseront plus les braises des crises des dernières années, alors tous les espoirs redeviendront permis pour… 2014.
En attendant, toute l'équipe d'ACDEFI vous souhaite une excellente année et vous remercie pour votre fidélité.
L'humeur de la semaine - 06 décembre 2012
L'humeur de la semaine - 28 novembre 2012
Les derniers jours ont été particulièrement chargés sur le front de l'actualité économico-politique de la France et de la zone euro : nouveaux accords sur la dette grecque, durcissement de ton dans le dossier Florange-Mittal, sans oublier le capharnaüm géant qui ne cesse de secouer l'UMP. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, ces trois évènements sont reliés par un point commun bien peu enviable, en l'occurrence le manque de crédibilité. Sur le front grec, tout d'abord, il faut certes reconnaître que le énième plan de sauvetage arraché de justesse mardi dernier constitue une bonne nouvelle. Cependant, comme tous ses prédécesseurs, ce dernier fait l'impasse totale sur la clé de la sortie de crise, à savoir le retour de la croissance. Ensuite, du côté français, dix jours après la couverture de The Economist, une semaine après la nouvelle dégradation de la dette française, le dérapage de M. Montebourg dans le dossier Mittal va encore entacher le peu de crédibilité qui reste à la France. Enfin, le psychodrame de l'UMP aggrave évidemment la situation. Il montre ainsi que, pour ses dirigeants, les égos et les querelles de clochers passent avant la résolution des graves questions économiques et financières nationales. Est-ce vraiment cela que nous souhaitons léguer à nos enfants ? Une UEM et une France en récession durable, avec un chômage structurellement élevé, des tensions sociales et sociétales de plus en plus graves et une situation politique instable ? Non merci. Alors, réveillons-nous ! Vite !
L'humeur de la semaine - 22 novembre 2012
C'est fait ! Presque dix mois après Standard and Poor's, Moody's, l'autre grande agence de notation, a dégradé la note de la dette publique française. Cette dernière perd donc, une nouvelle fois, son fameux AAA. Il ne manque donc plus que la dégradation de l'agence européenne Fitch (qui, comme souvent, sera très en retard) pour que la coupe soit pleine. Pour autant, il n'y a pas de quoi dramatiser. Du moins pour le moment. En effet, comme il y a dix mois, la note de la France n'a été abaissée que d'un seul cran. Mais malheureusement, ce n'est qu'un début. Car, après l'augmentation surprenante de 0,2 % du PIB au troisième trimestre (et qui appelle d'ailleurs des corrections), ce dernier devrait baisser d'au moins 0,3 % au quatrième trimestre. Cela se traduira par une variation annuelle moyenne de 0,1 % en 2012. Pis, cela engendrera un acquis de croissance négatif pour 2013, année au cours de laquelle le PIB français ne devrait pas progresser de 0,8 % comme annoncé par le gouvernement, mais reculer de 0,3 %. Conséquences logiques de ces déconvenues, le déficit public français sera d'au moins 4,6 % du PIB en 2012 et d'environ 4 % l'an prochain. Quant à la dette, elle devrait atteindre la barre psychologique des 100 % du PIB en 2013. Dans ce cadre, la note de la dette publique française perdra au moins deux crans d'ici l'été et les taux longs se tendront vers les 4 %. Autrement dit, acheter aujourd'hui des bons du Trésor français à dix ans avec un taux de rendement de 2,1 % relève de la gageure et devient même particulièrement dangereux.
L'humeur de la semaine - 08 novembre 2012
« Four years more » (quatre ans de plus). C'est par ces trois mots peu enthousiastes et laissant bizarrement transparaître une certaine lassitude que Barack Obama a annoncé sa réélection à la Présidence des Etats-Unis d'Amérique. Les politologues en tous genres ont beau clamer qu'ils l'avaient prédit et que cette victoire était jouée d'avance, il n'en demeure pas moins que Monsieur Obama est bien un miraculé touché par la « baraka ». En fait, sa réélection est historique. Et pour cause : depuis Roosevelt, aucun Président américain n'avait été réélu avec un taux de chômage élevé, en l'occurrence 7,9 %. En outre, l'enfin prodige de Chicago est devenu le premier dirigeant occidental réélu en dépit de la crise. Si cette dernière a effectivement eu raison des Brown, Zapatero, Papandréou, Berlusconi et Sarkozy, elle n'a pas eu de prise sur le locataire de la Maison Blanche, qui voit donc son bail prolonger de quatre ans. Mais attention, étonnamment peu utilisé pendant la course à la Maison Blanche par le camp républicain, le « précipice budgétaire » (fiscal cliff dans la langue de Shakespeare) se rapproche dangereusement. Et pour cause : le plafond de la dette publique autorisé par le Congrès devrait être atteint au plus tard en février 2013. Si celui-ci n'est pas augmenté, la note des Etats-Unis sera nettement abaissée, suscitant une forte augmentation des taux d'intérêt, avec baisse de l'activité économique et dégringolade boursière à la clé. Il n'y a donc plus qu'à espérer que Barack Obama finira par se rendre à l'évidence et reviendra sur ses promesses de campagne. Un peu d'ailleurs comme ce que devra faire François Hollande s'il veut que la France évite le pire. Obama et Hollande sur un pied d'égalité, voilà qui va faire plaisir à notre Président…
L'humeur de la semaine - 25 octobre 2012
L'humeur de la semaine - 18 octobre 2012
Depuis environ quatre ans, c'est régulièrement la même ritournelle, on nous annonce avec force que la crise est dernière nous. Au printemps 2008, ce fut par exemple le cas d'un hebdomadaire économique français qui, s'appuyant sur un économiste bien connu pour ses erreurs de prévision, consacra sa couverture à cette « heureuse » conjecture. Et, bien entendu, ce fut exactement l'inverse qui se produisit. Ce qui est plus gênant c'est lorsque les dirigeants politiques se livrent aux mêmes excès. Ainsi, que ce soit en 2008, en 2010 ou en 2011, Madame Christine Lagarde, alors Ministre de l'Economie et au demeurant compétente et sympathique, a régulièrement annoncé, elle aussi, que le plus dur était derrière nous, que la crise était presque terminée, que l'économie française allait rapidement redémarrer... Pendant la campagne présidentielle, même punition. Et, aujourd'hui, alors que la récession fait rage dans la zone euro, que de nombreux pays membres font face à une crise sociale sans précédent, le Président français n'hésite plus à crier sur tous les toits que la crise de la zone euro est presque terminée. Nous savions que François Hollande avait de l'humour, mais, à ce point, il faut reconnaître qu'il fait très fort. Nous comprenons tout à fait le devoir d'optimisme du chef de l'Etat et des dirigeants politiques. Mais bien mieux que de la méthode Coué et des efforts marketing, les Français ont surtout besoin de réalisme et de pragmatisme, donc de croissance et d'emplois. Alors, s'il vous plaît M. Hollande, dépêchez-vous d'enlever votre costume d'homme normal et de revêtir celui d'homme providentiel. Vous pouvez encore sauver la France, mais il ne vous reste plus que quelques mois.
L'humeur de la semaine - 12 octobre 2012
Cela est presque devenu un mode de vie : depuis bientôt trente ans, les Etats-Unis et la France ont une caractéristique commune, à savoir le cumul d'un déficit de la balance commerciale et des comptes publics. A priori insoutenable, cette situation, que l'on appelle communément twin deficits (les déficits jumeaux), est pourtant durable et ne semble même pas susciter de graves préjudices pour les pays en question. Comme souvent, les apparences sont trompeuses… Comment peut-on faire croire aux Français que le déficit public sera réduit à 3 % l'an prochain, avec un poids des dépenses publiques stabilisées à 56,3 % (l'un des niveaux les plus élevés du monde) et une augmentation des impôts qui ne fera finalement qu'aggraver la récession et réduire l'assiette fiscale, donc les recettes publiques à venir ? Et ce n'est pas parce que Barack Obama essaie de faire croire la même chose aux Américains qu'il faut l'imiter. Et pour cause : le Président américain propose d'augmenter encore les dépenses publiques lors son éventuel second mandat. C'est exactement ce qu'il a fait ces quatre dernières années, avec les résultats mitigés que l'on connaît. S'ils continuent ainsi, étant déjà affectés par des twin deficits qu'ils auront de plus en plus de mal à combler, les Etats-Unis perdront leur place de première puissance économique mondiale d'ici une dizaine d'années au profit de la Chine. Quant à la zone euro, elle aura depuis bien longtemps explosé, laissant ses anciens pays membres dans le chaos, et notamment la France qui, à force d'avoir accumulé les twin deficits sans réagir, sera devenu un Disneyland géant, dont les Chinois et les Qatari raffoleront. Faut-il vraiment en arriver là pour enfin comprendre la gravité de la situation et notamment admettre que nos déficits jumeaux sont devenus intenables et extrêmement dangereux ?
L'humeur de la semaine - 05 octobre 2012
L'humeur de la semaine - 13 septembre 2012
L'humeur de la semaine - 29 août 2012
Finalement et sans surprise, l'été 2012 a été plutôt calme pour la zone euro. Les dirigeants politiques et monétaires eurolandais ont d'ailleurs tout fait pour continuer d'endormir les populations et les investisseurs à coup de déclarations apaisantes et de promesses anesthésiantes. La recette a si bien fonctionné que la publication des comptes nationaux du deuxième trimestre est presque passée inaperçue. Pourtant, après avoir déjà baissé de 0,3 % au quatrième trimestre 2011, puis stagné au premier de 2012, le PIB de la zone euro a reculé de 0,2 % au deuxième trimestre. Si les deux trimestres consécutifs de baisse de l'activité (qui sont censés caractériser officiellement une récession) ne sont donc toujours pas affichés, la situation économique eurolandaise est bien devenue dramatique. Le glissement annuel du PIB est d'ailleurs tombé à - 0,4 %, un plus bas depuis 2009. Autrement dit, même si elle ne veut pas dire son nom, c'est bien une récession qui est en train de s'installer dans l'Union Economique et Monétaire. Pis, le sparadrap grec ne va pas tarder à sauter de nouveau, réactivant par là même la crise de la zone euro. C'est en cela que les prochaines semaines vont s'avérer déterminantes. Et ce sera quitte ou double : soit la sortie vers le haut, soit la descente aux enfers. Car si l'Allemagne ne met pas de l'eau dans son vin (ce qu'elle ne fera que si la France accepte de réduire ses dépenses publiques), le clash politique avec la Grèce, l'Espagne, mais aussi l'Italie et la France finira forcément par avoir lieu. Ce sera alors le début de la fin de la zone euro et l'entrée dans un trou noir dont nous mettrons plus d'une décennie à sortir. Bon courage à tous.
L'humeur de la semaine - 19 juillet 2012
L'humeur de la semaine - 06 juillet 2012
L'humeur de la semaine - 02 juillet 2012
Ouf ! Après trois mois de stress et de craintes existentielles, la zone euro semble enfin sauvée. C'est du moins ce qui ressort du dernier sommet européen. En effet, alors que l'intransigeance de l'Allemagne et l'ancrage apparent de la France dans le laxisme budgétaire laissaient imaginer le pire, c'est finalement la raison qui l'a emporté. Cet apaisement est d'autant plus louable que la forte augmentation des taux d'intérêt en Espagne et en Italie à la veille de cet énième « sommet de la dernière chance » avait avivé les tensions des pays du Sud à l'encontre de la zone euro et de l'Allemagne. Compte tenu de ces enjeux, un échec de ce sommet était donc devenu inimaginable. C'est en cela que sa réussite est presque passée inaperçue. En fait, à l'instar d'une soirée électorale française, tout le monde se déclare gagnant. Les Français se prévalent de la décision d'un plan de soutien à l'activité de 120 milliards d'euros ; l'Espagne et l'Italie se satisfont du plan de sauvetage des banques via la BCE ; quant à l'Allemagne, elle soutient que tous ces « cadeaux » n'ont été consentis qu'en échange d'un engagement renforcé sur le front de la rigueur budgétaire. Bref, comme dirait le Candide de Voltaire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourtant, nous sommes vraiment désolés de devoir le dire encore une fois, mais, dès septembre prochain, avec l'aggravation de la récession dans la zone euro, l'augmentation officielle des déficits publics et l'exacerbation des tensions franco-allemandes, la crise reviendra. En fait, elle n'a jamais vraiment disparu, ce sont simplement les dirigeants eurolandais qui ont donné l'illusion temporaire que tout était résolu.
L'humeur de la semaine - 21 juin 2012
Après son humiliation 2-0 contre la Suède, l'équipe de France de foot semble déjà avoir retrouvé ses vieux démons de la dernière coupe du monde : arrogance, agressivité et médiocrité du jeu. Seulement voilà Il n'y a pas que sur le terrain footballistique que la France inquiète. En effet, en l'espace d'une semaine, l'économie française a reçu plusieurs gifles qui seront certainement lourdes de conséquences : remontrances allemandes, moqueries anglaises, revers mexicains au G20, avertissement américain en matière d'attractivité hexagonale et, pour couronner le tout, confirmation par l'INSEE qu'après avoir connu une récession historique en 2009, l'économie nationale est déjà en train de repartir dans les affres de la récession. A l'évidence, il aurait été difficile de faire pire. Face à cette avalanche de mauvaises nouvelles, le Président Hollande et le Premier ministre Ayrault n'ont même pas eu le temps de profiter de leur victoire aux législatives qui confèrent désormais au Parti Socialiste les pleins pouvoirs : Présidence, Assemblée, Sénat, Régions, Cantons, Communes… Encore mieux, ou encore pire (en fonction de son bord politique) qu'en 1981… Malgré ce grand chelem, les dirigeants français font cependant face à un dilemme : faut-il profiter de cette hégémonie pour engager un clash avec l'Allemagne et les autres partenaires de la zone euro ? Ou, au contraire, faut-il utiliser cette « vague rose » pour responsabiliser les partenaires politiques et syndicaux de manière à réduire les dépenses publiques et réformer l'économie française ? C'est le message qu'adressent Mme Merkel et M. Cameron aux dirigeants politiques français : si vous continuez à accroître la pression fiscale et à augmenter la dépense publique, vous allez appauvrir la France et par là même la zone euro. C'est d'ailleurs là que réside la vraie inquiétude de la semaine : l'Union européenne et la zone euro ne sont plus un jeu coopératif mais commencent à devenir un terrain d'affrontement et pas seulement footballistique...
L'humeur de la semaine - 14 juin 2012
« Pour 100 briques t'as plus rien ! » Tel était le titre d'une comédie d'Edouard Molinaro de 1982. A l'époque, 100 briques signifiaient généralement 100 millions d'anciens francs, donc un million de nouveaux francs, soit environ 150 000 euros d'aujourd'hui. Et effectivement, avec une telle somme, on n'a pas grande chose, du moins on ne peut pas se permettre d'arrêter de travailler. Comme quoi, avec le temps et un peu d'inflation, les richesses fondent comme neige au soleil. De quoi rappeler qu'il ne sert pas à grand-chose de thésauriser, mais que la seule véritable création de richesses réside dans le travail, l'investissement et l'épanouissement personnel. Toujours est-il que, trente ans plus tard, cette même phrase est toujours d'actualité, si ce n'est que les briques sont devenues des milliards d'euros. C'est du moins ce qui ressort de la dernière tentative des dirigeants européens pour sortir l'Espagne de la crise. En effet, en permettant aux banques espagnoles de se recapitaliser à hauteur de 100 milliards d'euros, ceux-ci estimaient, une fois encore, que la crise était résolue. Sans véritable surprise, il n'en a évidemment rien été. Et pour cause : les marchés sont repartis à la baisse, les taux d'intérêt des obligations de l'Etat espagnol ont encore flambé pour flirter avec les 7 %. Autrement dit, la crise est non seulement loin d'être terminée, mais elle s'est même aggravée. Cela commence à devenir lassant : depuis le début de la crise grecque, c'est-à-dire depuis bientôt trois ans et demi, les dirigeants eurolandais ne cessent de répéter les mêmes erreurs. Du haut de leur tour d'ivoire, ils sont persuadés qu'en dilapidant les milliards d'euros, ils vont résoudre tous les problèmes. Comme nous cessons de le répéter, cette stratégie est par définition vaine, voire dangereuse. Il est urgent d'arrêter cette fuite en avant...
L'humeur de la semaine - 01 juin 2012
L'humeur de la semaine - 25 mai 2012
L'humeur de la semaine - 26 avril 2012
Il est encore trop tôt pour en être sûr, mais le 25 avril 2012 constituera peut-être un tournant dans l'histoire de la zone euro. En effet, après treize ans de dogmatisme, la Banque Centrale Européenne a enfin décidé de prendre le chemin du bon sens et du pragmatisme. Ainsi, après avoir constamment sacrifié la croissance sur l'autel de l'inflation, lorsqu'elle était dirigée par Jean-Claude Trichet, la BCE, présidée par Monsieur Mario Draghi, souhaite désormais accorder une part plus importante à la progression de l'activité économique. Ne cachons pas notre plaisir : ce revirement constitue une vraie victoire, en particulier pour votre serviteur qui n'a cessé de demander un tel changement depuis plus de dix ans envers et contre tous. Mais, tout ceci est du passé. Ce qui compte réside dans le fait que la zone euro et la BCE sont enfin en train de changer dans la bonne direction. Face à cette nouvelle donne, certains observateurs se sont logiquement posé plusieurs questions, en particulier dans notre douce France : pourquoi Mario Draghi a-t-il choisi ce « timing » pour faire une telle déclaration ? Y-a-t-il un lien avec la campagne présidentielle française ? François Hollande entre-t-il ainsi par la grande porte dans le concert eurolandais ? L'Allemagne est-elle désormais isolée et devra-t-elle se plier aux exigences de ses partenaires pour réformer les traités eurolandais vers une plus grande prise en compte de la croissance ? Autant de questions dont les réponses conditionneront notre avenir et pourront ainsi sauver ou détruire la zone euro...
L'humeur de la semaine - 26 avril 2012
L'humeur de la semaine - 23 mars 2012
Si la campagne présidentielle a été, à juste titre, mise entre parenthèses à la suite des tragédies de Toulouse et Montauban, il n'en demeure pas moins que les interrogations et les inquiétudes se multiplient sur l'issue de ces élections. Qui sera élu ? Dans quelle configuration ? Avec quelle majorité à l'Assemblée ? Quelles seront les premières mesures adoptées ? Comment évolueront les relations franco-allemandes ? Quelle sera la position de la France à l'égard de l'Europe ? Comment réagiront les agences de notation, ainsi que les marchés financiers et l'ensemble des investisseurs internationaux ? Autant de questions dont les réponses seront lourdes de conséquences pour la France, l'Europe, voire l'ensemble de la planète. En effet, sans vouloir jouer au Français qui croit que le monde tourne autour de l'Hexagone, il est clair que, jamais depuis 1981, nos élections présidentielles n'ont été aussi déterminantes. Et pour cause : la zone euro a pour l'instant été sauvée grâce à la détermination du couple franco-allemand et ce, notamment pour éviter tout clash avant les présidentielles françaises. Une fois ces dernières passées, la dure réalité va s'imposer à tous : la crise grecque et globalement celle de l'UEM sont loin d'être terminées. En annulant une partie de la dette grecque et en accordant une énième aide à l'Etat hellène, les dirigeants eurolandais n'ont fait que mettre un gros sparadrap sur une énorme plaie qui est loin d'être cicatrisée. En fait, ils n'ont fait que gagner du temps, en attendant de voir plus clair dans la stratégie de la France. Et si cette dernière n'est pas adéquate, un krach apparaît possible sur les marchés ogligataires et boursiers...
L'humeur de la semaine - 09 mars 2012
L'humeur de la semaine - 01 mars 2012
Après le succès de « Krach, boom… et demain ? » (publié en 2009 chez Dunod), j'ai l'honneur et le plaisir de vous annoncer la sortie de mon nouveau livre le 8 mars 2012 aux Editions du Moment. Il s'intitule « Quand la zone euro explosera… », avec en sous-titre « Comment la France peut encore éviter le pire ». En voici un rapide résumé qui, je l'espère vous donnera envie d'aller plus loin. Je tiens d'ailleurs à vous remercier de votre fidélité et de votre soutien. Car, si, en dépit des pressions de toutes parts et parfois même des intimidations, j'ai écrit ce livre et continue de faire ce métier, c'est grâce à vous.
2 janvier 2013. Après quatre ans de crise, deux récessions historiques et une multitude de sommets « de la dernière chance », les pays de la zone euro décident de mettre un terme à l'Union Economique et Monétaire. Une nouvelle vague d'effondrement des indices boursiers et de flambée des taux d'intérêt s'engage, aggravant encore un peu plus le marasme économique et social qui sévit un peu partout et notamment dans l'Hexagone. Digne d'un véritable cauchemar, ce scénario est malheureusement possible. Pour l'éviter, nos dirigeants doivent agir vite, en restaurant la croissance et en refusant tous les dogmatismes qui ont fait tant de mal à notre Vieille Europe et à notre Douce France au cours des quarante dernières années. Et, malheureusement, il faut reconnaître que, pour le moment, nous en sommes encore loin, en particulier lorsque l'on écoute les propositions des candidats aux élections présidentielles françaises...
L'humeur de la semaine - 05 janvier 2012
Dans un monde de plus en plus chahuté, où la volatilité est extrême et où le court-termisme a force de loi, il est devenu particulièrement difficile d'établir des prévisions économiques et financières. Pour contourner cet obstacle grandissant, de nombreux économistes et prévisionnistes préfèrent se cacher derrière le consensus, en soutenant qu'il vaut mieux avoir tort avec tout le monde que raison tout seul. Si ce comportement n'est pas nouveau, il s'est quasiment généralisé à l'ensemble de la profession depuis le début de la crise des subprimes. Pis, à l'approche des élections présidentielles françaises, les pressions de toutes sortes et les partis pris vont définitivement prendre le dessus, si bien qu'il va devenir quasiment impossible d'obtenir de véritables analyses et prévisions indépendantes. Dans la perspective de cette triste évolution, soyez assurés que nous ne tomberons pas dans ce travers et que nous continuerons à établir nos prévisions en toute liberté et objectivité. Cela fait quinze ans que nous nous y employons, cela ne va pas changer de sitôt. En effet, le plus important n'est pas forcément d'avoir raison sur tout (cela est d'ailleurs illusoire), mais de réaliser des analyses et prévisions en toute transparence et en toute humilité. D'ailleurs, avant de présenter nos prévisions pour l'année 2012 (ce que nous ferons dans ces mêmes colonnes dès la semaine prochaine), nous allons nous livrer à notre exercice traditionnel de bilan de nos prévisions de l'année écoulée. Comme tous les ans, il y a les tops et les flops. Mais fort heureusement, comme cela s'observe quasiment chaque année, les premiers sont largement plus nombreux que les seconds. Excellente année à toutes et à tous.
L'humeur de la semaine - 15 décembre 2011
Même si l'année 2011 n'est pas terminée et pourrait donc nous réserver encore quelques mauvaises surprises, il est d'ores et déjà possible d'en dresser un premier bilan. Ce dernier pourrait presque tenir en deux mots : Grand Gâchis. En effet, il y a un peu plus d'un an, la croissance mondiale était forte et atteignait la barre symbolique des 5 %, contre une moyenne annuelle de 3,3 % de 1980 à 2009. Dans le même temps, après une récession historique, l'économie de la zone euro commençait à retrouver des couleurs et semblait par là même capable de surmonter la crise grecque et de sortir définitivement de la crise de la dette publique. A l'époque, nous communiquions autour du thème « la reprise est là, ne la gâchons pas ! ». Notre crainte résidait principalement dans une remontée hâtive du taux refi de la BCE et dans une appréciation excessive de l'euro/dollar, deux évolutions qui casseraient inévitablement la croissance eurolandaise. Et c'est malheureusement ce qui s'est produit. Et comme si ces erreurs stratégiques ne suffisaient pas, la BCE a alourdi la barque à deux reprises. Quant aux dirigeants politiques eurolandais, ils ont continué d'enfoncer le clou. En effet, plutôt que de relancer très vite la croissance, ils ont préféré multiplier les « sommets de la dernière chance », tous aussi vains les uns que les autres. Le dernier en date l'a encore confirmé. Une crise sans précédent, une dizaine de sommets « historiques » pour rien, des erreurs stratégiques impardonnables, un dogmatisme irreffréné et une démagogie insupportable... A l'évidence, 2011 est une année à oublier pour la France et pour la zone euro. A moins que 2012 ne soit encore pire…
L'humeur de la semaine - 07 décembre 2011
Le 18 décembre 2009, nous expliquions déjà dans ces mêmes colonnes comment la France s'était engluée dans ce que nous appelions le « syndrome du pouf ». Deux ans plus tard, non seulement rien n'a changé, mais la situation s'est même aggravée. En effet, de nombreux Français, et en particulier leurs dirigeants, refusent toujours d'endurer les difficultés. Aussi, plutôt que de lutter de front contre les dangers ou les crises économiques, au risque de se « faire mal » temporairement, ils préfèrent multiplier les protections et les perfusions publiques en tous genres. Cette gabegie de dépenses publiques est censée protéger l'économie française contre une chute trop violente. Ainsi, lorsqu'elle tombe, cette dernière s'affale sur un pouf qui lui permet donc d'amortir le choc et d'assurer une certaine paix sociale à court terme. En revanche, une fois bien installé dans le pouf, il est généralement très difficile de se relever. C'est là tout le problème des aides et autres stabilisateurs qui permettent, certes, de limiter les dégâts lors de la chute, mais empêchent ensuite l'économie de se redresser rapidement et fortement. Et ce, notamment à cause de leur coût exorbitant, imposant une pression fiscale extrêmement forte. Nous le vivons encore aujourd'hui, à l'heure où les plans de rigueur annoncés se focalisent sur une augmentation des impôts et oublient la nécessité de baisser les dépenses publiques. Pis, ils oublient que le seul moyen de sortir de la crise de la dette et plus globalement de la crise existentielle dans laquelle est plongée la zone euro réside dans la restauration de la croissance.
L'humeur de la semaine - 01 décembre 2011
Que ce soit lors de débats, de conférences ou d'échanges via internet, la même question revient sans cesse : «que ce passerait-t-il si la zone euro disparaissait ? » Face à cette interrogation extrême mais légitime, certains économistes, politiciens ou observateurs de la « chose économique » n'hésitent pas à botter en touche en soulignant que cette éventualité n'a aucun sens. La fin de la zone euro ? Le retour au franc ? « Impossible » disent-ils avec l'aplomb des technocrates qui dissertent sur l'avenir économique sans n'avoir jamais été sur le terrain. Ces donneurs de leçons ont clairement tort. Oui, il faut être honnête : même si nous ne le souhaitons pas, l'explosion de la zone euro et le retour au franc sont possibles. Compte tenu de la crise que traverse actuellement l'Union Economique et Monétaire (UEM), la probabilité de ce triste scénario s'accroît même de jour en jour. S'obstiner à vouloir faire croire le contraire est contre-productif. Cela ne ferait qu'aviver les tensions sociales au sein des différents pays. A l'évidence, si nous voulons sauver la zone euro, cette stratégie du dénigrement doit être abandonnée. En fait, il serait beaucoup plus opportun d'accepter ce cas de figure extrême et de réfléchir aux conséquences qu'il pourrait entraîner. C'est ce que nous nous proposons de faire ci-après. Nous verons notamment que si la sortie de la zone euro est tout à fait possible, elle se traduira forcément par une récession aggravée et durable, par une crise sociale sans précédent, mais aussi des guerres civiles, voire un conflit militaire. Bref, l'Europe et le monde s'engageront dans un « trou noir ».
L'humeur de la semaine - 18 novembre 2011
L'humeur de la semaine - 10 novembre 2011
L'humeur de la semaine - 19 octobre 2011
Après l'avertissement de Moody's sur l'état des finances publiques françaises et par là même sur la notation de la dette de l'Etat, il faut se rendre à l'évidence : la question n'est plus de savoir si la France perdra son triple A, mais quand ? La mise en garde de l'agence de notation américaine est loin d'être une surprise. En effet, comme nous l'annonçons régulièrement dans nos publications, cela fait une dizaine d'années que la France ne mérite plus son triple A. Du moins selon une lecture stricte des critères de notation. Seulement voilà, grâce à son Histoire, à son rôle géostratégique international, à son appartenance à la zone euro et à un lobbying exceptionnel, la France a continué de bénéficier de la meilleure note. Ce traitement de faveur a d'ailleurs certainement constitué un cadeau empoisonné. Car, en se maintenant sur les « cimes de la notation », la France n'a pas engagé les réformes nécessaires et a persisté dans sa stratégie inefficace d'augmentation des dépenses publiques. Aussi, ne nous trompons pas de cible : ce n'est pas de la faute des agences de rating si les gouvernements français et eurolandais ont constamment dévié de leurs engagements. En d'autres termes, si l'on veut que la France garde son rang, il suffit que ses dirigeants retrouvent une crédibilité à toute épreuve. Il n'est pas possible de mentir indéfiniment, ni de faire des promesses qui ne seront jamais respectées. Au-delà des craintes relatives à la dette publique, c'est certainement là que résidera l'enjeu principal des prochaines élections présidentielles.
L'humeur de la semaine - 13 octobre 2011
Trois ans après avoir frôlé la faillite, la banque franco-belge Dexia a tout simplement disparu. Si la banqueroute a donc été évitée, ce démantèlement rappelle tristement que le système bancaire européen reste très fragile. De là à imaginer qu'une nouvelle crise bancaire internationale est imminente il n'y qu'un pas que beaucoup franchissent allégrement. Selon ces derniers, celle-ci serait même pire qu'en 2008. En trois mots « tous aux abris !». Cette inquiétude se répand d'autant plus que les dirigeants politiques européens affichent une volonté tenace de recapitaliser leurs banques. Alors, une nouvelle catastrophe financière dans les prochains mois ? Info ou intox ? Selon nous, ces craintes sont exagérées. Cependant, après une accalmie à court terme, les craintes pesant sur la santé des banques reprendront rapidement du poil de la bête. Face à ces dérapages récurrents, il pourrait être tentant de laisser tout simplement les banques faire faillite, de manière à faire le ménage une bonne fois pour toutes. Dans ce cas de figure, le monde s'engagera dans une crise historique qui se terminera forcément par un ou plusieurs conflits militaires. Les Etats n'ont donc pas le choix : ils doivent sauver leurs banques et protéger ainsi leurs citoyens. Pour autant, il leur faut parallèlement restaurer une croissance forte et réduire par là même leurs déficits. La balle n'est donc plus dans le camp des banques, qui ne font finalement qu'obéir aux ordres et à la réglementation, mais elle est bien dans celui des pouvoirs publics qui se doivent enfin d'être à la hauteur de la situation.
L'humeur de la semaine - 22 septembre 2011
L'humeur de la semaine - 08 septembre 2011
Comme chaque année depuis dix ans, le monde s'apprête à commémorer un triste anniversaire. Il s'agit bien entendu des attentats du World Trade Center du 11 septembre 2001, qui, malgré les années, restent toujours très présents dans les mémoires. Depuis trois ans, un second évènement est venu se greffer à cette tragédie. En l'occurrence, la faillite « sauvage » de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Bien que plus récent, ce dernier bouleversement semble cependant très loin. Evidemment très différents tant d'un point de vue humanitaire qu'émotionnel, ces évènements présentent deux points communs. Primo, ils ont eu lieu dans la capitale économique américaine, symbole de la puissance des Etats-Unis et plus globalement du capitalisme. Secundo, en quelques minutes, ils ont ébranlé la planète économico-financière internationale, la plongeant dans un profond chaos. Que ce soit en 2008 et surtout en 2001, les analystes, économistes, politologues et autres devins étaient unanimes : le monde ne serait plus jamais pareil et mettrait des années à sortir de la léthargie. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître et en dépit des milliers de morts et du choc psychologique, les attentats du 11 septembre 2001 ont eu moins d'impacts négatifs sur la croissance américaine et mondiale que la faillite bancaire du 15 septembre 2008. En revanche, leurs conséquences économiques ont été quasiment similaires pour la zone euro. En effet, dans un cas comme dans l'autre, ceux qui ont le plus souffert de ces crises venant d'outre-Atlantique, ont été les mêmes, en l'occurrence les Eurolandais, qui furent à nouveau les « dindons de la farce ». Nous le constatons encore tout récemment, puisque, si la récession sera vraisemblablement évitée aux Etats-Unis, elle devient de plus en plus probable dans la zone euro, menaçant par là même la stabilité de cette dernière et in fine l'équilibre géopolitique, économique et financier de la planète. En conclusion, si les attentats du 11 septembre 2001 demeureront certainement beaucoup plus longtemps dans les mémoires que la crise financière de 2008, c'est cette dernière qui risque d'engendrer le plus de dégâts économiques et financiers, tant en ampleur qu'en durée…
L'humeur de la semaine - 02 septembre 2011
« Ce que je sais c'est que je ne sais rien ». En ces temps troublés, il serait bon que chacun médite régulièrement cette phrase du philosophe Socrate. En effet, qu'ils soient dirigeants politiques, banquiers centraux, agents de notation, politologues, économistes, financiers, analystes en tous genres ou encore météorologues, il est frappant de voir avec quelle facilité et quelle rapidité, la grande majorité de ces soi-disant « sachants » ne cesse de se tromper et de lancer des contre-vérités, parfois lourdes de conséquences. L'été qui vient de s'écouler nous en a encore fourni des exemples flagrants. Qu'il s'agisse du cyclone Irène, de la dégradation de la dette américaine ou encore des soubresauts des marchés financiers, nous n'avons cessé d'être "baladés". En fait, ces évolutions rappellent simplement que les risques de manipulations sont permanents et que le seul moyen de les éviter réside dans une meilleure connaissance des mécanismes économiques et surtout une grande prise de recul par rapport aux annonces des dirigeants politiques et des « experts ». La liste des « forfaitures » serait trop longue pour être dressée. Ne serait-ce que depuis le début d'année, que n'avons-nous pas entendu: « l'hyper-inflation va s'installer en Europe, le taux de chômage français va passer sous les 8 %, les déficits publics de la France et de l'ensemble de la zone vont se réduire fortement, la crise grecque n'est pas une crise de la zone euro, il n'y aura pas d'effet de contagion aux autres pays eurolandais, la croissance va dépasser les 2 % dans l'Hexagone et dans l'UEM en 2011… » Bref, tout était faux. Plus que jamais et à l'instar de Socrate, il faut donc faire preuve d'humilité et de retenue, non seulement en matière de prévisions mais aussi de comportement global. Espérons que les dirigeants politiques et monétaires, ainsi que tous les soi-disant « sachants » de la planète sauront s'en souvenir. En attendant, et pour éviter d'être trop manipulés, rappelons-nous simplement que sur la plupart des annonces de ces derniers, il n'y a qu'environ 20 % de vrai…
L'humeur de la semaine - 28 juillet 2011
Avec la dette publique, c'est un peu comme avec un célèbre liquide vaisselle jaune : « quand il n'y en a plus, il y en a encore… ». En effet, à peine a-t-on résolu, du moins en apparence, la crise de la dette publique grecque, que d'autres crises du même type apparaissent. Bien sûr, tout le monde songe aux négociations autour du plafond de la dette publique américaine. Pour autant, ces dernières relèvent plus du feuilleton hollywoodien à rebondissements, dont les Américains ont le secret, que d'un véritable danger systémique. En effet, les Républicains tentent simplement d'affaiblir au maximum l'Administration Obama, de manière à distancer ce dernier dans la course à la Présidence de 2012. Ils n'ont donc pas intérêt à engager une dégradation de la note des Etats-Unis, qui serait évidemment dramatique pour l'ensemble de la planète économico-financière. Mais il y a encore plus grave, car si les Eurolandais sont parvenus à un « accord historique » le 21 juillet dernier,ils n'ont fait qu'éteindre un premier incendie qui aurait dû être circonscrit il y a au moins deux ans. Surtout, ils ont oublié l'essentiel, en l'occurrence la faiblesse structurelle de la croissance de la zone euro et l'absence de gouvernance économique. D'ailleurs, après une baisse épidermique le 22 juillet, les taux d'intérêt à dix ans des obligations des Etats en difficulté demeurent particulièrement élevés. En d'autres termes, la crise de la dette publique eurolandaise est non seulement loin d'être terminée, mais pourrait susciter de nombreuses mauvaises surprises à très court terme. Les marchés n'ont donc pas été convaincus par les accords « historiques » européens et semblent prêts à reprendre en cœur le refrain des Black Eyed Peas : Don't stop the party…
L'humeur de la semaine - 21 juillet 2011
A peine a-t-on entendu parler du mot « défaut » qu'un vent de panique a commencé à souffler : « et si l'argent des petits épargnants était en danger ? » se demandent de plus en plus d'observateurs. Le raisonnement qui sous-tend cette crainte est finalement assez simple : si un débiteur important, et a fortiori un pays, fait défaut, les créanciers de ce dernier devront inévitablement payer une facture salée et faire passer par « pertes et profits » tout ou partie de leurs avoirs sur ce mauvais payeur. Dès lors, si leur situation financière n'est pas suffisamment solide, ces créanciers risquent, à leur tour, de se retrouver en situation d'illiquidité, voire d'insolvabilité. Un cycle infernal pourrait alors se mettre en place. Face à ce risque, les déposants des banques créancières en difficulté seraient effectivement fortement incités à retirer leurs dépôts et petites économies en tout genre. Face à cet afflux massif de retraits, appelé « run » dans la théorie des crises financières, ces banques pourraient alors refuser de délivrer les espèces réclamées, ce qui aggraverait le phénomène de panique et provoquerait un mouvement de contagion à l'ensemble des autres banques. Nous nous retrouverions alors dans une situation analogue à la psychose qui a suivi la faillite de Lehman Brothers. A une différence près : à l'automne 2008, les Etats avaient encore les moyens financiers de sauver les banques, en leur prêtant des liquidités à bon compte de manière à augmenter leur fonds propres et à éviter par là même la faillite. Aujourd'hui, compte tenu de l'explosion des dettes publiques depuis trois ans et du peu de croissance qui en a résulté, les Etats sont surendettés et n'auront certainement pas les moyens d'engager un plan de sauvetage du système bancaire. Un tel marasme ne manquerait évidemment pas d'alimenter la panique, avec tous les effets catastrophiques que cela engendrerait, tant d'un point de vue économique que social puis humanitaire… Dans ce cadre, la faillite systémique qui a pu être évitée en 2009 pourrait devenir inévitable en 2011-2012. Que nos lecteurs soient cependant rassurés, nous n'en sommes pas là et tel n'est pas notre scénario à court terme. Explications...
L'humeur de la semaine - 08 juillet 2011
Chère à Honoré de Balzac, la "Comédie Humaine" est décidément un éternel recommencement. L'affaire DSK vient une nouvelle fois de le démontrer. Face aux multiples rebondissements de cette dernière, il est effectivement amusant d'observer comment les encenseurs devenus censeurs sont redevenus flatteurs à la vitesse de l'éclair. Mais, attention, le vaudeville est loin d'être terminé, comme en témoigne la plainte déposée contre DSK pour des faits remontant à 2003... Face à ce va-et-vient incessant, on se croirait presque devant le ballet des économistes qui annonçaient une croissance durablement forte en 2007-2008, puis l'écroulement du système en 2009 et enfin le retour de la croissance en 2010. Comme quoi, le « volte-face » n'est pas l'apanage des prévisionnistes économiques. Il est tout aussi présent chez les politologues et analystes en tous genres. C'est bien là que réside d'ailleurs l'une des grandes leçons de cette sombre affaire : la volatilité des jugements et des prévisions est la pire des pratiques aussi bien pour un politologue que pour un économiste. Bien loin de cette inconstance, il est indispensable de garder le cap et de ne pas changer d'avis comme de chemise, en suivant bêtement le consensus. Pour autant, il est tout aussi fallacieux et surtout dangereux, de s'obstiner dans l'erreur. Ainsi, en dépit de la réalité d'une croissance durablement faible au sein de la zone euro et notamment dans les pays du Sud, le FMI, la BCE et les gouvernements européens continuent de pratiquer les mêmes recettes qui aboutissent aux mêmes échecs depuis au moins dix ans...
L'humeur de la semaine - 07 juin 2011
Croissance en perte de vitesse, faibles créations d'emplois, chômage repartant à la hausse, aggravation des déficits extérieur et public, faiblesse de la confiance des ménages et des entreprises… A l'évidence, le dynamisme économique américain n'est plus ce qu'il était. L'observation du PIB des Etats-Unis au cours des quatre derniers cycles est d'ailleurs sans appel. En effet, entre le début de la dernière récession (c'est-à-dire au quatrième trimestre 2007) et le premier trimestre 2011 (derniers comptes nationaux connus), le PIB américain n'a progressé que de 0,6 %. Or, à ce stade du cycle (en l'occurrence treize trimestres après le début de la récession), celui-ci avait progressé de 3 % à la suite de la récession de 1980 et de quasiment 8 % après les récessions de 1990 et 2000. Que les « aficionados » de l'Oncle Sam soient cependant rassurés. Celui-ci dispose encore d'un potentiel de réaction conséquent. C'est d'ailleurs souvent dans l'adversité que les Américains donnent le meilleur d'eux-mêmes. C'est notamment ce qui s'était observé dans les années 1980, c'est-à-dire lors de la dernière grave crise économique comparable à celle que nous venons de vivre. A l'époque, la prévision consensuelle annonçait la fin imminente de la puissance économique américaine, notamment au profit du Japon. Et ce d'autant que les Etats-Unis venaient d'élire comme Président un ancien acteur de série B qui semblait loin d'être compétent. Et pourtant, contre toute attente, celui-ci a réussi à prendre le taureau par les cornes et à remettre l'Oncle Sam sur les bons rails, lui permettant de retrouver un dynamisme économique sans précédent. La seule question reste donc de savoir qui sera le prochain Ronald Reagan…
L'humeur de la semaine - 19 mai 2011
Depuis bientôt une semaine, on ne parle quasiment que d'un même et seul sujet, qui occupe au moins la moitié des journaux télévisés, monopolise une bonne partie des sites internet d'information et dope le tirage des quotidiens nationaux. S'agit-il de la crise grecque ? De la guerre en Libye ? Des émeutes en Syrie ou au Yemen ? Des éventuelles représailles à la suite de la mort de Ben Laden ? Pas du tout. Comme par enchantement, tous ces sujets qui faisaient craindre le pire il y a encore quelques jours ont presque disparu du paysage médiatique. Ce dernier est donc désormais focalisé sur une seule affaire : l'arrestation de Dominique Strauss Kahn. Bien entendu, compte tenu du poste occupé par celui-ci au moment des faits, en l'occurrence Directeur Général du Fonds Monétaire International, l'information est importante. Et ce d'autant qu'il était également pressenti comme candidat, voire comme vainqueur potentiel, des élections présidentielles françaises de 2012. De là à en faire la préoccupation principale des Français pendant au moins une semaine et certainement encore beaucoup plus, il y a peut-être une « légère » exagération. En fait, l'éviction de DSK de la présidentielle française aura surtout des conséquences dans l'Hexagone. En effet, même si ce dernier n'était pas assuré de passer les primaires socialistes, puis d'être élu Président, il paraissait susceptible de garantir une certaine crédibilité de la France à l'échelle internationale. Ainsi, de nombreux dirigeants socialistes espéraient qu'en cas de victoire en 2012, ils pourraient, grâce à lui, augmenter les dépenses publiques sans risque de dégradation de la note de la dette publique. Si cet espoir n'était évidemment pas garanti, il a désormais complètement disparu...
L'humeur de la semaine - 05 mai 2011
Les marchés boursiers conserveront toujours une part de mystère. Certes, certaines de leurs évolutions sont facilement compréhensibles. Par exemple, après la faillite de Lehman Brothers et la récession internationale qui a suivi, l'effondrement des grands indices boursiers de la planète apparaissait tout à fait logique. Inversement, leur remontée à partir de la mi-2009 ou encore fin 2010 était largement justifiée par le redémarrage de la croissance mondiale. Pour autant, à côté de ces mouvements « normaux », les bourses internationales enregistrent parfois des évolutions incohérentes, du moins en apparence. Et ce, en particulier depuis le début 2011. Ainsi en janvier, alors que tous les indicateurs économiques étaient au vert, la plupart des indices actions ont subi une prise de bénéfice massive. Ensuite, alors que les des crises dans certains pays arabes faisaient craindre le pire, ces indices ont commencé à se stabiliser, voire à se redresser. De même, le drame japonais n'a pas entamé l'optimisme des investisseurs boursiers. Pis, ou plutôt mieux, la flambée des cours du baril et de l'ensemble des matières premières, qui finira forcément par déprimer la croissance mondiale, n'a pas réussi à relancer durablement le « Bear Market ». A l'inverse, alors que l'événement était attendu depuis dix ans, la mort de Ben Laden n'a quasiment pas eu d'impact positif sur les marchés actions. Ces derniers ont même légèrement reculé moins de deux jours après l'annonce de l'élimination de l'instigateur des attentats du World Trade Center. D'où une question : qu'est-ce qui fait courir les bourses aujourd'hui ?
L'humeur de la semaine - 01 avril 2011
C'est certainement l'un des grands mystères de la première partie de l'année 2011 : en dépit de toutes les tempêtes qui ont traversé la planète et auraient pu, à chaque fois, entraîner une nette baisse des cours, voire un krach, les marchés boursiers internationaux ont fait preuve d'une impressionnante résistance. Séisme, tsunami, puis catastrophe nucléaire au Japon, émeutes en Tunisie, puis en Egypte, guerre en Libye et risques de contagion dans de nombreux pays arabes… Rien n'a réussi à casser le moral des investisseurs boursiers, pourtant régulièrement attaqué par les sirènes récurrentes des Cassandre. Face à ce dilemme apparent, il pourrait être tentant d'avancer que les boursiers font preuve d'un excès d'optimisme, qui ne tardera pas à s'effriter, voire à s'inverser. Selon nous, il n'en est rien. En effet, depuis les attentats du 11 septembre 2001, puis les guerres en Afghanistan et en Irak qui ont suivi, les investisseurs ont bien compris que le monde était devenu de plus en plus instable et, par là même, dangereux. Autrement dit, depuis lors, l'évolution des marchés actions intègre constamment une forte prime de risque géopolitique, qui peut bien entendu varier à la hausse ou à la baisse en fonction des catastrophes du moment. En outre, au-delà des soubresauts géopolitiques qui les secouent régulièrement, les marchés boursiers sont surtout corrélés à la réalité économique. Or, en dépit des risques en tous genres, cette dernière reste globalement favorable. Explications...
L'humeur de la semaine - 24 mars 2011
Mais quelle mouche a encore piqué les dirigeants occidentaux ? Les lourdes pertes humaines causées par les conflits en Afghanistan et en Irak, ainsi que le peu de résultats concrets obtenus en échange ne les ont vraisemblablement pas vaccinés. Loin d'être échaudés par ces échecs, ils ont donc décidé de remettre ça en Libye. Bien entendu, le mobile des frappes aériennes réside officiellement dans la volonté d'étendre la démocratie et de protéger un peuple en détresse contre un tyran qui a dirigé ce dernier pendant quarante ans. Mais, comme le fait remarquer la sagesse populaire, les apparences sont souvent trompeuses… Pis, pendant que les forces aériennes anglo-américano-françaises tentent de neutraliser Kadhafi, la grogne sociale commence à enfler dangereusement au… Royaume-Uni, aux Etats-Unis et surtout dans la zone euro et en particulier en France. Les résultats du premier tour des élections cantonales dans l'Hexagone confirment d'ailleurs qu'à l'inverse de ce qu'ont voulu faire croire les éminents politologues nationaux, cette grogne ne transparaît pas seulement dans les sondages, mais est aussi bien présente sur le terrain. S'il est évidemment louable d'aider les peuples à entrer dans l'univers de la démocratie, il est aussi indispensable de ne pas sous-estimer les problèmes nationaux et de tout mettre en œuvre pour restaurer au plus vite une croissance forte, de manière à réduire le chômage, à lutter contre les inégalités et à réactiver l'ascenseur social. Il en va de l'avenir de la zone euro et du bon fonctionnement des pays qui la constituent, à commencer par la France.
L'humeur de la semaine - 17 mars 2011
Les « Bears » n'ont vraiment aucun respect. Après deux ans de mutisme et d'erreurs récurrentes, ils ont tiré partie des émeutes sanglantes en Lybie pour reprendre du poil de la bête, applaudissant des deux mains la flambée des cours du pétrole. Cette dernière était effectivement susceptible de casser la croissance mondiale et alimentait par là même leur scénario de dégringolade boursière. Continuant sur ce terrain glissant du cynisme, ils viennent désormais de dépasser les bornes, en justifiant leurs sombres perspectives par les catastrophes sismiques et nucléaires japonaises. Certains d'entre eux nous ont même interpellés cette semaine en lançant sans vergogne « On vous avait bien dit que les marchés boursiers finiraient par baisser ! ». Au-delà du drame humain, le Japon risque effectivement de repasser par la case récession. De là à annoncer, comme le font certains, l'effondrement de l'économie mondiale et des marchés financiers, il y a néanmoins un pas que nous ne franchirons pas. Tout d'abord, parce qu'après la destruction viendra aussi le temps de la reconstruction, qui amènera son lot de croissance. En outre, il faut reconnaître que l'impact d'une éventuelle récession nipponne à l'échelle de la planète sera limité. Non seulement parce que celle-ci sera temporaire, mais surtout parce que le Japon ne représente plus que 5,8 % du PIB mondial (en parité de pouvoir d'achat), contre 10 % en 1990. De même, si dans les années 1980, l'Archipel contribuait à hauteur de 0,6 point à la croissance annuelle du PIB mondial, cette contribution n'est plus que de 0,1 point depuis la fin des années 1990 et est même passée à 0,07 point depuis 2005.
L'humeur de la semaine - 03 mars 2011
L'humeur de la semaine - 03 février 2011
C'est reparti ! A l'image du baril de pétrole, qui a dépassé la barre fatidique des 100 dollars dans le sillage des émeutes en Egypte, les matières premières semblent de nouveau vouées à une flambée incontrôlable en 2011. C'est du moins ce qu'annoncent les « experts » -ès pétrole et « commodities » en tous genres. Les mêmes qui prédisaient d'ailleurs en 2008, lorsque le baril flirtait avec les 150 dollars, que ce dernier atteindrait de façon imminente les 250 dollars. En d'autres termes, de la même façon que les agences de notation accordaient un AAA aux dettes subprimes titrisées, il ne faut pas accorder trop de crédit aux anticipations de certains experts qui ne font souvent qu'extrapoler le passé récent. Certes, il ne faut pas non plus se voiler la face : l'augmentation des cours des matières premières est inévitable et même logique. En effet, à l'inverse de la situation extrêmement spéculative du printemps-été 2008, qui consacrait une flambée du pétrole et autres « commodities » en dépit d'une récession mondiale, la récente inflation des matières premières est justifiée par une croissance mondiale d'environ 5 % en 2010 et qui devrait avoisiner les 4 % en 2011. Or, avec une croissance annuelle du PIB planétaire de 4 %, l'indice CRB (qui synthétise les cours de l'ensemble des matières premières pondéré par le poids de ces dernières dans la consommation mondiale) croît normalement de 10 % en moyenne sur une année. Pour autant, la limitation de l'inflation des matières premières est possible et doit, selon nous, passer par deux axes principaux...
L'humeur de la semaine - 28 janvier 2011
Cela n'aura certainement échappé à personne : depuis une dizaine d'années, la France n'a cessé de jouer de malchances. Et ce, sur quasiment tous les plans, en particulier sur le front économique. Ainsi, après une courte phase de croissance forte en 1998-2000, la France s'est enfoncée dans une mollesse économique historique, réalisant une croissance annuelle moyenne de seulement 1,2 % de 2001 à 2010. Mais, arrêtons là la sinistrose. Car, après avoir été « comblée » de malchances et de pessimisme, la France pourrait enfin retrouver la « baraka » et par là même le sourire. Ainsi, 2011 pourrait bien constituer une année de renouveau pour l'Hexagone. En effet, après trois ans de désinvestissement massif, les entreprises françaises sont désormais prêtes à inverser la tendance, au moins pour remplacer les équipements existants devenus obsolètes. Mieux, pour couronner ce succès économique, la France pourra aussi se féliciter de la réussite probable de sa Présidence du G20. En effet, comme l'a très habilement annoncé Nicolas Sarkozy le 24 janvier, l'un des grands enjeux de cette Présidence résidera dans un Système Monétaire International stabilisé autour d'un dollar et d'un yuan plus forts. Or, c'est justement ce que devrait mettre en place de leur propre chef les Etats-Unis et la Chine. Aussi, même si elle n'y sera pas pour grand chose, la France pourra s'enorgueillir aux yeux du monde que, sous sa présidence du G20, ces évolutions se sont produites...
L'humeur de la semaine - 21 janvier 2011
L'humeur de la semaine - 14 janvier 2011
L'humeur de la semaine - 06 janvier 2011
Comme chaque début d'année, revoici la période des vœux. Chacun y va de ses souhaits enjoués, presque mécaniquement, sans se soucier vraiment de leur réalisation. De très nombreux économistes adoptent régulièrement (et pas seulement en début d'année) un comportement similaire. En effet, ils formulent des prévisions à hue et à dia sans vraiment se soucier de leur occurrence et surtout sans revenir sur leurs erreurs de prévisions. Ainsi, après avoir unanimement échoué à anticiper l'ampleur de la crise de 2008-2009, ils ont tout aussi massivement refusé d'imaginer que la planète économico-financière pourrait retrouver le chemin de la croissance dès 2009. Face à cette nouvelle erreur, ils n'ont cependant pas baissé les bras et ont persisté dans leur pessimisme tant au second semestre 2009 qu'en 2010. Ainsi, il y a tout juste un an, rares étaient encore ceux qui osaient imaginer une croissance mondiale à 4 %. Et pourtant ! Malheureusement, le scénario du pire a la vie longue, si bien qu'en dépit d'un consensus mou autour d'une reprise lente et poussive, nombreux sont encore ceux qui prévoient une forte rechute de l'activité mondiale en 2011. Comme dirait malencontreusement Brice Hortefeux dans un autre registre, quand il y en a une (erreur de prévision), ça va, c'est quand il y en a plusieurs que cela pose problème… Voilà pourquoi depuis plus de dix ans, dans un souci de transparence et de respect à l'égard de nos lecteurs et sans tomber dans l'autosatisfaction ni l'auto-flagellation, nous réalisons chaque début janvier, le bilan de nos prévisions. Cette année encore, nous en sommes globalement satisfaits...
L'humeur de la semaine - 17 décembre 2010
L'humeur de la semaine - 03 décembre 2010
Depuis près de quarante ans, la plupart des manuels d'économie vendus à travers l'Europe, ainsi que la grande majorité des écrits et déclarations des dirigeants, professeurs et autres élites européens sont formels : l'inflation est le principal danger qui menace l'économie et il convient donc de la combattre à tous prix. Le rabâchage ou encore le lavage de cerveau a si bien fonctionné que rares sont ceux qui osent, encore aujourd'hui, soutenir qu'il y a encore plus grave que l'inflation, en l'occurrence la déflation. Malheureusement, cette erreur de diagnostic n'est pas restée cantonnée au stade de l'Université ou des cercles bien pensants. Elle a aussi engendré des conséquences concrètes sur les évolutions économiques et sociales de l'Europe et plus particulièrement de la zone euro. En effet, à force d'avoir voulu lutter contre une inflation imaginaire, les dirigeants eurolandais ont fini par casser la croissance structurelle de la zone euro, déjà affectée par la faible efficacité de la puissance publique et par la montée de la pression fiscale. Et c'est bien cela qu'il faut faire comprendre à nos élites tout aussi bien pensantes que fatigantes : une inflation de 3 % n'a jamais tué personne. Les Américains, les Chinois, les Anglais… l'ont fait, reste à savoir si les Eurolandais auront l'intelligence d'y arriver. Il en va de leur existence, car, sans le retour de la croissance et de l'inflation, la zone euro finira par disparaître dans les trois années à venir…
L'humeur de la semaine - 29 novembre 2010
A en croire certains, la France serait l'un des derniers pays communistes de la planète, à côté de Cuba et de la Corée du Nord ; la Chine n'ayant de communiste que le nom et constituant certainement l'un des pays au monde où la recherche du profit est la plus forte. Si cette analyse excessive peut susciter le rire, force est malheureusement de constater qu'elle n'est pas dénuée d'une certaine part de vérité. En effet, la France est un pays dans lequel le poids des dépenses publiques et de la pression fiscale dans le PIB figure parmi les plus élevés du globe. Ainsi, elle se paie le luxe d'entretenir des dépenses publiques pharaoniques avec pour seuls résultats : une croissance molle, un chômage élevé, un accroissement des inégalités sociales et de la pauvreté. Certains diront alors que, justement, si ces dépenses n'étaient pas là, la situation serait encore plus dramatique. Et c'est justement là que la France commence à sombrer dans le communisme. Car, si pratiquer un laxisme budgétaire depuis trente ans sans résultats positifs peut, à la rigueur, se comprendre pour des raisons bassement politiciennes liées à la volonté des dirigeants politiques d'être élus ou réélus, vouloir encore augmenter la facture devient grotesque et surtout dangereux. Or, à quelques exceptions près, peu de personnes en France osent demander la transformation de notre modèle étatiste hypertrophié en un système libéré avec moins de pressions fiscales, budgétaires et réglementaires. Attention, le risque de crise sociale ne cesse de grandir...
L'humeur de la semaine - 18 novembre 2010
L'humeur de la semaine - 05 novembre 2010
A l'instar de leurs « ancêtres » du G7, puis du G8, les sommets du G20 apparaissent de plus en plus futiles, pour ne pas dire inutiles. En effet, à présent que le spectre de la crise de 1929 s'est éloigné, les membres de ce « club très select » n'ont plus la même pression qu'au printemps 2009 et surtout retrouvent leurs bonnes habitudes du « chacun pour soi et Dieu pour tous ». Pis, le redémarrage de la croissance mondiale ne s'est pas produit de façon homogène. Il a ainsi engendré des gagnants et des perdants. Parmi les premiers, on recense évidemment une grande partie des pays émergents à la tête desquels trône bien sûr la Chine. Quant aux seconds, il s'agit principalement des pays occidentaux, plus particulièrement de l'Europe et le Japon. Enfin, les Etats-Unis n'ont pas encore choisi leur voie, puisqu'ils apparaissent encore mi-gagnants, mi-perdants. C'est d'ailleurs la raison essentielle pour laquelle ils continuent de se battre sur tous les fronts, notamment sur celui du change. Autrement dit, bien loin de l'union et de l'harmonie (de façade) du sommet de Londres d'avril 2009, les pays du G20 se livrent de nouveau une guerre économique acharnée qui ne veut pas dire son nom. Yuan et dollars sous-évalués, aggravation des barrières non-tarifaires au Japon et dans de nombreux pays émergents, subvention publiques à peine masquées dans la plupart des pays européens et aux Etats-Unis… Tout est bon pour soutenir sa croissance, y compris au détriment des autres...
L'humeur de la semaine - 28 octobre 2010
Ah qu'elle paraît loin l'euphorie du 4 novembre 2008 ! A l'époque, en élisant un Président métis à leur tête, les Américains montraient au monde que tout devenait possible. Après huit ans d'une présidence Bush qui a causé pas mal de dégâts tant d'un point de vue géopolitique qu'économique et quelques semaines après avoir plongé le monde dans une crise financière historique, les Etats-Unis réalisaient ainsi un virage à 180 degrés. Leur but était principalement de restaurer une image détériorée depuis plusieurs années et, dans le même temps, de retrouver leur rôle de locomotive économique, politique et morale du monde. Barack Obama devenait alors une sorte de « messie » qui allait résoudre tous les problèmes de l'Oncle Sam et, par la même occasion, une grande partie des maux de la planète. Et c'est peut-être là que réside la principale raison du caractère mi-figue mi-raisin de la politique américaine récente : le Président a véhiculé trop d'espoirs. Or, ce dernier n'était malheureusement pas à la hauteur de ces derniers… Pis, il s'est vraisemblablement trompé dans l'analyse de sa victoire. En effet, si les Américains l'ont élu c'est surtout parce qu'ils en avaient assez d'être haïs par une grande partie du globe et parce que les conséquences dramatiques de la faillite sauvage de Lehman Brothers leur avait montré l'amateurisme de l'équipe Bush. Autrement dit, ils voulaient du changement et Obama tombait à pic. En revanche, ils n'ont pas élu ce dernier pour qu'il augmente massivement les dépenses publiques et accroisse fortement l'interventionnisme de l'Etat dans l'économie. Une sanction sévère risque donc de s'observer lors des élections de mi-mandat, mais pour quelles conséquences ?
L'humeur de la semaine - 22 octobre 2010
C'est certainement en voyageant à travers la planète et en particulier dans le monde dit « émergent » que l'on peut vraiment se rendre compte de l'ampleur des dégâts dans le monde dit « développé », en particulier en Europe et encore plus dans l'Hexagone. En effet, pendant que les Européens se chamaillent pour essayer de définir une nouvelle réglementation des hedge funds, pendant que les dirigeants de la BCE commencent à s'invectiver pour savoir s'il faut assouplir ou durcir la politique monétaire, pendant que la Fed essaie de rassurer les marchés en activant de nouveau la planche à billets et pendant que les Français s'étripent pour une réforme des retraites a minima, les pays émergents s'installent sur le chemin d'une croissance forte et durable. Aux commandes de cette marche vers l'avant, la Chine apparaît désormais intouchable. Et comme si cela ne suffisait pas, Pékin veut aussi ménager son taux de change. Ainsi, alors que la parité des pouvoirs d'achat fait état d'un niveau d'équilibre de 3,5 yuans pour un dollar, la Chine refuse d'apprécier fortement sa devise. Tout au plus a-t-elle accepté dernièrement de faire un petite geste en acceptant de passer de 6,80 à 6,65 yuans pour un dollar. La Chine veut ainsi montrer au monde qu'ellel fera tout pour soutenir sa croissance et qu'elle ne se laissera pas imposer quoi que ce soit par qui que ce soit. Autrement dit, en plus de sa puissance économique, financière et militaire, l'Empire du Milieu veut prouver qu'elle dispose d'une véritable puissance politique. Face à cette force et à ce volontarisme, les difficultés françaises pour faire passer une petite réforme des retraites apparaissent vraiment ridicules. Elles prouvent une fois encore que la France et plus globalement le Vieux Continent, auxquels s'associeront peut-être un jour les Etats-Unis, sont vraiment largués…
L'humeur de la semaine - 08 octobre 2010
C'est presque inconcevable. Après quinze ans de tergiversations, un an de consultation et trois journées de grèves, une loi sur la réforme des retraites a enfin été votée par l'Assemblée Nationale. Conformément à la législation française, elle doit désormais être validée par le Sénat puis définitivement entérinée par le Conseil Constitutionnel. Au terme de ce va-et-vient législatif, il est très rare qu'une loi votée par l'Assemblée soit complètement abandonnée. Pourtant, en dépit de cette réalité, une vague de fond a surgi d'on ne sait où pour spéculer sur la non-promulgation de la réforme des retraites. Dès lors, au lieu de se calmer, les mouvements sociaux sont en train de dégénérer. Si bien que les syndicats appellent à une grève illimitée dans de plus en plus de secteurs dès mardi prochain. Cette réaction est d'autant plus incompréhensible que la réforme décidée par le gouvernement est une réforme à minima, c'est-à-dire bien loin de la rigueur qui serait nécessaire pour vraiment garantir un financement pérenne de la retraite par répartition. Ainsi, il faut savoir qu'aujourd'hui dans l'Hexagone, l'âge moyen de départ à la retraite est déjà de 62 ans. Fixer l'âge légal à un tel niveau ne revient donc qu'à officialiser une situation de fait. De plus, les agences de notation ont prévenu la France que le maintien de sa bonne notation restait conditionné par la réalisation d'un minimum de réformes sur la dépense publique et principalement sur le système de retraite par répartition. Dès lors, si, à l'instar de la loi sur le CPE en 2006 qui, bien que votée par l'Assemblée Nationale, avait ensuite été retirée par la pression de la rue, la loi sur la réforme des retraites est retirée ou vidée de sa substance, il faut se préparer à une rapide dégradation de notre AAA. Avec toutes les conséquences négatives que cela suppose. De la grève à la Grèce, il n'y a donc qu'un pas que la France doit absolument éviter de franchir...
L'humeur de la semaine - 29 septembre 2010
« Paroles, Paroles, Paroles… » Ce refrain lancinant d'une célèbre chanson des années 70 pourrait parfaitement être repris par les différents gouvernements qui se sont succédés en France depuis une trentaine d'années. En effet, au-delà des promesses électorales en tous genres rarement tenues, les nombreux premiers ministres , ministres de l'économie, du budget et autres s'époumonent chaque année pour promettre, la main sur le cœur, que le déficit public français sera fortement réduit l'année suivante, notamment grâce à des efforts draconiens en matière de réduction des dépenses et à une croissance comprise entre 2 et 2,5 %. Cet automne ne faillit évidemment pas à cette règle, avec néanmoins une différence : jamais le déficit public français n'a été aussi élevé : environ 8 % du PIB en 2010. De même, jamais la dette publique hexagonale n'a été aussi forte, en l'occurrence autour des 83 % du PIB. Face à ce triste constat, deux conséquences logiques s'imposent. D'une part, le gouvernement doit, plus que jamais, montrer à la France et au monde qu'il va enfin s'appliquer à réduire cette gabegie dangereuse. Il en va de sa crédibilité internationale, mais aussi du maintien de son rating AAA, sans lequel l'Etat français ne pourra plus financer aussi facilement ses déficits, entraînant alors l'ensemble du pays dans une situation catastrophique. D'autre part, compte tenu de l'ampleur historique du déficit de 2010, il paraît aisé, voire inévitable, de pouvoir réduire celui-ci, ne serait-ce que grâce au retour de la croissance économique...
L'humeur de la semaine - 13 septembre 2010
Depuis quelques années, une nouvelle réalité mondiale semble s'imposer. La Chine et l'Asie sont devenues les leaders de la croissance mondiale, l'Amérique Latine est en pointe (notamment grâce au Brésil), les Etats-Unis s'accrochent à la première place du PIB planétaire et l'Europe traîne continuellement la patte depuis dix ans. Et l'Afrique dans tout ça ? En effet, habitués à se focaliser sur trois ou quatre continents, les économistes (nous y compris) font souvent l'impasse sur le continent africain. Les raisons sont multiples : manque de statistiques, donc difficulté pour établir des prévisions, faible visibilité en matière de relations économiques et financières, instabilité géopolitique… Pourtant, en dépit (ou à cause ?) de ces difficultés chroniques, l'Afrique constitue le continent où le potentiel de croissance est certainement le plus fort, car non encore exploité. Après l'Europe, l'Amérique, puis l'Asie, l'Afrique attend donc son heure. Il ne reste plus qu'à espérer que ses dirigeants sauront lui garantir un minimum de stabilité économique et sociale pour ne pas « rater le train ». En attendant, du côté de l'Occident et en particulier de la France, l'Afrique et l'ensemble du monde émergent doivent être considérés comme des terres de croissance en puissance, donc des marchés à prendre et par là même des créateurs de richesses et d'emplois. Les Chinois l'ont déjà bien intégré et mis à profit, il serait temps de nous réveiller.
L'humeur de la semaine - 20 août 2010
Depuis la publication des premières estimations de croissance pour le deuxième trimestre des deux côtés du Rhin, le débat fait rage : et si l'Allemagne était tout simplement en train de reprendre sa place de champion économique européen, loin devant ses partenaires de la zone euro, et en particulier de la France ? Certes, au sortir du deuxième trimestre 2010, les PIB allemand et français restent tous deux inférieurs à leur niveau d'avant crise, mais dans une proportion quasiment identique : respectivement - 2,7 % et - 2,2 %. Autrement dit, si le gouvernement français a souvent défendu au cours des derniers trimestres que sa politique de soutien à l'activité a été meilleure qu'en Allemagne, ce n'est désormais plus le cas. Et c'est là que le bât blesse, car, pour parvenir au même résultat, la France a continué d'augmenter massivement ses dépenses publiques, tandis que l'Allemagne a continué de se serrer la ceinture. Ainsi, en 2009, les dépenses publiques représentaient 47,6 % du PIB outre-Rhin, contre 55,6 % dans l'Hexagone. En d'autres termes, la France a déjà utilisé toutes ses cartouches, alors que l'Allemagne a su faire preuve de parcimonie de manière à mieux profiter de la reprise. Dès lors, si la France continue de refuser la réalité en appliquant les vaines recettes d'augmentation des dépenses publiques, d'inefficacité de la pression fiscale et de rigidités réglementaires prohibitives, les écarts économiques vont encore se creuser. Avec des conséquences dramatiques tant pour la France que pour la viabilité de la zone euro...
L'humeur de la semaine - 12 juillet 2010
L'humeur de la semaine - 01 juillet 2010
Décidément, la peur reste accrochée aux marchés comme une arapède à un rocher. Certes, compte tenu de l'ampleur de la crise économico-financière de 2007-2009, cette psychose peut se comprendre. Pourtant, depuis le printemps 2009, puis le redémarrage de l'économie mondiale, non-anticipé par 90 % des économistes à travers la planète, l'espoir était revenu. L'évitement du scénario catastrophe tant annoncé et le retour en grâce de la croissance avaient alors permis aux principaux indices boursiers internationaux de gagner environ 50 % en neuf mois. Si bien que les Cassandre et autres Bearish avaient quasiment disparu de la circulation. Malheureusement, la crise grecque, puis son dérapage incontrôlé et enfin sa transformation en une « crise existentielle » de la zone euro ont relancé la vague de terreur à travers la planète. Dès lors, toute statistique inférieure aux attentes, la moindre tension géopolitique, ou encore les déclarations décalées des dirigeants internationaux (et elles sont ô combien nombreuses) sont montées en épingle et utilisées pour justifier un mouvement de baisse des marchés boursiers. La semaine écoulée constitue un exemple éloquent de cette fragilité aggravée. Révision d'une statistique sur la Chine sans aucune valeur prédictive, confiance des ménages en baisse aux Etats-Unis et craintes sur les conditions de refinancement des banques de la zone euro. Pourtant, en dépit de leur facilité à se faire peur, les marchés boursiers devraient rester sur une tendance haussière au moins jusqu'en 2012. Cependant, ils resteront fragiles et volatils, car, pour limiter leur progression, les Cassandre pourront toujours compter sur des alliés indéfectibles, en l'occurrence les « dirigeants » politiques et monétaires de la zone euro...
L'humeur de la semaine - 25 juin 2010
L'humeur de la semaine - 17 juin 2010
Après vingt ans de tergiversations, d'occasions manquées et de réformes avortées, la France a enfin décidé de regarder la réalité en face en matière de financement des retraites. Du moins en apparence. Ainsi, d'ici 2020, pour avoir accès à une pension de retraite complète, il faudra cotiser 41,5 années. Dans la mesure où l'âge moyen d'entrée dans la vie active s'élèvera à 22 ans, le fameux verrou, pour ne pas dire tabou, de la retraite à 60 ans est donc bien en train de sauter. Néanmoins, pour ne pas fâcher outre-mesure, l'âge légal de départ à la retraite sera porté à 62 ans d'ici 2018 (et non 63 comme cela aurait été plus logique). même si elle n'a pas encore été votée, la réforme des retraites montre également que lorsqu'ils sont mis au pied du mur, nos dirigeants politiques savent mettre en place de véritables modifications structurelles. Car, ne nous leurrons pas, si la France a engagé cette réforme c'est surtout parce qu'elle n'avait pas le choix : un refus de changer la donne aurait immanquablement entraîné une dégradation de la note de la dette publique française. Pour autant, ne crions pas victoire trop vite. Tout d'abord, parce que la réforme n'a pas encore été entérinée. On se souvient de l'épisode fâcheux du CPE qui, bien que voté, avait ensuite été retiré par manque de soutien populaire et politique. De plus, la réforme de la retraite peut encore être amendée et vidée de sa substance, voire refusée par le Conseil Constitutionnel. Mais, au-delà de ces « tracasseries administratives » traditionnelles dans l'Hexagone, le vrai problème de la nouvelle retraite à la française réside dans le fait qu'elle repose encore sur des hypothèses très optimistes. En l'occurrence, un taux de chômage durablement compris entre 4,5 % et 7 % à partir de 2015...
L'humeur de la semaine - 03 juin 2010
L'humeur de la semaine - 28 mai 2010
C'est donc le nouveau mot à la mode dans la zone euro : rigueur. Ainsi, après trente ans de laxisme et d'augmentation des dépenses publiques (à l'exception de quelques pays courageux qui ont su moderniser leur économie), les Etats de la zone euro ont enfin décidé de réduire leur déficit structurel. Cette décision est évidemment louable et surtout indispensable, dans la mesure où, dans l'ensemble de ces pays, la croissance économique générée chaque année ne suffit même pas pour payer les intérêts de la dette publique. Autrement dit, le simple remboursement de la dette requiert d'augmenter le déficit, donc la dette… et le cercle pernicieux n'en finit plus. Du moins jusqu'à ce que la note du pays soit dégradée, avec remontée des taux d'intérêt à la clé, donc aggravation de la charge d'intérêts de la dette et, enfin, généralisation de la crise grecque à la plupart des pays eurolandais. Bien que cette sombre perspective soit connue depuis des années, il aura fallu attendre que la zone euro soit au bord de l'explosion pour enfin réagir. « Mieux vaut tard que jamais ! » diront certains. Pour autant, on n'efface pas trente ans de mauvaise gouvernance économique en quelques jours. Pis, alors que les marchés et le monde entier ont les yeux rivés sur les choix stratégiques des dirigeants politiques eurolandais, ces derniers rééditent les mêmes erreurs que par le passé, en mettant de nouveau en péril la croissance économique. Car si l'assainissement des finances publiques est indispensable, il ne doit pas non plus « casser » l'activité, sous peine d'augmenter à nouveau les déficits, donc la dette… Plutôt que de se faire les chantres de l'austérité mal placée, les dirigeants français et eurolandais devraient donc engager un véritable assainissement de leurs dépenses...
L'humeur de la semaine - 12 mai 2010
Tremblement de terre à Haïti, crise grecque, volcan islandais, marée noire dans le Golfe du Mexique, crise de la zone euro, secousses sur les marchés financiers. Depuis le début 2010, les catastrophes se suivent et focalisent toutes les attentions. A tour de rôle, elles font la une des médias, inquiètent, effraient, puis finissent par se faire oublier, pour peu qu'un nouveau drame vienne prendre leur place sur le devant de la scène. Ainsi va la vie et il ne servirait à rien de s'en plaindre. Pourtant, si les crises passent et s'oublient, elles laissent toujours des traces plus ou moins douloureuses. Dans le cas des catastrophes naturelles, humanitaires ou écologiques, ces traces sont évidemment plus dramatiques que lors des crises économiques. Cependant, s'il est possible de mettre un point final géographique et temporel aux premières, les secondes sont beaucoup plus difficilement maîtrisables. Ainsi, il est clair qu'après onze ans d'erreurs de gouvernance économique et monétaire et quatre mois d'atermoiements qui ont mis le feu au chaudron eurolandais, le plan de sauvetage décidé le 9 mai est enfin venu éteindre l'incendie. Comme nous l'expliquions dans notre « Réaction » du 10 mai, il a effectivement permis de montrer au monde que les dirigeants eurolandais étaient convaincus de la nécessité de pérenniser la zone euro et surtout d'en faire une terre de croissance soutenue. Les deux maîtres-mot de ce plan sont donc bien « solidarité » et « efficacité ». Le problème est que, vu l'ampleur des dégâts, la confiance est très difficile à restaurer. Et ce, d'autant que les déclarations sans lendemain des dirigeants eurolandais depuis des années font pléthore...
L'humeur de la semaine - 06 mai 2010
L'humeur de la semaine - 09 avril 2010
L'humeur de la semaine - 18 mars 2010
Après la recherche de boucs-émissaires que nous explicitions la semaine dernière dans cette même rubrique, la France vient de franchir une nouvelle étape dans sa quête démagogique de déresponsabilisation. Ainsi, après les méchants spéculateurs, puis les vilains chefs d'entreprise qui n'hésitent pas à délocaliser, c'est désormais l'Allemagne qui est coupable de tous nos maux. C'est du moins ce que défend la ministre de l'économie Christine Lagarde qui, bien loin de son professionnalisme habituel, s'est lancée dans un dénigrement en règle de la stratégie économique allemande. Et ce, alors que la crise grecque et plus globalement celle de la zone euro, sont loin d'être terminées. A croire que la France a véritablement envie de mettre de l'huile sur le feu. En outre, il ne faut pas oublier deux points importants. D'une part, la faiblesse de la demande intérieure allemande est structurelle car liée à la baisse de la population. D'autre part, ce sont les Allemands qui ont démocratiquement choisi de sacrifier temporairement leur demande intérieure pour réussir à moderniser leur économie. Les critiquer pour ce choix douloureux mais salutaire constitue donc une ingérence particulièrement déplacée. Surtout en provenance de France, qui depuis plus de trente ans, a préféré le laxisme et le dogmatisme à la rigueur et au pragmatisme. Lorsque la France critique l'Allemagne pour sa stratégie c'est donc un peu comme si un aveugle conseillait un borgne sur le chemin à suivre ou comme si la cigale faisait des remontrances à la fourmi... Or, n'oublions pas que la construction européenne a principalement progressé grâce à la volonté franco-allemande. Si ce couple bas de l'aile ou si la France continue d'attaquer injustement l'Allemagne, cette dernière pourrait bien être tentée de jeter l'éponge. Et si, finalement, le premier pays à sortir de la zone euro n'était pas la Grèce, mais l'Allemagne…
L'humeur de la semaine - 11 mars 2010
Qu'ils soient investisseurs, spéculateurs, opérateurs de marchés ou encore chefs d'entreprise qui délocalisent, la vindicte populaire a trouvé ses nouveaux boucs-émissaires : ce sont eux les coupables ! Coupables de la crise, du chômage, de la quasi-faillite de la Grèce, de la désindustrialisation de la France, du réchauffement climatique, et pourquoi pas, tant qu'on y est, de la bêtise humaine. Car, il faut reconnaître qu'ils ont bon dos tous ces acteurs économiques de l'ombre. On ne sait pas vraiment ce qu'ils font, ni en quoi consiste vraiment leur métier, et cela tombe bien, ils constituent des coupables parfaits, qu'il faut donc punir sévèrement, de manière à assouvir les instincts revanchards de la population. A la rigueur, si cette stigmatisation était véhiculée par des partisans alter mondialistes ou néo-marxistes (ce qui revient d'ailleurs souvent au même), on pourrait comprendre ou du moins imaginer comment de telles idées aussi simplistes que dangereuses peuvent germer dans de tels esprits. Mais malheureusement, il n'en est rien. Ces différentes théories du complot de la finance mondialisée sont diffusées et formulées par des personnes et des Institutions honorables et ce, jusqu'aux instances dirigeantes de certains pays occidentaux. Au-delà des non-sens engendrés par cette analyse, il faut surtout bien comprendre que ce ne sont pas les spéculateurs qui sont à l'origine de la crise grecque, ni les entreprises françaises qui ont favorisé la désindustrialisation de l'Hexagone. Ces mouvements ne sont que des conséquences logiques des erreurs accumulées au cours des années 90 et 2000 par les dirigeants européens et français.
L'humeur de la semaine - 05 mars 2010
Ce n'est pas une surprise : les Français n'ont jamais été des chauds partisans de l'Euro. Dèjà, lors du référendum du 20 septembre 1992 sur la ratification du Traité de Maastricht, le « Oui à l'euro » ne l'avait emporté qu'avec 51,04 % des voix. Ensuite, certainement aveuglés par la croissance des années 1999-2000 mais surtout parce qu'ils continuaient à vivre avec des francs, les Français ont été quasiment indifférents à la création de la monnaie unique en janvier 1999. Ce n'est en fait qu'en 2002, avec l'introduction des pièces et billets en euro, puis la suppression progressive du Franc que la population hexagonale deviendra de plus en plus critique à son égard. En effet, une fois passé l'attrait des nouvelles pièces et des nouveaux billets, les Français vont très vite se plaindre de l'euro, d'abord pour des problèmes pratiques de conversion, puis pour des problèmes d'arrondis abusifs, donc d'inflation a priori excessive. Mais, aujourd'hui, après dix ans de croissance molle et une récession historique, les Français ont franchi une nouvelle étape dans leur relation avec la monnaie unique : celle des regrets et peut-être même du divorce. Ainsi, selon un récent sondage Ifop pour Paris-Match, 69 % des Français regrettent le franc. Après le poids des mots et le choc des photos, voici donc la claque des chiffres. S'il ne s'agit évidemment que d'un sondage, dont la valeur scientifique est par définition limitée, ce rejet de l'Euro atteint désormais un sommet historique et doit donc par là même être pris au sérieux. Et si la prochaine décennie était celle de la fin de la zone euro...
L'humeur de la semaine - 12 février 2010
En 2002, dans une chronique intitulée Minority Report, votre serviteur avait souligné qu'en matières de prévisions et à l'instar du film de Steven Spielberg du même nom, la majorité avait très souvent tort et qu'à l'inverse, le rapport minoritaire était généralement le meilleur. Ainsi, à l'époque, le consensus de marché anticipait un W, c'est-à-dire un scénario selon lequel le rebond de 2002 ne serait que de très courte durée et serait suivi par une récession durable. Bien loin de cette prophétie et malgré la guerre en Irak, l'économie américaine a poursuivi sa reprise en 2003, pour ensuite retrouver une croissance de 4 % dès le début 2004. Aujourd'hui, rien n'a malheureusement changé. Ainsi, il y a encore quelques mois, le consensus annonçait une récession américaine et mondiale extrêmement grave qui ne prendrait pas fin avant 2011. Pis, devant le rebond du PIB des Etats-Unis au troisième trimestre 2009, ce même consensus prédisait une rechute magistrale dès le quatrième trimestre. Et tout ça en vain. Devant de tels échecs cuisants, le consensus a donc logiquement viré de bord. Ainsi, alors qu'il y a encore quelques mois, la majorité des prévisionnistes annonçaient à tort que l'économie américaine, les marchés et la croissance mondiale ne redémarreraient pas avant bien longtemps, un nouveau consensus semble désormais s'imposer. Selon ce dernier, relayé notamment par le FMI ou encore lors du sommet de plus en plus inutile de Davos, la croissance mondiale va retrouver progressivement les 3 %, celle des Etats-Unis les 2 % et la progression des marchés boursiers devrait avoisiner les 5 à 10 % cette année. En d'autres termes, c'est maintenant qu'il faut vraiment s'inquiéter…
L'humeur de la semaine - 29 janvier 2010
L'humeur de la semaine - 08 janvier 2010
Comme chaque début d'année, c'est l'heure des bilans. Bilan économique, bilan financier et aussi bilan de nos prévisions. Sur tous ces plans, 2009 restera une année inoubliable. Tout d'abord, parce que 2009 a permis de déjouer l'écrasante majorité des prévisionnistes à travers le monde. En effet, il y a environ un an, ces derniers s'époumonaient et faisaient preuve d'une ingéniosité débordante doublée d'une surenchère malsaine pour annoncer que la planète économico-financière internationale allait très rapidement s'écrouler sans se relever avant plusieurs années, voire une décennie. Les plus « ambitieux » n'hésitaient pas à déclarer que le monde s'apprêtait à entrer dans une crise encore plus grave que celle de 1929. A l'époque, il fallait donc être fou ou inconscient pour oser annoncer que la bourse et l'économie mondiale allaient redémarrer dès 2009. C'est pourtant ce que nous faisions et écrivions dans ces même colonnes et aussi dans le livre « Krach, Boom… et demain ? » sorti en février 2009. Pour enfoncer le clou, nous avions même choisi d'accompagner les premiers tirages de ce dernier par un bandeau « Restez optimistes ». Quelle folie ! Devant ce sous-titre décidément insolent, certains journalistes n'hésitaient pas à me déclarer « Désolé, on ne pourra pas vous inviter, ni parler de votre livre, parce qu'il est trop optimiste. Vous comprenez, aujourd'hui, ce sont les prévisions catastrophistes qui ont la cote… ». Le ton était lancé. Qu'à cela ne tienne, le livre a attiré plus de 25 000 lecteurs et surtout, les funestes Cassandres, pourtant largement majoritaires, ont eu tort. Dans ce cadre, le bilan de nos prévisions 2009 apparaît comme l'un des meilleurs crus depuis 1998, date à laquelle nous avons commencé à nous livrer à cette exercice (à l'époque nous étions à la Caisse Centrale des Banques Populaires, cela ne nous rajeunit pas…). Alors retour sur une année 2009 haute en couleurs...
L'humeur de la semaine - 18 décembre 2009
Le Président a tranché. Alors que de nombreuses personnalités de tous bords politiques et jusqu'à son premier conseiller lui demandaient de lancer un grand emprunt de 100 milliards d'euros, Nicolas Sarkozy s'est finalement rendu à la raison : l'emprunt ne sera pas grand. Il ne portera que sur 35 milliards, dont 22 milliards financés directement par appel aux marchés. Pour autant, augmenter un endettement public qui est déjà pléthorique n'est pas très sérieux. Et alors ? diront certains, il faut bien faire quelque chose. De plus, ajouteront-ils, l'Etat est justement là pour assurer la paix sociale. D'ailleurs, concluront-ils, c'est bien grâce à son Etat Providence ultradéveloppé et à ses fameux stabilisateurs automatiques que la France peut s'enorgueillir d'être l'un des pays de la zone euro qui a le moins souffert pendant cette crise et a vu son PIB reculer de « seulement » 2,3 % en 2009 ». Nous y voilà ! Selon eux, il n'y aurait pas trop d'Etat dans l'économie française, il en faudrait même plus, d'où l'idée du grand emprunt. Si cette thèse peut évidemment sembler séduisante, voire irréfutable, elle n'en est pas moins erronée et surtout très dangereuse. C'est ce que nous appelons le « syndrome du pouf ». En effet, il faut reconnaître que, grâce à ses protections et à ses perfusions publiques en tous genres, l'économie française est protégée contre une chute trop violente. Ainsi, lorsqu'elle tombe, elle s'affale sur un pouf qui lui permet donc d'amortir le choc et d'assurer une certaine paix sociale à court terme. En revanche, une fois bien installé dans le pouf, il est généralement très difficile de se relever. C'est là tout le problème des aides et autres stabilisateurs qui permettent certes de limiter les dégâts lors de la chute mais empêchent ensuite l'économie de se redresser rapidement et fortement, notamment à cause de son coût exorbitant qui impose une pression fiscale extrêmement forte.
L'humeur de la semaine - 11 décembre 2009
Si vous avez aimé le krach Internet, si vous vous êtes passionnés pour les guerres en Afghanistan et en Irak, si vous avez été subjugués par la faillite de Lehman Brothers et la crise financière qui en a découlé, alors vous allez adorer les ravages causés par le réchauffement climatique. A l'instar des Rocky, Rambo, Die Hard, Spiderman ou encore Harry Potter, les crises sont de tels succès commerciaux qu'elles appellent constamment de nouveaux épisodes. Le créneau est toujours le même : si vous avez survécu aux crises précédentes, celle que vous allez subir à présent sera encore pire. Bigre ! Ca fait froid dans le dos. Et cela tombe bien car la crise qui se prépare est justement celle du froid, ou plutôt de l'absence de froid. Ainsi, le réchauffement climatique serait tel que les glaciers vont fondre, que le trou de la couche d'ozone va encore s'élargir, que les terres vont être submergées, bref, les Mayas avec leur fin du monde en 2012 n'étaient finalement que des enfants de cœur… Mais, nous le disons haut et fort : la décroissance n'a aucun sens. En fait, elle constituerait une véritable catastrophe sociale, car elle se traduirait forcément par une aggravation des inégalités, une augmentation du chômage et une exacerbation des tensions sociales. C'est d'ailleurs là que réside l'un des grands paradoxes de cette thèse soutenue notamment par les altermondialistes et les soi-disant partisans d'une économie sociale : comment peut-on à la fois dénoncer la pauvreté dans le monde et exiger la décroissance qui ne fera finalement qu'aggraver cette dernière ? La solution est donc ailleurs et notamment du côté de l'innovation technologique...
L'humeur de la semaine - 04 décembre 2009
L'humeur de la semaine - 30 novembre 2009
Lorsque la semaine dernière, dans cette même rubrique, nous explicitions les dangers qui menaçaient la planète économico-financière à l'horizon 2012, nous pensions avoir atteint le sommet de l'horreur économique, tout en spécifiant d'ailleurs qu'il ne s'agissait que de risques potentiels encore évitables. Et pourtant, à en croire certains, nous étions encore loin du compte. Ainsi, reprenant le sentiment de nombreux cassandres à travers le monde qui ont décidément la dent dure, une grande banque française a envoyé la semaine dernière à ses clients une lettre catastrophiste digne de Nostradamus version « ultra-Bear ». Selon les spécialistes et docteurs ès « fin du monde » de cette institution financière, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre depuis janvier 2008, le rebond actuel ne serait qu'une accalmie passagère entre deux tempêtes; la seconde s'annonçant encore plus grave que la première. Bref, ce n'est même pas le W qui nous attend mais le N inversé : И (appelé également le « i-huitaine dans l'alphabet cyrillique). Autrement dit, après une rémission temporaire, le système capitaliste va bien finir par mourir et ce dès l'année prochaine.
Nous venons d'ailleurs de vivre un exemple désolant de cette peur stérile au travers des craintes de faillite de Dubaï et de son éventuelle répercussion internationale. Craintes tout à fait démesurées, non seulement parce que le grand frère Abu Dhabi permettra d'éviter cette faillite et surtout parce que le PIB de Dubaï ne représente que 0,1 % du PIB mondial. Quant à l'exposition des banques occidentales, elle reste limitée et ne devrait pas générer plus de 8 milliards de pertes. Pas de quoi générer une crise planétaire…
L'humeur de la semaine - 19 novembre 2009
Hollywood serait-il plus fort que Kyoto ou encore Copenhague ? En effet, alors que les soi-disant spécialistes du climat ne cessent d'annoncer que la terre est sur le point d'exploser à cause de la pollution au dioxyde de carbone, il aura suffi d'un film hollywoodien à grand spectacle pour relancer et surtout crédibiliser une crainte ancestrale selon laquelle la fin du monde serait proche. L'argumentation de cette thèse est simple : le calendrier maya se termine le 21 décembre 2012. Il ne nous resterait donc plus très longtemps pour profiter de notre chère planète bleue… Si nous ne sommes ni devins, ni mayas et encore moins défaitistes pour donner quelques crédits à cette thèse de fin du monde dans tout juste trois ans, il faut néanmoins reconnaître que 2012 se présente comme une année de grands dangers pour la stabilité économique et politique de la planète. Tout d'abord, 2012 sera une année d'élection présidentielle dans trois grandes nations, en l'occurrence les Etats-Unis, la Russie et la France. Au risque de décevoir notre orgueil national, c'est principalement dans les deux premiers pays que les risques d'impacts géopolitiques mondiaux sont les plus importants. Mais soyons rassurés, la France pourra aussi jouer un rôle déterminant dans la stabilité politico-économique de la planète. Au-delà du fait qu'elle dispose également de l'arme nucléaire, la France va surtout s'illustrer dans les prochaines années par l'explosion de sa dette publique. Cette stratégie de fuite en avant fera évidemment tâche d'huile en Europe et pourra même déboucher sur une explosion de la zone euro en 2012. Enfin, pour ne rien arranger, l'année 2012 devrait aussi coïncider avec la confirmation de la puissance économique dominante de la Chine. Cette dernière pourra alors ouvrir les frontières de ses marchés financiers et imposer le yuan comme un concurrent sérieux du dollar. Pour peu que les Chinois en profitent pour annexer Taïwan, que les Russes en fassent de même avec l'Ukraine et que les Américains et Européens, dans un dernier baroud d'honneur, lancent des représailles militaires, alors la fin du monde promise par les Mayas aura peut-être bien lieu, si ce n'est en 2012 au plus tard en 2013... A l'évidence, si l'on veut se faire peur, il n'est pas nécessaire d'aller dans les salles obscures, la scène économico-politique internationale suffit largement pour nous donner des sueurs froides...
L'humeur de la semaine - 13 novembre 2009
Après la bonne surprise du deuxième trimestre et le net rebond de la production industrielle au troisième, l'économie française paraissait capable de retrouver le chemin de la croissance forte dès le troisième trimestre. Il n'en est rien. En effet, même si le PIB a continué de progresser, son augmentation a été limitée à 0,3 %, maintenant le glissement annuel du PIB dans le rouge à - 2,4 %. Il n'y a donc pas de quoi être fier. Surtout lorsque l'on sait que le PIB allemand a augmenté de 0,7 % sur la même période, après une hausse de 0,4 % au deuxième trimestre. Mais au-delà du chiffre global du PIB, la véritable déception des comptes nationaux du troisième trimestre réside dans ses éléments constitutifs. Ainsi, une fois n'est pas coutume, c'est le commerce extérieur qui a sauvé la croissance française. En effet, grâce notamment au rebond allemand, nos exportations ont augmenté de 2,4 %, alors que nos importations n'ont progressé que de 0,4 %. Cela recèle donc deux enseignements. D'une part, le commerce extérieur a contribué pour 0,4 point à la croissance du troisième trimestre. D'autre part et surtout, la demande intérieure a reculé de 0,1 % au troisième trimestre. En d'autres termes, après un trimestre de pause, la récession est déjà de retour sur le front de la demande nationale. C'est dire la fragilité qui continue de marquer l'économie française. Et même si la stagnation de l'emploi au troisième trimestre peut constituer un lot de consolation temporaire, il est clair que la croissance française restera lente et faible. Dans le meilleur des cas, elle atteindra 1,3 % l'an prochain. Ce qui se traduira par un taux de chômage stabilisé autour des 10 % et un déficit également stabilisé dans les abysses. Bref, 2010 ne sera pas une année de récession, mais restera une année de contrition.
L'humeur de la semaine - 06 novembre 2009
C'est un dilemme cornélien qui se présente désormais aux banques centrales de la planète et en particulier dans le monde dit développé. En effet, il y a environ un an, au plus fort de la crise financière, elles ont non seulement injecté massivement des liquidités à l'échelle mondiale mais elles ont aussi fortement réduit leurs taux directeurs. Elles n'avaient alors pas le choix. Car, sans ces actions concertées de grande ampleur, le système financier international aurait certainement craqué et l'économie de la planète avec. Elles ont donc tiré les leçons des erreurs du krach de 1929 ou encore de la crise japonaise du début des années 90, au cours desquels les autorités monétaires n'ont pas pris conscience de l'ampleur des dégâts et n'ont pas réagi en conséquence. Autrement dit, il est possible de dire qu'en 2008-2009, les banques centrales ont fait leur « boulot ». Et ce, même si l'on peut néanmoins regretter qu'une fois encore, la Banque Centrale Européenne, n'a pas été jusqu'au bout, notamment en refusant de baisser son taux refi entre 0,25 % et 0,5 %, ce qui a pourtant été pratiqué par toutes les banques centrales occidentales. Vouloir se distinguer des autres c'est bien, éviter d'étouffer la reprise eurolandaise dans l'œuf c'est mieux… Toujours est-il qu'après avoir augmenté son taux refi en juillet 2008, c'est-à-dire en pleine récession de la zone euro, la BCE a quand même réussi à se faire violence et à engager un mouvement d'assouplissement monétaire historique. D'où une question essentielle qui vaut d'ailleurs pour l'ensemble des banques centrales de la planète : jusqu'à quand ? Car, après avoir « sauvé » la sphère économico-financière, les banques centrales vont devoir désormais se lancer dans un fine tuning (réglage fin) à haut risque. Et pour cause : si elles remontent trop rapidement et trop fortement leurs taux directeurs, elles risquent d'émousser la reprise actuelle avant qu'elle n'ait pu enclencher le moteur des créations d'emplois.
L'humeur de la semaine - 29 octobre 2009
Impensable pour le plus grand nombre il y a encore quelques mois, la reprise économique mondiale ne fait aujourd'hui plus de doute. Pourtant, au-delà des chiffres d'activité et des données d'enquêtes qui vont globalement dans le bon sens, cette reprise n'en demeure pas moins hautement fragile et surtout réversible. En effet, jusqu'à présent, le rebond était plutôt aisé, dans la mesure où il s'appuyait principalement sur un effet de rattrapage d'une dégringolade excessive car liée à un mouvement de peur généralisée. A partir du moment où la panique s'est estompée et où les acteurs économiques et financiers de la planète ont retrouvé leurs esprits, la reprise devenait alors presque mécanique. Et ce, d'autant qu'elle était largement stimulée par une relance mondiale pharaonique, que ce soit en termes de baisse des taux directeurs des banques centrales, d'injection massive de liquidités ou encore de relances budgétaires pléthoriques (5 000 milliards de dollars à l'échelle planétaire, soit près de 9 % du PIB mondial). Face à ce déploiement historique de forces anti-récession, la déflation et le scénario catastrophe type krach des années 30, pourtant presque unanimement annoncés, ont donc été évités. Mais, au-delà de ces apparences favorables, c'est maintenant que la crise devient la plus dangereuse. Car, une fois le boulet de canon évité de justesse, l'économie et les marchés financiers internationaux pourraient se considérer hors d'atteinte et promis inévitablement à des lendemains meilleurs. Dès lors, ils pourraient baisser la garde et repartir dans les vieux travers qui prévalaient encore lors du printemps-été 2008. Plus que jamais, nous devons donc faire preuve de responsabilité économique, en rejetant tout parti pris politique ou dogmatisme idéologique. Nous devons tous nous retrousser les manches pour ne pas gâcher la reprise. A ce sujet, le changement de stratégie économique de l'Allemagne constitue une véritable lueur d'espoir...
L'humeur de la semaine - 23 octobre 2009
Dire qu'il y a tout juste un an, la plupart des banques de la planète et plus globalement le secteur financier international dans son ensemble étaient à l'agonie. Selon la pensée dominante de l'époque, les faillites de banques allaient se multiplier, modifiant profondément les structures mêmes du capitalisme. Un an plus tard, la situation a bien changé, non seulement parce que les banques ne sont plus au bord de la faillite, mais surtout parce qu'elles gagnent de l'argent, si bien que leurs cours de bourse ont flambé et qu'elles peuvent désormais rembourser les prêts publics. Si cette rédemption est évidemment une bonne nouvelle, elle appelle néanmoins à une évolution des banques. Car, si ces dernières se remettent à gagner leur vie sur les marchés (et c'est tant mieux, sachant que les excès des dernières années ne seront heureusement pas renouvelés, compte tenu notamment de la forte réduction du prop trading), elles doivent désormais redévelopper leur vrai métier, en l'occurrence l'irrigation de l'économie via l'octroi de crédits aux entreprises et aux ménages. En fait, personne n'a intérêt à une raréfaction du crédit bancaire, à commencer par les banques elles-mêmes. Ces dernières doivent ainsi se souvenir qu'elles augmenteront et fidéliseront leurs clients en étant présentes lorsque ceux-ci ont besoin d'elles. Les banques doivent donc adopter un comportement plus responsable et plus constructif, en abandonnant leur traditionnel « appelez-nous si vous n'avez besoin de rien »…
L'humeur de la semaine - 16 octobre 2009
Régulièrement depuis une trentaine d'années, la rumeur se répand à tel point qu'elle devient une certitude : l'époque du dollar roi est révolue. A chaque fois, c'est la même rengaine : plombés par des déficits abyssaux, affaiblis par la crise économique, les Etats-Unis n'ont plus le choix et vont devoir abandonner le dollar étalon. Pourtant, à chaque fois, tel le Phénix, le billet vert renaît de ses cendres et ne laisse aucune chance à ses soi-disant concurrents potentiels. Cette chronique d'une mort annoncée qui n'a finalement pas lieu commence avec la guerre du Vietnam. Aujourd'hui, les arguments n'ont quasiment pas changé : compte tenu de leur dette publique et de leur soi-disant affaiblissement économique, les Etats-Unis vont devoir abandonner leur dollar-roi. Mais, selon nous et comme d'habitude, il n'en sera rien. Et ce, pour au moins trois raisons. Primo, il n'existe toujours pas de concurrent sérieux au dollar. Secundo, le seul concurrent potentiel du billet vert s'appelle le yuan, mais les Chinois ne sont pas encore prêts, tant économiquement que financièrement. Tertio, il est clair que les Etats-Unis ne se laisseront pas voler la vedette sans rien dire et surtout sans rien tenter. En fait, personne n'a aujourd'hui intérêt à la fin du rôle central mais aussi stabilisateur du dollar au sein du SMI. Car lorsque cela se produira, la planète connaîtra une crise bien plus grave et durable que celle que nous avons connue en 2008-2009. Alors, de grâce, chaque crise en son temps, si possible avec un intervalle d'au moins dix ans, histoire de souffler un peu…
L'humeur de la semaine - 02 octobre 2009
Avant toute chose, ayons une pensée émue pour « le » François Fillon de 2007 qui vilipendait avec force le dérapage des comptes publics et qui annonçait que, compte tenu de sa dette explosive, la France était au bord de la faillite. Aujourd'hui, la donne a bien changé puisque le même homme au même poste a présenté un budget 2010 prolongeant le déficit abyssal et historique de 2009. Les chiffres sont malheureusement sans appel : le déficit public devrait atteindre 140 milliards d'euros en 2009, soit 8,5 % du PIB, puis 8,2 % en 2010, mais qui, compte soit « seulement » 116 milliards, du moins selon les dires du gouvernement.
Mieux, cette stabilisation est présentée comme une grande victoire censée confirmer la volonté de la France de ne pas tomber dans le laxisme budgétaire. D'ailleurs, pour masquer la réalité, ce budget est aussi « markété » comme à la fois « en faveur de la croissance » et « vert », grâce à la fameuse taxe carbone. On croit rêver : faut-il rappeler que le budget 2009, établi il y a un an, faisait état d'un déficit prévisionnel de 52 milliards, soit presque trois fois moins que la réalité ? Comment peut-on oublier que la dette publique avoisine d'ores et déjà 80 % du PIB et qu'elle devrait largement les dépasser en 2010, alors qu'elle n'était « que » de 64 % en 2007 ? Et ce, sans intégrer le hors-bilan, c'est-à-dire le paiement des retraites des fonctionnaires, qui ferait monter la dette publique à 120 % du PIB...
L'humeur de la semaine - 25 septembre 2009
Une personne ayant pris un congé sabbatique de huit mois sur une île déserte coupée du monde (par exemple, pour ne pas avoir à subir les affres de la catastrophe économique tant annoncée) n'en croirait pas ses yeux. Lors de son départ du « monde moderne » en mars dernier, la crise paraissait inextinguible. Les marchés boursiers s'enfonçaient dans une ampleur oubliée depuis le krach de 1929, les entreprises déstockaient, désinvestissaient et licenciaient massivement, le G20 s'apprêtait à se réunir pour essayer de sauver ce qu'il pouvait. Quant aux économistes et observateurs de la chose économique, ils étaient, dans leur écrasante majorité, formels : la reprise n'aurait pas lieu avant 2012.
Huit mois plus tard, la surprise est donc de taille : non seulement le cataclysme n'a pas eu lieu, mais surtout la reprise est là, notamment en Chine et aux Etats-Unis et même en Europe.
Seulement voilà c'est maintenant que les vrais problèmes commencent. En effet, compte tenu de l'écroulement excessif du PIB, lui même lié à un mouvement de peur panique, le rebond était presque inévitable. Il l'était d'autant plus que les efforts de relance déployés à travers le monde ont été pléthoriques. Désormais, il faut donc passer à l'étape suivante : transformer le rebond technique en une reprise durable. Le succès de façade du G20 de Pittsburgh (qui laisse croire que créer une usine à gaz pour limiter les bonus suffira pour relancer durablement la croissance) confirme d'ailleurs que le plus difficile n'a pas été de réagir pendant la crise (à la rigueur, nous n'avions pas le choix), mais va être de gérer la sortie de crise et de pérenniser la reprise...
L'humeur de la semaine - 07 août 2009
L'humeur de la semaine - 29 juillet 2009
Il y a quasiment un an (le 8 août 2008 pour être précis), nous écrivions dans ces mêmes colonnes, une chronique intitulée « Cachez cette récession que je ne saurais voir… ». A l'époque, nous soulignions le refus de la grande majorité des dirigeants politiques et monétaires européens (en particulier en France) de reconnaître l'avènement d'une récession dans la zone euro, notamment en France, depuis le printemps 2008. A les entendre, le mot « récession » n'avait pas de sens et il était donc tout à fait justifié d'augmenter le taux refi de la BCE, de maintenir l'euro à 1,60 dollar et de ne pas engager de soutien fiscal à l'activité. La suite des publications statistiques a pourtant montré qu'avant même la faillite de Lehman Brothers, le PIB a baissé au deuxième et au troisième trimestre, tant dans la zone euro qu'en France. La panique financière de l'automne n'a évidemment rien arrangé, engageant le monde dans une spirale de pessimisme et de défaitisme massif. Cette spirale dévastatrice a tellement bien fonctionné qu'aujourd'hui nous vivons la réciproque de la situation de l'été 2008 dans la mesure où quasiment personne ne veut croire au rebond tant boursier qu'économique qui se dessine depuis le printemps dernier. Et pour cause : dans la mesure où 95 % des intervenants financiers, des prévisionnistes et autres observateurs de la chose économique n'ont pas anticipé ce rebond, ils ne veulent non seulement pas y croire, mais, au surplus, persistent à annoncer que la rechute forte et durable est inévitable.
Essayons donc de voir plus clair dans ce monde si incertain...
L'humeur de la semaine - 18 juin 2009
L'humeur de la semaine - 12 juin 2009
Depuis neuf mois, on ne parle que de crise, de récession, de relance keynésienne ou encore, depuis quelques semaines, de reprise technique. Toutes ces préoccupations sont évidemment parfaitement justifiées. Néanmoins, en se concentrant sur le présent, c'est-à-dire sur le conjoncturel, elles font l'impasse sur l'essentiel, à savoir l'état structurel de nos économies. En effet, compte tenu du choc négatif d'envergure qu'elle représente, la crise de ces derniers trimestres aura forcément des conséquences concrètes et très souvent négatives sur la croissance structurelle des différents pays et zones de la planète. Même si la crise n'est pas encore complètement terminée, il paraît donc opportun de faire le point sur ce thème et d'établir une estimation des nouvelles croissances structurelles. Selon nos estimations, l'impact négatif de cette crise sur la croissance structurelle sera de l'ordre de 0,5 point. Cela signifie donc que celle des Etats-Unis a retrouvé son niveau des années 90, à 2,5 %, mais aussi que celle de la zone euro n'est plus que de 1,3 %. En d'autres termes, notre base de départ est bien plus basse qu'aux Etats-Unis et qu'il y a quinze ans. Le plus problématique réside dans le fait que pour engager un cercle vertueux de fortes créations d'emplois, une croissance d'au moins 2 % est nécessaire et que cette dernière doit atteindre 3 % pour éviter l'explosion de la bulle de la dette publique à partir de 2012-2015 (liée notamment au non financement de la retraite par répartition dans la plupart des pays de la zone euro).
Au-delà de la sortie de l'actuelle crise, le vrai enjeu qui attend les dirigeants européens se situe donc dans la gestion de l'après-crise, car si ces derniers ne trouvent pas les ressorts et le courage pour relancer la croissance structurelle, l'avenir de l'économie eurolandaise ne sera pas un W, ni en U, ni même un L, mais un J inversé.
L'humeur de la semaine - 05 juin 2009
Un petit mensonge vaut mieux qu'une grosse catastrophe. Qui n'a jamais pensé ou mis en pratique ce vieil adage ? Pas grand monde. Pourtant, si une telle pratique sied plutôt bien à la réalité du quotidien et peut même parfois devenir indispensable pour la bonne tenue des relations humaines, elle peut au contraire devenir dramatique lorsqu'elle s'applique à la sphère économico-financière. Et en particulier lorsque cette dernière est dominée par le court-termisme et devient ainsi la proie de toutes les incertitudes et rumeurs en tout genre.
Ainsi, sans remonter à l'aveuglement de la bulle Internet qui permettait de valoriser des entreprises en bourse non pas en fonction de leurs bénéfices, mais de leur chiffre d'affaires, voire de leurs pertes, la crise dans laquelle nous évoluons depuis plus de deux ans s'est accompagnée d'une déferlante impressionnante de contre-vérités. Si nous ne croyons absolument pas à la théorie trop pratique (car « déresponsabilisante » et donc dangereuse) du complot, il faut néanmoins reconnaître qu'une grande partie des évolutions financières de ces dernières années a été basée sur du vent. Pour autant, ces mensonges, manipulations et autres arnaques ne font que renforcer le rôle de l'économiste qui, bien loin de suivre bêtement le consensus, doit au contraire, tout faire pour déceler et dénoncer au grand jour ces contre-vérités. Il est d'ailleurs instructif de noter que tous les faux-semblants de ces dernières années et ceux qui prévalent encore aujourd'hui demeurent largement décelables. A condition de bien vouloir ôter les lunettes déformantes du consensus et de la pensée unique.
Espérons donc qu'un jour, les marchés sauront prendre du recul et ne plus se faire avoir par des rumeurs évidemment fausses mais très coûteuses. Pour ce faire, il faudra simplement retrouver un horizon temporel de moyen terme et sortir du court-termisme ambiant, car, comme le soulignait l'écrivain roumain Alexandru Vlahuta : « La vérité attend. Seul le mensonge est pressé ».
L'humeur de la semaine - 31 mai 2009
La sortie de crise et l'évitement d'une période comparable au marasme des années 1930 ne tomberont pas du ciel et ne seront que les produits des nombreuses décisions de politiques économiques (tant budgétaires que monétaires) prises à travers la planète, auxquelles s'ajouteront ou non les comportements positifs des différents acteurs privés, qu'il s'agisse des entreprises ou des ménages. Dans cette chaîne pour la reprise, pas un maillon ne doit manquer sous peine d'amoindrir l'amélioration de l'activité voire de transformer le rebond en un simple intermède entre deux tunnels. C'est pourquoi, en refusant d'abaisser au maximum son taux refi et en maintenant par là même un euro trop fort, la BCE fait courir un risque énorme à la zone euro qui pourrait donc bien être le parent pauvre de cette crise, c'est-à-dire l'une des zones les plus touchées du monde développé.
Mais dans le registre des erreurs à ne pas commettre, la BCE n'a pas le monopole et pourrait être rapidement rattrapée par les agences de notations. Même si elles ne sont évidemment pas les seules coupables, ces dernières ont effectivement joué un rôle important dans le développement de la crise financière, notamment en notant AAA des titres issus des dettes subprimes et en donnant un blanc seing à de nombreuses institutions financières qui avaient oublié la corrélation positive qui existe structurellement entre le rendement et le risque.
Non contentes de n'avoir pas vu l'évidence ou peut-être même pour essayer de se racheter de leurs erreurs du passé, ces mêmes agences de notation font aujourd'hui une erreur similaire, mais dans l'autre sens, c'est-à-dire en voulant dégrader excessivement les notes de certaines dettes publiques quitte à engager le monde dans une nouvelle crise, celle des Etats...
L'humeur de la semaine - 22 mai 2009
Un Cac 40 à plus de 3 200 points, un euro à 1,40 dollar, des taux d'intérêt à dix ans à presque 3,5 % aux Etats-Unis, un baril à 60 dollars. Qui l'eut cru ? Ces résultats apparaissent d'autant plus détonants qu'il y a encore quelques semaines, rares étaient ceux qui auraient misé le moindre kopeck sur de telles évolutions. Ainsi, il y a environ trois mois, ces mêmes grandeurs financières atteignaient des niveaux de 2 500 pour le Cac, de 1,24 dollar pour un euro, de 2 % pour le taux dix ans américain ou encore de 39 dollars le baril.
Que s'est-il donc passé en si peu de temps pour justifier une telle volatilité ? En fait, pas grand chose en apparence. Plus troublant encore, certaines évolutions économiques auraient même dû aller à l'encontre des évolutions financières effectivement enregistrées.
Toutes ces évolutions et tous ces paradoxes sont, selon nous, les témoins ou plutôt les manifestations financières de deux grandes réalités internationales. D'une part, ils montrent que les investisseurs restent particulièrement inquiets et prudents et que, ce faisant, les marchés demeurent fragiles, donc capables de nombreux excès à la hausse ou à la baisse. D'autre part, ils rappellent que les liquidités restent très fortes à travers la planète, justifiant des mouvements massifs et abrupts des variables financières. Ce sont donc, ces deux facteurs (fébrilité des investisseurs et cash pléthorique) qui vont encore faire courir les marchés au moins jusqu'à la fin 2009.
L'humeur de la semaine - 08 mai 2009
Après la pluie, vient le beau temps ; après la nuit, le jour se lève. La sagesse populaire ne manque pas de dictons pour relativiser les difficultés et garder l'espoir de lendemains meilleurs. Pour autant, il arrive parfois que les proverbes ne se réalisent pas et que les crises soient tellement longues qu'elles affectent plusieurs générations avant de se résorber. C'est exactement ce qu'ont voulu et veulent encore nous faire croire une large majorité des économistes, prévisionnistes et autres observateurs de la chose économico-financière.
Mais ce n'est pas parce que le consensus anticipe la poursuite de la récession que la reprise n'aura pas lieu. Bien au contraire. La preuve : le rebond des marchés a bien eu lieu depuis huit semaines alors que début mars, quasiment personne n'osait anticiper ne serait-ce que l'arrêt de la baisse des indices boursiers. Mais, au-delà des enseignements de l'histoire, le plus important réside dans les décisions qui ont été prises depuis quelques mois et dans les statistiques publiées chaque jour depuis quelques semaines qui ne sont certes pas toutes réjouissantes mais qui globalement confirment que le plus dur est bien passé.
Au total, nous continuons donc d'afficher des prévisions très loin de la vision noire et défaitiste du FMI. Selon nous, si l'année 2009 sera évidemment difficile (avec une croissance mondiale d'environ 1 %), elle sera néanmoins marquée par un net rebond à partir du printemps. Et si le fort effet d'acquis de décroissance engendré par la baisse massive du PIB au quatrième trimestre 2008 et au premier trimestre 2009 empêchera d'afficher une bonne performance sur 2009, l'année 2010 sera placée sous le signe du rebond significatif, avec une croissance qui devrait atteindre 2,6 % aux Etats-Unis, 0,8 % dans la zone euro, 9 % en Chine et 3 % pour la planète. Vivement 2010 !
L'humeur de la semaine - 04 mai 2009
Après dix huit mois de pessimisme et de bear market, les investisseurs boursiers n'osaient plus y croire. Si bien que la quasi-totalité d'entre eux n'a pas réussi à anticiper le rebond enregistré depuis huit semaines, non par manque de professionnalisme, mais tout simplement par aveuglement. Cet aveuglement est d'ailleurs tellement fort que l'embellie observée depuis début mars reste majoritairement analysée comme un mouvement passager qui sera suivi par une forte correction baissière. D'ailleurs, en renfort de cette thèse, le FMI vient encore de réviser en baisse ses prévisions de croissance mondiale. N'oublions cependant pas que les prévisions du FMI restent structurellement parmi les plus mauvaises de la planète.
De plus et surtout, même si certaines publications statistiques laisseront encore à désirer, leur amélioration va progressivement s'imposer, faisant prendre conscience aux investisseurs que les marchés boursiers restent encore peu chers et constituent par là même d'excellentes opportunités. C'est d'ailleurs ce que nous observons depuis quelques semaines tant aux Etats-Unis qu'en Europe et notamment en France, où tant le moral des chefs d'entreprise que la consommation des ménages ont surpris positivement.
Voilà pourquoi, nous maintenons notre scénario d'un Dow Jones à 10 500 et d'un Cac 40 à 4 000 d'ici un an. Si les Occidentaux n'en sont pas encore convaincus, il est instructifs de noter que les investisseurs des pays émergents, en particulier en Asie, ont déjà fait savoir qu'ils commençaient à revenir à l'achat tant sur les actions que sur les entreprises occidentales. Il ne faudra pas ensuite se plaindre si nos actuels fleurons industriels, technologiques et tertiaires ont changé de nationalité. C'est aussi à cela que sert une crise : la redistribution des cartes…
L'humeur de la semaine - 27 avril 2009
Décidément, la Réserve fédérale américaine ne veut laisser aucune chance à la déflation. En effet, non contente d'avoir abaissé son taux objectif des federal funds dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25 %, non contente d'avoir repris à son compte une partie conséquente des créances douteuses des banques américaines, non contente d'avoir financer directement les pertes de Freddie Mac et Fannie Mae, la Fed se lance désormais dans la « planche à billet ».
Ainsi, elle vient de commencer à monétiser la dette publique américaine pour un montant 300 milliards de dollars. Ce sera donc la première fois depuis la guerre du Vietnam que la Fed va créer de la monnaie ex-nihilo, c'est-à-dire sans contrepartie de richesses créées.
L'avantage de cette stratégie est triple. Primo, elle permet à l'Etat américain de pratiquer une relance historique sans souci de financement.
Par là même et secundo, elle permet de contrecarrer l'augmentation des taux d'intérêt à long terme.
Tertio, dans la mesure où la politique monétaire américaine est beaucoup plus accommodante que celle de la zone euro et où, comme nous venons de l'expliquer les taux longs américains creusent l'écart avec leurs homologues eurolandais, le dollar/euro reste faible (en dépit de sa récente appréciation), redorant par là même la compétitivité des exportations américaines et réduisant les importations redevenues trop chères.
Malheureusement, la stratégie de la Fed recèle aussi deux effets pervers...
L'humeur de la semaine - 20 avril 2009
5 000 milliards de dollars de relance mondiale ici, 1 000 milliards de dollars supplémentaires accordés lors du G20 par là… A l'évidence, la valse des milliards a de quoi donner le tournis. Mais surtout, elle nous fait presque oublier que toutes ces sommes devront être financées, à des coûts qui pourraient devenir exorbitants. Certes, l'épargne mondiale est abondante, notamment en Asie et en Europe. Dès lors, le financement de ces plans de relance pharaoniques pourrait finalement se résumer à une allocation optimale de cette épargne. C'est d'ailleurs ce qui semble avoir été prévu par le G20 dans le cadre de l'accroissement des dotations au FMI et de la Banque Mondiale, financées pour l'essentiel par une augmentation des quotes-parts des pays les plus riches ou en voie de le devenir.
Pour autant, le passé récent nous a encore montré que l'économie ne pouvait pas se résoudre à une simple équation mathématique. En effet, la quasi-totalité des plans de relance dans les pays développés sera financée par de la dette publique. Seule la Chine et quelques pays émergents asiatiques pourront puiser dans leurs réserves de change pléthoriques, en particulier pour l'Empire du Milieu qui y a déjà puisé 300 milliards de dollars pour financer la moitié de son plan de relance. Pas grand chose finalement, lorsque l'on sait que les réserves de changes chinoises avoisinent encore les 1 600 milliards de dollars.
La vraie difficulté réside donc plutôt du côté des pays structurellement déficitaires et qui ont déjà fait beaucoup appel aux marchés pour financer leurs nombreux déficits. Mais là aussi, deux types de pays doivent être démarqués. Il y a d'une part ceux qui ont su augmenter leur dette publique pour augmenter leur croissance structurelle et, d'autre part, ceux pour qui la progression de la première s'est accompagnée d'une baisse de la seconde.
C'est là tout l'enjeu des relances actuelles : augmenter les dépenses publiques, pourquoi pas ? Mais si et seulement si cela produit plus de croissance que de dette. Sinon, tôt au tard, il faudra payer une facture insupportable tant économiquement que socialement. Essayons de ne pas en arriver là.
L'humeur de la semaine - 06 avril 2009
Depuis le début des années 2000, les pays émergents se sont illustrés par une croissance forte et un effort de rattrapage considérable. A tel point que, depuis 2002, ils réalisent les deux tiers de la croissance mondiale. Cette part est d'autant plus significative, qu'il y a trente ans, ces pays, qu'on appelait alors des PVD (pays en voie de développement) ne représentaient que 10 à 15 % de la croissance mondiale. C'est dire combien la mondialisation, notamment grâce aux transferts de capitaux et de technologies qu'elle a permis, a été une chance pour le monde émergent. C'est d'ailleurs grâce à (ou à cause de) ce dynamisme que la croissance mondiale a pu atteindre 5 % par an en moyenne de 2002 à 2007 et ce en dépit d'un cours du baril qui est passé sur la même période de 22 à 100 dollars.
Néanmoins, c'est aujourd'hui que commence la véritable épreuve pour les pays émergents. En effet, c'est toujours dans les phases de crise que l'on peut juger de la force ou de la faiblesse d'un acteur économique, qu'il s'agisse d'une entreprise, d'un particulier ou d'un pays. Ainsi, dès 2008 et a fortiori en 2009, de nombreux pays émergents ont pu faire preuve de leur résistance. Si bien que, pour la première fois dans l'histoire contemporaine, la quasi-totalité des pays dits développés enregistrent une baisse de leur PIB, tandis que les PIB de la plupart des pays émergents continuent d'augmenter. Autrement dit, si la croissance mondiale sera positive c'est année c'est presque exclusivement grâce au monde émergent.
Pour autant, il ne faut pas se voiler la face : la crise est difficile et tous les pays émergents souffrent également. Néanmoins, ces difficultés ne font finalement qu'afficher au grand jour les carences et les erreurs de développement de ces dernières années. Voilà pourquoi, malheureusement, les pays émergents qui pâtissent le plus de la crise actuelle sont les pays d'Europe de l'Est...
L'humeur de la semaine - 30 mars 2009
Tout a commencé il y a une vingtaine de jours avec quelques déclarations de Barack Obama faisant état du proche redémarrage de l'économie américaine. Ainsi, après avoir noirci volontairement le tableau pour faire voter sans tarder son plan de relance par le Congrès, le nouveau Président des Etats-Unis a vite retrouvé son rôle de tribun de grand talent pour appeler à la reprise, conscient que cette dernière ne pourra se produire qu'en sortant de la crise de confiance qui s'est installée outre-Atlantique depuis la calamiteuse faillite de Lehman Brothers. Ensuite, il y a eu les premières questions de certains clients et journalistes qui, après n'avoir juré que par la crise et le « bear market », commencent à en avoir assez de ces funestes desseins et préfèrent nous demander « et la reprise c'est pour quand ? ». Nous devons avouer que, les premières fois, nous avons eu un choc et avons dû nous pincer pour vérifier que nous ne rêvions pas.
Mais surtout, les dernières statistiques économiques publiées aux Etats-Unis (réduction du déficit extérieur, de l'augmentation des ventes au détail, ou encore du rebond des mises en chantier et des permis de construire en février) ont confirmé que le plus dur était bien derrière nous. Autrement dit, avant même que le plan de relance n'ait été lancé et de facto ne produise ses effets, l'économie américaine est déjà sur la voie du redressement.
Bien entendu, celle-ci ne sera pas rectiligne. Des efforts devront encore être réalisés pour restaurer la confiance. Cette dernière est effectivement une alchimie extrêmement difficile à réaliser mais indispensable à la bonne marche de nos économies. Pour autant, au fur et à mesure des bonnes nouvelles, la mode pourrait bien changer et passer du noir absolu au rose pâle puis incandescent. De quoi rappeler que nous sommes tous des "fashion victims"…
L'humeur de la semaine - 23 mars 2009
Optimistes, pessimistes, catastrophistes. Les prévisions économiques et financières font aujourd'hui l'objet de tous les commentaires et de toutes les critiques. Et cela est tout à fait normal. En effet, il est logique, honnête et surtout constructif d'accepter les débats et les oppositions de manière à essayer de réaliser les meilleures prévisions possibles. Sans néanmoins se laisser avaler par le consensus et la pensée unique.
C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle les économistes et les prévisionnistes en tous genres établissent des prévisions si différentes malgré une réalité de départ identique. Dans un souci de transparence et même si cela risque de déplaire à certains économistes qui souhaitent garder leur « expertise » pour eux sans la faire partager, nous souhaitons vous faire savoir qu'en temps normal les prévisions économiques et financières se basent sur trois piliers. A savoir, l'analyse économique, les équations économétriques et le "feeling".
Sachez néanmoins que compte tenu des incertitudes et des fortes révisions des statistiques déjà publiées, établir des prévisions aujourd'hui relève de la haute voltige. Pour être complètement francs, nous dirons donc qu'en ce moment, il n'est pas possible de faire des prévisions fiables. Il est vrai que la mode actuelle consiste à noircir le tableau à l'excès, mais en fait la prévision du pire n'est pas plus fiable que la nôtre. Alors pourquoi suivrions-nous bêtement le troupeau ? Cela n'a jamais été notre tasse de thé, il n'y a pas de raison pour que cela change...
L'humeur de la semaine - 15 mars 2009
A quinze jours du sommet du G20 de Londres, les spéculations vont bon train. D'aucuns vont même jusqu'à prévoir la fin du capitalisme et l'avènement d'un nouveau monde, où les Etats seraient surpuissants, où les frontières se refermeraient, avec réduction des marchés financiers à peau de chagrin et où le capital serait tellement taxé qu'il imposerait aux entreprises privées encore survivantes de se rallier à la toute puissance publique. Tout un programme… Au-delà de son aspect utopique et extrêmement dangereux pour la stabilité économique, politique et sociale de la planète, cette opinion surprend surtout parce qu'elle réussit à se diffuser à la vitesse de l'éclair et est même parfois présentée comme une solution crédible. Cela nous rappelle les ravages que peut causer la faiblesse de la culture économique dans l'Hexagone. En effet, devant l'inconnu ou la méconnaissance, la peur et les idées fausses se généralisent avec une extrême facilité. Or, lorsque l'Homme est habité par la peur et le mensonge, il est capable du pire.
C'est dire la responsabilité qui incombe actuellement aux dirigeants politiques, aux économistes et aux journalistes. Si par facilité, par cupidité ou encore par simple suivisme, ceux-ci continuent de diffuser des contrevérités, alors ils risquent de transformer la crise en un chaos duquel nous mettrons des années à sortir. En revanche, s'ils retrouvent leurs esprits et arrêtent de véhiculer du pessimisme et de la peur à outrance, alors le monde peut s'en sortir.
C'est dans ce cadre que le sommet du G20 du 2 avril prochain sera déterminant. Et pour cause : celui-ci doit absolument montrer à tous que le capitalisme n'est pas mort et qu'il vit une crise, certes grave, mais qui lui permettra de se reconstruire sur des bases plus saines.
L'humeur de la semaine - 09 mars 2009
En ces temps de crise où tout paraît sombre, où les acteurs économiques perdent un à un tous leurs repères, la tentation de la capitulation est forte. Et bien oui : pourquoi se fatiguer à oser garder l'espoir, autant suivre le troupeau comme tout le monde, acheter de l'or ou des terres arables et attendre que la fin du monde arrive.
D'ailleurs, à en croire les meilleurs « experts », le monde dans lequel nous vivons depuis la naissance du capitalisme au XVIIème siècle est en train de disparaître. Dès lors, il ne sert à rien de suivre les indicateurs économiques, d'établir des prévisions sur la base de l'analyse économique ou encore d'essayer de véhiculer un message d'optimisme : tout le monde le dit, le système va s'écrouler, il est donc inutile de prêcher dans le désert, sauf à vouloir se faire tirer dessus et se faire passer pour un illuminé…
Bien loin de ce comportement mimétique très facile mais complètement absurde à nos yeux, il nous paraît plutôt indispensable de sortir du carcan du défaitisme et du fatalisme. Pour ce faire, il faut prendre un maximum de recul par rapport à l'instant et par exemple réfléchir sur des notions fondamentales telles que celle de la liberté. Liberté physique bien entendu, mais surtout liberté intellectuelle. Sans vouloir s'engager dans un débat philosophique ésotérique qui n'aurait d'ailleurs pas sa place dans cette publication, nous souhaitons simplement pointer du doigt les risques d'auto-aliénation qui menacent.
En effet, sommes-nous vraiment en liberté ? Sommes-nous vraiment libres de penser et de dire ce que nous pensons intrinsèquement en toute indépendance ? Ou alors, nos pensées et nos écrits ne sont-ils pas plutôt le produit d'un environnement et d'une mentalité que nous subissons ? Ou encore pire, ne faisons-nous pas simplement qu'écrire sous la dictée de nos actionnaires, de nos clients, de nos collègues, de nos pairs, voire les quatre à la fois ?
L'humeur de la semaine - 27 février 2009
Baisse historique du PIB français et européen, hausse vertigineuse du chômage un peu partout dans le monde, résultats des entreprises globalement décevants, annonce de plans de licenciement, poursuite de la baisse des indices boursiers à travers le monde, écroulement des pays d'Europe de l'Est, guérilla urbaine en Guadeloupe… A l'évidence, les dernières nouvelles de la planète sont guère réjouissantes et risquent de donner envie à certains de baisser les bras, en sombrant dans un pessimisme démesuré. Si la tentation de noircir le tableau est évidemment forte voire pratique pour certains, elle constitue inévitablement la pire des solutions. En effet, après un an et demi de crise, nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins. Soit nous nous décourageons et nous sommes alors sûrs de perdre, car le pessimisme est, par définition, auto-réalisateur et par là même destructeur. Dans ce cadre, comme nous l'écrivions déjà en octobre dernier, il faut se barricader, s'acheter un lopin de terre pour cultiver ses légumes et élever ses chèvres, tout en se munissant d'un fusil pour défendre le tout…
En revanche, nous pouvons toujours opter pour la deuxième solution : celle de la sortie de crise par le haut. Pour ce faire, il suffit de se retrousser les manches et de retrouver une certaine dose d'espoir, voire d'optimisme. De la sorte, nous pourrons profiter à plein des plans de relance mis en place à travers le monde, de la baisse des taux d'intérêt et du repli des prix des matières premières. N'oublions pas que l'économie est une science humaine, sur laquelle les hommes et les femmes ont donc un véritable pouvoir et pour laquelle il n'y a donc pas de fatalité. Notre avenir est entre nos mains et si nous n'en sommes pas conscients, nous devenons alors la proie du doute et de la faillite...
L'humeur de la semaine - 22 février 2009
Depuis un peu plus d'un an, la plupart des experts étaient pourtant formels : les Etats-Unis devaient sombrer dans une grave récession alors que la zone euro devait souffrir mais néanmoins sortir la tête de l'eau. A l'inverse, depuis un an, nous soutenons que le marasme économique sera bien plus sérieux de ce côté-ci de l'Atlantique que chez l'Oncle Sam.
Depuis le deuxième trimestre, cet écart s'est confirmé. Ainsi, alors que le PIB américain augmenté de 0,7 % au deuxième trimestre (2,8 % en rythme annualisé), celui de la zone euro commençait sa descente en reculant de 0,2 %. Au troisième trimestre, l'écart est moins fort mais il est néanmoins présent : - 0,1 % pour le PIB outre-Atlantique et encore - 0,2 % dans la zone euro. Cela nous rappelle d'ailleurs que la récession eurolandaise a non seulement commencé avant celle des Etats-Unis, mais surtout qu'elle n'est pas due à la seule crise financière de l'automne dernier. Celle-ci est évidemment le bouc émissaire idéal permettant de masquer les errements eurolandais…
Le pire c'est qu'en dépit de ces réalités indubitables, le consensus des économistes n'a pas révisé le tir : il a continué de penser que l'Oncle Sam allait s'effondrer mais que la « Tante Eurolande » allait résister.
Peut-être les comptes nationaux du quatrième trimestre vont-ils réveiller tous ces endormis. Car la chute du PIB dans les pays de la zone euro est sans appel : - 2,1 % en Allemagne, - 1,8 % en Italie, - 1,2 % en France, - 1 % en Espagne, - 2 % au Portugal et, in fine, une chute de 1,5 % pour le PIB de l'ensemble de la zone euro, du jamais vu depuis que les statistiques eurolandaises existent, c'est-à-dire depuis 1995. En glissement annuel, le PIB de l'UEM recule de 1,2 %, là aussi du jamais vu. A titre de comparaison, le PIB américain a reculé de 1 % au quatrième trimestre et de 0,2 % en glissement annuel...
L'humeur de la semaine - 01 février 2009
Dire qu'il y a encore quelques trimestres, le monde bancaire et de la finance constituait la voie royale de la réussite professionnelle. A tel point qu'elle faisait rêver de nombreux étudiants en quête de succès rapide et rémunérateur. A l'évidence, qu'ils soient ingénieurs, mathématiciens ou tout simplement universitaires, ces ex aficionados de la finance vont devoir changer leurs plans ou du moins revoir leurs prétentions à la baisse. En effet, après avoir fait l'objet de toutes les convoitises et de tous les superlatifs professionnels, le secteur de la banque-finance est en train de devenir la sidérurgie des années 80.
Mais, si l'Etat a bien fait de sauver le système bancaire en apportant sa garantie, il ne doit certainement pas augmenter encore ses dépenses. Non seulement, parce qu'il n'en a pas les moyens. Et surtout parce que cela serait inefficace, voire contre-productif.
En fait, il est clair que la banque-finance doit désormais se réformer de fond en comble et réinventer son mode de fonctionnement.
Cela passera notamment par une réduction massive de leurs activités de marchés complexes et au risque mal maîtrisé, donc par moins d'effets de levier, des profits moins élevés, d'où un retour en grâce des activités de crédit.
Enfin, ce mouvement de restructuration passera aussi par des fusions-acquisitions, des OPA et des redéploiements internationaux. Ce qui, in fine, redonnera ses galons à la banque-finance occidentale. Il y a néanmoins un hic : rien ne garantit que ces fusions et OPA seront dirigées par des Européens, des Japonais ou des Américains. En plus de geler leurs bonus, les patrons de banques risquent donc de devoir apprendre… le mandarin…
L'humeur de la semaine - 16 janvier 2009
L'humeur de la semaine - 09 janvier 2009
Assurément, 2008 restera l'année de toutes les mauvaises surprises.
Dans ces conditions, faire le bilan de nos prévisions économiques et financières pourrait paraître inutile. En effet, nous n'avons prévu ni Kerviel, ni Bear Stearns, ni la folie de la BCE, ni la faillite de Lehman Brothers et encore mois le scandale Madoff. Mais était-ce possible ? Certainement pas. Pour autant, le fait que tout le monde se soit trompé ne constitue pas une excuse et nous devons reconnaître que, de ce point de vue, ainsi que sur le front des prévisions boursières, nous avons eu tort. Voilà pourquoi, par respect pour nos clients, il est indispensable de continuer à jouer la transparence. C'est ce que je fais depuis une dizaine d'années, d'abord à la Banque Populaire, puis avec ACDEFI et désormais avec Global Equities, je ne vais certainement pas m'arrêter parce que nous vivons une crise grave. Bien au contraire.
Et ce d'autant qu'à l'exception des déboires financiers que nous venons d'évoquer et comme nous allons le voir ci-après, le bilan de nos prévisions 2008 est même plutôt flatteur.
Mais au-delà de la satisfaction que peut nous procurer ce bilan favorable, nous voulons surtout souligner que ce dernier rappelle que nous ne sommes pas des devins et que nous devons faire nos prévisions en toute humilité et sur la base des fondamentaux économiques. Bien sûr, cette stratégie ne peut pas nous permettre d'avoir toujours raison mais au moins elle nous permet de défendre nos prévisions avec objectivité et en toute indépendance. Espérons donc que grâce à cette méthode, notre bilan 2009 sera encore meilleur que celui de 2008. Et ce d'autant que si, il y a un an, nous avons été les premiers à annoncer la récession en Europe, nous sommes aujourd'hui parmi les rares à anticiper une reprise dès l'été aux Etats-Unis et à partir de l'automne de ce côté-ci de l'Atlantique. Après une année 2008 de toutes les mauvaises surprises, 2009 pourrait donc bien devenir celle de toutes les bonnes surprises.
L'humeur de la semaine - 19 décembre 2008
Depuis l'été 2007 et le début de la crise des subprimes, on pensait avoir tout vu : refus des banques de se prêter entre elles sur le marchés interbancaire, plongeon boursier, pertes abyssales de certaines institutions financières, écroulement du billet vert, baril à 150 dollars, blé à 13 dollars le boisseau, hausse des taux directeurs de la BCE en pleine récession eurolandaise, faillite de Bear Stearns puis de Lehman Brothers, panique des particuliers allant retirer leurs liquidités aux guichets de certaines banques, plan de sauvetage bancaire refusé par le Congrès américain, avènement d'une récession mondiale, voire d'une déflation planétaire.
Mais non ! Nous n'avions pas tout vu. Ainsi, cerise (empoisonnée) sur le gâteau des horreurs économiques et financières des années 2007-2008, la plus grande fraude de l'histoire contemporaine vient d'être découverte. Elle porte sur un montant d'environ 50 milliards de dollars et fonctionne depuis près de vingt ans.
En fait, ce que l'on appelle désormais l'affaire Madoff synthétise parfaitement les tenants et les aboutissants de la crise financière. En effet, cette dernière a pour origine principale un aveuglement collectif et presque généralisé. Celui de croire ou de laisser croire que l'on pouvait cumuler fort rendement et risque faible. Et ce, que ce soit au travers d'une mathématisation extrême des produits financiers ou tout simplement par le biais d'un abus de confiance en des personnes tellement intelligentes et/ou tellement respectées qu'elles en devenaient intouchables.
C'est peut-être là que résidera la vertu de cette crise. Car désormais, du moins pendant un certain temps, les investisseurs, les banques et les épargnants vont devoir retrouver quelques règles de bon sens, réduire leur appétence en termes de rendements, mieux gérer le risque et finalement favoriser une meilleure connexion entre les variables financières et les fondamentaux économiques.
« Bernie » avait donc peut-être un nom prémonitoire : la finance Mad (folle) se trouve dorénavant en position Off...
L'humeur de la semaine - 15 décembre 2008
Depuis un peu plus de deux mois, le Cac 40 est devenu une véritable girouette : - 23,9 % du 1er au 27 octobre, + 20,3 % au cours des six jours suivants, - 21,9 % du 5 au 21 novembre, + 13,2 % la semaine suivante, - 8,4 % ensuite et enfin + 4,5 % la semaine dernière. Lorsqu'en septembre dernier, nous écrivions que les amateurs des montagnes russes seraient gâtés sur les marchés boursiers, nous étions loin d'imaginer que la volatilité de ces derniers serait si forte.
Et pour cause : depuis la faillite de Lehman Brothers et la panique qui en a découlé, les investisseurs et autres intervenants sur les marchés ont perdu tous leurs repères. Si bien que leur horizon de placement s'est considérablement réduit. En effet, celui-ci ne se mesure plus en mois (comme le voudrait le fonctionnement normal des marchés boursiers), ni en semaines, ni même en jours, mais en heures. Dès lors, toute nouvelle économique, financière ou politique donne lieu à une sur-réaction extrême dans une proportion rarement rencontrée.
La raison de court-termisme viscéral est malheureusement simple : ayant perdu tous leurs repères depuis le 15 septembre, évoluant dans un brouillard complet, les investisseurs n'ont plus la possibilité matérielle de se projeter dans un avenir qui dépasse la semaine. Dès lors, ils naviguent à vue, en espérant ne pas tomber sur un récif inattendu. Le problème réside dans le fait qu'un tel comportement revient à fragiliser l'ensemble des acteurs économiques et financiers, d'où un nouvel épaississement du brouillard and the beat goes on…
Une question angoissante se pose alors : quand et comment allons nous sortir de ce cercle pernicieux ?
L'humeur de la semaine - 08 décembre 2008
Les ménages sont formidables. Qu'ils soient américains, allemands ou français, ils refusent de céder au pessimisme et indiquent une légère amélioration de leur moral dans les enquêtes de conjoncture menées auprès d'eux. Certes, aux Etats-Unis, un effet Obama a certainement joué permettant par là même aux Américains de retrouver quelques couleurs. A l'inverse, que ce soit en Allemagne et en France, aucun effet de ce genre n'est observable, même s'il est vrai que les Français pourraient trouver satisfaction à voir leur Président mis en valeur sur la scène internationale lors de la crise financière. Toujours est-il que dans un contexte d'augmentation du chômage, de morosité exacerbée des entreprises, l'augmentation du moral des ménages a de quoi surprendre. Ainsi, après avoir augmenté de deux points en octobre, l'indice de confiance des ménages français en a gagné 3 en novembre, retrouvant un « plus haut » depuis mai 2008.
Plus globalement, ce retour de l'espoir tranche avec l'effondrement du moral des chefs d'entreprise. En novembre, ce dernier a ainsi atteint un plus bas depuis octobre 1993. Pis, les perspectives générales de production des industriels français ont atteint un plus bas historique, jamais rencontré depuis la création de l'enquête INSEE dans l'industrie en 1976…
Une question s'impose alors : les ménages français sont-ils sont prozac ou bien sont-ce les chefs d'entreprise, les investisseurs financiers et les hommes politiques qui ont sombré dans un comportement dépressif et suicidaire ?
En fait, la réalité est certainement entre les deux...
L'humeur de la semaine - 07 novembre 2008
Sans surprise, la BCE a donc abaissé son taux refi de 0,5 point. Avec un niveau de 3,25 %, celui-ci retrouve donc un niveau relativement accommodant.
Il aura donc fallu attendre la baisse du PIB eurolandais au deuxième trimestre, une crise financière sans précédent et la confirmation que la zone euro est engagée dans sa plus grave récession depuis 1993 pour que la BCE comprenne la gravité de la situation.
Mieux vaut tard que jamais, pourrait-on dire. Si ce n'est que, compte tenu d'un délai de six à neuf mois entre la baisse des taux et son impact sur l'activité, la zone euro est déjà condamnée à vivre dans la récession jusqu'à l'été 2009. Cela constituera donc une récession de plus d'un an, du jamais vu depuis le second choc pétrolier.
En outre, si certains pensent encore que la baisse des taux directeurs de la BCE va permettre de relancer le crédit à tout va et, avec lui, les excès de la bulle immobilière, il faut bien leur signaler qu'actuellement, la BCE n'a plus le choix : si elle ne continue pas de baisser le taux refi, elle engagera la zone euro dans une déflation, qui est, rappelons-le, le pire des maux en économie.
Espérons donc simplement que la BCE ne retrouvera pas ses vieux démons monétaristes et qu'elle fera bien tout pour sortir l'Euroland de la léthargie. Si tel est le cas, alors peut-être qu'après avoir lancé stoptrichet.com en juin dernier, nous lancerons yestrichet.com. C'est tout le mal que nous pouvons souhaiter à notre pauvre zone euro qui s'apprête à vivre une période bien difficile.
L'humeur de la semaine - 23 octobre 2008
C'est impressionnant. Alors que les marchés financiers internationaux et leurs acteurs paniquent, alors que les gouvernements de la planète s'affolent, alors que les chefs d'entreprise broient du noir et tandis que les « meilleurs » économistes et analystes du monde se sont lancés dans une surenchère de pessimisme, les ménages français continuent de consommer.
Certes, un point ne fait pas une tendance et l'augmentation de 0,6 % de la consommation en produits manufacturés dans l'Hexagone en septembre constitue certainement un dernier baroud d'honneur avant une période difficile. Néanmoins, dans un contexte aussi noir qu'aujourd'hui, cette petite lumière prend une dimension colossale.
En effet, à côté de la crise financière la plus grave depuis 1929, les économies française et mondiale vont pouvoir bénéficier d'évolutions très favorables. A commencer par le plongeon des cours du baril et de nombreuses matières premières. Cette baisse va évidemment permettre d'améliorer le pouvoir d'achat et de relancer des dépenses qui étaient antérieurement détruites par la flambée des prix alimentaires et énergétiques.
Dans le même temps, la baisse des taux d'intérêt passée et à venir, mais aussi, pour nous Eurolandais, la baisse de l'euro vont permettre de soutenir l'activité à partir du printemps 2009. Enfin, même s'il n'est pas parfait, le plan de soutien des banques va permettre à ces dernières de refaire progressivement leur vrai métier, à savoir le financement de l'économie.
Autrement dit, après une croissance d'environ 0,9 % cette année, l'économie française commencera à redémarrer à partir du printemps-été prochain.
L'humeur de la semaine - 10 octobre 2008
Les animal spirits décrits pas Keynes dans les années 20 n'ont certainement jamais aussi bien décrit le comportement des marches qu'aujourd'hui. En effet, face à l'incertitude et à la peur, les investisseurs suivent le troupeau tête baissée, fonçant tout droit vers le vide. Les amateurs de Rabelais retrouveront ainsi sans difficultés la matérialisation des fameux moutons de Panurge.
Car, à l'instar d'un âne qui n'a pas soif ou d'un enfant gâté qui ne se rend plus compte des cadeaux que lui font ses parents, les marchés restent déprimés. Il s'agit vraiment là d'un cas d'école de Bear market, c'est-à-dire d'un marché tellement pessimiste que rien ne permet de le calmer.
Le plus important réside dans le fait qu'après s'être amusés à tester les plus bas, les investisseurs vont progressivement reprendre leurs esprits.
Pour ce faire, il suffira de quelques déclics. Une multiplication de grandes fusions-acquisitions, un retour d'investissements massifs en provenance des fonds souverains ou des fonds de private equity qui débordent de cash actuellement, une nouvelle baisse du taux refi en novembre prochain…Autrement dit, l'extrême volatilité qui persiste actuellement sur les marchés indique que ces derniers sont uniquement spéculatifs et ne regardent pas plus loin que le bout de leur nez.
Notre prévision est donc la suivante : le bear market va encore tester des plus bas dans les prochains jours, mais, progressivement, les marchés boursiers vont retrouver des couleurs, anticipant avec neuf mois d'avance la sortie d'une récession économique qui devrait malheureusement perdurer jusqu'à l'été prochain.
L'humeur de la semaine - 03 octobre 2008
Alors que nous l'annonçons depuis le début 2008 et alors que les dirigeants politiques ne cessent de se voiler la face depuis au moins aussi longtemps, l'INSEE vient de reconnaître que la France était bien entrée en récession au printemps dernier. En effet, notre Institut National de la Statistique vient d'annoncer qu'après avoir déjà reculé de 0,3 % au deuxième trimestre, le PIB français a baissé de 0,1 % au troisième trimestre et en ferait de même au quatrième. Autrement dit, non seulement la définition technique de la récession (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB) est réalisée, mais bien pire, cette récession s'avère durable et profonde.
Pourtant, en dépit de ces évidences, ni les dirigeants du pays, ni les statisticiens de l'INSEE ni même de trop nombreux économistes n'osent encore accepter la réalité et parler de récession. Nous restons donc dans le comportement « tartuffien » que nous avions déjà dénoncé dans notre Humeur du 8 août intitulé « Cachez cette récession que je ne saurais voir ».
Face à ces constats déplorables, seuls des sentiments de déception et de gâchis peuvent émerger et ce, au sein même des partisans de l'actuelle majorité, sachant qu'il faut reconnaître que l'opposition n'aurait certainement pas fait mieux. Dans ce cadre, plutôt que de se focaliser sur les méchants « voyous » de la finance et sur les difficultés américaines, les dirigeants français devraient plutôt penser à dire la vérité aux Français et à leur expliquer comment ils comptent sortir de la crise, si possible en conservant une certaine cohésion européenne. Sinon, ce n'est pas seulement la santé économique de la France qui est en question mais aussi la stabilité de la zone euro.
L'humeur de la semaine - 25 septembre 2008
L'humeur de la semaine - 05 septembre 2008
Chaque jour sur les marchés, les ours (bears) et les taureaux (bulls) s'affrontent, les premiers défendant violemment le pessimisme et la déprime boursière, les seconds tentant de démontrer le contraire et de croire en l'avenir. Cette sémantique animalière ne fait finalement que refléter les animal spirits (instincts animaux) explicités par Keynes dans les années 1920 pour expliquer le mimétisme qui prévaut structurellement sur les marchés financiers. En effet, il arrive très régulièrement et de manière structurelle que le combat entre les bulls et les bears soit perdu ou gagné d'avance. Il s'agit alors de périodes de bulle au cours desquelles le pessimisme est oublié ou du moins galvaudé, et de l'autre côté du prisme des possibles, des situations de krach brutal ou rampant, pendant lesquelles la moindre lueur d'espoir est honnie.
C'est d'ailleurs ce que nous venons de vivre depuis environ un an.
Pis, après le retour de l'espoir, le bear market a repris du poil de la bête cette semaine.
Pour autant, le plus important réside dans le fait qu'à l'inverse de ce qui s'observe depuis un an, les bearish ne sont plus dominateurs. Ils sont certes encore majoritaires, mais insuffisamment pour empêcher l'espoir de renaître. Autrement dit, le combat entre les bulls et les bears peut désormais reprendre.
L'issue du match est évidemment loin d'être acquise, mais les investisseurs ne sont désormais plus obligés de regarder dans un seul et même sens.
Après encore deux à trois mois de forte volatilité avec régulièrement des poussées de fièvre baissière, l'horizon boursier devrait donc progressivement se dégager pour la fin 2008 et surtout en 2009. Mais chut, il ne faut pas trop le crier sur les toits, cela pourrait irriter les nombreux bearish qui sévissent encore sur les marchés. Et chacun sait qu'un ours énervé peut devenir très méchant…
L'humeur de la semaine - 29 août 2008
Depuis trois mois, la France ne cesse de jouer de malchance : élimination de son équipe de football dès le premier tour de l'euro 2008. torpillage de la Présidence française de l'Union européenne par le Non Irlandais, .temps exécrable sur la majorité de son territoire cet été, et surtout baisse de 0,3 % de son PIB au cours du deuxième trimestre. Pis, l'évolution récente des indicateurs avancés de la conjoncture (que ce soit dans l'industrie, les services ou encore la construction) indique qu'une variation nulle ou négative du PIB est également sur le point d'être enregistrée au troisième trimestre.
Bref, si l'on ajoute à cette liste déjà longue de calamités, la dixième place de la France aux Jeux Olympiques (l'une de ses plus mauvaises performances depuis plus de vingt ans), ainsi que les pertes humaines de l'armée française en Afghanistan ou encore le peu de poids de la diplomatie française dans le conflit géorgien, il y a vraiment de quoi se poser la question : la France aurait-elle attrapé la scoumoune ?
Sans avoir, par définition, de réponse précise à cette question, mais pour au moins tenter de conjurer le mauvais sort et essayer de désamorcer une rentrée sociale qui s'annonce extrêmement chaude, nous aurions donc été en droit d'attendre que le gouvernement prenne une ou plusieurs mesures populaires consensuelles et surtout efficaces.
Mais non ! Peut-être par volonté de mettre de l'huile sur le feu, à moins que ce ne soit pour relancer la lutte des classes ou tout simplement par dilettantisme, la France a décidé d'augmenter encore la pression fiscale qui pèse sur son économie
Il ne faudra donc pas s'étonner si la récession qui a commencé dans l'Hexagone au deuxième trimestre se prolonge au moins jusqu'au printemps prochain. Scoumoune ou pas, nos dirigeants politiques l'auront bien cherché.
L'humeur de la semaine - 15 août 2008
- 0,5 % en Allemagne, - 0,3 % tant en France qu'en Italie, - 0,2 % pour l'ensemble de la zone euro. Non, il ne s'agit pas d'un simple trou d'air, mais bien d'une récession.
En fait, la baisse du PIB eurolandais aurait été encore plus forte, si Chypre, l'Autriche et le Portugal et certainement la Slovénie et Malte n'avaient pas sauvé sa mise. La zone euro tirée par ses petits pays ?! Etonnant. Il faudra donc surveiller la révision des comptes nationaux qui risque donc de s'avérer baissière.
Dire qu'il y a à peine trois mois, nous étions parmi les très rares à annoncer le risque d'une baisse du PIB en France et dans la zone euro. Dire qu'il y a encore quelques jours, nous étions les seuls avec la Bank of America à annoncer une baisse du PIB français pour le deuxième trimestre 2008.
Et pourtant ! Non seulement le PIB français a reculé au deuxième trimestre, mais bien plus que les 0,1 % que nous anticipions, sa chute a atteint 0,3 %. Pis, sans la contribution positive de la formation de stocks, la variation du PIB français aurait été de - 0,6 %.
Compte tenu des chocs qu'il faudra encore digérer (dégonflement de la bulle immobilière en France, en Espagne, en Irlande, ralentissement de la croissance mondiale, hausse du chômage, euro et pétrole toujours trop chers malgré leur baisse récente …), le rebond ne commencera au mieux qu'au printemps 2009.
En termes de « performances » de croissance, cela se traduira par une progression annuelle du PIB français d'environ 1,3 % cette année (notons d'ailleurs que l'acquis de croissance n'est que de 0,9 % à la fin du deuxième trimestre) et 1,2 % en 2009. Dans ce cadre, le taux de chômage devrait retrouver la barre des 8 % courant 2009 et le déficit public devrait dépasser les 3 % du PIB tant cette année que l'an prochain.
Dans la zone euro, les résultats seraient à peine meilleurs, avec une hausse de 1,4 % cette année et de 1,3 % en 2009...
L'humeur de la semaine - 08 août 2008
Lorsqu'il y a environ six mois, nous écrivions dans ces mêmes colonnes que les Etats-Unis devraient éviter la forte récession mais que c'était plutôt la zone euro qui était menacée par cette dernière, nous n'étions pas pris au sérieux. Lorsqu'il y a trois mois, nous exprimions notre agacement à l'égard d'une BCE sourde à la réalité économique, qui ne cessait de répéter que la croissance eurolandaise se portait durablement à merveille, on nous demandait de nous taire. Et pourtant !
Depuis quelques semaines, les économistes, les investisseurs internationaux et autres observateurs économiques semblent avoir découvert l'eau chaude. Aussi se réveillent-ils avec fracas en annonçant à hue et a dia que la récession menace dangereusement la zone euro.
Loin de nous l'idée de nous vanter ou de donner des leçons à qui que ce soit. Depuis quinze ans, nous faisons chaque début d'année, le bilan de nos prévisions et nous savons que la prévision économique est une leçon d'humilité permanente. D'ailleurs, en ce qui concerne notre anticipation d'un fort ralentissement voire d'une récession pour la zone euro cette année, nous n'avons que peu de mérite. En effet, pour établir nos prévisions, nous ne disposons pas de boule de cristal, nous utilisons simplement les statistiques disponibles que nous transformons en indicateurs avancés de la croissance à venir. Ainsi, dès février dernier, au regard de ces derniers, il était objectivement clair que la zone euro était menacée sinon par la récession, du moins par un très fort ralentissement. Et ce d'autant que l'absence de réactivité de la part des autorités monétaires et budgétaires aggravaient de jour en jour la situation. Cette perspective était évidemment encore plus claire il y a trois mois.
Mais non, à l'instar du Tartuffe de Molière qui feignait de ne pas voir la réalité pour mieux servir sa cause et ses vices, de trop nombreux dirigeants eurolandais se sont complu dans leur dogmatisme refusant d'admettre l'inévitable...
L'humeur de la semaine - 01 août 2008
Avant tout, nous nous devons de signaler à ceux qui, comme nous, sont des Européens de la première heure, que les réalités décrites dans les quelques lignes à venir sont très dures à supporter.
En effet, depuis quinze ans, les matchs économiques Etats-Unis/Europe se suivent et se ressemblent. A chaque fois, l'écroulement de l'Oncle Sam est annoncé, tandis que la résistance (transformée dernièrement en « résilience ») de l'économie européenne est avancée. Et pourtant, à chaque fois, c'est exactement l'inverse qui se produit.
La première expérience de ce type remonte à 1995. En 2002, bis repetita. Les Etats-Unis apparaissent sonnés par la récession de 2001 et les attentats du 11 septembre, tandis que la zone euro est très souvent présentée comme un havre de stabilité, de croissance forte et d'inflation limitée. Le résultat est le même qu'en 1995 : l'économie américaine repart dès 2002 et retrouve le chemin d'une croissance supérieure à 3 % à partir de 2003.
Et ce n'est malheureusement pas terminé. Car, l'histoire se répète une troisième fois.
La réponse à cette triste situation est malheureusement simple : aux Etats-Unis, tout est fait pour la croissance et l'emploi, tout en sachant que dès que ceux-ci sont de retour, la politique économique cesse d'être accommodante. Dans la zone euro, il n'en est rien : le dogmatisme ne cesse de primer sur le pragmatisme, tant en matière de politique monétaire que de politique budgétaire, de stratégie de change ou encore de vision du monde. En d'autres termes, nous préférons mourir guéris plutôt que de vivre avec une ou deux cicatrices sur le dos. Quel dommage !
L'humeur de la semaine - 25 juillet 2008
Et ca continue, encore et encore... Malheureusement, les statistiques relatives à l'économie française se suivent et se ressemblent : elles ne cessent de décrire une activité fragile et de plus en plus moribonde. Cette semaine n'a pas dérogé à cette triste règle. Ainsi, alors qu'elle aurait pu être marquée par la ratification parlementaire de la Loi de Modernisation Economique (LME), cette troisième semaine de juillet restera certainement ancrée dans les esprits comme celle qui a confirmé le plongeon de l'économie française au mieux vers la stagnation, au pire vers la récession.
En effet, après le plongeon de la production industrielle en mai et le nouveau record de déficit extérieur pour le même mois, la consommation en produits manufacturés a reculé de 0,4 % en juin, en dépit du début des soldes.
Pis, le climat des affaires dans l'industrie hexagonale s'est nettement détérioré en juillet. En effet, après avoir réussi tant bien que mal à se maintenir au-dessus de la barre des 100 (qui représente sa moyenne de longue période) depuis 2005, l'indice synthétique de l'enquête INSEE dans l'industrie a désormais cassé cette ligne de résistance. Avec un niveau de 98 en juillet, il retrouve donc un plus bas depuis mai 2005 et se rapproche dangereusement des planchers des années 2003 et 1993, c'est-à-dire les dernières phases de récession ou quasi-récession observées dans l'Hexagone.
Dans ce cadre, nous sommes contraints de réviser en baisse de 0,1 point nos prévisions de croissance du PIB français, qui sont désormais de 1,5 % cette année et 1,4 % pour l'an prochain, tout en sachant qu'au regard des dernières statistiques publiées, ces prévisions demeurent encore optimistes et pourraient donc bien être à nouveau révisées en baisse dans les prochains mois…
L'humeur de la semaine - 10 juillet 2008
Ce qui devait arriver arriva et arrivera. C'est malheureusement la triste synthèse des statistiques récentes et à venir de l'économie française. En effet, après le plongeon de la confiance des ménages et des chefs d'entreprise tant dans l'industrie que dans les services, après le nouveau record historique du déficit extérieur et avant la rechute de la consommation en juin, la production industrielle française a enregistré un plongeon de 2,6 % sur le seul mois de mai.
Il s'agit là de son plus mauvais résultat depuis les - 2,7 % d'octobre 2005, le précédent record remontant à octobre 1988 à - 2,8 %. Autrement dit, sur les vingt dernières années, il s'agit de la troisième plus mauvaise « performance » réalisée par la production industrielle française.
Au-delà des chiffres de la production, il faut bien comprendre que ces évolutions devraient rapidement se traduire par des réductions d'emplois conséquentes à partir de septembre, ce qui réduira encore un pouvoir d'achat déjà bien amputé et accroîtra de facto les risques sociaux.
Dans ce contexte bien triste, il n'y a donc plus grand chose à ajouter si ce n'est que la France est certainement à la veille d'une crise sans précédent depuis la récession de 1993. Nos prévisions d'une croissance française de 1,6 % cette année et de 1,5 % l'an prochain risquent donc de s'avérer bien trop optimistes…
Pour ceux qui ont la chance de partir en vacances, profitons-en bien car, après un été déjà très chaud sur les marchés (cf. L'Humeur de la semaine dernière), la rentrée aussi devrait être très mouvementée…
L'humeur de la semaine - 04 juillet 2008
« Pourquoi a-t-on créé les économistes ? Pour que les météorologues ne soient pas les seuls à se tromper ». Au-delà de cette boutade bien connue (qui rappelle néanmoins que les économistes doivent avant tout faire des prévisions et pas seulement se résoudre à décrire le passé, tout en étant constamment habités par un esprit d'humilité), il y a depuis quelques années une nouvelle similitude entre ces deux professions.
En effet, depuis le réchauffement climatique et surtout depuis la canicule de 2003, au début de chaque période estivale, tant les météorologues que les économistes, prévisionnistes et autres devins en tous genres nous annoncent que l'été sera chaud. Et sur ce point, il faut reconnaître que les seconds se sont un peu moins trompés que les premiers. Car, si, climatiquement, les derniers étés ont été plutôt frais, en économie et sur les marchés financiers au sens large, les étés ont été de plus en plus caniculaires.
La question est alors de savoir si, au cours de l'été 2008, un nouveau cran sur l'échelle de la panique et de la défiance sera atteint. Il faut reconnaître que tous les ingrédients pour y parvenir sont là.
Autrement dit, il est clair que les « bearish » ont de quoi passer un été formidable. Pourtant, ne l'oublions pas, le pire n'est jamais certain et de l'obscurité actuelle pourrait bien naître la lumière. Evidemment nous ne sommes pas devins et nous ne nous aventurerons pas à des spéculations sur l'activité cyclonique, sur l'occurrence de frappes militaires en Iran ou encore sur l'organisation d'attentats pendant les JO de Pékin.
En revanche, nous avons la possibilité et surtout le devoir d'annoncer quelques dates phares qui marqueront inévitablement cet été 2008 d'un point de vue économique et financier. En fait, il y en aura deux...
L'humeur de la semaine - 27 juin 2008
A l'évidence, la France n'a vraiment pas brillé sur la scène européenne au cours du premier semestre 2008 : perte d'une place dans le classement de la croissance européenne, désormais juste derrière le Portugal et juste devant l'Italie qui s'enracine à la dernière place ; dégradation des relations franco-allemandes, par manque d'engagement clair de l'Hexagone en matière de réformes de la dépense publique ; et enfin élimination dès le premier tour de l'Euro 2008 en n'ayant marqué que deux buts, dont un contre son camp…
Mais, c'est promis, du moins au dire de nos dirigeants politiques, tout ceci n'est que de l'histoire ancienne, car la France va nettement se rattraper lors du second semestre au cours duquel elle assurera (pour la douzième fois de son histoire) la Présidence de l'Union européenne. En effet, et comme d'habitude, les promesses françaises sont ambitieuses : canalisation positive de l'immigration, politique active de l'environnement, réforme des Institutions européennes, redéfinition de la stratégie de défense, refonte de la politique agricole commune… Malheureusement, et comme d'habitude également, toutes ces promesses risquent de rester bien loin de la réalité.
Pour nous consoler, nous pourrons toujours admirer la Tour Eiffel qui, pour fêter la Présidence européenne de la France, sera illuminée en bleu. C'est d'ailleurs certainement LA mesure française que retiendront le plus les Européens au cours des six prochains mois.
L'apport principal de la France à la construction européenne ne sera donc ni dans l'économie ni dans le politique, mais dans le bling bling. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a…
L'humeur de la semaine - 20 juin 2008
A force d'avoir été annoncée presque partout et notamment par de nombreux « spécialistes très éminents », la récession risque bien de faire son grand retour. Cependant, alors qu'une large majorité de prévisionnistes l'attendait aux Etats-Unis (elle devait même être la plus grave depuis l'après-guerre), c'est finalement en Europe que la probabilité du retour de la récession est la plus forte.
Certes, l'Oncle Sam n'est pas encore complètement sorti d'affaire. Ainsi, la nouvelle baisse de la production industrielle et des mises en chantier en mai confirme que la croissance restera très molle au deuxième trimestre. Néanmoins, le scénario de forte baisse du PIB américain pendant au moins deux trimestres s'est considérablement éloigné.
C'est du moins ce qu'a dernièrement indiqué la remontée des indices ISM des directeurs d'achat dans l'industrie et les services, mais aussi la relance des ventes au détail. Dans ces conditions, après avoir avoisiné les 1,8 % cette année, la croissance américaine devrait retrouver son niveau structurel dès 2009, en l'occurrence autour de 3 %.
En Europe malheureusement, la situation est toute autre. Evidemment, partant d'une croissance structurelle d'environ 1,8 %, il est mécaniquement difficile de faire des étincelles et d'atteindre les 3 % de croissance. Mais surtout, après avoir atteint 2,7 % l'an passé, en particulier grâce à l'économie allemande, il est désormais temps de repasser sous les 2 %, voire sous les 1 % à l'horizon du début 2009.
En effet, dans la mesure où rien n'est fait pour tenter de redresser la barre, il n'y a aucune raison qu'une reprise se produise. Autrement dit, alors que les Etats-Unis continuent de bénéficier de toutes les armes de politique économique (baisse des taux monétaires, assouplissements fiscaux et dollar faible), la zone euro n'en dispose d'aucune, voire les utilise contre elle.
L'humeur de la semaine - 13 juin 2008
Remontée des taux de la BCE en juillet, certainement à l'automne pour la Réserve fédérale, américaine, retour des rumeurs sur l'Iran, risque de nouvelle flambée des cours du pétrole, craintes de nouvelles dévalorisations d'actifs pour les banques américaines et européennes, relance de la crise du crédit, notamment via les cartes bancaires, puis assèchement de la consommation, notamment outre-Atlantique, menaces terroristes prises très au sérieux par les autorités chinoises à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin…
Et pour couronner le tout, nous sommes vendredi 13…
A l'évidence, cet été 2008 s'annonce très mal. Après une belle remontée en mai, les marchés boursiers ont d'ailleurs retrouvé le chemin de la baisse, alimentant le moulin des bearish (« baissiers ») et donnant envie aux rares optimistes esseulés de jeter l'éponge.
Ce n'est pourtant pas ce que nous ferons. Nous préférons au contraire souligner que les prémices du rebond sont déjà présents tant sur les marchés financiers que sur l'économie américaine. En effet, avant même que les Américains aient reçus majoritairement leur chèque de crédit d'impôts, les ventes au détail ont déjà bondi de 1 % en mai, et ce après avoir également augmenté de 0,5 % en mars et 0,4 % en avril. Les mauvaises langues diront que l'augmentation du prix de l'essence a mécaniquement gonflé ce chiffre. Pourtant, hors consommation d'essence, les ventes au détail augmentent tout de même de 0,8 % !
Autrement dit, le scénario d'une baisse durable du PIB américain qui était majoritairement annoncé il y a peu a bien fini par fondre comme neige au soleil. Histoire de rappeler que les Cassandres n'ont pas toujours raison. Ainsi, après avoir atteint au moins 1,8 % cette année (contre rappelons-le, 0,5 % annoncé il y a peu par le FMI), la croissance américaine devrait bien retrouver son niveau potentiel à l'horizon 2009, en l'occurrence 3 %.
L'humeur de la semaine - 06 juin 2008
Après plus de quinze ans d'absence sur les podiums des craintes économiques mondiales, l'inflation a fait dernièrement son grand retour.
Selon certains, bien souvent ceux qui écrivaient il y a peu que l'inflation était définitivement vaincue, nous serions même à la veille d'un mouvement international d'hyperinflation. Leur raisonnement apparaît imparable. La faible inflation observée de 1993 à 2007 était principalement due à la faiblesse des cours du baril et des matières premières au sens large ainsi qu'à la désinflation importée liée aux faibles coûts de la main-d'œuvre des pays émergents. Dès lors, à présent que le pétrole et les autres « commodities » flambent, mais aussi que les salaires dans les pays émergents commencent à augmenter, le cercle vertueux de la faible inflation des années 90 va laisser place à la spirale infernale de l'inflation galopante qui ne ferait donc que commencer. Forts des derniers chiffres d'inflation dans la zone euro, aux Etats-Unis et dans de nombreux pays émergents, certains n'hésitent plus à parler de fléau inflationniste durable tout en félicitant chaudement Jean-Claude Trichet qui aurait donc été le seul à anticiper ce mouvement.
Au-delà de la satisfaction de savoir que le meilleur économiste du monde est un Français, cette théorie très à la mode du retour de l'hyperinflation nous paraît cependant excessive. Et ce, pour au moins quatre raisons que nous explicitons ci-après.
Aussi, ne nous trompons donc pas d'ennemi : le fléau qui nous menace le plus aujourd'hui ne réside pas dans l'inflation mais dans la faiblesse de la croissance et de l'emploi.
L'humeur de la semaine - 30 mai 2008
L'humeur de la semaine - 23 mai 2008
C'est certainement LA révolution économique (du moins en apparence) de l'actuelle législature, à savoir l'interdiction constitutionnelle du déficit budgétaire en France. Malheureusement, et comme souvent dans l'histoire économico-politique française, cette révolution n'est qu'apparente et relève plus de la communication politique que de la crédibilité économique. Tout d'abord, si elle votée, cette réforme ne s'appliquera qu'à l'horizon 2012. D'ores et déjà, il est donc clair que les dirigeants actuels du pays n'auront pas à gérer cette « révolution » apparente, à moins qu'ils soient tous reconduits au pouvoir en 2012. En outre, au-delà du choc des mots, la réalité de cette annonce est beaucoup moins percutante qu'on pourrait le penser.
Enfin, avant de se fixer un objectif ambitieux, il faut s'en donner les moyens. Et, à l'instar des politiques pratiquées depuis vingt cinq ans dans l'Hexagone, ce n'est certainement pas les mesures de colmatages de brèches annoncées dernièrement qui permettront d'atteindre l'équilibre budgétaire. Pour y parvenir, il faut au contraire agir en amont des déficits, c'est-à-dire au niveau du fonctionnement des administrations publiques. Et ce, notamment, en introduisant des règles d'efficacité économique qui font qu'une dépense n'est engagée que si son efficacité économique et/ou sociale est prouvée. En outre, cette révolution doit également passer par un système de péréquation des dépenses qui permettrait de réallouer les fonds d'une administration en excédent vers une administration en déficit plutôt que de forcer la première à dépenser des fonds dont elle n'a plus besoin et à condition que ces sommes soit réallouées de façon efficace. Autrement dit, il suffirait d'introduire simplement un peu de bon sens et d'optimisation des dépenses dans les administrations publiques pour que ces dernières atteignent rapidement et durablement l'équilibre.
L'humeur de la semaine - 16 mai 2008
Il faut le reconnaître, nous n'avions pas anticipé que la croissance du PIB français atteindrait 0,6 % au premier trimestre 2008. Notre prévision d'une augmentation de seulement 0,3 % n'a donc pas été validée. Et le fait que le consensus prévoyait également une croissance faible à 0,4 % n'est évidemment pas suffisant pour nous réconforter. En fait, face à ce décalage, deux types de comportement sont possibles. Soit celui du profil bas et du retournement de veste, via une révision fortement haussière de notre prévision de croissance pour 2008 ; soit celui de la franchise qui nous impose de souligner que les comptes nationaux du premier trimestre nous paraissent mystérieux et nous amènent à appeler à la prudence : Non ! Madame Lagarde, ne criez pas victoire trop vite.
Certes, à l'instar de la mauvaise fois de certains prévisionnistes qui, n'ayant pas anticipé la résistance de la croissance américaine au cours des derniers trimestres, ont annoncé que les chiffres étaient faux, nous pourrions également apparaître mauvais perdants.

Pourtant, tel n'est pas notre cas. En effet, nous n'avons d'autres choix que d'accepter les chiffres de l'INSEE et de les considérer comme vrais. Néanmoins, il est également de notre devoir de souligner certaines anomalies dans les comptes nationaux français du premier trimestre.
Voilà pourquoi nous sommes malheureusement contraints de maintenir notre scénario d'une croissance molle, c'est-à-dire inférieure à 1,8 % cette année et d'un taux de chômage qui continuera d'augmenter au cours des prochains trimestres. Après la magie des comptes nationaux du premier trimestre, il faudra donc bien redescendre sur terre…
L'humeur de la semaine - 09 mai 2008
Ce dicton populaire bien connu a rarement été aussi juste qu'en ce mois de mai 2008. Non parce qu'il correspond au quarantième anniversaire de mai 68. Non parce que le printemps semble enfin arriver dans le ciel hexagonale. Non parce que les investisseurs boursiers semblent également retrouver quelque espoir. Mais surtout parce que le nombre de jours travaillés risque d'être l'un des plus faibles de l'histoire française récente.
Il s'agit d'ailleurs peut-être là d'un aperçu de ce qui attend l'économie française à l'horizon des quinze prochaines années. A savoir, de moins en moins d'industrie, de services aux entreprises, de recherche de pointe et aussi de moins en moins de travail. «En échange », la France aura droit à de plus en plus de loisirs, de tourisme, de services à la personne… Bref, la France deviendra un géant Disneyland où le mois de mai durera toute l'année.
Peut-être idyllique pour certains, il faut néanmoins savoir que moins un pays travaille, moins son PIB augmente et plus le pouvoir d'achat se dégrade. Au cours des vingt dernières années, la France est d'ailleurs l'un des seuls pays au monde où le volume d'heures travaillées a baissé (- 8 %). Or, sur la même période, ce dernier agrégat a augmenté de 42 % aux Etats-Unis. Coïncidence qui n'en est pas une, toujours sur ces vingt années, l'écart de croissance entre la France et les Etats-Unis atteint 50 % (de moins pour nous bien entendu), soit le même écart que celui observé en matière de volume d'heures travaillées.
Nous retrouvons là l'une des règles de base de l'économie et plus globalement de la vie : on n'a que ce que l'on mérite. Mais comme le dit la chanson : chacun fait ce qui lui plaît, surtout au mois de mai…
L'humeur de la semaine - 02 mai 2008
L'humeur de la semaine - 16 avril 2008
Lors du sommet économique et financier du G7 dernier, une surprise de taille s'est produite : pour l'une des rares fois depuis le début des années 90, les dirigeants économiques et monétaires des soi-disant sept pays les plus riches de la planète ont osé l'impensable : rédiger un communiqué officiel faisant état de leur inquiétude quant à l'évolution excessive des devises internationales…
Dans un premier temps, les marchés des changes ont réagi positivement en stoppant la nouvelle tendance baissière de l'euro/dollar. En deux jours, ce dernier est ainsi passé de 1,59 dollar pour un euro à 1,57.
Malheureusement, cette accalmie n'a été que de courte durée. En effet, les membres du G7 ont beau essayer de sauver les apparences, leur impuissance est criante. Et pour cause : tant que la BCE ne baissera pas ses taux, les marchés auront des raisons objectives de spéculer à la hausse sur l'euro, et ce tant contre le dollar mais aussi dernièrement contre la livre sterling.
Cette situation ne fait d'ailleurs que refléter la triste réalité entre une Réserve fédérale et une Banque d'Angleterre qui réagissent et essaient d'éviter le pire et une BCE qui refuse toujours de voir le ralentissement de la zone euro, ignore les risques qui pèsent sur les banques eurolandaises et, par là même, sur la stabilité financière et l'activité économique.
Plus globalement, il est malheureusement clair qu'à l'instar du FMI, le G7 ne représente plus grand chose et n'a surtout plus beaucoup de moyens d'action. Il n'est finalement que l'un des derniers avatars d'anciennes puissances, désormais en déclin, qui n'arrivent même pas à se mettre d'accord pour éviter de sombrer dans la récession, au grand dam des marchés et dans un contexte où les pays émergents continuent sur leur lancée.
L'humeur de la semaine - 04 avril 2008
A l'instar de la spéculation qui fait partie intégrante de la vie des marchés financiers, les phénomènes de bulles et réciproquement de krach sont inévitables. Ils correspondent simplement au fait que la vie économique et financière est incertaine et que les investisseurs sont mus par ce que Keynes appelait les animal spirits, c'est-à-dire les instincts animaux qui font que, dans le doute, le mimétisme est préféré à la rationalité économique.
Vouloir lutter contre les bulles serait donc par définition voué à l'échec, à moins de vouloir fermer les marchés financiers. Dans la mesure où ce dernier cas de figure paraît peu probable et surtout peu souhaitable, le travail des économistes et analystes consiste alors à identifier ces bulles et, autant que faire se peut, à essayer de prévoir leur dégonflement et le cas échéant l'ampleur et la brutalité de ce dernier.
En fait, sans remonter à la bulle de la tulipe hollandaise du 17ème siècle, il est possible d'observer que, généralement, les bulles s'enchaînent les unes aux autres, avec plus ou moins de conséquences néfastes. Ainsi, à la bulle immobilière américaine de la fin des années 80 et du début des années 90 a succédé la bulle des pays émergents qui a très vite éclaté pour donner ensuite naissance à la bulle internet, qui a, elle-même, été suivie par une nouvelle bulle immobilière qui est donc en train de se dégonfler depuis 2006, ce qui a immédiatement donné naissance à une autre bulle sur les matières premières...
L'humeur de la semaine - 07 mars 2008
Comme nous l'évoquions il y a deux semaines dans cette même rubrique, il est de plus en plus difficile de garder espoir quant à l'évolution de la croissance mondiale et des marchés boursiers internationaux. Au fil des jours, les bataillons de « bearish » se garnissent et les résistants à ce pessimisme généralisé se font de plus en plus rares.
Néanmoins, quitte à rester, comme en 2002-2003, parmi les derniers résistants au pessimisme noir, nous préférons plutôt regarder plus loin, c'est-à-dire vers le second semestre 2008 et a fortiori la fin d'année. Car, à partir de mai-juin prochains, l'économie américaine commencera à bénéficier du policy mix accommodant et par là même à rebondir. Dès lors, les investisseurs se ressaisiront et reprendront le sens des réalités et des responsabilités, en délaissant les stratégies court-termistes et la spéculation sur les marchés de matières premières pour retrouver leur rôle, à savoir le financement de l'économie. De quoi relancer l'économie américaine et les marchés dès l'été prochain, mouvement qui s'amplifiera en fin d'année.
C'est pourquoi, plutôt que d'annoncer un scénario catastrophe évidemment possible mais loin d'être certain, nous anticipons que la fin 2008 nous permettra de retrouver l'espoir et par là même de nous détendre. Nous pourrons alors dire que la fin des temps aura donc bien été évitée en 2008 et qualifier plutôt cette année par trois autres mots : la fin détend…
L'humeur de la semaine - 29 février 2008
C'est fait ! Après quelques semaines de repli et de répit, les marchés ont finalement réussi à atteindre un de leurs objectifs tant attendus depuis des mois, en l'occurrence le franchissement de la barre des 1,50 dollar : il faut donc désormais « débourser » 1,52 dollar pour se procurer un euro.
Une fois de plus, les stratégies chartistes, spéculatives et court-termistes ont pris le dessus sur les fondamentaux économiques. En effet, peu importe que le niveau économique justifié de l'euro soit de 1,05 dollar selon la parité des pouvoirs d'achat. Peu importe que celui obtenu par le calcul du Natrex (Natural Exchange Rate, c'est-à-dire le niveau d'équilibre au regard des différences de soldes des comptes courants, d'épargne et de croissance entre les Etats-Unis et la zone euro) soit compris entre 1,15 et 1,20 dollar. Peu importe également que, sur les trente dernières années, le niveau moyen de l'euro/dollar soit de 1,13. Peu importe enfin que cet euro excessivement cher et, réciproquement, ce dollar de combat accentuent le ralentissement eurolandais et permettent à l'économie américaine de redémarrer encore plus fort. Et ce, sachant que cette dernière dispose déjà des soutiens majeurs du fort assouplissement monétaire de la Fed et d'une relance fiscale de plus de 160 milliards de dollars, alors que l'Euroland ne peut compter que sur les exportations allemandes pour éviter un écroulement massif.
Non, tout ça n'est rien à côté de la volonté des marchés, ou plutôt de leur manque de discernement économique...
L'humeur de la semaine - 22 février 2008
Noir c'est noir ! Qu'ils soient Français, Américains, Européens, la plupart des investisseurs, gérants, économistes, analystes et autres acteurs des marchés apparaissent unanimes : 2008 sera une année de récession, de crise bancaire, de déprime boursière, voire pour certains de dépression au moins aussi forte qu'après le krach de 1929. Bref, à les entendre, il n'y a qu'une chose à faire : prendre neuf mois de vacances et revenir en 2009 quant tout ira mieux…
Ce qui est particulièrement intéressant réside dans le fait qu'il y a un peu plus d'un an, ce même consensus annonçait que tout allait bien et que nous étions proches de la surchauffe : la croissance devait rester forte, les banques étaient solidement ancrées sur le chemin des forts profits et les prix immobiliers n'avaient aucune raison de baisser… Ce qui était donc encensé hier se retrouve brûlé aujourd'hui. Pis, tout est prétexte à pessimisme et les bonnes nouvelles, certes très relatives dans le sombre contexte actuel, sont occultées.
Bien entendu, il serait absurde de se voiler la face et de pas prendre la mesure des dangers qui menacent la planète économique mondiale.
De là à imaginer que le système capitaliste va s'écrouler et que nous sommes à la veille d'une profonde dépression, il y a néanmoins un grand pas, que nous refusons de faire. Non par volonté d'optimisme obstiné, mais simplement par souci de réalisme et pour ne pas tomber dans le panurgisme habituel qui fait, il est vrai, le charme des marchés…
L'humeur de la semaine - 07 février 2008
L'humeur de la semaine - 11 janvier 2008
Comme chaque début d'année, les analystes, prévisionnistes et autres « devins » se livrent à l'exercice difficile d'établir des prévisions pour l'année qui commence. Dans cet exercice, il y a les pessimistes invétérés, les optimistes idéalistes, ceux qui veulent simplement se faire remarquer en annonçant les scénarii les plus extrêmes possibles et puis ceux, dont nous essayons de faire partie depuis des années, qui tentent de réaliser des prévisions les plus justes possibles. Avec évidemment des satisfactions et des déceptions.
En fait, seules trois règles doivent primer en matière de prévision : l'indépendance, la précision de l'engagement et la fiabilité de l'argumentaire.
Pourtant, aujourd'hui et bien loin de toutes ces règles, les prévisions généralement diffusées annoncent que 2008 sera une année de récession, de nouvelle hausse des cours du baril, d'hyper-inflation et de dégringolade boursière.
Tel n'est pas notre scénario. En effet, si cette nouvelle année commence dans l'obscurité (sauf pour l'Asie dite « émergente », qui continuera de jouir d'un dynamisme certes amoindri mais très appréciable), la lumière devrait progressivement percer, puis s'imposer, d'abord outre-Atlantique et sur les marchés financiers, puis dans la zone euro. A l'inverse de son cycle naturel, le soleil devrait donc se lever à l'Ouest, c'est-à-dire aux Etats-Unis, pour finir (enfin !) par traverser l'Atlantique, avec, comme d'habitude, retard et moindre intensité. On n'a que ce qu'on mérite…
L'humeur de la semaine - 04 janvier 2008
Les dirigeants français, à commencer par le premier d'entre eux, ont beau arborer un large sourire et annoncer que la croissance est sur la bonne voie, les Français n'y croient absolument pas. Pis, ils sont de plus en plus inquiets quant à leur avenir. Ainsi, après avoir déjà chuté de cinq points en novembre et de quinze points depuis juin dernier, l'indice de confiance des ménages calculé par l'INSEE en a encore perdu un en décembre. Avec un niveau de -29, il se rapproche encore un peu plus de son plancher de - 33 atteint en novembre 2005 lorsque la croissance du PIB « culminait » à 1,5 %.
Autrement dit, ni la fin des grèves, ni les fêtes de fin d'année, ni même le nouveau bonheur affiché du Président n'ont permis aux Français de retrouver le sourire.
C'est certainement là l'un des grands dangers qui menacent la société française pour 2008. Car, jusqu'à présent, les ménages étaient prêts à avaler un maximum de couleuvres, dans la mesure où, en contrepartie d'une pression fiscale forte, ils avaient le sentiment d'être financièrement protégés. Aujourd'hui, la donne a changé, dans la mesure où les Français ont vraiment pris conscience de l'appauvrissement qu'ils sont en train de subir depuis trois ans.
D'ailleurs, au-delà du sentiment de défiance et de crainte dont font preuve les ménages, ils ont déjà commencé à joindre l'acte à la pensée. Ainsi, après avoir déjà baissé de 1,4 % de septembre à novembre et même si un rebond est probable pour les fêtes de décembre et les soldes de janvier, la consommation des ménages risque de connaître une année 2008 très difficile.
L'humeur de la semaine - 18 décembre 2007
L'humeur de la semaine - 13 décembre 2007
Les analyses hebdomadaires
Comme nous l’espérions la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, le pire a bien été évité lors des élections présidentielles françaises. En effet, le duel « Le Pen - Mélenchon », un temps craint pour le deuxième tour n’aura pas lieu. Ouf ! Certes, le scénario idéal « Macron - Fillon », qui aurait pu déboucher sur un vrai débat d’idées, digne de la sixième puissance économique mondiale, ne se produira pas non plus. Nous aurons donc droit à un duel « Macron - Le Pen », qui, compte tenu de la nette avance de l’ancien ministre de l’économie sur la patronne du Front national lors du premier tour, a rassuré les marchés. Pariant également sur le traditionnel front républicain pour éviter toute mauvaise surprise, ces derniers ont même flambé dans un premier temps. Sur la seule journée du lundi 24 avril, le Cac 40 a ainsi progressé de 4,1 %. Pour autant, comme cela était également très prévisible, le soufflé est très vite retombé. Et pour cause : les exemples du Brexit et de la victoire de Donald Trump nous ont montré qu’il ne fallait surtout pas aller trop vite en besogne. D’ores et déjà les résultats du premier tour des présidentielles françaises sont loin d’être aussi euphoriques qu’ils pourraient apparaître. Tout d’abord, parce qu’environ 50 % des votes se sont portés sur des partis anti-européens, voire pro-Frexit. Encore plus inquiétant, bien loin de la mobilisation qui avait suivi le choc du 21 avril 2002 et finalement consacré une nette victoire de Jacques Chirac sur Jean-Marie Le Pen au second tour, la fille de ce dernier semble faire jeu égal avec le fils spirituel de François Hollande. Pourtant, pour tout esprit normalement constitué, il ne devrait pas y avoir d’équivoque : mieux vaut « Hollande-bis » que le « trou noir » ! Et attention, si Marine Le Pen réussit à passer la barre des 40 %, l’image internationale de la France risque d’en prendre un sacré coup et pour longtemps. Pour éviter d’en arriver là, il serait donc grand temps que les dirigeants politiques français se mobilisent et aussi qu’Emmanuel Macron muscle son discours et son programme...
A suivre du 24 au 28 avril :
- Lundi 24, 10h (heure de Paris) : l’indice IFO du climat des affaires baisse légèrement outre-Rhin, tout en restant à un niveau élevé.
- Mardi 25, 8h45 : les indices INSEE du climat des affaires dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs régressent nettement dans l’Hexagone.
- Mardi 25, 16h : repli modéré de l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains, qui se maintient à un niveau très élevé.
- Mercredi 26, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages en France perd un point.
- Mercredi 26, 18h : le chômage français augmente légèrement.
- Jeudi 27, 4h : la Banque du Japon maintient son taux de base à - 0,1 %.
- Jeudi 27, 8h : léger repli de l’indice GfK de confiance des consommateurs en Allemagne.
- Jeudi 27, 11h : petite baisse de l’indice de sentiment économique dans la zone euro.
- Jeudi 27, 13h45 : la BCE maintient son taux refi à 0,0 %.
- Jeudi 27, 14h : l’inflation allemande remonte à 1,9 %.
- Jeudi 27, 14h30 : baisse corrective des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Jeudi 27, 14h30 : quasi-stabilisation du déficit de la balance des marchandises aux Etats-Unis.
- Vendredi 28, 1h30 : l’inflation stagne à 0,3 % au Japon.
- Vendredi 28, 1h30 : le taux de chômage japonais se stabilise à 2,8 %.
- Vendredi 28, 7h30 : le glissement annuel du PIB français retombe à 0,7 % au premier trimestre 2017.
- Vendredi 28, 8h45 : rebond correctif de la consommation des ménages, qui reste très fragile.
- Vendredi 28, 8h45 : l’inflation recule à 1,1 % en France.
- Vendredi 28, 10h30 : la croissance britannique se stabilise à 1,9 % au premier trimestre 2017.
- Vendredi 28, 11h : l’inflation se maintient à 1,5 % dans la zone euro.
- Vendredi 28, 14h30 : la croissance américaine avoisine les 2,5 % au premier trimestre 2017, soit 2,3 % en glissement annuel.
- Vendredi 28, 16h : confirmation de la nette augmentation de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs.