Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
Toutes les vidéos
"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
Cliquez pour consulter la plaquette du cabinet ACDEFI
02 décembre 2016
Non ! En dépit des apparences, une « thérapie de choc bienveillante » n’est pas un oxymore. C’est d’ailleurs ce que je préconise depuis des années pour sauver notre « douce France ». En effet, la rigueur bête et méchante n’a pas de sens économique. A l’instar de ce qui s’est observé en Argentine au début des années 2000 ou en Grèce plus récemment, une telle stratégie est, par construction, vouée à l’échec, notamment parce qu’elle produira inévitablement une grogne sociale massive, voire une crise sociétale dramatique. Voilà pourquoi à côté des mesures indispensables de la réduction des dépenses publiques (qui, rappelons-le représentent plus de 57 % du PIB, avec pour résultats une croissance économique de 0,4 % par an depuis 2008 et plus de 6,5 millions de chômeurs toutes catégories confondues), il faudra également ajouter de la « confiture pour faire passer la pilule », notamment en améliorant les revenus des ménages. Mais surtout, ne nous leurrons pas : si rien ne change, la France restera condamnée à la croissance molle et au chômage élevé. Est-ce cela le modèle social français ? Et souligner une telle question n’est pas de la « déclinologie » ou du « french bashing », mais simplement la mise en avant d’une réalité économique. Pour sortir de cette léthargie structurelle, il faudra engager de vraies réformes courageuses mais aussi judicieuses. Voici donc les cinq mesures à prendre d’urgence pour sauver la France : 1. Baisser la pression fiscale pour tous, les entreprises et les ménages. 2. Optimiser la dépense publique, en réduisant les dépenses de fonctionnement. 3. Réduire le coût du travail et augmenter les salaires nets. 4. Moderniser le marché du travail. 5. Favoriser le financement des entreprises et de l’innovation. Ces mesures ne sont pas ultra-libérales, ni destructrices, mais simplement de bon sens économique...
Economic World - 28 novembre 2016
Faites le test : dans une salle plongée dans le noir, la moindre petite étincelle de lumière semble pouvoir illuminer l’ensemble de la pièce. Ainsi, aujourd’hui, dans un monde occidental en proie au doute, menacé par le terrorisme et a priori condamné à la croissance molle, en particulier en Europe, les rares bonnes nouvelles doivent être mises en exergue. Ainsi, en novembre, un peu contre toute attente, les indices Markit des directeurs d’achat sont restés très positifs des deux côtés de l’Atlantique. Dans la zone euro, l’indice PMI dans l’industrie a ainsi gagné 0,6 point en novembre, atteignant un niveau de 54,1, qui constitue un point haut depuis mai 2011. Parallèlement, l’indice correspondant dans les services a augmenté de 1,3 point en novembre, atteignant également un niveau de 54,1. Malheureusement, et comme d’habitude depuis 2011, la France est restée en retrait de ses homologues. La prévision du gouvernement d’une croissance de 1,4 % en 2016 (donc révisée à la baisse de 0,1 point par rapport à sa version précédente) paraît ainsi hors d’atteinte. Et ce d’autant qu’au sortir du troisième trimestre, l’acquis de croissance du PIB français n’est que de 1,1 %. Dès lors pour atteindre le fameux 1,4 %, il faudrait que le PIB français augmente de 0,9 % au quatrième trimestre. Une performance qui n’a été atteinte ou dépassée qu’à trois reprises depuis 2000 : au premier trimestre 2000, au premier trimestre 2004 et au premier trimestre 2011. Pour notre part, nous continuons de tabler sur une progression du PIB de 0,2 % au quatrième trimestre, ce qui se traduira par une croissance annuelle de 1,2 % sur l’ensemble de l’année 2016, soit 0,4 point de moins que dans la zone euro et 0,5 point en-deçà du niveau allemand.
L'humeur de la semaine - 25 novembre 2016
Les résultats du premier tour de la primaire de la droite et du centre en France auront fourni deux enseignements principaux. Premièrement, une large partie des électeurs n’ont plus peur de la « thérapie de choc », dont la France a besoin pour sortir de l’ornière, c’est-à-dire de la croissance molle et du chômage de masse. Certes, le programme économique de François Fillon n’est pas parfait, mais c’est celui-ci qui se rapproche le plus de cette thérapie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dans mon nouveau livre « La fin d’un monde », je lui ai attribué la meilleure note des programmes des candidats à la présidentielle, en l’occurrence 7/10. Deuxièmement, les réactions qui ont suivi les résultats du premier tour ont rappelé combien le manque de culture économique et le dogmatisme idéologique étaient dramatiques dans l’Hexagone. Ainsi, dès dimanche soir, une campagne médiatico-politicienne anti-Fillon s’est engagée, présentant ce dernier comme un méchant ultra-libéral. Et ce, tout simplement parce qu’il propose, comme nous le demandons depuis des années, de réduire le poids des dépenses publiques dans le PIB à 50 % (contre plus de 57 % actuellement) et de mettre fin au caractère obligatoire des 35 heures. Un tel déchaînement rappelle qu’il est vraiment indispensable de développer la culture économique des Français et leur faire comprendre que les mesures à prendre ne sont ni ultralibérales, ni de gauche ou de droite, mais simplement de bon sens. En effet, il n’y a désormais plus de théorie économique dominante. La seule théorie valable est celle de la croissance et de l’emploi. Il ne nous reste donc plus qu’à souhaiter que très vite, tant en France que dans l’ensemble de la zone euro, les dirigeants politiques, mais aussi les citoyens comprennent qu’il est désormais possible, voire indispensable, d’être à la fois libéral et keynésien, de faires des réformes structurelles sur l’offre tout en soutenant la demande et en imposant une règle d’or : l’efficacité et la rationalité économiques doivent toujours primer sur les dogmatismes théoriques et idéologiques. Tant qu’il n’en sera pas ainsi, nous resterons engoncés dans la mollesse économique et la faiblesse du pouvoir d’achat. Nous sommes prévenus...
L'humeur de la semaine - 18 novembre 2016
Obama a beau avoir choisi l’Europe pour faire ses adieux sur la scène internationale, la réalité est sans appel : l’une des grandes conséquences de la victoire de Donald Trump sera certainement et malheureusement l’isolement de plus en plus criant de l’Union européenne. Déjà abandonnée par le Royaume-Uni, celle-ci apparaît complétement « larguée » face au nouveau monde qui s’installe depuis une décennie et a fortiori depuis dix jours. Un nouveau « Yalta » semble en effet prendre forme autour des Etats-Unis : l’allié russe d’un côté et le compétiteur chinois de l’autre. Face à cette nouvelle donne, et en l’absence d’union politique et de solidarité aguerrie, l’Europe ne pourra que jouer les seconds rôles. Dès lors, bien que potentiellement capable de casser l’hégémonie du dollar, l’euro restera une monnaie de troisième plan. D’ailleurs, en dépit des craintes suscitées par l’élection de Trump, cette dernière a considérablement affaibli la monnaie européenne. Ah qu’elle paraît loin la période heureuse de la création de l'euro en 1999. A l’époque, certains, y compris votre serviteur, se mettaient à rêver : et si la monnaie unique européenne était enfin la devise capable de concurrencer le dollar ? En fait, le seul concurrent potentiel du billet vert est le yuan. Le match a déjà commencé. Il prendra toute son ampleur dans les dix prochaines années. Il n’opposera donc pas les États-Unis à l’Euroland, ni le dollar à l’euro, mais les États-Unis à la Chine et le dollar au renminbi. Et si Trump ne réussit pas à restaurer la croissance et la crédibilité de l’Oncle Sam, c’est l’Empire du milieu qui l’emportera. Or, si le dollar tombe définitivement de son piédestal, la planète connaîtra une crise bien plus grave et durable que celle des années 2008-2009. Alors, de grâce, chaque crise en son temps, si possible avec un répit d'au moins vingt ans, histoire de souffler un peu…
Economic World - 14 novembre 2016
Pour le moment, tout va bien. Comme nous l’avons explicité dans notre « Humeur », Trump déjoue tous les pronostics : il a été élu Président alors que 99 % des sondages le donnaient perdant jusqu’au jour de l’élection, il n’a pas généré de panique boursière, comme on pouvait logiquement s’y attendre et il semble susciter l’adhésion des principaux dirigeants politiques de la planète, à l’exception de celui de la France. Le seul problème est que si Trump est très fort, il n’est pas pour autant magicien. Autrement dit, il va devoir composer avec les fondamentaux économiques des Etats-Unis qui ne sont pas formidables... Tout d’abord, il ne faut pas oublier que le cycle de croissance américain est à bout de souffle. En effet, depuis la dernière récession, 35 trimestres se sont écoulés. Or, dans l’histoire économique contemporaine des Etats-Unis, le record de longévité d’un cycle est de 42 trimestres (du premier trimestre 1980 au deuxième de 1990, la fameuse « ère Reagan »). En d’autres termes, la prochaine récession américaine aura vraisemblablement lieu avant deux ans. D’ores et déjà, en dépit d’une légère amélioration au troisième trimestre 2016, la croissance américaine montre des signes de fragilité. Ensuite, il est important de rappeler que les comptes publics de l’Oncle Sam sont loin d’être euphoriques. Enfin, la marge de manœuvre de la Fed reste particulièrement faible. En fait, pour réussir son coup, Trump doit rapidement parvenir à redonner confiance aux Américains. La réussite de la relance de Trump est donc possible mais demeure difficile...
L'humeur de la semaine - 11 novembre 2016
Donald Trump est décidément très fort. Régulièrement annoncé au bord de la ruine depuis des années, il a réussi à surmonter sept faillites et dispose toujours d’un patrimoine de plusieurs milliards de dollars. Mais ceci n’est (presque) rien par rapport à ce qu’il vient de réaliser le 8 novembre. Et pour cause : en dépit de plusieurs mois de dénigrement généralisé et aussi de dérapages incontrôlés, le milliardaire extravagant a réussi à se faire élire à la tête de la première puissance mondiale. De quoi faire blêmir tous les soi-disant spécialistes des Etats-Unis qu’on a vu et entendu un peu partout depuis des semaines, tonitruant que Donald Trump n’avait aucune chance de devenir le locataire de la Maison Blanche… Mais la réussite de Trump ne s’arrête pas à cette victoire, elle va encore plus loin. Ainsi, alors que son élection faisait craindre le pire et aurait donc dû logiquement engendrer un effondrement des marchés financiers, il n’en a rien été. Bien au contraire, la bourse américaine a même atteint un nouveau sommet historique dès le 10 novembre. Et ce pour une raison simple : alors que le candidat Trump avait fait preuve d’une agressivité et d’une arrogance impressionnantes, le Président Trump s’est révélé rassembleur et pacificateur. Ainsi, lors de son discours de victoire, ce dernier n’a absolument pas été vindicatif, ni même revanchard et encore moins arrogant, suscitant par là même l'adhésion des dirigeants du monde occidental, à l'exception de M. Hollande. Dans ce contexte d’adoucissement et de quasi-généralisation de ses soutiens, les marchés ont donc très rapidement retrouvé le chemin de l’optimisme, préférant croire que le 45ème Président des Etats-Unis fera certes tout pour la croissance américaine (notamment en termes de baisse d’impôts et de grands travaux), mais édulcorera ses mesures en matière de protectionnisme pour éviter d’entrer dans une guerre commerciale aggravée qui serait dévastatrice pour tous. Si tel est le cas, Trump pourrait alors devenir le nouveau Reagan. Autrement dit, comme nous l'expliquons ci-après, la victoire de Trump est incontestablement la fin d’un monde (celui du déni de réalité et du dogmatisme), mais pas forcément le début de l’enfer. Gardons l’espoir.
L'humeur de la semaine - 04 novembre 2016
La médiocrité du débat, notamment sur le front économique, lors des élections présidentielles américaines est un signe qui ne trompe pas : l’Oncle Sam a vraiment perdu de sa superbe. Et pour cause : déjà amorcée lors du second mandat de George W. Bush, l’affaiblissement de l’économie américaine s’est fortement aggravée sous les deux Présidences de Barack Obama. C’est d’ailleurs l’un des grands drames de ces dernières années : alors que la Chine et l’Inde sont devenues les locomotives indéfectibles de l’économie mondiale, les États-Unis ne savent plus faire de la croissance forte. Avec Obama, ils se sont même « européanisés » s’auto-condamnant à la mollesse économique. Dès lors, s’ils ne se réveillent pas rapidement, ils perdront leur suprématie mondiale au cours des quinze prochaines années. D’ores et déjà, l’inexorable montée en puissance de Donald Trump dans la course à la présidentielle indique qu’un vent protectionniste, voire isolationniste, commence à souffler outre-Atlantique. Et, ne nous leurrons pas, si Mr. Trump est élu président des États-Unis et applique son programme à la lettre, la planète connaîtra un chamboulement majeur, tant d’un point de vue géopolitique qu’économique, ou encore financier. Deux raisons principales expliquent le nombre croissant d’Américains tentés par les discours protectionnistes, voire extrémistes et simplificateurs. Primo, leur perte de confiance dans des institutions incapables de générer de la croissance forte et durable. Secundo, découlant de ces manquements, leur peur de l’avenir. Le problème est que, pour le moment, ni Donald Trump ni Hillary Clinton ne paraissent susceptibles de relever ces deux défis. Compte tenu du flou entourant leur programme économique, notamment d’un point de vue budgétaire, il est même à craindre que les États-Unis ne soient de nouveau et assez rapidement bloqués par le fameux « shutdown », c’est-à-dire la paralysie de l’administration fédérale américaine pour cause de dépassement du plafond autorisé pour la dette publique, comme cela s’est produit en 2013. Huit ans après la faillite de Lehman Brothers qui a plongé le monde dans sa plus grave crise financière, économique et sociale depuis le krach de 1929, les États-Unis sont donc encore à deux doigts de susciter un nouveau tsunami qui, cette fois-ci, pourrait bien s’avérer fatal à l’économie internationale...
L'humeur de la semaine - 28 octobre 2016
On m’accuse parfois d’excès de pessimisme. En fait, bien loin de ce vrai défaut, je suis un optimiste acharné. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, en dépit des déboires de l’économie française et du manque de courage des dirigeants hexagonaux depuis des années, je continue de préconiser, notamment dans mon dernier livre « La fin d’un monde », des recettes pour sortir notre « douce France » de l’ornière économique et sociétale. Pour autant, si je refuse de céder au pessimisme maladif et au « déclinisme », je me dois et nous nous devons collectivement d’être réalistes. C’est dans ce cadre que je m’impose de dire la vérité et d’analyser les chiffres de l’économie française avec honnêteté et impartialité. Et ce quel que soit la couleur du parti de gouvernement.Voilà pourquoi, tout en excluant de devenir un pessimiste invétéré, je continue et continuerai de dire la vérité. Dans ce cadre, je suis contraint de souligner que la forte baisse du chômage de septembre est artificielle et que la croissance de 0,2 % du PIB français au troisième trimestre est « magique ». C'est ce que je vais vous expliquer dans ma chronique ci-après. Croyez-moi, j’aimerais vraiment annoncer de bonnes nouvelles pour l’économie française, mais je ne suis pas magicien. Je me contente simplement de dire la vérité et d’établir mes prévisions sur la base de la réalité économique. Si les dirigeants politiques en faisaient autant, ils seraient peut-être un peu plus crédibles et mieux armés pour lutter contre la montée des partis extrémistes.
L'humeur de la semaine - 21 octobre 2016
Selon certains, ce serait l’un des plus grands changements de la décennie qui devrait ainsi complètement bouleverser l’économie voire la société dans son ensemble. En l’occurrence la fameuse Uberisation. À la base, cette expression, utilisée pour la première fois par Maurice Levy, le PDG de Publicis, fait référence à la start up californienne Uber qui s’est développée en proposant notamment un service de VTC (voiture de tourisme avec chauffeur), moins cher et plus flexible que le taxi traditionnel. Et ce notamment grâce à la mise en relation directe via internet des demandeurs et des offreurs de ce service. Cette mise en relation directe a été rendue possible par les nouvelles techniques numériques et en particulier la généralisation du haut débit, de l'internet mobile, des smartphones et de la géolocalisation. Elle s’est alors répandue dans de très nombreux secteurs d’activité : hôtellerie, musique, librairie, achats-ventes de tous types d’objet, rencontres, loisirs en tous genres, mais aussi banque, finance ou assurance… L’ubérisation est ainsi devenue la bannière générique de ce que l’on appelle l’économie collaborative ou participative. Mais peu importe la sémantique, car, au-delà des mutations technologiques qui l’ont rendu possible, l’une des principales origines de l’ubérisation réside dans le niveau trop élevé de la pression fiscale et des contraintes réglementaires. Ainsi, elle constitue un moyen de contourner ces obstacles qui sont autant de freins au dynamisme économique. En d’autres termes, l’Ubérisation revient à créer une sorte de « paradis fiscal miniature ». Dans ce cadre, si le niveau de fiscalité qui pèse sur les entreprises et les ménages était abaissé, il est clair qu’un moindre engouement serait observé pour ce type « d’économie grise ». Il faut le reconnaître, ces services et ces emplois ne sont pas complètement considérés comme « parallèles », ce qui signifierait du « travail au noir », mais échappent tout de même en grande partie à l’impôt, d’où l’appellation de « travail gris ». Ils suscitent donc beaucoup de difficultés : réduction des recettes fiscales pour les Etats, piètre sécurisation des services offerts aux clients, impossibilité de porter plainte en cas de non-respect du contrat, sans parler des arnaques en tous genres, également facilitées par la numérisation. Par exemple, il faut savoir qu’aujourd’hui à Paris, un grand nombre de « chauffeurs ubérisés » ne connaissent absolument pas la capitale. Pire, pour s’orienter ils se contentent de suivre un logiciel de navigation, avec, en option, le trajet le plus long… Attention donc aux vraies fausses bonnes affaires…
Economic World - 17 octobre 2016
L'humeur de la semaine - 14 octobre 2016
Comme nous l’évoquions dans ces mêmes colonnes la semaine dernière, les programmes économiques des candidats à la Présidentielle 2017 les plus audacieux sont ceux de François Fillon, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire. Pourtant, selon les sondages, c’est Alain Juppé qui semble plébiscité par les électeurs de droite et vraisemblablement par une majorité de Français. Compte tenu des dérapages à répétition de François Hollande, de l’état lamentable des propositions économiques de la gauche et bien sûr de la quasi-certitude d’une présence de Marine Le Pen au second tour de la Présidentielle, Alain Juppé est donc bien parti pour être le futur Président de la République française. Bien entendu, rien n’est jamais joué d’avance. Ainsi, quelques mois avant les élections présidentielles de 1995, Edouard Balladur était quasiment certain, du moins selon les sondages, d’être le prochain Président. Mais, il ne passa même pas le premier tour. En 2002, Lionel Jospin connaissait le même destin. Bref, personne ne peut aujourd’hui savoir qui sera le prochain Président. Pour autant, l’engouement actuel pour Alain Juppé, 71 ans, énarque, inspecteur des finances et qui a commencé sa carrière politique en 1976 montre combien de très nombreux Français restent attachés au monde d’hier. Ils n’admettent toujours pas que le monde qui les a vus naître a disparu. Plutôt que de regarder la réalité en face et d’affronter le « nouveau monde », ils préfèrent se morfondre et rabâcher « c’était mieux avant ». Quel dommage ! Dans ce cadre, ils n’ont d’autres choix que de plébisciter le candidat, certes d’alternance, mais qui propose les réformes économiques les plus modestes. Autrement dit, ils ne veulent pas prendre le risque d’une « thérapie de choc » peut-être difficile à court terme mais libératrice et bénéfique à moyen terme. Ils préfèrent au contraire s’enliser tranquillement dans la croissance molle, avec un chômage élevé et des dépenses publiques pléthoriques pour masquer la triste réalité. Et ce d’autant que les injections de morphine de la BCE les anesthésient complètement. Mais jusqu’à quand ?
L'humeur de la semaine - 30 septembre 2016
A force de se focaliser sur les statistiques économiques et financières, qui ont évidemment une importance majeure, on en oublie parfois la dimension philosophique de l’être humain : et si finalement le but de l’humanité était tout simplement l’atteinte du bonheur. Autrement dit, abandonnons le dogme du PIB pour le remplacer par le BIB : le bonheur intérieur brut. Seulement voilà, comme dit la chanson : « il est où le bonheur ? » Est-ce se contenter de son lot quotidien ? Par exemple, une croissance molle, un chômage élevé… Est-ce au contraire se fixer des objectifs de plus en plus ambitieux, quitte à prendre des risques, mais finalement avoir la satisfaction d’avoir su se dépasser ? Il n’y a évidemment pas de réponse parfaite, car, comme le soulignait Einstein : tout est relatif. Ainsi, Il faut reconnaître que lorsque l’on voyage à travers le monde, et que l’on prend ainsi la mesure des difficultés sociales qui prévalent dans de nombreux pays, notamment émergents, sans parler de la misère qui peut parfois y sévir, on réalise combien nous sommes heureux en France. Son modèle est d’ailleurs bien connu : nous payons beaucoup d’impôts, mais, en échange nous bénéficions d’un « open bar » : l’école, la santé, les congés, le chômage, la retraite, la sécurité, « all inclusive » : tout est pris en charge ! Nous sommes donc « heureux ». Mais encore faut-il le rester et surtout à quel prix ? Car, soyons réalistes : depuis une vingtaine d’années, ce modèle est de plus en plus battu en brèche. Certes, nous payons toujours de plus en plus d’impôts et les dépenses publiques ont atteint des sommets historiques, mais le reste du modèle ne suit plus : les formations scolaires et universitaires battent de l’aile, l’ascenseur social a quasiment disparu, la santé est à multiples vitesses et de plus en plus chère, la retraite ne sera bientôt plus financée et la sécurité des citoyens est de moins en moins assurée. En d’autres termes, nous avons toujours les inconvénients du « modèle français » (impôts confiscatoires, marché de l’emploi ultra-rigide, réglementations excessives, charges qui pèsent sur le travail trop élevées…), mais plus beaucoup d’avantages. Dans ce cadre, le niveau du BIB français risque d’être encore plus mauvais que celui du PIB...
L'humeur de la semaine - 23 septembre 2016
Qu’est-il arrivé à notre planète ? L’économie mondiale est dominée par la Chine et l’Inde, presque sans foi ni loi. Les États-Unis se contentent de jouer les seconds rôles, dilapidant des trilliards de dollars au travers de relances budgétaires pharaoniques et de « planches à billets » pléthoriques pour récupérer à peine quelques dixièmes de point de croissance. Encore plus bas sur l’échelle de l’efficacité économique et sociale, l’Europe a déclaré forfait depuis une quinzaine d’années. Créée pour relancer la construction européenne et devenir la locomotive de l’économie mondiale, la zone euro a été incapable de remplir ses missions. Elle s’est condamnée à la croissance molle et au chômage élevé, tout en affaiblissant l’Union européenne, au bord de l’implosion depuis le Brexit. Là aussi, des milliards, voire des trilliards d’euros ont été (et sont encore) dépensés, avec pour seul résultat la montée des inégalités et des tensions sociales. Il y a pire : au sein de cette même Europe, il existe un pays qui refuse de regarder la réalité en face et de moderniser son économie. Depuis vingt ans, ses dirigeants préfèrent gagner du temps, augmenter les dépenses et la dette publique, tout en mentant à leurs concitoyens dans le but affiché d’être réélus. Depuis une dizaine d’années et a fortiori depuis cinq ans, cette stratégie du déni de réalité qui fait passer le marketing devant le bien-être économique a atteint son paroxysme. Dernièrement, prétendant lutter contre le chômage, le gouvernement de ce pays a ainsi décidé de créer 500 000 postes de formation, principalement afin de déplacer les chômeurs concernés de la catégorie A (celle dont parlent les médias) à la catégorie D. Le chômage pourra donc officiellement baisser, permettant au Président en place de tenir sa promesse de début de mandat et de pouvoir se représenter… Vous l’aurez certainement compris, ce pays formidable c’est notre « douce France ». Si nous continuons de tourner le dos à la réalité, alors la stabilité économique et sociale volera en éclat. Pour éviter le pire, il est donc urgent de réformer en profondeur l’Europe, la zone euro et la France pour en faire des machines à croissance et à emplois. C’est seulement à ce moment-là qu’elles pourront chasser les peurs et redevenir des terres d’immigration fertile. Comme dit le proverbe chinois : « Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins. ». Comme je le défends dans mon nouveau livre « La fin d’un monde » (qui est déjà en tête des ventes des essais économiques un jour après sa sortie, j’en profite d’ailleurs pour vous remercier pour votre fidélité), employons-nous à faire les bons choix, à devenir des bâtisseurs qui ont compris que la fin d’un monde est avant tout le début de toutes les opportunités.
L'humeur de la semaine - 16 septembre 2016
Après la quasi-faillite de 2004, les différents soubresauts économiques et boursiers au cours des dix années qui ont suivi, puis la vente de ses activités « énergie » à General Electric en 2014, le fleuron technologique français Alstom revient sur le devant de la scène au sein d’un psychodrame économico-socialo-politique. A chaque fois, les ingrédients sont quasiment les mêmes. Des erreurs stratégiques, un carnet de commandes français trop faible et bien sûr l’intervention de l’Etat, qui, comme d’habitude, se perd en considération politicienne, met de l’huile sur le feu et finit par affaiblir sa crédibilité et la bonne marche de l’entreprise. On l’a peut-être déjà oublié mais lorsqu’en 2014, General Electric se porte acquéreur à très bon prix de la partie « énergie » d’Alstom, le gouvernement français et son ministre de l’économie de l’époque M. Montebourg sont contre. Fort heureusement, en dépit des acrobaties et des pressions gouvernementales, Alstom a choisi General Electric, ce qui lui a permis de récupérer 3 milliards d’euros de cash et de se concentrer sur sa filière « transport », la seule véritablement rentable. Seulement voilà, 80 % du chiffre d’affaires du nouvel « Alstom » est effectué à l’étranger. Or, dans le secteur ferroviaire, la production est généralement réalisée sur les sites d’exploitation. Dans ce cadre, si les commandes françaises adressées à Alstom se réduisent, l’activité de ses usines françaises en fait de même. C’est notamment le cas pour le site de Belfort, qui ne cesse d’ailleurs de faire l’objet de toutes les inquiétudes depuis plus de dix ans. Laisser croire que l’Etat français vient de découvrir le « pot aux roses » tient donc de la supercherie. Mais à l’image du patriotisme mal placé de Montebourg en 2014, les dirigeants actuels rééditent le même acte de mauvaise foi. « Hors de question que le site de Belfort ferme » a déclaré M. Valls. « Tout sera fait » pour maintenir le site de Belfort « pour de nombreuses années » a renchéri M. Hollande. A croire que des commandes publiques vont tomber du ciel pour permettre de produire des motrices et autres sur le site de Belfort. Mais avec quels moyens ? C'est dans ce type de situation que le dérapage incontrôlée de la dette publique prend toute son ampleur...
L'humeur de la semaine - 09 septembre 2016
L’année 2016 n’est pas encore terminée qu’il nous faut déjà penser à 2017. En effet, pour beaucoup de banques, d’entreprises et d’investisseurs au sens large, 2016 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2017. Certes, comme nous l’annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2016 n’a pas été catastrophique. Et pour cause : la Chine ne s’est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents (Brésil excepté) ont plutôt bien résisté, si bien que la croissance mondiale est restée appréciable. Pour autant, déjà amorcé en 2015, le ralentissement de la marche des affaires internationale s’est bien accentué en 2016. Ainsi, la croissance américaine oscille autour de 1,4 % (contre 2,6 % en 2015) et celle de la zone euro sera également incapable de dépasser durablement ce niveau. Au total, après avoir atteint 2,9 % l’an passé, la croissance mondiale devrait reculer à 2,4 % cette année. Elle restera donc bien loin de sa moyenne de long terme (à 3,5 %). En fait, après l’euphorie des années 2000-2007, le monde est entré dans une phase de croissance structurelle plus modérée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : De 2000 à 2007, la progression annuelle moyenne du PIB planétaire a été de 4,5 % (soit un point de plus que son niveau moyen depuis 1980). Mais de 2008 à 2015, celle-ci n’a été que de 3,2 %. Le plus inquiétant est que 2016 devait être (du moins selon les prévisionnistes adeptes de la pensée unique) l’année de la forte reprise pour la zone euro et la France. Que nenni ! En effet, en dépit des moyens colossaux déployés par la BCE, la croissance 2016 sera d’au mieux 1,4 % dans l’UEM et de 1,1 % en France. Le pire est que la situation ne va pas malheureusement pas s’arranger pour 2017. Selon nos estimations, la croissance mondiale atteindra 2,3 %, contre 2,4 % cette année. Autrement dit, n’en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de croître grâce aux dopants des banques centrales, 2017 sera forcément bien plus difficile que 2016.
Economic World - 05 septembre 2016
L'humeur de la semaine - 02 septembre 2016
S’il portait en lui les potentialités d’un Armageddon économico-financier, force est de constater que le vote des Britanniques en faveur du Brexit n’a pas produit les effets dévastateurs escomptés. Il faut dire que, comme à l’accoutumée, la perfide Albion a été à la hauteur de sa réputation et a su transformer un mal pour un bien. En effet, grâce à la dépréciation de la livre sterling mais aussi à un fort degré de flexibilité et de réactivité, l’économie britannique a non seulement évité la récession, mais, est, en plus, en train de redémarrer de façon impressionnante. A côté de de cette résistance à toute épreuve, les marchés ont également pu bénéficier du maintien d’une politique monétaire extrêmement accommodante des deux côtés de l’Atlantique, avec en cadeau bonus permanent, des « planches à billets » de la BCE et de la BoE qui défient l’entendement. Seulement voilà, comme nous l’annonçons depuis trois ans, les marchés boursiers sont entrés dans une phase durable de montagnes russes. Autrement dit, les bonnes performances post-Brexit susciteront forcément un mouvement de correction baissière. Et ce d’autant que les risques à venir sont pléthore. A commencer, malheureusement, par les risques géopolitiques et terroristes. D’autres dangers pourraient également aggraver la situation de l’économie mondiale et des places financières internationales : instabilité politique au Brésil, élections présidentielles américaines du 8 novembre, suites du Brexit, référendum sur la constitution en Italie en novembre, probables nouvelles élections législatives en Espagne avant la fin 2016, mais aussi les élections présidentielles françaises de mai 2017... Que les tenants du « bear market » soient donc rassurés, les risques qui pèsent sur l’avenir économico-financier de l’Union européenne et de la planète dans son ensemble sont tellement élevés que des mouvements de forte correction baissière sur les marchés obligataires et boursiers sont inévitables. Nous sommes donc contraints de prolonger notre prévision, d’ailleurs réalisée en permanence depuis trois ans, de la poursuite d’un fort yo-yo boursier. Et ce au moins jusqu’à la fin 2017. Amusez-vous bien…
Les analyses hebdomadaires
Les résultats du premier tour de la primaire de la droite et du centre en France auront fourni deux enseignements principaux. Premièrement, une large partie des électeurs n’ont plus peur de la « thérapie de choc », dont la France a besoin pour sortir de l’ornière, c’est-à-dire de la croissance molle et du chômage de masse. Certes, le programme économique de François Fillon n’est pas parfait, mais c’est celui-ci qui se rapproche le plus de cette thérapie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dans mon nouveau livre « La fin d’un monde », je lui ai attribué la meilleure note des programmes des candidats à la présidentielle, en l’occurrence 7/10. Deuxièmement, les réactions qui ont suivi les résultats du premier tour ont rappelé combien le manque de culture économique et le dogmatisme idéologique étaient dramatiques dans l’Hexagone. Ainsi, dès dimanche soir, une campagne médiatico-politicienne anti-Fillon s’est engagée, présentant ce dernier comme un méchant ultra-libéral. Et ce, tout simplement parce qu’il propose, comme nous le demandons depuis des années, de réduire le poids des dépenses publiques dans le PIB à 50 % (contre plus de 57 % actuellement) et de mettre fin au caractère obligatoire des 35 heures. Un tel déchaînement rappelle qu’il est vraiment indispensable de développer la culture économique des Français et leur faire comprendre que les mesures à prendre ne sont ni ultralibérales, ni de gauche ou de droite, mais simplement de bon sens. En effet, il n’y a désormais plus de théorie économique dominante. La seule théorie valable est celle de la croissance et de l’emploi. Il ne nous reste donc plus qu’à souhaiter que très vite, tant en France que dans l’ensemble de la zone euro, les dirigeants politiques, mais aussi les citoyens comprennent qu’il est désormais possible, voire indispensable, d’être à la fois libéral et keynésien, de faires des réformes structurelles sur l’offre tout en soutenant la demande et en imposant une règle d’or : l’efficacité et la rationalité économiques doivent toujours primer sur les dogmatismes théoriques et idéologiques. Tant qu’il n’en sera pas ainsi, nous resterons engoncés dans la mollesse économique et la faiblesse du pouvoir d’achat. Nous sommes prévenus...
A suivre du 28 novembre au 2 décembre :
- Lundi 28, 14h30 (heure de Paris) : la croissance des prêts privés reste molle dans la zone euro.
- Mardi 29, 0h30 : stabilisation du taux de chômage japonais.
- Mardi 29, 8h45 : révision baissière de la croissance française du troisième trimestre.
- Mardi 29, 8h45 : la consommation des ménages continue de baisse en France.
- Mardi 29, 11h : l’indice de sentiment économique augmente légèrement dans la zone euro.
- Mardi 29, 11h : confirmation de l’amélioration de la confiance des ménages dans la zone euro.
- Mardi 29, 14h : l’inflation augmente encore légèrement en Allemagne.
- Mardi 29, 14h30 : l’amélioration de la croissance américaine au troisième trimestre est confirmée.
- Mardi 29, 16h : quasi-stabilisation de l’indice du Conference Board de confiance des consommateurs outre-Atlantique.
- Mercredi 30, 8h45 : l’inflation atteint 0,5 % en France.
- Mercredi 30, 8h55 : stabilisation du taux de chômage outre-Rhin.
- Mercredi 30, 14h15 : légère accélération des créations d’emploi aux Etats-Unis dans le secteur privé selon ADP.
- Mercredi 30, 14h30 : les revenus et la consommation des ménages américains continuent de croître.
- Mercredi 30, 20h : le Beige Book de la Fed devrait préparer les esprits à une prochaine remontée des taux directeurs.
- Jeudi 1er, 1h30 : confirmation de la baisse à 51,1 de l’indice Nikkei PMI des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière au Japon.
- Jeudi 1er, 2h45 : légère augmentation de l’indice Caixin des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière chinoise.
- Jeudi 1er, de 9h50 à 10h : confirmation de la légère baisse des indices Markit PMI des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière en France et en Allemagne et de la légère hausse dans la zone euro.
- Jeudi 1er, 11h : le taux de chômage se stabilise à 10,0 % dans la zone euro.
- Jeudi 1er, 16h : l’indice ISM des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière américaine augmente à 52,0.
- Vendredi 2, 14h30 : légère augmentation des créations d’emploi et stabilisation du taux de chômage aux Etats-Unis.