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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 05 février 2016
C’est bien connu : lorsque les êtres humains sont perdus, ils regardent vers le ciel et cherchent des solutions pour retrouver leur chemin. De même, en économie et sur les marchés financiers, lorsque rien ne va plus et que les boussoles usuelles ne fonctionnent pas, il est fréquent de se retourner vers les astres. Malheureusement, ce comportement un peu désespéré est souvent de mauvais augure. Ainsi, l’an passé, pour essayer de se réconforter, les Eurolandais ont mis en exergue le fameux « alignement des planètes », censé leur permettre de retrouver la voie de la croissance forte. Il s’agissait effectivement de la conjonction de cinq éléments particulièrement favorables : la baisse des cours des matières premières, et notamment du pétrole, la dépréciation de l’euro, la baisse des taux d’intérêt des obligations d’Etat, l’avènement d’un taux refi de la BCE de 0,05 % et, enfin, la « planche à billets » de la même BCE, qui, depuis mars 2015, injecte 60 milliards d’euros chaque mois dans le circuit financier. Grâce à ces exceptionnels « cadeaux du ciel », la croissance eurolandaise et celle de la France auraient donc dû flamber. Selon nos calculs, ces cinq éléments avaient le pouvoir de doper celles-ci vers les 3 %. Magnifique ! Seulement voilà, bien loin de ce niveau potentiel, la croissance n’a été que de 1,1 % dans l’Hexagone et d’au mieux 1,5 % dans la zone euro. Et ce, pour la simple raison que la croissance structurelle de la France et de la zone euro n’est que d’environ 0,7 %. Pire, à présent que les planètes se désalignent, que les effets positifs de la faiblesse des taux d’intérêt monétaires et obligataires et de la planche à billets s’émoussent, se noyant dans une « trappe à liquidités » déconcertante, les économies de la France, de la zone euro et de l’ensemble de ses membres ne pourront que ralentir en 2016. Pour ne rien arranger, elles pâtiront également du ralentissement de la croissance mondiale, et notamment de celle des pays émergents, à commencer par la Chine, qui n’a plus la force de croître à un rythme supérieur à 6,5 %. Ce qui nous amène de nouveau dans les étoiles, ou plutôt dans l’astrologie, puisque, selon le calendrier chinois, l’année qui va débuter le 8 février 2016 sera celle du singe de feu. Tout un programme !
Economic World - 29 janvier 2016
A l’évidence, le gouvernement français est passé maître dans l’art du marketing et de la manipulation médiatique. Ainsi, alors qu’elle avait donné sa démission au Président de la République depuis le samedi 23 janvier, Madame Taubira ne l’a annoncée officiellement que le mercredi 27, jour de la publication du nouveau record absolu atteint par le chômage français en décembre 2015. Si bien que cette vraie information catastrophique a été complètement éclipsée par le coup d’éclat de l’ancienne « garde des sceaux à vélo ». Il s’agit pourtant d’une vraie mauvaise nouvelle, puisqu’en dépit des aides habituelles et du traitement statistique du chômage (lié notamment aux radiations…), le nombre de chômeurs de catégorie A en métropole a augmenté de 15 800 personnes, soit un total historique de 3 590 600 chômeurs. Mais ce n’est pas tout, puisque le nombre de chômeurs toute catégories et dans la France entière a flambé de 35 200 personnes sur le seul mois de décembre. Sur l’ensemble de l’année 2015, la progression atteint 340 500 personnes, consacrant un nombre total de 6 510 300 chômeurs. Une vraie horreur économique, qui n’a pourtant quasiment pas été évoquée sur la scène médiatique, monopolisée par Madame Taubira, les « contrats iraniens » et la grève des taxis. Pire, en matière de croissance, l’INSEE a osé utiliser le même artifice deux trimestres d’affilé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au troisième trimestre, la variation du PIB français a été de + 0,3 %, mais de - 0,3 % hors stocks. Au quatrième trimestre, bis repetita : la variation du PIB est annoncée à + 0,2 %, mais - 0,3 % hors stocks. C’est tout simplement énorme ! En fait, comme cela s’observe depuis une quinzaine d’années, l’économie française ne connaîtra qu’une « reprise shamallow », avec malheureusement un « chômage carambar ».
L'humeur de la semaine - 28 janvier 2016
Avez-vous déjà demandé à des travailleurs chinois, brésiliens, américains ou à des cadres français du secteur privé ce qu’ils pensaient des 35 heures ? Dans la majeure partie des cas, ils vous répondront en substance : « c’est déjà ce que nous faisons, mais en trois jours… » Disons-le sans détour : pour réduire le chômage en France, il faudra bien sûr générer une croissance plus forte, rendue possible par notre « thérapie de choc », mais aussi moderniser le marché du travail. Cela passera notamment par la réduction des charges qui pèsent sur l’emploi, la simplification drastique du code du travail, la limitation de la période d’indemnisation du chômage à un an et la suppression du caractère obligatoire des 35 heures. Ne nous berçons pas d’illusions : sujet polémique par excellence depuis leur création et remis dernièrement au goût du jour par MM. Macron, Valls et Badinter, les « 35 heures » ont et vont encore faire couler beaucoup d’encre. Car si les 35 heures avaient été accompagnées d’une forte baisse du chômage et d’importantes créations d’emplois, leurs effets négatifs auraient pu être dilués. Or tel n’a pas été le cas, pour la simple raison que les 35 heures ont augmenté le coût du travail et réduit par là même l’appétence pour la création d’emplois. Le vrai problème des 35 heures réside dans son caractère rigide et autoritaire. À la rigueur, si une entreprise réussit à utiliser les 35 heures pour annualiser le temps de travail et augmenter les gains de productivité, pourquoi pas ? En revanche, pour de très nombreuses entreprises et en particulier les PME, elles ne sont pas applicables sans dommages collatéraux sur la rentabilité et in fine sur l’emploi. Enfin, les 35 heures ont des effets négatifs sur de nombreux salariés, qui doivent augmenter leur productivité, sans accroissement de leurs salaires nets. Pour être plus juste, il faudrait leur donner le choix à tous, en accord avec leur direction : travailler plus de 35 heures et gagner davantage, ou garder les 35 heures mais être payé en conséquence. Il ne s’agit pas là d’ultra-libéralisme, mais simplement de bon sens économique.
L'humeur de la semaine - 21 janvier 2016
Qu’est-ce qui peut bien réunir deux évènements aussi éloignés que la publication des comptes nationaux chinois et le « plan d’urgence pour l’emploi » de François Hollande ? La réponse est malheureusement simple : le déni de réalité. En effet, alors que les principaux indicateurs avancés de l’activité économique de l’Empire du milieu faisaient état d’une quasi-récession, le PIB chinois a progressé de 1,6 % au quatrième trimestre 2015, enregistrant un glissement annuel de 6,8 %, soit seulement 0,1 point de moins qu’au trimestre précédent. S’il s’agit bien d’un plus bas depuis le premier trimestre 2009, nous sommes donc loin de la bérézina que pouvaient laisser envisager les derniers indices des directeurs d’achat à 48,2 dans l’industrie et 49,4 dans les services, c’est-à-dire bien en-deçà de la barre des 50 censée représenter la frontière entre la progression et le recul de l’activité. En d’autres termes, soit les enquêtes Caixin Markit des directeurs d’achat sont fausses, soit les comptes nationaux du Bureau national des statistiques de Chine « ne nous disent pas tout »… Des « esprits malveillants » pourraient nous dire que tout le monde sait que les statistiques chinoises sont fausses, qu’elles sont dictées par le gouvernement et que rien de tel ne pourrait se produire dans des pays occidentaux démocratiques, notamment en Europe et en particulier en France. Que nenni ! Ainsi, sans même remonter aux acrobaties régulières de l’INSEE, le Président de la République française nous a encore montré lundi dernier, avec son « plan d’urgence pour l’emploi » qu’il était au moins aussi fort que son homologue chinois Xi Jinping. En effet, plutôt que d’affronter la réalité en face et d’engager une profonde réforme du marché du travail, condition sine qua non pour faire enfin baisser le chômage, ce énième plan « de la dernière chance » s’est contenté de contourner les obstacles et de faire primer le marketing sur le courage économico-politique. Pour être clair et direct, au risque de faire de la peine à certains : ce plan représente avant tout des soins palliatifs mais pas un traitement préventif du fléau du chômage...
L'humeur de la semaine - 15 janvier 2016
C’est vraisemblablement devenu un mal français : depuis au moins quinze ans, chaque début janvier, les dirigeants du pays annoncent que l’année à venir sera meilleure que la précédente, que la croissance économique va s’intensifier et susciter une forte baisse du chômage. En vain. Malheureusement, cette nouvelle année ne déroge pas à cette triste règle. Ainsi, en dépit des nuages qui s’amoncellent, le gouvernement s’obstine à annoncer une croissance française de 1,5 % en 2016, qui permettrait de faire (enfin !) baisser le chômage et de remplir les objectifs de réduction des déficits publics. Soyons clairs et directs : non seulement, cette prévision ne sera pas atteinte, mais, qui plus est, la croissance du PIB français en 2016 sera, selon nos estimations, de 0,7 %. Nous sommes donc au regret d’annoncer que, compte tenu de cette faiblesse de l’activité, le chômage réel continuera d’augmenter. Dans ce cadre, le taux de chômage devrait encore se rapprocher des 11 % en catégorie A et des 23 % toutes catégories confondues. Dès lors, même si le gouvernement augmente encore les dépenses publiques, soi-disant pour des questions sécuritaires, mais surtout pour des motifs électoralistes, les revenus et la consommation des ménages resteront moribonds. Parallèlement, compte tenu du dérapage des dépenses publiques et des moindres recettes fiscales liées à l’état décevant de la croissance, de l’investissement et de la consommation, le déficit public devrait rester proche des 4 % du PIB et la dette publique avoisiner les 100 %. En d’autres termes, et même si nous aimerions sincèrement annoncer le contraire, l’économie française se portera moins bien en 2016 qu’en 2015. Et il ne s’agit évidemment pas là de « french bashing », mais simplement de réalisme économique.
L'humeur de la semaine - 08 janvier 2016
Les années de « vaches grasses » sont bel et bien terminées sur les marchés boursiers internationaux. A commencer par le leader d’entre eux, en l’occurrence celui de l’Oncle Sam. Ainsi, après quasiment sept années de croissance continue, le Dow Jones a baissé de 5,2 % sur les quatre premiers jours de 2016, de 7,7 % depuis le début décembre 2015 et de 9,8 % depuis le sommet du 19 mai 2015. Bien entendu, cette baisse apparaît bien mince comparativement à la flambée de 179,7 % enregistrée entre le point bas du 9 mars 2009 et le point haut de mai 2015. De plus, en dépit de la chute des derniers mois et surtout de la semaine écoulée, le Dow Jones affiche encore une progression de 16,6 % par rapport à son précédent sommet du 9 octobre 2007, dernier pic avant l’effondrement lié à la crise des subprimes, puis à la faillite de Lehman Brothers et à la récession de 2008-2009. Autrement dit, la récente correction baissière du Dow Jones reste encore très relative comparativement aux performances des dernières années. Ce qui n'est malheureusement pas le cas pour le Cac 40. Les « performances » de l’indice parisien sont effectivement bien tristes : - 5 % sur les quatre premiers jours de 2016, - 11,2 % depuis début décembre 2015, - 28,6 % depuis le sommet de juin 2007 et - 36,4 % depuis le pic de septembre 2000. Des baisses qu’il faudra encore aggraver d’au moins 10 % dans les prochains mois. De quoi rappeler que même sur le long terme, la bourse n’est pas assurée d’une tendance haussière, surtout dans l’Hexagone. En fait, la dégringolade actuelle n’est que le prolongement du krach de l’été dernier. Elle est d’ailleurs liée à la même cause, en l’occurrence le ralentissement de l’économie chinoise et du monde émergent dans son ensemble. Cette tempête devrait au moins durer jusqu'à l'été prochain, avec des hauts et des bas, mais une tendance durablement baissière. Voici pourquoi...
L'humeur de la semaine - 31 décembre 2015
Désordres géopolitiques, menaces d’attentats, ralentissement économique mondial, récession dans certains pays émergents, marchés financiers sens dessus dessous… L’année 2016 n’a pas encore commencé qu’elle se présente déjà comme celle de tous les dangers. Pire, plutôt que d’intégrer tous ces risques dans leurs prévisions économiques, la grande majorité des gouvernements (notamment aux Etats-Unis, au Japon et en Europe, avec une mention spéciale pour la France), mais aussi des instituts de conjoncture ou encore des institutions économico-financières internationales préfèrent se voiler la face et annoncer que 2016 sera meilleure que 2015 en matières de croissance et d’emplois. Aussi, à côté des dangers évoqués plus haut, l’un des grands risques de l’année à venir réside dans la déception que ces prévisions fantaisistes vont forcément susciter. D’ores et déjà, les derniers indicateurs avancés de l’industrie des Etats-Unis indiquent que cette dernière est au bord de la récession. Dès lors, il est clair que la croissance américaine ralentira nettement, passant de 2,4 % en 2015 à 1,6 % cette année. Dans ce contexte de récession dans les pays producteurs de matières premières et de ralentissement aux Etats-Unis, il est clair que la Chine, l’Inde et la zone euro connaîtront également une nette décélération économique en 2016, avec des croissances de respectivement 5,7 %, 6,2 % et 0,9 %, contre 6,8 %, 7 % et 1,4 % en 2015. Et ce n’est évidemment pas le Japon, avec une croissance stabilisée à 0,7 %, qui permettra d’inverser la tendance. C’est alors qu’intervient un autre grand risque de l’année à venir. En l’occurrence, l’absence de marge de manœuvre en matières de politiques budgétaires et monétaires. Pour toutes ces raisons, nous sommes donc contraints d’annoncer que l’année 2016 sera plus difficile que 2015. Et si la récession mondiale sera vraisemblablement évitée, certains pays continueront de pâtir d’une croissance molle et d’un chômage élevé, à commencer par la France. Les marchés boursiers resteront donc affectés par une forte volatilité, avec néanmoins, comme en 2015, une tendance légèrement baissière. Good luck !
L'humeur de la semaine - 24 décembre 2015
Lorsqu’au début 2015, nous intitulions notre article de prévisions annuelles « Perspectives 2015 : Dangerous ! », nous étions souvent perçus comme excessivement prudents, pour ne pas dire pessimistes. A l’époque, les consensus des économistes et des marchés faisaient effectivement état d’une année 2015 tout en rose, avec une croissance mondiale forte, des indices boursiers flamboyants et très peu de nuages. Au terme de cette année, force est de constater qu’une fois encore le consensus a eu tort. Certes, à l’aune des catastrophes économiques, financières, géopolitiques et terroristes qui ont jalonné ces douze derniers mois, cela aurait pu être encore pire. Pourtant, la réalité est sans appel : l’économie planétaire, les marchés financiers internationaux et le monde dans ensemble finissent l’année 2015 bien plus mal qu’ils ne l’avaient commencée. Attentats, énième crise grecque, crise chinoise, bulles financières, krach boursier, ralentissement de la croissance mondiale au plus bas depuis 2009... Autant d'évènements qui ont marqué et plombé l'année 2015. Mais il y a encore plus inquiétant, car, en cas de nouveau ralentissement et a fortiori de nouvelle crise économique, financière ou géopolitique, les autorités monétaires et budgétaires de la plupart des pays développés ne disposent d’aucune marge de manœuvre pour relancer la machine. C’est pour toutes ces raisons que l’année 2015 restera celle qui a vu le monde et les marchés passer du rêve au cauchemar. Bonnes fêtes quand même…
L'humeur de la semaine - 18 décembre 2015
A la différence de Mario Draghi qui n’a pas hésité à décevoir les marchés le 3 décembre dernier, en refusant d’augmenter le montant d’une « planche à billets » bien peu efficace, Janet Yellen a préféré caresser les investisseurs dans le sens du poil, quitte à nuire à sa crédibilité. Ainsi, sans surprise, la Réserve fédérale américaine a remonté son taux objectif des federal funds de 25 points de base, se situant désormais entre 0,25 % et 0,50 %, juste pour le symbole, donc pour rien. De plus, selon les propres termes de la Fed et de sa présidente, les futures hausses des taux seront « graduelles », confirmant que la politique monétaire américaine restera encore accommodante pendant « un certain temps ». Il n’en a pas fallu plus pour permettre aux marchés boursiers de retrouver leur flambée spéculative, soulagés par la parcimonie de Janet Yallen. Cependant, une fois l’euphorie du moment passée, les investisseurs ne tarderont pas à se rendre compte que la prudence de la Fed est loin d’être une bonne nouvelle. En effet, cette stratégie est avant tout justifiée par l’état préoccupant de l’économie américaine, qui commence à ralentir significativement. Par ailleurs, la volte-face particulièrement rapide de la politique monétaire américaine ne manquera pas de nuire à la crédibilité de la Fed et de Janet Yellen, jouant par là même à la baisse sur les marchés boursiers. A l’évidence, la volatilité de ces derniers n’est pas près de s’estomper.
L'humeur de la semaine - 11 décembre 2015
12 février 2018. Paris. 8 h. Encore une journée difficile qui s’annonce pour la France et sa Présidente Marine Le Pen : dégradation des obligations de l’État français au rang de « junk bonds » (obligations pourries), taux de chômage à 25 %, émeutes à répétition dans tout le pays, mise en garde de l’ONU. Depuis l’arrivée en tête de la patronne du RBM (Rassemblement bleu marine) au premier tour des élections présidentielles de mai 2017, tout est allé très vite. Pourtant, les politologues en tout genre étaient formels : si cette percée du RBM était inévitable, compte tenu de la faible popularité de François Hollande mais aussi de la multiplicité des candidatures à droite, elle devait être balayée rapidement par le fameux sursaut républicain du second tour de la présidentielle. Seulement voilà, comme souvent, le consensus a eu tort et ce sursaut n’a pas eu lieu. Grâce à l’adoucissement de son discours, au ralliement de nombreuses personnalités de tous bords, mais aussi à la prestation calamiteuse de François Hollande lors du débat de l’entre-deux-tours, la présidente du RBM l’a emporté avec plus de 51 % des voix. Dès le lendemain de cette victoire, la note de la dette publique française, déjà nettement abaissée auparavant, est passée de B à C. Marine Le Pen avait été élue pour sortir la France de la zone euro, elle se devait de tenir sa promesse, quitte à engager le pays et l’ensemble de l’Europe dans une crise, politique, financière, économique et sociale, historique. Réveillez-vous ! Nous sommes encore en 2015. Toutes ces horreurs ne sont qu’un cauchemar, mais qui peut tout à fait devenir réalité, comme le montrent les résultats du premier tour des régionales, qui ne sont d’ailleurs que la conséquence du manque de courage des dirigeants politiques français, qui, depuis plus de vingt ans, ont refusé de réformer et de moderniser l’économie et la société françaises. S’ils avaient été à la hauteur, nous n’en serions certainement pas là aujourd’hui. Aussi, pour éviter que la France plonge dans un chaos dramatique, il ne nous reste plus beaucoup de temps et peu de solutions. Pour guérir la France de ses maux économiques et sociaux, il faut absolument adopter une thérapie de choc. Mais attention, cette dernière doit être appliquée rapidement. En 2017, il sera trop tard. Et le pire sera inévitable.
L'humeur de la semaine - 04 décembre 2015
Ce qui frappe dans le comportement récent des principaux banquiers centraux de la planète est certainement leur grand désarroi. En effet, que ce soit Janet Yellen aux Etats-Unis, Mario Draghi dans la zone euro ou encore Haruhiko Kuroda au Japon, leurs récentes décisions et déclarations montrent qu’ils ne semblent pas savoir où ils vont et surtout là où ils veulent nous mener… Ainsi, lors de sa réunion du 3 décembre, la BCE s’est contenté du « service minimum », en l’occurrence prolonger la « planche à billets » mais sans augmenter son montant mensuel (60 milliards d’euros) et abaisser de seulement 0,1 point le taux de dépôt à - 0,3 %. Les marchés, qui pensaient majoritairement que « Super Mario » allait encore sortir l’artillerie lourde, ont donc de quoi être déçus. Pour autant, Draghi ne fait que rappeler que les effets de la « planche à billets » sur l’activité économique et les prix sont par nature limités. Celle-ci ne fait effectivement qu’alimenter une bulle boursière et obligataire, sans relancer la croissance et encore moins l’inflation. Autrement dit, il y a bien un pilote dans l’avion, qui sait piloter et qui est en possession de tous ses moyens, mais qui doit faire face à un avion défectueux. A l’impossible nul n’est tenu. Et c’est certainement cet aveu d’impuissance qui fait peur aux investisseurs. Il en est d’ailleurs de même avec la Présidente de la Fed, qui vient d’annoncer qu’une hausse du taux objectif des federal funds était imminente, tout en se montrant prudente sur l’avenir de l’économie américaine. Troublant paradoxe ! Cela commence donc à devenir vraiment inquiétant, car en plus du manque de vision et souvent de l’incompétence des dirigeants politiques des grands pays occidentaux depuis une quinzaine d’années, il faut aussi composer avec le désarroi et l’impuissance des banquiers centraux. Seule consolation, ces derniers ne sont plus des faucons, mais des colombes. En ces temps troublés, tout réconfort est bon à prendre…
L'humeur de la semaine - 26 novembre 2015
Depuis les attentats atrocement meurtriers du 13 novembre à Paris, puis ceux de Hanovre évités de justesse, tout comme ceux de La défense déjoués également in extremis grâce à l’assaut militaire de Saint-Denis du 18 novembre et, enfin, avec le « couvre-feu » de quatre jours décrété à Bruxelles, la France et l’Europe vivent dans la peur. Une peur qui se généralise à travers le monde, comme en témoignent les attentats de Bamako et ceux de Tunis ou encore la destruction d’un avion de combat russe par l’armée de l’air turque, qui aurait pu déboucher sur une escalade militaire et pourquoi pas déclencher le début de la troisième guerre mondiale, qui, à entendre certains, aurait d’ailleurs déjà commencé… A l’évidence, les dernières nouvelles de la planète sont guère réjouissantes et risquent de donner envie à certains de baisser les bras, en sombrant dans un pessimisme démesuré. Si la tentation de noircir le tableau est évidemment forte voire pratique pour certains, elle serait inévitablement la pire des solutions. Non seulement, parce qu’elle constituerait ce que souhaitent justement les terroristes de Daech et d’ailleurs. Mais aussi, parce qu’elle pourrait entraîner l’économie mondiale dans une spirale récessive dramatique. Ce qui tomberait particulièrement mal pour la zone euro qui vient tout juste de retrouver le chemin de la croissance. Pire, après huit ans de crise, la zone euro, mais aussi de nombreux pays occidentaux tels que les Etats-Unis et le Japon ont utilisé toutes leurs cartouches et ne pourraient pas supporter un nouvel accès de faiblesse, pour la simple raison qu’ils ne disposent d’aucune marge de manœuvre pour relancer la machine. Il faut donc être honnête : si le climat de peur perdure, la croissance sera amputée d’au moins 0,4 point dans l’Hexagone et l’UEM. Certes, la résilience de la croissance française face aux attentats et aux menaces terroristes est possible. Mais à quelques conditions : que les Français soient mentalement forts, qu’ils comprennent que les crises sont toujours des phases d’opportunité, qu’ils ne comptent pas trop sur les dépenses publiques pour les sauver et qu’ils préfèrent investir et consommer plutôt que se terrer dans la peur et l’épargne. En deux mots : carpe diem !
L'humeur de la semaine - 20 novembre 2015
Face à la barbarie et à l’horreur des attentats du 13 novembre 2015, mais aussi de tous ceux qui ont ensanglanté le monde depuis des années, il est particulièrement difficile d’écrire et de parler d’économie. Et pour cause : face à ce type de drames humains, mais aussi lorsque la sécurité des citoyens est menacée et a fortiori si elle ne paraît plus assurée, tout s'arrête. A commencer par l'activité économique. Il n’y a qu’à « se balader » dans les rues presque vides de Paris pour se rendre compte que la psychose est bien là et qu’elle limitera forcément la confiance et les dépenses de consommation des Français pendant au moins plusieurs semaines, en espérant qu’un nouveau drame ne se produise pas d’ici là. Pour autant, comme l’écrivait Misha Defonseca : « La peur n'évite pas le danger, le courage non plus. Mais la peur rend faible, et le courage rend fort. » Aussi, même si rien ne sera certainement plus jamais comme avant, il faut avoir le courage de se relever, de regarder la réalité en face et de continuer à dire la vérité, tout en faisant notre métier en toute honnêteté. Et cela passe notamment par répondre aux questions qui nous ont été posées dernièrement, sans polémique mais avec franchise. C’est ce que nous nous proposons de faire dans cette « humeur ». Première question : est-il possible de mesurer l’impact économique des attentats du 13 novembre ? Toutes choses égales par ailleurs, une telle décélération de l’activité nationale pendant trois mois pourrait coûter entre 0,3 et 0,6 point de PIB. Ce n’est évidemment pas dramatique, mais cela représente environ la moitié de la croissance française annuelle. De quoi rappeler qu’une croissance structurelle molle est un véritable handicap. D’où une deuxième grande question : l’Etat peut-il inverser la tendance ? Malheureusement non ! En fait, le manque de courage des dirigeants politiques français qui n’ont cessé de se voiler la face tant en matière de modernisation de l’économie française que de menaces terroristes internes depuis de trop nombreuses années commence vraiment à se payer très cher. Espérons donc qu’enfin le courage finira par dominer la peur…
L'humeur de la semaine - 13 novembre 2015
Le filon a beau être archi-connu, il fonctionne toujours ! Non il ne s’agit pas d’une chronique sur le refus des Grecs de tenir leurs promesses après qu’ils aient reçu l’aide financière des Européens. Ni sur l’europhobie, certes de plus en plus marquée, des Britanniques. Ni même du dernier James Bond, qui vient de faire renaître le Spectre, 53 ans après sa première apparition dans un film de 007. Car, si tous ces filons ont bien été utilisés à l’excès, il y en a un qui bat tous les records, en l’occurrence le maquillage de la variation du PIB français. En effet, comme cela s'observe régulièrement depuis 2011, le PIB français a miraculeusement augmenté grâce à l’opération magique de la formation de stocks. Et cette fois-ci, l’INSEE n’y est allé avec le dos de la cuillère. En effet, cette variable d’ajustement qu’est la formation de stocks a contribué à hauteur de 0,7 point à la croissance française du troisième trimestre 2015. Un plus haut depuis le fameux premier trimestre 2011, au cours duquel le PIB français avait flambé de 1,1 %, mais reculé de 0,1 % hors stocks. Il faut d’ailleurs noter qu’une contribution aussi forte de ces derniers à la variation du PIB français n’a été observée qu’à trois reprises depuis 1996 : au quatrième trimestre 2009, en 2011 et donc aujourd’hui. Trois fois en 20 ans, c’est dire l’ampleur de l’arnaque ! Dans ce cadre, ne nous leurrons : la croissance française ne dépassera pas 1,1 % cette année et repassera sous la barre du 1 % l’an prochain, à 0,8 % selon nos prévisions. La question reste simplement de savoir, qui, à part votre serviteur et quelques autres adeptes du réalisme économique, osera dire la vérité ? Non pas pour se faire plaisir ou se faire remarquer, mais simplement pour sauver la France de sa léthargie. Car ne l’oublions pas, la France est un pays formidable, mais, de la même manière que tout filon finit par s’user, à force de tirer sur la corde de l’économie française, que ce soit en matière de pression fiscale sur les entreprises et les ménages, de rigidités, notamment sur le marché du travail ou encore de liberté de penser, cette corde finira également par se casser…
L'humeur de la semaine - 06 novembre 2015
Sans surprise, et en dépit d’une légère baisse sur le front extérieur aux Etats-Unis et en matière budgétaire en France en septembre, les « twin deficits » (les déficits jumeaux : balance commerciale et budgétaire) restent très élevés des deux côtés de l’Atlantique. Il s’agit d’ailleurs presque d’un mode de vie puisque cela dure depuis trente ans. Le plus incroyable réside dans le fait que l’annonce régulière de ces twin deficits passe presque inaperçue, que ce soit en France ou aux Etats-Unis. Encore mieux, ou plutôt encore pire, le gouvernement français soutient que ses prévisions d’une croissance de 1,5 % en 2016 sont notamment justifiées par une forte augmentation de nos exportations. Soyons sérieux : si déjà avec une croissance mondiale de 3,5 % en moyenne de 2010 à 2014, le déficit extérieur français est resté élevé, comment pourrait-il se réduire significativement en 2016 avec une progression du PIB mondial d’au mieux 2,4 %. Et ce, d’autant que notre premier partenaire commercial, la zone euro restera condamnée à la croissance molle ? De même, comment peut-on faire croire aux Français que le déficit public sera réduit à 3 % du PIB l’an prochain et 2,7 % en 2016, avec un poids des dépenses publiques stabilisées à 57,2 % (l’un des niveaux les plus élevés du monde) et une stabilisation des impôts qui ne fera finalement qu’aggraver la faiblesse économique, limitant l’assiette fiscale, donc les recettes publiques à venir ?
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C’est bien connu : lorsque les êtres humains sont perdus, ils regardent vers le ciel et cherchent des solutions pour retrouver leur chemin. De même, en économie et sur les marchés financiers, lorsque rien ne va plus et que les boussoles usuelles ne fonctionnent pas, il est fréquent de se retourner vers les astres. Malheureusement, ce comportement un peu désespéré est souvent de mauvais augure. Ainsi, l’an passé, pour essayer de se réconforter, les Eurolandais ont mis en exergue le fameux « alignement des planètes », censé leur permettre de retrouver la voie de la croissance forte. Il s’agissait effectivement de la conjonction de cinq éléments particulièrement favorables : la baisse des cours des matières premières, et notamment du pétrole, la dépréciation de l’euro, la baisse des taux d’intérêt des obligations d’Etat, l’avènement d’un taux refi de la BCE de 0,05 % et, enfin, la « planche à billets » de la même BCE, qui, depuis mars 2015, injecte 60 milliards d’euros chaque mois dans le circuit financier. Grâce à ces exceptionnels « cadeaux du ciel », la croissance eurolandaise et celle de la France auraient donc dû flamber. Selon nos calculs, ces cinq éléments avaient le pouvoir de doper celles-ci vers les 3 %. Magnifique ! Seulement voilà, bien loin de ce niveau potentiel, la croissance n’a été que de 1,1 % dans l’Hexagone et d’au mieux 1,5 % dans la zone euro. Et ce, pour la simple raison que la croissance structurelle de la France et de la zone euro n’est que d’environ 0,7 %. Pire, à présent que les planètes se désalignent, que les effets positifs de la faiblesse des taux d’intérêt monétaires et obligataires et de la planche à billets s’émoussent, se noyant dans une « trappe à liquidités » déconcertante, les économies de la France, de la zone euro et de l’ensemble de ses membres ne pourront que ralentir en 2016. Pour ne rien arranger, elles pâtiront également du ralentissement de la croissance mondiale, et notamment de celle des pays émergents, à commencer par la Chine, qui n’a plus la force de croître à un rythme supérieur à 6,5 %. Ce qui nous amène de nouveau dans les étoiles, ou plutôt dans l’astrologie, puisque, selon le calendrier chinois, l’année qui va débuter le 8 février 2016 sera celle du singe de feu. Tout un programme !
A suivre du 25 au 29 janvier :
- Lundi 25, 10h (heure de Paris) : nette baisse de l’indice IFO du climat des affaires outre-Rhin.
- Mardi 26, 15h45 : les indices Markit PMI dans les services et « composite » reculent significativement aux Etats-Unis.
- Mardi 26, 16h : l’indice de confiance des ménages du Conference Board repart à la baisse outre-Atlantique.
- Mercredi 27, 8h : l’indice GfK de confiance des consommateurs régresse sensiblement en Allemagne.
- Mercredi 27, 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages perd un point dans l’Hexagone.
- Mercredi 27, 18h : le chômage français reprend le chemin de la hausse.
- Mercredi 27, 20h : la Réserve fédérale américaine opte pour le statu quo.
- Jeudi 28, 10h30 : la croissance britannique ralentit légèrement au quatrième trimestre 2015.
- Jeudi 28, 11h : l’indice de sentiment économique recule dans l’UEM.
- Jeudi 28, 14h : légère augmentation de l’inflation allemande, qui reste néanmoins proche de 0,5 %.
- Jeudi 28, 14h30 : les commandes de biens durables régressent aux Etats-Unis.
- Vendredi 29, 0h30 : stabilisation du taux de chômage japonais.
- Vendredi 29, 4h : la Banque du Japon maintient le statu quo monétaire.
- Vendredi 29, 7h30 : le PIB français recule de 0,1 % au quatrième trimestre 2015.
- Vendredi 8, 8h45 : augmentation corrective de la consommation des ménages en France.
- Vendredi 8, 11h : l’inflation eurolandaise remonte à 0,5 %.
- Vendredi 8, 14h30 : le PIB américain progresse de seulement 1,2 % en rythme annualisé au quatrième trimestre 2015.