Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 11 avril 2014
« Les efforts que nous faisons sur la réduction de nos déficits, sur nos réformes structurelles, sur la compétitivité des entreprises, sur le coût du travail, ne doivent pas être balayés par un niveau trop élevé de l'euro ». Pourtant presque passée inaperçue, cette phrase prononcée par Manuel Valls lors de son allocution devant l’Assemblée Nationale constitue un véritable tournant. Et pour cause : c’est la première fois qu’un premier ministre français ose dénoncer publiquement le niveau trop élevé de l’euro. Au-delà du marketing et de la tactique politicienne qui la caractérisent, cette déclaration pose deux questions essentielles. D’une part, la France est-elle légitime pour demander un euro plus faible ? D’autre part, le niveau actuel de l’euro est-il vraiment un handicap pour l’économie française et pour celle de l’UEM ? La réponse à la première question est évidemment négative. En effet, pour pouvoir peser sur l’évolution de l’euro, la France doit avant tout réformer son économie, comme ont pu le faire l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie. Ces derniers ont effectivement réussi à réduire drastiquement leurs dépenses publiques et à moderniser leur marché du travail, sans demander de délai particulier à Bruxelles, ni exiger un euro moins fort. Bien loin de ce volontarisme, la France est désormais le dernier pays européen, voire occidental, à refuser d’appliquer ces efforts indispensables, non pour faire plaisir à Bruxelles, mais surtout pour son propre avenir économique et social. C’est en cela que si les mesures annoncées par Manuel Valls vont dans le bon sens, elles demeurent trop floues, trop éloignées dans le temps et finalement hautement insuffisantes. Dès lors, la France ne dispose plus de la crédibilité nécessaire pour imposer sa voix. Pour autant, la réponse à notre deuxième question reste positive. En d’autres termes, oui, le niveau actuel de l’euro est un frein au retour d’une croissance forte et durable dans l’Hexagone, mais aussi dans l’ensemble de l’UEM...
L'humeur de la semaine - 04 avril 2014
Pour être tout à fait transparents avec nos lecteurs (comme nous l’avons d’ailleurs toujours été depuis plus de quinze ans), cette humeur devait s’intituler « Et si on redevenait enfin optimiste ? ». En effet, après l’annonce par les dirigeants de la BCE d’une politique monétaire encore plus accommodante (cf. notre humeur de la semaine dernière) et avec la nomination de l’apparent « social-libéral » Manuel Valls à Matignon, il semblait possible de retrouver une certaine dose d’optimisme pour les mois et les trimestres à venir. Au-delà du fait que la BCE paraît toujours très loin d’engager une véritable politique de « quantitative easing », la véritable déception de la semaine est venue des dirigeants français, qui se sont encore illustrés par leur manque de clairvoyance. Ainsi, alors que le déficit public a nettement dépassé les objectifs gouvernementaux et que la dette publique hexagonale a atteint de nouveaux sommets, le Premier ministre, certainement sous l’impulsion du Président Hollande, a tout simplement nommé Arnaud Montebourg au poste ô combien décisif de ministre de l’économie. Le 1er avril, nous avions évoqué cette possibilité sur Twitter et Facebook mais en spécifiant qu’il s’agissait d’un poisson d’avril. Et bien non. La réalité a finalement dépassé la fiction : un altermondialiste-eurosceptique est bien devenu le ministre de l’économie de la cinquième puissance mondiale ! Qui l’eut cru ? Au-delà de son caractère paradoxal et des tensions qu’elle va forcément susciter au sein du gouvernement, cette décision fait prendre un risque énorme à la France, mais aussi à l'ensemble de la zone euro...
L'humeur de la semaine - 21 mars 2014
« Acheter au son du canon et vendre au son du clairon ». Les dictons boursiers ont décidément la vie longue. L’évolution des marchés depuis le début de la crise ukrainienne ne cesse de le confirmer. En effet, les menaces militaires récurrentes de Poutine ont, à chaque fois, permis aux bourses mondiales de reculer dans un premier temps pour ensuite mieux rebondir. Encore plus flagrant, le rattachement souhaité de la Crimée à la Russie n’a non seulement pas ému les investisseurs et a, en plus, suscité un mouvement de nette remontée des principaux indices boursiers lundi et mardi derniers : en deux jours + 1,7 % pour le Dow Jones et + 2,3 % pour le Cac 40. Et ce, en dépit des avertissements et des « sanctions » des Occidentaux à l’encontre de certains hauts-dignitaires russes ou encore de la possible non-livraison de deux navires Mistral par la France à la Russie. Sheriff fais-moi peur ! On imagine l’émoi de Vladimir Poutine… Il faut dire qu’avec environ 300 navires de guerre, la flotte russe risque de ne pas s’en remettre... En fait, bien plus que Poutine, les marchés craignent aujourd’hui le comportement de Janet Yellen, la nouvelle Présidente de la Fed. Or, si cette dernière est perçue comme une « colombe » qui fera toujours passer la croissance et l’emploi avant les risques inflationnistes, elle a tenu mercredi dernier un discours pour le moins inquiétant. Cependant, même si les marchés s’en offusquent et continueront de sur-réagir, Madame Yellen prend un virage salutaire. Elle devra simplement veiller à ne pas aller trop vite, pour éviter que la baisse des marchés n’aille trop loin. Alors s’il vous plaît MM. Poutine et Obama, cessez de jouer à la guéguerre, car c’est « Mamie Yellen » qui mène la danse…
L'humeur de la semaine - 14 mars 2014
Depuis quelques mois, tous les yeux sont rivés sur la fameuse Union bancaire européenne. Souvent présentée comme une révolution qui devrait protéger l’Europe de toute nouvelle menace, celle-ci risque pourtant bien d’accoucher d’une souris, surtout lorsque l’on prend en compte la réticence (justifiée) des Allemands à devoir (une fois encore) payer pour tout le monde… Mais au-delà de cette vraie fausse révolution (les dirigeants politiques européens n’en sont plus à un mensonge près), le vrai danger pour l’Europe bancaire réside dans une nouvelle crise d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains mois. D’ailleurs, si elle est presque passée inaperçue, l’annonce d’une perte de 14 milliards d’euros par la première banque italienne Unecredit montre que la crise bancaire européenne est loin d’être terminée. Et pour cause : la quasi-totalité de cette perte s’explique par une provision de 13,7 milliards d’euros pour créances douteuses et dépréciations de survaleurs. Cela rappelle de bien mauvais souvenirs... Et si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après trois belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître une année 2014 de vache maigre. Ce qui nous amène donc à conseiller de prendre ses bénéfices et de s’alléger sur ce secteur en attendant des jours meilleurs en 2015. Ne l’oublions jamais : ce qui est pris n’est plus à prendre…
L'humeur de la semaine - 06 mars 2014
On a beau y être habitué, les va-et-vient abrupts des marchés financiers ne cessent de donner le tournis. Les évolutions de ces dernières semaines en a donné une parfaite illustration. Tout d’abord sur les bourses internationales. Entre la crise des émergents et l'éventualité d'un conflit russo-ukrainien, les inquiétudes vont bon train et la volatilité des bourses avec. Fort heureusement, comme dans toute superproduction hollywoodienne, la catastrophe a été évitée (du moins pour l’instant) et les indices boursiers ont repris de plus belle. Et ce dès le 4 mars : + 1,4 % pour le Dow Jones, + 2,5 % pour le Cac 40 et + 5,3 % pour l’indice moscovite. Mieux, dans la mesure où les risques d’intervention militaire russe s’estompent et où le marché du travail américain reste bien orienté, les bourses mondiales semblent sur le point de dépasser leur précédent sommet. Faut-il pour autant en déduire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et que les marchés boursiers vont encore flamber en 2014 ? Pas forcément. Entre la poursuite de la crise ukrainienne, le maintien d’un euro trop fort et d’une croissance trop faible dans les pays de l’UEM, sans oublier une réactivation prochaine de la crise de la dette publique, les marchés financiers (bourses, obligations d’Etat, devises, matières premières) vont rester particulièrement chahutés sur l’ensemble de l’année 2014. Il faut s’y faire, les marchés boursiers vont rester abonnés aux montagnes russes au moins jusqu’à la fin 2014. Il faut juste souhaiter que cette « soupe au lait » ne devienne pas une « soupe à la grimace »…
L'humeur de la semaine - 28 février 2014
Cette semaine a été marquée par deux évènements majeurs sur le front de l’économie française. D’une part, les profits des entreprises du Cac 40 et le niveau de ce dernier ont nettement progressé. D’autre part, le nombre de chômeurs a atteint un nouveau sommet historiques : 3,316 millions de personnes de catégorie A en métropole et 5,228 millions en englobant l’ensemble des catégories de chômeurs A, B, C ainsi que les départements d’outre-mer. Face à ce contraste douloureux entre des marchés boursiers heureux et des chômeurs français de plus en plus nombreux, la tentation pourrait être grande de mettre en cause les dérives du capitalisme et de souligner que si les entreprises du Cac 40 se portent bien c’est justement parce que le chômage augmente. En d’autres termes, aux armes citoyens, la lutte des classes doit s’intensifier, tous à la Bastille… Si ce raccourci est évidemment facile, il n’en est pas moins erroné. Et pour cause : si les profits des entreprises du Cac 40 augmentent c’est parce que près de 80 % de ces derniers sont réalisés à l’étranger. A l’inverse, la grande majorité des PME franco-françaises voient leurs profits stagner et souvent régresser. Sans parler de celles qui mettent la clé sous la porte. Autrement dit, il n’y a pas de spoliation des Français par les entreprises, mais simplement un accroissement de l’activité de ces dernières en dehors de l’Hexagone. Pourquoi ? Tout simplement, parce que la pression fiscale et le coût du travail y sont trop élevés, mais aussi parce que la croissance et la confiance y sont trop faibles. C’est d’ailleurs pour ces mêmes raisons que le nombre de chômeurs ne cesse de battre des records. Alors qu'attendons-nous pour enfin changer tout ça ?
L'humeur de la semaine - 20 février 2014
L'humeur de la semaine - 14 février 2014
0,3 %. C’est le chiffre du jour pour l’économie française. En effet, après avoir stagné au troisième trimestre (contre une baisse de 0,1 % annoncée initialement), le PIB hexagonal a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre (exactement le même résultat que pour la zone euro). Grâce à cette « performance » plutôt attendue, son augmentation a également atteint 0,3 % sur l’ensemble de l’année 2013. Enfin, au sortir du quatrième trimestre, l’acquis de croissance du PIB français est de 0,3 % pour 2014. Ah, la magie du chiffre… Face à de telles évolutions, on aurait presque envie de croire aux prédictions de MM. Hollande, Ayrault, Moscovici et autres magiciens du gouvernement. « La crise est finie », « la reprise est là » n’ont-ils par arrêté de nous martelé pendant des mois. Et si, après bientôt deux ans d’erreurs, ils avaient enfin raison ? Bien entendu, en tant que Français qui aime son pays, nous aimerions répondre positivement à cette question. Seulement voilà, si nous sommes patriotes, nous sommes aussi réalistes et conscients que les déceptions issues de la méthode Coué peuvent être bien plus dramatiques que la vérité, aussi difficile soit-elle à entendre. Autrement dit, même en faisant l’hypothèse hautement optimiste que les statistiques de l’INSEE sont parfaitement fiables, les résultats passés et à venir de l’économie française ne permettent aucunement de dire que cette dernière est sur la voie d’une reprise durable et soutenue. Selon nos prévisions, la croissance hexagonale oscillera entre 0,7 % et 1 % en 2014. Or, pour pouvoir créer des emplois, faire baisser le chômage et rembourser les intérêts de la dette publique sans avoir à s’endetter davantage, il faut au moins 1,5 % de croissance durablement. Nous en sommes encore très loin, et les atermoiements autour du pacte de responsabilité, de la baisse des dépenses publiques et de la fiscalité confirment malheureusement que 2014 sera encore une année difficile pour l’économie française. Bonne Saint-Valentin quand même…
L'humeur de la semaine - 07 février 2014
L'humeur de la semaine - 23 janvier 2014
En 1966, Jacques Dutronc s’émouvait déjà en claironnant « sept cent millions de Chinois, et moi ? et moi ? et moi ? » A l’époque et au cours des vingt années qui ont suivi, l’Empire du milieu impressionnait surtout par le nombre de ses habitants, éventuellement par sa puissance militaire. En revanche, il apparaissait comme un géant aux pieds d’argile, dans la mesure où sa puissance économique restait particulièrement faible. Et pour cause : jusqu’au début des années 1980, le PIB chinois ne représentait qu’environ 2 % de la richesse mondiale. Il n’y avait donc pas lieu de s’inquiéter outre-mesure. Aujourd'hui, la Chine réalise 15 % du PIB mondial. Mieux, A côté de l’importance grandissante de ses fonds d’investissement et en plus de disposer de 3820 milliards de dollars de réserves de changes, l’Empire du milieu s’impose de plus en plus comme un acteur incontournable en Europe. Non contente d’avoir acquis la moitié du port du Pirée à Athènes, les Chinois multiplient leurs investissements dans les entreprises européennes, la dernière en date étant PSA. Au-delà du symbole (un fleuron historique français qui passe en partie entre des mains chinoises), cette évolution est symptomatique de ce qui attend l’Europe dans les années à venir. En effet, les pays européens sont surendettés, les entreprises européennes ont des difficultés financières et leur valeur a été dévalorisée excessivement avec la crise. Ils ont donc collectivement besoin de « cash ». Or, qui dispose d’importantes liquidités en ce moment ? Les pays émergents. A commencer par la Chine et les pays du Golfe persique...
Les analyses hebdomadaires
« Les efforts que nous faisons sur la réduction de nos déficits, sur nos réformes structurelles, sur la compétitivité des entreprises, sur le coût du travail, ne doivent pas être balayés par un niveau trop élevé de l'euro ». Pourtant presque passée inaperçue, cette phrase prononcée par Manuel Valls lors de son allocution devant l’Assemblée Nationale constitue un véritable tournant. Et pour cause : c’est la première fois qu’un premier ministre français ose dénoncer publiquement le niveau trop élevé de l’euro. Au-delà du marketing et de la tactique politicienne qui la caractérisent, cette déclaration pose deux questions essentielles. D’une part, la France est-elle légitime pour demander un euro plus faible ? D’autre part, le niveau actuel de l’euro est-il vraiment un handicap pour l’économie française et pour celle de l’UEM ? La réponse à la première question est évidemment négative. En effet, pour pouvoir peser sur l’évolution de l’euro, la France doit avant tout réformer son économie, comme ont pu le faire l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie. Ces derniers ont effectivement réussi à réduire drastiquement leurs dépenses publiques et à moderniser leur marché du travail, sans demander de délai particulier à Bruxelles, ni exiger un euro moins fort. Bien loin de ce volontarisme, la France est désormais le dernier pays européen, voire occidental, à refuser d’appliquer ces efforts indispensables, non pour faire plaisir à Bruxelles, mais surtout pour son propre avenir économique et social. C’est en cela que si les mesures annoncées par Manuel Valls vont dans le bon sens, elles demeurent trop floues, trop éloignées dans le temps et finalement hautement insuffisantes. Dès lors, la France ne dispose plus de la crédibilité nécessaire pour imposer sa voix. Pour autant, la réponse à notre deuxième question reste positive. En d’autres termes, oui, le niveau actuel de l’euro est un frein au retour d’une croissance forte et durable dans l’Hexagone, mais aussi dans l’ensemble de l’UEM...