Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 25 juillet 2014
Le ton monte entre le Medef et le gouvernement français. Selon Pierre Gattaz, le patron des patrons, comme aiment encore l’appeler certains, a ainsi déclaré que « si la France était une entreprise, elle serait proche de la mise en liquidation ». Des propos jugés « inappropriés » par le président Hollande, qui a invité M. Gattaz à « changer de langage ». La guerre est donc ouverte et le « cessez-le-feu » ne semble pas pour demain. Ce qui ne manquera évidemment pas d’aggraver la situation économique et la paix sociale dans l’Hexagone. En attendant que de jours meilleurs arrivent, une question demeure : qui a raison ? La France est-elle vraiment en faillite. Pour être précis, et même si la situation économique de la France est bien catastrophique, la réponse à cette question est négative. En effet, la France dans son ensemble a encore suffisamment d’actifs pour rembourser la totalité de sa dette. En revanche, tel n’est pas le cas pour l’Etat français. Autrement dit, oui, techniquement, ce dernier est bien déjà en faillite. Il va donc encore perdre en crédibilité et verra les taux d’intérêt de ses emprunts flamber, ce qui ne manquera pas de casser encore un peu plus l’investissement, la croissance et l’emploi. C’est à ce moment-là que la faillite potentielle de l’Etat français deviendra celle de la France dans son ensemble. M. Hollande n’aura alors d’autres choix que d’admettre cette triste réalité, mais il sera trop tard…
L'humeur de la semaine - 18 juillet 2014
Sans cesse décriée, souvent présentée comme au bord du gouffre, voire même en proie à un rapide déclin. Eh bien non ! Déjouant les pronostics consensuels, la Chine est toujours là, et bien là. Ainsi, pendant que les Européens se chamaillaient pour trouver le président de la Commission, qui, comme son prédécesseur, ne fera pas grand-chose, pendant que la Fed souffle le chaud et le froid sur sa politique monétaire à venir et pendant que les Français restent incapables d’engager la moindre réforme de fond, la Chine continue son petit bonhomme de chemin, alliant croissance soutenue et inflation maîtrisée. Ainsi, non contente d’avoir résisté à la crise de 2008-2009 et d’avoir laissé seuls les pays développés s’enfoncer dans la récession, l’Empire du milieu continue de faire preuve d’un dynamisme à toute épreuve. Si bien qu’il est désormais devenu LA locomotive structurelle de la croissance mondiale. Les dernières statistiques viennent encore de le prouver : augmentation du PIB de 2 % au deuxième trimestre 2014, soit 7,5 % sur un an (contre 7,4 % le trimestre précédent), progression annuelle de 9,2 % pour la production industrielle et de 12,4 % pour les ventes au détail en juin. Pas mal pour un pays en déclin. Bien entendu, tout n’est pas rose en Chine. D’aucuns annoncent même qu’une crise démographique et/ou démocratique et/ou financière est inévitable. Ils ont certainement raison, car les crises font forcément partie du développement économique. Pour autant, à la différence des Occidentaux et notamment des Européens, les Chinois savent anticiper. Aussi, ils disposent d’ores et déjà d’au moins quatre airbags pour éviter une crise durable...
L'humeur de la semaine - 11 juillet 2014
Après la perte de 14 milliards d’euros de la première banque italienne Unicredit en mars dernier (pour provisionnement de créances douteuses), l’amende record de BNP Paribas il y a quelques jours, c’est au tour de la première banque privée portugaise Espirito Santo (BES) de raviver les cendres toujours incandescentes de la crise bancaire européenne. Et pour cause : la maison mère de celle-ci, Espirito Santo International (ESI), subit de lourdes pertes, qui ne manqueront pas d’affecter BES, dont le cours boursier a chuté de 17,24 %, avant la suspension de la cotation à la Bourse de Lisbonne. Ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire a évidemment pesé immédiatement sur l’ensemble des cours boursiers des banques européennes, mais aussi sur les taux d’intérêt à long terme des pays d’Europe du Sud, à commencer par le taux à dix ans des obligations de l’Etat portugais qui a retrouvé la barre des 4 %. De quoi rappeler deux fondamentaux déterminants. D’une part, la situation bancaire et financière eurolandaise reste très fragile. D’autre part, l’Union bancaire européenne, censée supprimer tout risque de rechute, apparaît bien peu crédible. Mais au-delà de cette vraie fausse révolution (les dirigeants politiques européens n’en sont plus à un mensonge près), la récente tempête portugaise souligne que le vrai danger pour l’Europe bancaire réside dans une nouvelle crise d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains mois...
L'humeur de la semaine - 04 juillet 2014
Depuis environ sept ans, on ne parle que de crise, de récession, de relance keynésienne, de rechute, ou encore de reprise technique. Toutes ces préoccupations sont évidemment parfaitement justifiées. Néanmoins, en se concentrant sur le présent, c’est-à-dire sur le conjoncturel, elles font l’impasse sur l’essentiel, à savoir l’état structurel de nos économies. En effet, compte tenu du choc négatif d’envergure qu’elle représente, la crise de ces dernières années a forcément des conséquences concrètes et très souvent négatives sur la croissance structurelle des différents pays et zones de la planète. Même si la crise n’est pas encore complètement terminée (du moins en Europe), il paraît donc opportun de faire le point sur ce thème et d’établir une estimation des nouvelles croissances structurelles. Selon nos estimations, l’impact négatif de cette crise sur la croissance structurelle a été de l’ordre de 0,5 point outre-Atlantique et d’environ 1 point dans la zone euro. Cela signifie donc que celle des Etats-Unis a retrouvé son niveau des années 90, à 2,5 %, mais aussi que celle de l’UEM n’est plus que de 0,8 %. En d’autres termes, notre base de départ est bien plus basse qu’aux Etats-Unis et qu’il y a quinze ans. Le plus problématique réside dans le fait que pour engager un cercle vertueux de fortes créations d’emplois et aussi pour rembourser chaque année la charge des intérêts de la dette publique, une croissance d’au moins 2 % est nécessaire et que cette dernière doit atteindre 2,5 % pour éviter l’explosion de la bulle de la dette publique à partir de 2015-2017 (liée notamment au non financement de la retraite par répartition dans la plupart des pays de la zone euro)...
L'humeur de la semaine - 27 juin 2014
Hasard ou coïncidence, et comme cela s’était d’ailleurs observé en 2010, les résultats du Mondial de football reflètent plus ou moins bien les performances économiques des pays engagés. Ainsi, de la même façon que les pays du Sud de la zone euro sont les lanternes rouges de la croissance mondiale depuis 2008, ils ont également été éliminés dès le premier tour de la compétition. Ciao Italie, Espagne et Portugal. Seule exception à la « malédiction » des pays du Sud de l’Europe : la Grèce, qui, à l’instar de son sauvetage in extremis par l’annulation d’une grande partie de sa dette, a réussi à se qualifier à la dernière minute de son match contre la Côte d’Ivoire. Parallèlement et conformément à son rôle de locomotive de la zone euro, l’Allemagne a continué sur le chemin de la rigueur et, par là même, de la victoire. Il en a été de même de ses « satellites » économiques, en l’occurrence des Pays-Bas et de la Belgique, qui, malgré une croissance toujours fragile, ont su mettre en place une stratégie gagnante. En fait, la seule grande différence avec 2010 et surtout avec le contexte économique ambiant réside dans le comportement de la France. En effet, alors que sa croissance ne décolle pas, que son chômage enregistre chaque mois de nouveaux records historiques et que sa politique économique accumule les échecs, les Bleus ont surpris par leur dynamisme et leur réussite. Certains, notamment à l’Elysée et à Matignon, se mettent alors à rêver au retour de la baraka non seulement pour son équipe de foot, mais aussi pour l’ensemble de l’économie française. Malheureusement, si nous aimerions y croire, il nous faut aussi regarder la réalité en face. Et, celle-ci est loin d’être bleue...
L'humeur de la semaine - 20 juin 2014
A l’évidence, la France est un pays incroyable. De par ses paysages, sa richesse culturelle ou encore son positionnement géographique, elle est certainement l’un des plus beaux pays du monde. Seulement voilà, ce don du ciel est en train de devenir un cadeau empoisonné. En effet, plutôt que de valoriser et développer ces atouts, les dirigeants du pays et certains acteurs de la vie économico-sociale ne cessent de les épuiser depuis une trentaine d’années. Deux évènements viennent encore de nous en apporter la preuve cinglante. Le premier réside dans le nouveau rapport de la cour des comptes qui, une fois de plus, n’hésite pas à mettre en cause la « sincérité » des prévisions gouvernementales en matière de réduction des déficits publics. Ainsi, qu’il s’agisse des anticipations d’augmentation des recettes fiscales ou de réduction des dépenses publiques, le compte n’y est pas et sera même très loin des annonces tonitruantes de Bercy, Matignon ou l’Elysée. C’est là que le deuxième évènement des derniers jours, en l’occurrence la grève à la SNCF, pourrait bien produire beaucoup plus d’effets négatifs que l’on veut bien imaginer. Car, ne nous leurrons pas, le coût de cette grève ne se limite pas aux 50 millions d’euros qu’elle coûte chaque jour à la SNCF, comme l’a annoncé le Président Pepy. Ni même aux 400 à 500 millions de manque à gagner quotidien pour l’ensemble de l’économie française. Non, au-delà de ces coûts directs, qui sont déjà exorbitants, le vrai coût de la grève est ailleurs. D’une part, il réside dans l’affaiblissement global de l’économie nationale. D'autre part, dans la nouvelle dégradation de la crédibilité de la France en matière de dynamisme et de réforme. Pour éviter que l’Hexagone passe de la grève à la Grèce, il faut donc absolument arrêter la démagogie et devenir enfin responsable. Il ne s’agit pas simplement d’un problème de bras de fer entre le gouvernement et les syndicats ou encore de l’établissement de prévisions tronquées, mais de l’avenir de nos enfants…
L'humeur de la semaine - 13 juin 2014
Rappelez-vous : « et 1, et 2 et 3 - 0 ! » C’était le 12 juillet 1998. Pour la première fois de son histoire, l’équipe de France remportait la coupe du monde de football. A l’époque, tout paraissait formidable puisqu’en plus de son exploit sportif, l’Hexagone retrouvait enfin le chemin de la croissance forte, après huit ans d’errance dans l’atonie économique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors qu’il n’avait progressé en moyenne que de 1,4 % par an de 1991 à 1997, le PIB français a brusquement bondi de 3,6 % en 1998, puis de 3,3 % en 1999 et enfin de 4,1 % en 2000. A l’évidence, nous ne sommes pas près de retrouver de telles performances. C’est d’ailleurs ce qui a amené certains esprits étriqués à laisser croire que si la France a connu une vigueur économique si impressionnante, c’est grâce à sa victoire au Mondial 1998, puis à celle de l’Euro 2000. Dans ce cadre, certains, notamment du côté de Matignon et de l’Elysée (mais pas seulement), se mettent alors à rêver à un nouveau triomphe français en 2014, qui pourrait faire oublier tous les échecs économiques et politiques récents, puis relancer la confiance, donc la croissance et, enfin, faire baisser fortement et durablement le chômage. Si ce raisonnement peut apparaître plaisant, il est pourtant complètement erroné. En effet, si la croissance française a été forte de 1998 à 2000, ce n’est pas parce que la France a remporté la coupe du monde puis la coupe d’Europe de foot, mais parce que les fondamentaux économiques mondiaux et européens étaient particulièrement favorables. Pour 2014, une chose est sûre : quelle que soit l’issue de la compétition, les réalités économiques hexagonales reprendront très vite le dessus : croissance proche de zéro, chômage historiquement élevé, déficits publics bien plus lourds qu’annoncé par le gouvernement, tensions sociales exacerbées,… En attendant, ayons donc une petite pensée pour celles et ceux qui n’aiment pas le foot et n’auront donc même pas le loisir de profiter du mois à venir pour oublier l’horreur économique nationale…
L'humeur de la semaine - 06 juin 2014
Il faut le reconnaître, Mario Draghi est vraiment très fort. En effet, après avoir déjà sauvé la zone euro à deux reprises (en décembre 2011 et en septembre 2012), puis avoir restauré (certes modérément) la croissance eurolandaise l’an passé, celui que l’on appelle à juste titre « Super Mario » à engager la BCE dans un nouveau mouvement historique. Ainsi, le 5 juin 2014, pour la première depuis sa création et réalisant une première dans le monde occidental contemporain, la BCE a consacré un taux de dépôt négatif, de précisément - 0,10 %. Si le taux refi reste positif à 0,15 %, ce geste a suffi pour mettre les marchés financiers en émoi, et ce en particulier sur les bourses européennes qui ont toutes progressé d’environ 1 % au cours de cette même journée. Pour autant, si la politique et le courage de Mario Draghi doivent être salués, ils seront malheureusement insuffisants pour permettre le retour d’une croissance forte et durable dans la zone euro, cette dernière demeurant donc toujours menacée par une déflation dévastatrice. Peut-être qu’alors une véritable « planche à billets » sera engagée dans la zone euro et que l’euro se rapprochera durablement de son niveau d’équilibre. Il faut le souhaiter car, comme les exemples japonais, américains ou anglais l’ont montré, il s’agit là des conditions sine qua non pour permettre la sortie de la déflation et le retour d’une croissance appréciable d’environ 2 %. C’est tout le problème de la zone euro : elle ne sait réagir qu’une fois les difficultés avérées et ne parvient pas à les anticiper pour les éviter.
L'humeur de la semaine - 30 mai 2014
« Vous êtes vraiment sûrs que les taux longs français vont se tendre d’ici la fin d’année et que les marchés boursiers vont marquer le pas à l’automne ? » Depuis quelques semaines, il nous faut avouer que cette question revient souvent dans la bouche de nos clients et de nos lecteurs. Il faut dire qu’en dépit des craintes sur la croissance française et mondiale, mais aussi malgré les difficultés récurrentes de l’Etat français à réduire ses déficits, rien n’y fait : les investisseurs refusent de regarder la réalité en face et préfèrent regarder l’avenir avec optimisme, donc acheter massivement des obligations du Trésor et/ou des actions, encore et encore. Pour nous, qui sommes de nature optimiste, ce comportement n’a pas de quoi nous déplaire. Pour autant, dans la mesure où il nous faut surtout être réalistes et faire en sorte que nos prévisions collent le plus possible à la réalité, il est également de notre devoir de souligner que ce mouvement commence vraiment à devenir inquiétant, voire dangereux. Les évolutions des marchés au regard des évènements politico-économico-financiers de la semaine écoulée nous ont d’ailleurs une nouvelle fois montré l’ampleur de cette déconnexion entre les fondamentaux et l’évolution des marchés obligataires et boursiers. En effet, même si leur portée législative est faible, les résultats des élections européennes du 25 mai ont consacré une forte poussée des partis extrémistes et europhobes à travers l’Europe, avec une mention spéciale pour la France, où le Front National est tout simplement arrivé en tête des élections, loin devant les partis traditionnels. Normalement, un tel dérapage aurait dû se traduire par une réduction des flux d’investissements dans l’Hexagone, et notamment sur les marchés obligataires. Le taux de l’OAT à 10 ans aurait ainsi dû se tendre nettement et les marchés boursiers reculer au cours des jours suivants. D’autant qu’une nouvelle crise majeure a secoué l’UMP, aggravant encore le discrédit des politiques français et faisant par là même le lit au Front National. C'est pourtant l'inverse qui s'est produit. Et maintenant ?
L'humeur de la semaine - 16 mai 2014
Comme nous l’annoncions la semaine dernière dans nos prévisions hebdomadaires, la croissance de la zone euro au premier trimestre 2014 a été faible : seulement 0,2 %. Et ce, en grande partie grâce à l’Allemagne, dont le PIB a progressé de 0,8 % sur la même période. Bien loin de cette performance détonante, les autres pays de l’UEM ont, une fois encore, brillé par leur mollesse économique, certains subissant même une nouvelle baisse de leur PIB : - 0,1 % pour l’Italie, - 0,4 % pour la Finlande, - 0,7 % pour le Portugal et Chypre, - 1,2 % pour l’Estonie et - 1,4 % pour les Pays-Bas. Seule petite lueur d’espoir, le PIB espagnol a enregistré son troisième trimestre consécutif de hausse, progressant de 0,4 %. Il demeure toutefois toujours largement en-deçà de son niveau d’avant-crise. Dans ce cadre, il faut être clair : sans l’Allemagne, le PIB eurolandais aurait stagné au premier trimestre 2014. Déjà observable depuis trois ans, ce décalage durable entre le dynamisme allemand et la faiblesse eurolandaise dans son ensemble devient de plus en plus inquiétant. Il montre qu’en dépit de réformes courageuses dans certains d’entre eux, les pays de l’UEM n’arrivent plus à suivre la locomotive allemande. A croire que le retard accumulé est devenu irrattrapable. Et dans cette course à l’échalote, la France apparaît de plus en plus larguée. Certes, une fois encore et comme par magie, les meubles ont été sauvés au premier trimestre 2014. En effet, le PIB français a évité de justesse la baisse, enregistrant une stagnation. Pour autant, le détail des comptes nationaux est calamiteux. Et pour cause : hors stocks, le PIB hexagonal chute de 0,6 % au premier trimestre. Tous les postes clés de la demande subissent une baisse massive : - 0,5 % pour la consommation des ménages, - 2,6 % pour l’investissement logement, - 0,5 % pour l’investissement des entreprises et - 0,2 point de contribution pour le commerce extérieur. Pour le retournement tant annoncé, il faudra repasser...
L'humeur de la semaine - 09 mai 2014
Après « le changement, c’est maintenant », le fameux « Moi, Président », puis « le chômage en baisse dans un an », sans oublier « la reprise est là », François Hollande vient de gratifier ses concitoyens d’un nouveau slogan « le retournement économique arrive ». A l’évidence, le Président de la République française est à la fois un as de la formule, un chantre de la méthode Coué et un expert en marketing. Seulement voilà (comme nous l’expliciterons en détail dans notre « quid de l’économie et des marchés » ci-après), l’optimisme c’est bien, le réalisme c’est mieux. En effet, bien plus que la difficulté de la situation ambiante, ce qu’abhorrent le plus les agents économiques (entreprises, ménages, investisseurs, marchés) c’est la déception. En particulier lorsque cette dernière est récurrente. Et c’est bien là le plus troublant dans le timing de la nouvelle sortie marketing du Président Hollande : elle intervient juste après la publication de toute une série de statistiques montrant que la conjoncture française est précisément en train de se détériorer.Mais ce n’est pas tout, car si la France est très loin du « retournement » positif, le reste du monde et les marchés financiers pourraient bien connaître, eux-aussi, un retournement, mais dans le mauvais sens du terme. Certes, pour le moment, la situation paraît idyllique sur les bourses internationales. Pourtant, même si de trop nombreux investisseurs refusent de l’admettre, les nuages ne cessent de s’accumuler...
L'humeur de la semaine - 02 mai 2014
C’est le psychodrame économico-politique qui se joue sous nos yeux depuis une dizaine de jours : Alstom, un fleuron technologique français est en train d’être dépecé et de vendre sa branche « énergie » aux « méchants » Américains de General Electric. Et ce, sous les yeux impuissants du gouvernement français et de son ministre de l’économie qui n’a cessé de défendre le fameux « patriotisme économique à la française ». Certes, les gouvernants hexagonaux ont essayé pendant deux jours de trouver une solution franco-française. En vain. Et pour cause, personne ne veut rééditer la même erreur que celle de Bouygues qui, en entrant dans le capital d’Alstom en 2006, pensait faire une belle affaire, mais souhaite aujourd’hui plus que jamais reprendre ses billes, faute de rentabilité. Peut-être s’agit-il également d’une réponse de Bouygues à son échec dans le rachat de SFR, qu’il impute notamment au manque de soutien et d’engagement actif du gouvernement français dans ce dossier. Toujours est-il qu’en dépit du savoir-faire technologique d’Alstom, aucune solution industrielle franco-française n’a réussi à émerger. Il faut dire qu’avec un ministre de l’économie altermondialiste et eurosceptique, la force de persuasion de ce dernier est, par construction, limitée. Après ses dérapages à répétition, par exemple à propos d’Angela Merkel, dans les « affaires » Mittal ou encore Goodyear et, enfin, le camouflet de SFR-Numéricable, la nouvelle claque adressée par Alstom à Arnaud Montebourg, désormais surnommé « Montebourde », commence vraiment à faire désordre. Alors, réveillons-nous enfin et cessons de penser que la gesticulation médiatique et le marketing autour du patriotisme économique suffiront pour sauver notre économie. Il en va de la stabilité économique, financière et surtout sociale de la France et par là même de l’ensemble de la zone euro.
Les analyses hebdomadaires
Le ton monte entre le Medef et le gouvernement français. Selon Pierre Gattaz, le patron des patrons, comme aiment encore l’appeler certains, a ainsi déclaré que « si la France était une entreprise, elle serait proche de la mise en liquidation ». Des propos jugés « inappropriés » par le président Hollande, qui a invité M. Gattaz à « changer de langage ». La guerre est donc ouverte et le « cessez-le-feu » ne semble pas pour demain. Ce qui ne manquera évidemment pas d’aggraver la situation économique et la paix sociale dans l’Hexagone. En attendant que de jours meilleurs arrivent, une question demeure : qui a raison ? La France est-elle vraiment en faillite. Pour être précis, et même si la situation économique de la France est bien catastrophique, la réponse à cette question est négative. En effet, la France dans son ensemble a encore suffisamment d’actifs pour rembourser la totalité de sa dette. En revanche, tel n’est pas le cas pour l’Etat français. Autrement dit, oui, techniquement, ce dernier est bien déjà en faillite. Il va donc encore perdre en crédibilité et verra les taux d’intérêt de ses emprunts flamber, ce qui ne manquera pas de casser encore un peu plus l’investissement, la croissance et l’emploi. C’est à ce moment-là que la faillite potentielle de l’Etat français deviendra celle de la France dans son ensemble. M. Hollande n’aura alors d’autres choix que d’admettre cette triste réalité, mais il sera trop tard…